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Les événements Asialyst à ne pas manquer à partir de septembre

Le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre indien Narendra Modi dans l'État du Gujarat en Inde en 2014. (Source :SCMP)
Le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre indien Narendra Modi dans l'État du Gujarat en Inde en 2014. (Source :SCMP)
Bloquez les dates ! Asialyst vous offre une rentrée 2019 pleine de conférences, de rencontres et de débats. De l’Islam en Asie aux 70 ans de la Chine populaire, en passant par l’Inde de Modi.

3 conférences sur la place de l’Islam en Asie

Contrairement aux idées reçues, la grande majorité des musulmans ne vivent pas dans les pays arabes, mais en Asie. Selon une étude du Pew Research Forum publiée en 2011, le continent rassemble aujourd’hui plus de 62% des fidèles. Ils sont 200 millions en Indonésie, pays qui compte le plus de musulmans au monde et qui sera détrôné par… l’Inde en 2050. Et pourtant, ces musulmans qualifiés parfois de « périphériques » sont souvent absents de la littérature consacrée à l’Islam et dans la sphère médiatique française.
Cet Islam ou plutôt « ces Islams » d’Asie n’échappent pas aux grandes questions d’actualité. Comment se fondent-ils dans la démocratie ? Comment s’adaptent-t-ils au gigantesque essor économique des pays asiatiques ? Pourquoi certaines minorités musulmanes sont-elles persécutées en Chine, en Inde ou en Birmanie ? Doit-on s’alarmer de la menace terroriste aux Philippines, en Indonésie ou au Sri Lanka ? L’Inalco et Asialyst propose de revenir sur les grands défis rencontrés par les Musulmans d’Asie à travers un cycle de 3 conférences animées par des chercheurs et des journalistes spécialistes des pays étudiés.
Jeudi 26 septembre à 18h30 à l’Inalco Paris :
« Islam en Asie : quelle gouvernance politique ? »
Dans un sondage publié par Le Monde en 2013, 74% des Français estiment que « l’islam n’est pas compatible avec les valeurs républicaines ». Pour oxygéner le dialogue, un détour par l’Asie est nécessaire où les situations de l’Islam politique varient fortement d’un bout à l’autre de l’Asie.
En Indonésie, où il n’existe pas de religion d’État, la réélection du progressiste Joko Widodo a conforté l’image du pays comme « 3ème plus grande démocratie du monde ». À l’inverse, le sultanat de Bruneï, monarchie théocratique, a scandalisé la communauté internationale en annonçant une application extrêmement stricte de la charia.
La conférence reviendra également sur le rôle des organisations musulmanes, acteurs très impliqués dans les sphères politiques et sociales. Si certaines d’entre elles, conservatrices, constituent des groupes de pression sur les pouvoirs publics, d’autres s’illustrent par leur promotion du pluralisme religieux et leurs opérations de déradicalisation auprès des populations.
Jeudi 15 octobre à 18h30 à l’Inalco Paris :
« Quel avenir pour les minorités musulmanes en Asie ? »
Les minorités musulmanes d’Asie sont victimes de persécutions croissantes. Les chiffres sont éloquents. En Birmanie, plus de 700 000 Rohingyas ont été contraints de quitter le pays en 2017. En Chine, un million de Ouighours seraient internés dans des camps de rééducation. Enfin dans l’état indien de l’Assam, des milliers d’attaques contre les musulmans ont été dénoncées depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014. Les contextes socio-ethniques et les agendas politiques varient d’un pays à l’autre, mais certaines questions sont communes.
Acculturation, privation de citoyenneté, voire nettoyage ethnique… la conférence visera à analyser les objectifs de ces politiques répressives, tout en revenant sur l’indifférence qu’elles suscitent auprès des populations majoritaires.
Jeudi 21 novembre à 18h30 à l’Inalco Paris :
« L’Asie face au terrorrisme islamiste »
Les attentats commis le 21 avril dernier au Sri Lanka (plus de 250 morts) ont rappelé que l’Asie n’était pas épargnée par le terrorisme islamiste. De la Jeemah Islamiyah indonésienne aux Philippins d’Abou Sayyaf, la région abrite des organisations djihadistes aux réseaux plus ou moins étendus.
La conférence se penchera sur l’ampleur du phénomène, à travers plusieurs questions. Existe-t-il des réseaux djihadistes transnationaux en Asie ? Quelle est la stratégie du groupe État islamique en en Asie du Sud et du Sud-Est ? Comment certains conflits locaux se sont confessionnalisés ? Comment les Etats gèrent-ils les radicalisations religieuses au sein des leurs populations ?

2 conférences sur l’Inde après la réélection de Modi

Mercredi 2 octobre (date à confirmer) à 18h30 à l’Inalco Paris :
« Les cent jours du gouvernement Modi 2 »
Rencontre avec Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au CERI-Sciences Po/CNRS et auteur de L’Inde de Modi, national-populisme et démocratie ethnique. Avec Patrick de Jacquelot, ancien correspondant à New Delhi et journaliste à Asialyst (lire tous ses articles).
Mercredi 11 décembre (date à confirmer) à 18h30 à l’ENS Paris :
« L’onde de choc politique six mois après la réélection de Modi »
Programme détaillé bientôt !

3 conférences sur les 70 ans de la Chine populaire

Lundi 7 octobre à 18h30 à la Maison de la Chine à Paris :
« 70 ans de Chine populaire, 70 ans de rêves chinois »
La République populaire de Chine a 70 ans le 1er octobre 2019. Ce jour de 1949, Mao proclamait la fondation de la RPC et suscitait un espoir énorme au sein de la population, espoir d’émancipation nationale, de progrès économique et social. En un mot : de renaissance. En 2019, Xi Jinping prétend incarner ce « rêve chinois » réalisé. Quel est ce « rêve » chinois aujourd’hui ? Quels sont « les » rêves des Chinois aujourd’hui ? Tentative de bilan avec Joris Zylberman, directeur d’Asialyst.
Entrée : 10 euros. Réservation obligatoire. Pour s’inscrire, cliquez sur ce lien.
Mercredi 13 novembre (date à confirmer) à 18h30 à l’ENS Paris :
« 70 ans de Chine populaire, et maintenant ? L’emprise renouvelée du Parti communiste sur la société chinoise »
Comment décrire aujourd’hui la nouvelle forme du système socialiste aux caractéristiques chinoises, fondé en 1949 ? Est-il viable ? Que lui faut-il pour le rester ? Comment se déploie son contrôle sur la Chine ? Comment définir la nature du Parti de Xi Jinping ?
L’emprise du Parti sur l’économie chinoise reste forte, mais comment la cerner ? Que reste-t-il de l’économie planifiée ? Un débat existe à Pékin entre « conservateurs et « réformateurs ». Il semblerait que Xi Jinping tourne le dos aux plus réformistes, les partisans d’une économie moins planifiée, qui laisse le marché financer les différents secteurs, et d’une réforme en profondeur des entreprises d’État. Comment définir l’économie « dirigiste » du Parti de Xi ?
L’emprise du Parti-État sur la société chinoise s’exerce à travers sa principale innovation à venir : la notation citoyenne ou système de crédit social. État des lieux des multiples expérimentations en cours, alors que le système doit être généralisé en 2020.
Mercredi 20 novembre à 18h30 à l’auditorium du Musée Guimet :
« Voyage dans l’histoire de la Chine populaire à travers la bande dessinée avec deux géants du roman graphique chinois »
Rencontre-débat avec Li Kunwu et Chongrui Nie
Les deux artistes présentent plusieurs points communs. Agés de 64 ans pour Li Kunwu et de 76 ans pour Nie Chongrui, tous deux autodidactes, ils ont vécu l’ensemble des bouleversements de la Chine moderne. Tous deux ont commencé « à la base » dans des conditions difficiles, le premier comme simple soldat, le second comme ouvrier dans une usine d’armement. Il leur a fallu attendre de nombreuses années avant qu’ils puissent développer leurs talents artistiques et en faire leur carrière. Leurs parcours personnels et professionnels ont ainsi été profondément affectés par les soubresauts de l’évolution de la Chine, de la Révolution culturelle à la modernisation du pays. Autant d’événements qui se retrouvent dans leurs œuvres maîtresses : Une vie chinoise de Li Kunwu, autobiographie en plus de 700 pages de bande dessinée, et Au loin, une montagne…, gros album de 260 pages de Chongrui Nie centré sur divers épisodes clés de sa vie, dont la Révolution culturelle, passés dans les montagnes du Shanxi. La « Grande Histoire » y est donc évoquée en bande dessinée via le prisme de deux parcours singuliers.
Sur un point au moins, les deux hommes diffèrent profondément : leur style. Les dessins de Chongrui Nie se caractérisent par une multitude de petits traits et hachures évoquant les eaux fortes, tandis que Li Kunwu, par le prisme d’un regard singulier, hérité de l’étude de la balistique quand il était militaire, donne à voir des perspectives insolites dans leur armature d’encre noire (voir reproductions ci-dessous).
Les deux artistes présenteront certaines de leurs œuvres. Li Kunwu déploiera notamment l’une de ses fresques les plus spectaculaires : Ruée dans les transports à la fête du printemps, haute de 70 cm de haut et longue de 21 mètres. Chongrui Nie exposera les plus belles planches de son dernier roman graphique.
En partenariat avec l’agence Est-Ouest 371, qui représente Li Kunwu en Europe et organise ses expositions.

« L’Asie dessinée » en vrai !

Mercredi 4 décembre à 18h30 à la Maison de la Chine à Paris :
« Voyage en BD en Asie du Sud et du Sud-Est »
Avec la liberté totale qu’offre aux créateurs la combinaison de récits et d’images, la bande dessinée contemporaine se révèle un moyen particulièrement séduisant d’explorer les réalités des pays lointains. Cette conférence de Patrick de Jacquelot, chroniqueur de « l’Asie dessinée » sur Asialyst, présentera en images de nombreuses BD historiques, sociologiques ou intimistes traitant de l’Inde et des Himalayas jusqu’à l’Indonésie, en passant par la Birmanie ou le Vietnam. Le tout dans des styles graphiques variés, réalisés tant par des artistes européens que par leurs homologues locaux.
Entrée : 10 euros. Réservation obligatoire. Pour s’inscrire, cliquez sur ce lien.
A propos de l'auteur
Joris Zylberman
Joris Zylberman est directeur de la publication et rédacteur en chef d'Asialyst. Ancien correspondant à Pékin et Shanghai pour RFI et France 24, cofondateur de la société de production Actuasia, écrit, réalise et produit des reportages sur la Chine depuis 9 ans. Il est co-auteur des Nouveaux Communistes chinois (Armand Colin, 2012) et co-réalisateur du documentaire “La Chine et nous : 50 ans de passion” (France 3, 2013).