Economie
Analyse

70 ans de la Chine populaire : l’affirmation d'un contre-modèle

Le président chinois Xi Jinping et son épouse Peng Liyuan. Source : Newsweek)
Le président chinois Xi Jinping et son épouse Peng Liyuan. Source : Newsweek)
Qui peut contester à la Chine son bilan économique et social spectaculaire, 70 ans après la fondation de la République populaire ? Il n’empêche, le choix d’une économie hybride et la volonté d’un leadership technologique créent des tensions structurelles avec le reste du monde dont la guerre commerciale avec les États-Unis n’est qu’une illustration. La Chine a de nouvelles responsabilités internationales – en particulier sur le climat – dont dépend pour une part le sort de la planète. Elle a des responsabilités sociales et environnementales qui détermineront la solidité du pacte social national. Elle devra un jour résoudre la contradiction fondamentale entre son ouverture économique et culturelle au monde et sa volonté accrue de contrôle des individus, des organisations et des idées.

La Chine est-elle en train de devenir une économie de marché ?

Au moment où la Chine accédait à l’OMC en 2001, le traité d’accession lui avait donné 15 ans pour devenir une économie de marché de plein droit. Quinze ans plus tard, ce statut est resté contesté par les principaux partenaires de la Chine, notamment les États-Unis, l’Europe et le Japon. Le sujet est désormais porté devant l’organe de règlement des différends de l’OMC. Au-delà des péripéties juridiques, la question centrale est de savoir si la Chine se normalise ou si « l’économie socialiste de marché aux caractéristiques chinoises », pour reprendre l’expression officielle, reste un animal hybride qui ne pratique pas les mêmes règles du jeu que ses partenaires occidentaux.
L’un des enjeux majeurs est celui des privatisations et du rôle des entreprises d’État. La Chine n’a jamais voulu faire disparaître le secteur public. Dans les années quatre-vingt-dix, elle cherche à les centrer sur les secteurs stratégiques, à nettoyer leurs bilans et à favoriser quelques champions nationaux dans chaque secteur avec le slogan « contrôler les grands et libérer les petits (zhuada fangxiao). Les entreprises d’État centrales ou locales sont ramenées à 110 000 en 2008 et leur part de l’emploi urbain est réduite à 20 %. Mais la tendance s’est inversée depuis 10 ans, notamment sous l’impulsion de Xi Jinping dont la volonté de contrôle passe par un renforcement du secteur public.
Sur les 92 entreprises chinoises classées dans le top 500 des entreprises mondiales de Forbes, 82 sont des entreprises d’État. Elles mobilisent les deux tiers des financements bancaires et 50 % de la valeur ajoutée dans les services (25 % dans l’industrie), ce qui explique la difficile montée en puissance d’une économie de services compétitive. La réforme des entreprises d’État en cours ne se traduit pas par la disparition des moins compétitives, mais par des fusions. Ces entreprises d’État représentent près de 80 % des investissements directs à l’étranger de la Chine. Elles peuvent acheter le monde, mais le monde ne peut pas les acheter.
La seconde question est celle de la fixation des prix, des subventions à l’économie et des moyens par lesquels l’État peut agir sur les entreprises. De fait, la Chine concentre une large part des plaintes anti-dumping déposées par les industriels européens ou américains. Le surinvestissement industriel chronique du pays se traduit par des vagues d’exportations à bas prix, notamment dans l’industrie lourde. C’est ce risque qui a motivé le refus de lui accorder le statut d’économie de marché.
Au total, la vision du PCC demeure celle d’une économie mixte à maintenir étroitement sous son contrôle. La coexistence avec ses partenaires internationaux restera un exercice permanent d’ajustement, oscillant entre conflits et coopération.

La Chine peut-elle nous aider à sortir du piège climatique ?

Au moment où les rapports scientifiques sur le climat deviennent de plus en plus alarmistes, la Chine est appelée à jouer un rôle de premier plan, avec deux avantages majeurs par rapport aux États-Unis : elle n’est pas climato-sceptique et elle a engagé une politique vigoureuse de maîtrise de ses émissions. Mais il lui faut inverser une courbe de croissance catastrophique : les émissions de CO2 chinoises ont été multipliées par 4,5 entre 1990 et 2017. La Chine représentait 29 % des émissions mondiales en 2017 et plus du double des émissions américaines. Les efforts faits depuis quelques années n’ont pas permis d’arrêter la croissance des émissions chinoises, qui ont encore progressé de 6 % depuis la COP21 (soit plus que la totalité des émissions françaises). Le gouvernement ne s’est d’ailleurs engagé à inverser la courbe des émissions chinoises qu’à partir de 2030 et n’a pas annoncé de politiques nouvelles lors du sommet de l’ONU sur le climat qui vient de se tenir à New York.
Les engagements chinois actuels sont très clairement insuffisants pour que l’objectif d’une neutralité carbone en 2050 à l’échelle mondiale ait une chance d’être atteint. Le PCC est-il prêt à aller plus loin ? Ce n’est pas clair aujourd’hui. La Chine est certes de loin le premier investisseur et le premier producteur mondial d’énergies renouvelables, mais ses investissements ont chuté de 38 % en 2018. Sa production d’électricité reste à 68 % fondée sur le charbon et elle n’hésite pas à financer de nouvelles centrales à charbon dans le monde au titre des « Nouvelles Routes de la Soie ».
La Chine s’est longtemps vue comme victime plutôt que responsable d’un changement climatique induit par l’industrialisation occidentale depuis le XIXème siècle. Elle tient à conserver l’idée d’une « responsabilité différenciée» qui lui permet de réduire ses engagements internationaux. La population reste concentrée sur le rattrapage économique et s’est davantage mobilisée sur les ravages environnementaux de la croissance – en particulier la pollution de l’air et de l’eau – que sur le changement climatique. Les engagements nouveaux que la Chine doit en principe prendre en 2020 dans le cadre de la COP26 permettront de voir si la mobilisation récente de l’opinion publique mondiale crée une nouvelle donne. Plus que dans tout autre domaine, l’avenir de la planète dépend de la Chine.

Les enjeux du développement durable

Le Parti communiste revendique une « nouvelle normalité » : c’est le jargon choisi pour qualifier une croissance qualitative et durable, mettant l’accent sur le développement social et environnemental. Qu’en est-il vraiment ?
Inégalités et pauvreté. Le développement accéléré de la Chine depuis 1980 s’est accompagné d’une hausse rapide des inégalités. L’indice GINI (qui va de 0, égalité absolue, à 100, inégalité absolue) a progressé de 15 points entre 1980 et 2010, passant de 35 à 50, ce qui situe la Chine parmi les pays les plus inégalitaires au monde, avant de redescendre légèrement pour se situer à 47 aujourd’hui. Les inégalités de patrimoine continuent à s’accroître. Les 1 % les plus riches de la population chinoise possèdent 30 % de la richesse nationale et la Chine compte plus de milliardaires que les États-Unis. Les inégalités de revenus portent notamment sur la différence entre revenus urbains et ruraux (le ratio est de 2,7) et sur les inégalités entre provinces, les plus développées comme Pékin ou Shanghai étant 4 à 5 fois plus riches que les moins avancées (Gansu, Yunnan ou Guizhou).
L’effort de redistribution mené par le gouvernement est limité à l’impôt sur le revenu, qui est lui-même assez peu redistributif. L’actif principal des Chinois, qui est l’immobilier, n’est toujours pas taxé (le projet d’introduction d’une taxe foncière doit aboutir prochainement). Les plus-values financières et les successions ne le sont pas davantage, ce qui met la Chine dans le groupe des économies asiatiques les moins taxées en matière de patrimoine avec Hong Kong et Singapour.
L’effort des autorités porte sur l’éradication de l’extrême pauvreté en 2020, soit dix ans avant l’objectif fixé par les Nations Unies à l’échelle mondiale. Cet objectif va probablement être atteint : 90 % de la population chinoise se trouvait sous le seuil de pauvreté de la Banque Mondiale (1,9 dollar par jour et par personne) en 1980. En 2018, il se situe à moins de 3 %. Les très pauvres se sont donc enrichis, contrairement aux pauvres en Occident, ce qui explique une relative paix sociale en dépit de la progression rapide des inégalités. Mais l’enrichissement collectif ne sera plus garanti lorsque la croissance chinoise tombera en dessous de 4 %. Le PCC a une dizaine d’années devant lui pour accroître l’effort de redistribution avant que la population chinoise ne lui demande des comptes.
L’inégalité des chances est également croissante : selon une étude du FMI, les différences d’accès à l’enseignement supérieur selon l’origine sociale et géographique ou la distinction urbains/ruraux sont nettement plus importantes en Chine que dans la moyenne des pays émergents.
Le filet de sécurité sociale. Le financement public des dépenses de santé s’était effondré dans la phase de croissance rapide des années 1980-2000. Sous la houlette de Hu Jintao dans les années 2000 fut mis en place un régime de mutuelles-santé rurales couvrant progressivement l’ensemble des campagnes, tandis que les régimes urbains étaient améliorés. Aujourd’hui, 95 % de la population chinoise est couverte par une assurance santé (taux supérieur à celui des États-Unis) et la part des dépenses remboursées est remontée autour de 65 %. Les régimes de retraite se sont également développés et couvrent actuellement les trois quarts des personnes âgées (avec souvent une retraite minimale).
Si l’effort accompli a été considérable, le niveau global de la dépense publique pour la santé, les retraites et l’éducation demeure très en deçà du niveau des pays développés (7 % du PIB contre 11 % pour la moyenne des pays de l’OCDE). Or le vieillissement rapide de la population chinoise crée un besoin de financement colossal sur les trente prochaines années. On est encore loin d’un État-providence, et il n’est pas certain que la Chine veuille en créer un.
Le gâchis environnemental. La croissance à marche forcée des trente glorieuses a provoqué une explosion des dégâts environnementaux, dont la Chine va mettre des décennies à se remettre. Le documentaire Under the dome diffusé en 2015 par Chai Jing, une ancienne journaliste de CCTV, montre les ravages de la pollution de l’air, qui tue un million de chinois chaque année. Poussé par une opinion publique indignée, le gouvernement a pris des mesures vigoureuses dans les grandes villes et les indices de pollution commencent à s’améliorer, mettant la Chine désormais au second rang des pays les plus touchés derrière l’Inde.
Seconde priorité, la pollution de l’eau et la raréfaction des ressources en eau dans le nord du pays. Là encore, de nombreux scandales ont provoqué une prise de conscience et les politiques gouvernementales sont devenues plus volontaristes. Une certaine transparence des données se met en place ; les sanctions deviennent plus élevées ; l’administration en charge de protéger l’environnement est enfin devenue un ministère à part entière avec un champ d’action plus large.
Presque tous les indicateurs restent cependant au moins partiellement au rouge : qualité des eaux, traitement des déchets (notamment électroniques), niveau des nappes phréatiques, biodiversité, qualité des productions agricoles. La dépense publique consacrée à la protection de l’environnement s’est accrue de 2007 à 2014 pour plafonner ensuite autour de 1,2 % du PIB. La Chine était en 2018 à la 120ème place parmi les 180 pays de l’Environment Performance Index développé par l’université de Yale, et son classement ne progresse pas. Au total, elle n’a franchi que les premières étapes de la « longue marche » vers un développement réellement durable.

L’ambition technologique et la contre-attaque américaine

La Chine veut devenir la première puissance technologique mondiale à l’horizon 2035 et elle s’en donne les moyens. Les dépenses de recherche et développement se situent désormais à 2,1 % du PIB et rejoignent la moyenne des États de l’OCDE. Elle est de loin le premier pays au monde en matière de dépôts de brevets et se situe au second rang, juste derrière les États-Unis et devant le Japon, pour les dépôts de brevets internationaux dans le cadre de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Elle est aussi le second pays au monde en matière de publications scientifiques, même si l’impact de ces publications reste en moyenne très nettement inférieur à celui des publications américaines.
Le plan « Made in China 2025 » vise à transformer « l’usine du monde » en un « laboratoire du monde » en se concentrant sur les technologies de l’information, la robotique, les technologies de transport, les biotechnologies, l’aérospatiale et les nouveaux matériaux. La Chine est déjà le premier producteur mondial de véhicules électriques et de batteries pour l’automobile. Elle est le premier investisseur mondial en intelligence artificielle. Dans le monde des technologies de l’information, les GAFA américains (Google, Amazon, Facebook et Apple) ne sont sérieusement concurrencés que par les BATX chinois (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi), dans un duopole qui laisse loin derrière le reste du monde.
Ces succès spectaculaires ne doivent cependant pas faire oublier que l’industrie chinoise reste largement une industrie d’assemblage qui s’appuie sur des biens intermédiaires produits par le reste du monde et en particulier par les voisins asiatiques. Un seul exemple : selon une étude de l’OCDE un iPhone exporté de Chine vers les États-Unis comporte seulement 4 % de valeur ajoutée (VA) chinoise contre 36 % de VA japonaise, 14 % de VA coréenne et 18% de VA allemande. L’un des objectifs majeurs du plan « Made in China 2025 » est de relocaliser en Chine une bonne partie des composants high tech importés aujourd’hui.
Or, cette ambition technologique se heurte désormais à une vigoureuse contre-attaque américaine symbolisée par l’interdiction aux entreprises américaines de vendre à Huawei, le leader des équipements téléphoniques chinois. Huawei investit massivement dans la recherche et développement. La compagnie est devenue le numéro un mondial des dépôts de brevets internationaux et son avance technologique dans le déploiement de la 5G est incontestée. Mais Huawei ne peut pas tout faire et dépend notamment des fournisseurs américains pour ses ventes de smartphones.
Le défi lancé par Donald Trump à Huawei est beaucoup plus lourd de conséquences que les droits de douane supplémentaires imposés aux exportations de produits chinois, qui peuvent facilement être annulés. En s’attaquant à la chaîne globale de valeur de l’électronique qui réunissait les entreprises américaines et asiatiques, Trump contraint la Chine à se dégager de sa dépendance technologique à l’égard des États-Unis et à recréer sa propre chaîne de valeur régionale en s’appuyant principalement sur ses voisins asiatiques.
La globalisation actuelle de l’électronique pourrait laisser place progressivement à une bipolarisation qui obligera les autres pays – en particulier les Européens – à déployer des trésors de diplomatie pour être présents dans les deux sphères concurrentes. Pour un pays qui a été le grand bénéficiaire de la mondialisation depuis son accession à l’OMC, le choc est rude et le projet central du leadership technologique devient plus difficile à réaliser.

Les « Nouvelles Routes de la Soie » et le retour de l’empire du milieu

Les différentes « Routes de la Soie » – terrestres, maritimes, digitales – furent initiées en 2013 par Xi Jingping dès son arrivée au pouvoir. Ce vaste programme d’infrastructures et de projets de coopération s’étend désormais à 80 pays sur les cinq continents, avec 450 milliards de dollars de projets approuvés entre 2013 et 2018. Il nous rappelle les 150 000 kilomètres de voies construites par l’Empire romain à son apogée.
La Chine communiste s’est prêtée au jeu du multilatéralisme et elle n’a pas cédé pour le moment à la tentation de l’unilatéralisme. Mais elle est manifestement plus à l’aise dans une addition de rapports bilatéraux dont elle constitue le centre. Les « Nouvelles Routes de la Soie » permettent, avec la carotte d’un financement chinois devenu pour certains pays un piège de la dette, d’orchestrer un ensemble de coopérations autour des priorités chinoises : nouvelles voies de communications, accès à l’énergie, prises de gage géopolitiques à travers la mainmise sur des actifs stratégiques. Le repli sur soi américain et le bilatéralisme chinois vont dominer l’actualité économique internationale. L’Europe reste la seule porte-parole d’un projet multilatéral pour le monde.

La cinquième modernisation

On ne peut pas conclure ce bref tour d’horizon sans évoquer la question politique. Au moment où Deng Xiaoping orchestrait ce qu’il a appelé les quatre modernisations (l’agriculture, l’industrie, les sciences et technologies, la défense nationale), Wei Jingsheng et ses camarades étudiants du « printemps de Pékin » en 1979 multipliaient les dazibao (journal mural public) pour réclamer la démocratie. Dix ans plus tard, les milliers d’étudiants rassemblés sur la place Tian’anmen développent les mêmes revendications avant d’être balayés par l’Armée nationale populaire. Au début des années 2000, Jiang Zemin laissait entendre que la Chine avait besoin de temps pour avancer sur la réforme politique. Nombre d’observateurs occidentaux pariaient encore sur une démocratisation progressive du régime.
L’arrivée au pouvoir de Xi Jinping a mis un terme à ces espoirs. La démocratie à l’occidentale est clairement affichée comme un repoussoir par un régime qui revendique la supériorité de la dictature éclairée du Parti. La mise au pas des minorités au Tibet et au Xinjiang n’a jamais été aussi dure, la population chinoise elle-même est progressivement enfermée dans les multiples outils technologiques mis au service du contrôle social et politique. Le flambeau de la démocratie n’est plus porté – avec panache – que par la jeunesse hongkongaise qui tente l’impossible pour éviter la perte des libertés dont le territoire bénéficie jusqu’en 2047 au titre des accords de rétrocession. Taïwan suit avec passion et angoisse les événements de Hong Kong car la solution « un pays, deux systèmes » qui avait justifié à l’ère de Deng Xiaoping le maintien d’un régime spécial pour Hong Kong, est précisément la formule que Xi Jinping propose à Taïwan comme outil d’une future réunification.
Dans la grande tension entre ouverture et contrôle qui caractérise la modernisation de la Chine, le régime pense pouvoir concilier le développement de l’ouverture économique et intellectuelle au monde avec le durcissement du contrôle politique et social. C’est un pari risqué. La cinquième modernisation pourra-t-elle être éludée jusqu’au centième anniversaire de la Chine communiste en 2049 ?
Par Hubert Testard
A propos de l'auteur
Hubert Testard
Hubert Testard est un spécialiste de l'Asie et des enjeux économiques internationaux. Il a été conseiller économique et financier pendant 20 ans dans les ambassades de France au Japon, en Chine, en Corée et à Singapour pour l'Asean. Il a également participé à l'élaboration des politiques européennes et en particulier de la politique commerciale, qu'il s'agisse de l'OMC ou des négociations avec les pays d'Asie. Hubert Testard enseigne depuis quatre ans au collège des affaires internationales de Sciences Po sur l'analyse prospective de l'Asie. Il a participé à la rédaction d'un livre sur la crise asiatique ("Asie, les nouvelles règles du jeu", éditions Philippe Picquier) et co-rédigé avec Brigitte Dyan un livre intitulé "Quand la Chine investit en France", publié par l'Agence Française pour les Investissements Internationaux. Il est diplômé de l'Ena et de Sciences Po.