Revue de presse Asie - 25 août 2016

Traité sur le climat, séisme birman et maire de Karachi

Copie d'écran du South China Morning Post, le 25 août 2016.
Pékin et Washington vont annoncer leur ratification de l'accord de Paris pour lutter contre le changement climatique. Copie d'écran du South China Morning Post, le 25 août 2016.

Asie du Nord-Est

South China Morning Post – Pékin et Washington se mettent au vert. Selon le South China Morning Post, la Chine et les États-Unis annonceront ensemble leur ratification de l’accord de Paris, négocié lors de la COP21 en décembre dernier. Visant à lutter contre le changement climatique, il cherche à limiter l’augmentation de la température de la planète à moins de 2°C.

Des représentants de chaque pays auraient finalisé ce mardi à Pékin les derniers détails de cette annonce bilatérale, qui devrait avoir lieu le 2 septembre, soit deux jours avant le début du G20. « Il y a toujours quelques incertitudes du côté américain, dûes à la difficulté de faire ratifier un tel traité dans un système comme celui des États-Unis, mais il est très probable que l’annonce soit prête pour le 2 septembre », a révélé une source anonyme.

La Chine et les États-Unis produisent à eux deux 38% des émissions de gaz à effet de serre mondiales et ont l’un comme l’autre refusé de ratifier les accords de Kyoto. En signant l’accord de Paris, Pékin et Washington pourraient créer un mouvement international en faveur de ce traité, adopté par 195 pays. Sa ratification a débuté le 22 avril dernier mais il ne rentrera en vigueur que lorsque 55 pays, comptant pour au moins 55% des émissions globales, l’auront ratifié. À ce jour, seuls 23 pays, représentant seulement 1% des émissions de gaz à effet de serre, ont signé l’accord écologique.

Channel News Asia – Les indépendantistes hongkongais seraient surveillés. Les activistes militant pour l’indépendance de Hong Kong affirment être harcelés et suivis depuis plusieurs mois par des médias locaux pro-chinois. Ce harcèlement intervient alors que Pékin hausse le ton contre « l’absurdité dangereuse » de l’indépendance – notamment revendiquée pendant trois mois de protestations en 2014.

Six candidats aux élections législatives de septembre prochain, parmi lesquels Edward Leung, ont été exclus de la liste du scrutin par la commission des Affaires électorales pour leurs opinions indépendantistes (voir notre revue de presse du 3 août). Edward Leung, porte-parole du parti Indigènes de Hong Kong créé en 2015, affirme avoir été pris en filature pendant un mois cet été par plusieurs individus se revendiquant d’un journal en lien avec Pékin. Il a d’ailleurs été filmé lors d’une altercation avec un reporter du média pro-chinois Ta Kung Pao. Selon lui, le journaliste et un complice l’ont approché un soir afin de filmer sa réaction tandis qu’ils divulguaient des détails sur sa vie privée. Le journal a d’ailleurs publié un article où figuraient des photos de l’altercation – tout en niant que les deux individus travaillaient pour lui.

Un autre activiste du parti Indigènes, Ray Wong, a également été suivi. Il affirme que 3 hommes travaillant pour une entité gouvernementale chinoise ont aussi approché sa famille, les enjoignant à faire attention à ce qu’il « ne finisse pas comme Lee Bo ». Ils faisaient ici référence au libraire ayant disparu en décembre dernier pendant plusieurs mois. Celui-ci avait pourtant affirmé ne pas avoir été enlevé… (voir notre revue de presse du 1er mars)

Straits Times – Les hommages se multiplient depuis le décès le 23 août de l’ancien président de la République de Singapour, SR Nathan. À partir d’aujourd’hui, jeudi 25 août, rapporte le Straits Times, les Singapouriens pourront lui rendre un dernier hommage au Parlement où son corps a été transporté depuis son domicile tôt dans la matinée. Tout a été organisé pour que ces adieux se passent paisiblement et en toute sécurité. Il est vrai qu’après le décès, en mars 2015, du père fondateur de Singapour, Lee Kuan Yew, l’État a tristement acquis l’expérience des funérailles nationales. Les obsèques de SR Nathan auront lieu demain vendredi après-midi au centre culturel de l’université nationale.
L’ancien président Sellapan Ramanathan, plus connu sous le nom de SR Nathan, est décédé lundi dernier à l’âge de 92 ans à l’hôpital général de Singapour il avait été admis en soins intensifs après un accident vasculaire cérébral survenu le 31 juillet. Sixième président de Singapour, SR Nathan a été le chef d’État qui est resté le plus longtemps en poste, accomplissant deux mandats entre 1999 et 2011. Le Straits Times rappelle dans une courte biographie que c’est Lee Kuan Yew lui-même qui avait choisi ce diplomate proche de la retraite en 1999. Ambassadeur en Malaisie et aux États-Unis, deux des plus prestigieux postes au sein du gouvernement singapourien, SR Nathan avait auparavant dirigé le service de la Sécurité et du renseignement au ministère de la Défense. L’excellence de sa gestion de la crise financière asiatique de 2008 et 2009, qui avait permis à l’île État de sortir indemne de la récession, lui avait valu l’estime des politiciens ainsi qu’une réelle reconnaissance de ses compétences, pourtant mises en doute lors de son arrivée au pouvoir par son prédécesseur Ong Teng Cheong.

Asie du Sud-Est

Myanmar Times – La Birmanie frappée par un séisme. Au moins trois personnes ont été tuées et plus d’une centaine d’anciens stupas et pagodes endommagés par un tremblement de terre d’une magnitude de 6,8 sur l’échelle de Richter, survenu hier mercredi 24 août près de Chauk, ville de la région de Magway dans le centre du pays. Pour l’instant, deux jeunes filles et un homme sont comptés parmi les victimes du séisme, rapporte le Myanmar Times.
Selon les premières estimations du ministère de la Culture et des affaires religieuses, 171 anciennes pagodes, temples et stupas ont été endommagés à Bagan, site archéologique de la région de Mandalay. Ce séisme pourrait compromettre les efforts de la Birmanie pour faire inscrire un certain nombre de ses monuments, notamment les temples de Sulamani, Dhammayangyi et Pya That Gyi, sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. « Nous sommes encore en train d’examiner les autres sites », a déclaré Aung Aung Kyaw, directeur du département birman de l’Archéologie, du Musée national et des Archives. « Nous sommes dépités que le tremblement de terre ait frappé tandis que nous essayions d’être répertoriés par l’Unesco. »
South China Morning Post – Durterte s’attaque à la Chine. Le président philippin a clairement mis en garde Pékin, ce mercredi, au sujet des désaccords territoriaux qui opposent les deux pays en mer de Chine du Sud. Selon le South China Morning Post, Rodrigo Duterte a affirmé, bien qu’il ait envoyé un diplomate à Pékin afin d’apaiser les tensions, être prêt à durcir le ton. « Nous n’allons pas faire une scène maintenant à cause du jugement [de la Cour intrenationale de La Haye, NDLR], mais viendra bien un jour le moment où nous devrons régler nos comptes », a déclaré le président des Philippines lors d’un discours dans un camp militaire. « Je leur [les Chinois] garantis que si ils entrent ici [aux Philippines], ce sera sanglant et que nous ne céderons pas. Ce sera [sur] les os de nos soldats et même les miens. »
Pourtant, la veille même, le mardi 23 août, Duterte avait préconisé le dialogue avec Pékin : « Il est préférable de garder le lien avec la Chine en entretenant le dialogue diplomatique plutôt que de contrarier ses représentants et qu’ils mettent entièrement fin à ces relations. » La Chine a rejeté en juillet le jugement de la Cour internationale de La Haye (voir notre revue de presse du 15 juillet), qui avait été saisie par l’ancien président des Philippines, Benigno Aquino.
Cambodian Times – Le gouvernement cambodgien ignore le procès du fils du Premier ministre Hun Sen. Phay Siphan, porte-parole du conseil des Ministres, a indiqué hier, mercredi 24 août, à Radio Free Asia que le gouvernement n’était pas concerné par le procès intenté aux États-Unis par l’opposant Meach Savonnara. Le Cambodge est en effet selon lui une nation souveraine qui ne relève pas du droit américain. Il affirme que, la cour en question n’étant pas une instance internationale, « elle n’a aucune juridiction ni pouvoir de […] juger un pays ».
Actuellement en détention, Meach Sovannara, l’opposant porte-parole du parti du Sauvetage National du Cambodge, a accusé Hun Manet, le fils du Premier ministre Hun Sen et le gouvernement cambodgien de l’avoir illégalement emprisonné, lui et d’autres représentants de l’opposition, ce qui est une forme de torture. Bien que le gouvernement ne se sente pas concerné par le procès, Hun Manet, qui est considéré comme le successeur de son père à la tête du pays, a décidé d’engager l’avocat américain John Purcell pour contester la poursuite judiciaire. Celui-ci considère les accusations de Meach Sovannara comme « sans fondement ».
Morton Sklar, l’avocat de Meach Sovannara, a déposé une requête à la Cour fédérale américaine de Los Angeles le 8 avril dernier. Selon lui, les liens familiaux et le rôle de Hun Manet, général de l’armée cambodgienne, dans les forces de sécurité du pays le rendent responsable des dommages émotionnels et financiers subis par la famille de Meach Sovannara à la suite de son incarcération.
Meach Sovannara possède la double nationalité cambodgienne et américaine. Il a été, avec d’autres figures de l’opposition, condamné à vingt ans de prison pour insurrection. Ces opposants avaient en effet participé à une manifestation en juillet 2014 qui avait dégénéré en violents heurts avec les forces de l’ordre. Aucune preuve de leur participation aux affrontements n’a pourtant été apportée. Morton Sklar a indiqué que le département américain de police de Long Beach avait ouvert une enquête criminelle.

Asie du Sud

The Express Tribune – Waseem Akhtar, leader du parti pakistanais Muttahida Qaumi Movement (MQM), actuellement emprisonné pour sédition et accusations de terrorisme, a été élu maire de Karachi, mégapole de 20 millions d’habitants. Waseem a en effet remporté les élections hier, mercredi 24 août, avec une majorité de 208 voix sur 294. Son collègue Arshad Volhra a, quant à lui, été élu adjoint avec 205 votes. L’ancien parlementaire et ministre avait été arrêté le mois dernier pour avoir aidé des terroristes présumés et pour son rôle dans le massacre de Karachi les 12 et 13 mai 2007 [qui avait opposé d’un côté des activistes pro-gouvernementaux et du MQM et de l’autre les supporters du Chef de la justice Iftikhar Chauhdry, NDLR]. Il était à l’époque conseiller du ministre en chef de l’Intérieur de la province de Sindh mais récuse ces accusations. Selon son avocat, Mahfooz Yar Khan, il pourrait gouverner la ville depuis sa cellule grâce à des visio-conférences.
Waseem s’est adressé aux médias, appelant à une coopération avec le gouvernement du Sindh – dirigé par le Parti du peuple pakistanais (PPP) – pour l’essor de Karachi. Il lui a demandé d’octroyer plus de pouvoirs au gouvernment local. Concernant la situation sécuritaire de la ville, Waseem a proposé de travailler en coopération avec le directeur général des Rangers [forces de sécurité, NDLR] et l’a assuré du respect sincère du MQM pour les sacrifices des soldats en charge du maintien de l’ordre.
Toutefois, les résultats ont été contestés dans l’ouest de la ville. Un recomptage des voix aura lieu aujourd’hui.
India Today – Pas de réconciliation en vue au Cachemire indien. Alors que Rajnath Singh, le ministre indien de l’Intérieur, est en visite pendant deux jours dans l’État du Jammu-et-Cachemire, les groupes séparatistes rejettent son appel aux négociations. Sur Twitter, le ministre a annoncé ce mercredi, selon India Today : « Je séjourne au Nehru Guest House. Ceux qui croient au Kashmiriyat, Insaniyat et au Jamhooriyat [identités ethno-nationalistes, NDLR] sont les bienvenus. » Un appel à la réconciliation qualifié de « farce » par Mirwaiz Umar Farooq, leader du groupe séparatiste Hurriyat Conference, qui a répondu au ministre sur le réseau social : « Une farce de dialogue après la prise de contrôle des écoles et des universités par les forces de sécurité. Ébranlé par la détermination du peuple, le gouvernement n’a pour seule réponse qu’une militarisation accrue. »
Même son de cloche parmi les autres groupes séparatistes du Cachemire indien. « Nous n’acceptons pas du tout la Constitution indienne, alors toute négociation qu’elle encadre est hors de question. Tant que l’Inde n’a pas reconnu le Cachemire comme un territoire disputé et n’a pas commencé sa démilitarisation, notre lutte continuera quoi qu’il arrive », a affirmé le leader séparatiste Syed Ali Geelani. Depuis le début des manifestations en juillet dernier, le bilan ne cesse de s’alourdir et s’élève actuellement à 67 morts. Rajnath Singh a rencontré plusieurs représentants au Cachemire, parmi lesquels Omar Abdullah, ministre-en-chef de l’État, afin de mettre un terme aux manifestations qui durent depuis plus d’un mois.
Kathmandu Post – Les luttes intestines demeurent le fléau du parti népalais du Congrès (NC). Bien qu’il ait annoncé la nomination de ses ministres pour mercredi, le Congrès népalais a échoué dans sa tâche après qu’une section du parti se soit opposée à la « liste des ministres » du président du parti, Sher Bahadur Deuba.
Une réunion d’une faction menée par le haut dirigeant du NC, Ram Chandra Poudel, actuellement ministre de la Paix et de la reconstruction au sein du gouvernement de Pushpa Kamal Dahal, a rejeté mercredi la proposition de Deuba. La faction a insisté sur le fait qu’il devait choisir au moins cinq ministères, pour « suivre la tradition qui est de respecter les autres voies du parti » a indiqué le leader du Congrès népalais, Gururaj Ghimire.
Le parti communiste du Népal (maoïste) et le NC – formant actuellement une coalition qui a gagné les élections générales – ont passé un accord selon lequel le parti du Congrès gèrera 13 ministères. Jusqu’à présent le NC n’a envoyé que deux de ses ministres au gouvernement, nommant Bimalendra Nidhi au poste de Premier ministre adjoint et Ramesh Lekhak à celui de ministre des Infrastructures physiques et des Transports. Malgré les différends entre le NC et la faction menée par Ram Chandra Poudel, les dirigeants du parti ont annoncé avoir déjà confirmé quatre noms : ceux de Arjun Narsingh, Prakash Sharan Mahat, Bal Krishna Khand et Jeevan Bahadur Shahi.
Par Juliette Morillot, Myriam Sonni et Marie Bonnamy