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Chine : tollé mondial après la "disparition" de Peng Shuai, star chinoise du tennis

La star chinoise Peng Shuai, ancienne numéro un mondial de double en tennis. Cette image a été divulguée sur le compte Twitter de Shen Shiwei, journaliste à la télévision chinoise d'État CGTN, affirmant qu'elle avait été postée sur le compte WeChat de l'ancienne joueuse. (Source : Twitter / @shen_shiwei)
La star chinoise Peng Shuai, ancienne numéro un mondial de double en tennis. Cette image a été divulguée sur le compte Twitter de Shen Shiwei, journaliste à la télévision chinoise d'État CGTN, affirmant qu'elle avait été postée le 20 novembre 2021 sur le compte WeChat de l'ancienne joueuse. Peng n'a plus été vue en public depuis le 4 novembre 2021 après ses accusations de viol sur Weibo contre l'ancien dirigeant chinois Zhang Gaoli. (Source : Twitter / @shen_shiwei)
#WhereIsPengShuai, Où est Peng Shuai ? L’existence même de ce hashtag sur les réseaux sociaux reflète l’ampleur du scandale mondial. La championne chinoise de tennis Peng Shuai, une star dans son pays, a accusé un ancien très haut dirigeant du Parti de l’avoir violée, le 2 novembre dernier. Depuis, elle a disparu, suscitant à l’étranger des réactions indignées qui ne cessent de prendre de l’ampleur. Au point d’être d’ores et déjà un sujet des plus embarrassants pour l’image du gouvernement chinois, à quelques semaines des Jeux Olympiques d’hiver à Pékin.
L’ancienne n°1 mondiale en double, âgée de 35 ans, n’a donné aucune nouvelle, ni fait d’apparition publique depuis le 2 novembre. Ce jour-là, elle a mis en ligne sur le réseau social chinois Weibo un court texte accusant l’ancien vice-Premier ministre Zhang Gaoli de lui avoir imposé un rapport sexuel trois ans plus tôt. « J’avais très peur. Cet après-midi-là, j’ai d’abord refusé. Je n’arrêtais pas de pleurer, écrit-elle. En proie à la peur et au trouble, j’ai cédé et nous avons eu un rapport sexuel. »
Détail particulièrement sordide, elle ajoute que l’épouse du dirigeant était au courant et « montait la garde à l’extérieur ». Peng Shuai précise qu’elle est ensuite devenue la maîtresse de l’ex-dirigeant, jusqu’à une dispute la semaine précédente. La sportive ajoute n’avoir aucune preuve à apporter à l’appui de ses dires. « Tu as toujours eu peur que je cache un magnétophone, écrit-elle en s’adressant à Zhang Gaoli. Tu démentiras certainement ou bien tu iras jusqu’à m’attaquer. »
Aujourd’hui à la retraite, Zhang Gaoli, âgé de 75 ans, était depuis 2012 et jusqu’au début de 2018, membre permanent du bureau politique du Parti communiste chinois. Il était à ce titre l’un des sept hommes les plus puissants de Chine. Avant d’être Vice-Premier ministre, il avait été secrétaire du Parti de la province du Shandong sur la côte nord-est du pays puis celui de la municipalité de Tianjin.
Ces révélations fracassantes sont les premières visant de hauts responsables du Parti communiste chinois depuis le début du mouvement mondial #MeToo contre les violences sexuelles faites aux femmes. Elles mettent en lumière des comportements scabreux de hauts dirigeants du Parti.
Mercredi 17 novembre, un courriel étant attribué à Peng Shuai a jeté un peu plus le trouble quant à son sort. « Les informations, notamment concernant l’accusation d’agression sexuelle, sont fausses, affirmerait la joueuse dans ce message. Je ne suis ni disparue ni en danger. J’étais juste au repos chez moi, tout va bien. Merci encore d’avoir pris de mes nouvelles », dit ce texte brièvement montré le soir même sur la télévision d’Etat CCTV.
Mais les propos, tenus en anglais, dans ce message sont suspects et ont immédiatement suscité le doute à l’étranger sur son origine. Cette affaire est maintenant potentiellement explosive pour Pékin. En effet, rien n’atteste que ce message a vraiment été écrit par Peng Shuai. Le message a même été censuré une vingtaine de minutes après avoir été diffusé, le temps toutefois pour des milliers de Chinois d’en prendre connaissance et d’en faire circuler des captures d’écran, promptement censurées à leur tour.
D’autres éléments semblent indiquer que le message attribué à la joueuse est un faux. Des utilisateurs de Twitter ont relevé qu’un curseur était visible sur un message diffusé par la télévision chinoise CGTN reproduisant ce courriel attribué à Peng Shuai, signe d’une capture d’écran douteuse.
Cette même chaîne CGTN avait diffusé des aveux forcés de suspects sur les médias publics chinois. Elle s’était ensuite vue retirer sa licence au Royaume-Uni début 2021 pour avoir diffusé des « aveux » attribués à un citoyen britannique arrêté en Chine, Peter Humphrey. La CGTN s’était ensuite retournée vers la France où le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) avait accepté de lui donner l’autorisation de diffuser à partir du sol français, précisant toutefois qu’il se montrerait « vigilant » sur le respect par la chaîne chinoise des codes éthiques attachés à la diffusion des informations.
« Les dernières déclarations de Peng Shuai, publiées par un média public, ne doivent pas être prises pour argent comptant, a déclaré William Nee, de l’association Défenseurs des droits de l’Homme en Chine dans un communiqué. Le gouvernement chinois a une longue expérience consistant à détenir arbitrairement des gens impliqués des affaires controversées, à les empêcher de parler librement et à les contraindre à des déclarations publiques C’est au gouvernement chinois de prouver qu’elle n’est pas en détention. »
Ce samedi matin 20 novembre, face au tollé international. Nouvelle opération de communication des autorités de Pékin. Un journaliste de CGTN, Shen Shiwei, poste sur Twitter trois photos de Peng Shuai. Un cliché montre la joueuse souriante avec un chat dans les bras dans ce qui semble être son domicile. En arrière-plan, des peluches, un trophée, un drapeau chinois et des accréditations sont visibles. Un autre cliché montre un selfie de Peng Shuai avec une figurine de Kung Fu panda, un film d’animation pour enfants. Au second plan apparaît un cadre avec une photo de Winnie l’ourson. Le journaliste affirme en anglais que ces photos ont d’abord été postées en privé par la joueuse sur WeChat, réseau social ultrapopulaire en Chine, pour souhaiter « bon week-end » à ses contacts.
Un autre titre de la presse d’État insiste : le très nationaliste Global Times par son rédacteur en chef Hu Xijin, partage le tweet de Shen avec les images de la star. « J’ai la confirmation grâce à mes sources personnelles aujourd’hui : ces photos sont en effet de Peng Shuai en ce moment-même. Ces derniers jours-ci, elle est restée chez elle librement et ne voulait pas être dérangée. Elle se montrera en public et participera à des activités bientôt. »

« Bouleversée et choquée »

Malgré les efforts de la censure chinoise, l’accusation portée par Peng Shuai avait cependant été publiée sur Twitter, qui est interdit en Chine. Ce qui lui a permis de connaître un écho mondial. À travers le hashtag #WhereIsPengShuai, les plus grands joueurs de tennis ont exprimé leur inquiétude à son sujet. L’ancienne numéro un mondiale japonaise Naomi Osaka s’est ainsi dite « choquée par la situation ». Même déclaration chez le meilleur joueur du circuit masculin, Novak Djokovic : « Honnêtement, c’est choquant qu’elle ait disparu. »

L’ex-numéro un Serena Williams s’est, quant à elle, dite « bouleversée et choquée », ajoutant que « cela doit faire l’objet d’une enquête et nous ne devons pas rester silencieux ». « J’espère qu’elle sera bientôt retrouvée, parce que l’on ne parle pas ici d’un match de tennis ou d’une compétition, mais on parle de vie humaine », a pour sa part déclaré l’Allemand Alexander Zverev, actuel numéro 3 mondial.

L’affaire a encore gagné en importance vendredi. C’est ainsi que l’Association de tennis féminin, la WTA (Women’s Tennis Association), s’est dite prête à se retirer de tous les matchs organisés en Chine si Pékin ne fait pas la lumière sur cette affaire. « Nous sommes absolument désireux de nous retirer de ce business et de faire face à toutes les complications qui pourraient surgir, a déclaré Steve Simon, président de la WTA, à CNN. Car il est certain que cette affaire dépasse de loin le business. Les femmes doivent être respectées et non pas censurées. » Déjà ce mercredi 17 novembre, le même Steve Simon avait émis des doutes sur l’authenticité du mail attribué à Peng Shuai : « Il m’est difficile de croire que Peng Shuai est l’auteur de ce courriel et de croire à ce qui est écrit. » Il a ainsi demandé une « preuve indépendante et vérifiable » que la joueuse est en sécurité. « J’ai tenté à plusieurs reprises de la joindre par différents moyens de communication, en vain », a-t-il souligné, en réclamant que Peng Shuai « soit autorisée à s’exprimer librement, sans coercition ni intimidation d’aucune sorte ».
Ce vendredi 19 novembre, les réactions indignées se sont multipliées. À son tour, l’ONU a demandé des preuves que la championne de tennis va bien. « Il serait important d’avoir des preuves sur le lieu où elle se trouve et de savoir si elle va bien. Et nous demandons instamment qu’une enquête soit menée en toute transparence sur les allégations d’agression sexuelle », a lancé Liz Throssell, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme.
Quelques heures plus tard, les États-Unis ont exprimé leur « vive inquiétude ». Un porte-parole de la Maison Blanche a indiqué que l’administration Biden demandait à son tour à la Chine de « fournir des preuves indépendantes et vérifiables » sur le sort de la joueuse chinoise.
La France aussi a exprimé son inquiétude. « Nous sommes préoccupés par l’absence d’informations sur la situation de la joueuse de tennis Peng Shuai, qui inquiète la communauté internationale et les milieux sportifs », a précisé un communiqué du Quai d’Orsay.
Dans le monde du tennis français, de nombreuses voix continuent de se faire entendre sur les réseaux sociaux chez les joueuses et les joueurs, tels que Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert font partie. Et dans la foulée de leur qualification pour le dernier carré du Masters de Turin vendredi, les deux Français ont réaffirmé devant la presse leur engagement. Soutenu par son partenaire, Mahut s’est dit déterminé à boycotter les tournois chinois à l’avenir si la sécurité de la joueuse de 35 ans n’était pas assurée sans le moindre doute, et la lumière faite sur ses allégations. « Personnellement, je ne jouerai pas si la situation reste la même. Mais nous devons être unis. J’espère que ce sera une décision collective car individuellement on ne peut pas faire grand-chose », a-t-il affirmé, espérant que ses collègues suivront le mouvement. Dans cette logique, il a fait l’éloge de la réaction de Steve Simon, président de la WTA. Persuadé que l’ATP sera prête à faire de même, l’Angevin n’a toutefois pas accordé des bons points à toutes les instances. Dans son collimateur, le Comité international olympique (CIO) et la Fédération internationale de tennis (ITF). « Le CIO n’a encore rien fait. […] C’est assez embarrassant qu’ils ne parlent pas, ils devraient dire quelque chose à quelques mois des Jeux Olympiques [d’hiver, NDLR] en Chine. Le président de l’ITF Dave Haggerty n’a rien dit non plus, j’espère qu’il fera bientôt comme Steve Simon. »
Les réactions à l’étranger suscitées par cette affaire sont évidemment censurées sur les réseaux sociaux chinois de même que dans les médias. Encore ce vendredi, toute recherche sur le compte officiel de la WTA ne menait à rien. Le nom de Peng n’existe plus sur Weibo. Mais une poignée de Chinois ont eu accès aux propos de Novak Djokovic et Serena Williams. « Merci d’avoir parlé », a répondu l’un de ces internautes.

« Disparitions » temporaires

La mystérieuse « absence » de Peng Shuai en rappelle d’autres en Chine. Début septembre, Vicki Zhao (aussi connue sous le nom de Zhao Wei) l’une des plus grandes actrices chinoises, devenue productrice et femme d’affaires, avait déjà disparu publiquement, avant de réapparaître vingt jours plus tard sur le réseau social Weibo.
Même chose pour Jack Ma, le tumultueux patron d’Alibaba. Le milliardaire était dans le viseur de Pékin depuis des critiques publiques prononcées en octobre 2020 à l’encontre du régulateur chinois. Depuis, Jack Ma n’avait pratiquement plus été vu en public. Selon le South China Morning Post, propriété d’Alibaba, Jack Ma s’est rendu mi-octobre, pour la première fois en un an, en Europe pour une série de réunions d’affaires.
Plus ancien encore, à l’automne 2019, Fan Bingbing, la comédienne alors la mieux payée de Chine, n’avait plus donné de nouvelles pendant plus de trois mois, avant d’être retrouvée dans une « station balnéaire » près de Pékin. L’actrice de 39 ans, accusée de fraude fiscale, avait faire part de tous ses regrets et présenter ses « excuses ». « J’ai trahi mon pays, les attentes de la société et l’amour de mes fans. Veuillez accepter mes excuses. Je vous demande pardon », avait-elle alors posté sur la plateforme Weibo.

Biden « envisage  » un boycott diplomatique des JO d’hiver de Pékin

Le scandale Peng Shuai tombe au plus mal pour la Chine, car il survient à l’approche de la tenue des Jeux Olympiques d’hiver prévus en février à Pékin, tandis que les appels à un boycott se multiplient dans le monde occidental. Le régime chinois a coutume d’utiliser les JO pour redorer son blason sur la scène internationale de même que pour flatter le sentiment nationaliste de la population chinoise. Le Comité International Olympique (CIO) a déclaré jeudi qu’il préférait ne pas commenter ces affaires. « L’expérience nous montre que la diplomatie silencieuse offre souvent la meilleure opportunité pour trouver une solution à des questions de cette nature », a soutenu un porte-parole du Comité.
Or Joe Biden a déjà indiqué ce jeudi 18 novembre qu’il réfléchissait à un boycott diplomatique des Jeux de Pékin. « Voilà quelque chose que nous envisageons », a-t-il confié à des journalistes. Un boycott diplomatique signifie qu’un pays envoie ses athlètes pour prendre part aux jeux mais qu’aucune personnalité politique ne fera le déplacement. Le même jour, Jim Banks, membre du Parti républicain et élu de l’Indiana à la Chambre des représentants des États-Unis, a révélé qu’il avait envoyé une lettre à Joe Biden lui demandant d’intervenir auprès des autorités chinoises pour qu’elles fassent la lumière sur cette affaire. Et les avertir que ce scandale pourrait exercer un impact négatif sur les JO de Pékin en février.
Par Pierre-Antoine Donnet

Les premières déclaration de l'épouse de Meng Hongwei, ancien patron d'Interpol enlevé par Pékin

Ce jeudi, Grace Meng, la femme de Meng Hongwei, l’ancien président d’Interpol arrêté en Chine pour corruption avant de disparaître, a décidé de parler. Dans une interview à l’agence de presse américaine Associated Press, elle affirme que les membres du gouvernement chinois sont « des monstres ». Pour la première fois depuis la disparition de son mari, elle a accepté d’être filmée et photographiée. « Ma responsabilité aujourd’hui est de montrer mon visage, pour dire au monde ce qui s’est passé. »

« Ces trois dernières années, j’ai appris à vivre avec ce monstre, les autorités [chinoises] », confie-t-elle. À la suite de la disparition de son mari, elle en était arrivée à ne plus utiliser son nom chinois, Gao Ge. Elle explique qu’il lui est plus facile d’utiliser le nom de Grace ajouté au nom de son mari Meng : « Depuis, je suis morte pour revivre. » Depuis 2018, elle ne sait plus rien de ce qu’est devenu son mari, de sa santé, du lieu où il vit, rien. Leur dernier contact s’est réduit à deux messages qu’il lui a envoyés le 25 septembre 2018. Le premier disait : « Attend mon appel. » Puis, quatre minutes plus tard, l’envoi d’un emoji d’un couteau, signalant un danger. Grace pense que ce dernier message a été envoyé de son bureau au ministère de la Sécurité publique à Pékin.

Depuis, elle n’a plus eu aucun contact. Ses nombreuses lettres envoyées par l’intermédiaire de ses avocats et transmises aux autorités chinoises à son intention sont toutes restées sans réponse. Elle ne sait même pas s’il est encore en vie. « J’en suis arrivée à un niveau de tristesse tel que je ne peux pas être plus triste encore. Évidemment, tout ceci est d’autant plus cruel pour mes enfants. Je ne veux pas qu’ils se retrouvent sans père. À chaque fois qu’ils entendent frapper, ils vont ouvrir la porte dans l’espoir de voir de leur père. Quand ils réalisent que ce n’est pas lui, ils baissent la tête en silence. Ils sont extrêmement courageux. » Lorsque son mari a disparu, Grace Meng, mère de deux enfants, avait demandé l’asile politique en France et reste aujourd’hui sous protection policière permanente. Elle s’était déclarée menacée par des agents chinois et craignait d’être enlevée.[/asl-article-text]

Meng Hongwei était le premier Chinois nommé à la tête d’Interpol. Il avait disparu lors d’un voyage en Chine en septembre 2018. Les autorités chinoises avaient plus tard confirmé son arrestation pour corruption. Lors de son jugement, il avait reconnu avoir reçu des pots-de-vin d’un montant de plusieurs millions de dollars. Il a été condamné à treize ans et demi de prison.

La corruption est fréquemment utilisée par la justice chinoise à l’encontre de personnalités devenues encombrantes pour le régime communiste. Jeudi, Radio Free Asia a révélé une autre affaire encore : la condamnation à huit ans de prison le 22 février, à l’issue d’un procès secret, de Dai Zigeng, l’ancien rédacteur en chef et co-fondateur de Beijing News, un site d’informations en langue anglaise crée en 2003. Dai était accusé de corruption par le tribunal intermédiaire de Pékin. Son jugement a été rendu le 22 février dernier.

P.-A. D.

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A propos de l'auteur
Ancien journaliste à l'AFP, Pierre-Antoine Donnet est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages consacrés à la Chine, au Japon, au Tibet, à l'Inde et aux grands défis asiatiques. En 2020, cet ancien correspondant à Pékin a publié "Le leadership mondial en question, L'affrontement entre la Chine et les États-Unis" aux Éditions de l'Aube. Il est aussi l'auteur de "Tibet mort ou vif", paru chez Gallimard en 1990 et réédité en 2019 dans une version mise à jour et augmentée. Son dernier ouvrage, "Chine, le grand prédateur", est paru en 2021 aux Éditions de l'Aube.