Politique
Analyse

La mauvaise santé économique de la Chine accroît sa rivalité avec les États-Unis

Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi et le conseiller de la Maison Blanche à la Sécurité nationale Jake Sullivan, à Bangkok le 27 janvier 2024. (Source : MFA)
Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi et le conseiller de la Maison Blanche à la Sécurité nationale Jake Sullivan, à Bangkok le 27 janvier 2024. (Source : MFA)
Sur fond de grave crise économique mais aussi de questionnements politiques en Chine, la rivalité géostratégique sino-américaine ne cesse de croître sur tous les fronts : l’Asie de l’Est, le Moyen-Orient ainsi que la guerre en Ukraine. Au point que nombre d’analystes craignent une fuite en avant à Pékin et estiment un risque de guerre chaude ou froide de plus en plus grand.
La Chine ne veut à aucun prix être la cible de sanctions occidentales à l’heure où son économie bat de l’aile. Elle livre donc à l’Occident une guerre par procuration : la Corée du Nord procure de grandes quantités d’armes à l’armée russe engagée depuis deux ans dans une guerre meurtrière en Ukraine, l’Iran s’efforce par tous les moyens de déstabiliser le Moyen-Orient.
L’économie chinoise n’en finit pas de s’enfoncer dans un gouffre dont on ne voit pas le fond, suscitant de graves inquiétudes dans les milieux économiques et politiques occidentaux. Ces derniers le craignent : le régime chinois, alarmé par des perspectives sociales bien sombres, pourrait être tenté par une fuite en avant potentiellement dangereuse car elle pourrait s’accompagner d’une escalade militaire.
La Chine est restée en déflation en janvier, pour le quatrième mois consécutif, à rebours des principales économies en proie à l’inflation, selon des chiffres officiels publiés jeudi. L’indice des prix à la consommation (CPI), principale jauge de l’inflation, a baissé en janvier de 0,8 % sur un an, la plus grande chute depuis 14 ans, contre -0,3 % le mois précédent, selon le Bureau national des statistiques (BNS).
La Chine avait basculé en déflation en juillet pour la première fois depuis 2021. Après un bref rebond le mois suivant, les prix sont constamment en repli depuis septembre. Des analystes sondés par l’agence Bloomberg anticipaient en janvier un repli des prix moins fort (-0,5 %). Si sur le papier, ce phénomène peut sembler une bonne chose pour le pouvoir d’achat, la déflation est une menace pour l’économie alors que la Chine a enregistré l’an dernier l’une des croissances les plus faibles en trois décennies (+5,2 %).

Politique économique opaque

La mise en liquidation d’Evergrande le 29 janvier a suscité une puissante onde choc sur les marchés financiers chinois. Les traders, cédant à la panique, ont vendu pour près de 2000 milliards de dollars de titres en quelques jours. De nombreux investisseurs ont le sentiment que la Chine est devenue un pays où investir est est désormais « impossible », selon le Financial Times. Le Nikkei Asia estime pour sa part que la politique économique de la Chine « a été non seulement inadéquate mais aussi opaque ».
Le magazine japonais rappelle une conférence de presse le 24 janvier du gouverneur de la Banque centrale chinoise Pan Gongsheng : il a annoncé un assouplissement surprise des critères imposés aux banques chinoises pour les prêts et sa détermination à « s’efforcer de stabiliser le marché ». Autant de promesses restées sans effet. Avec pour toile de fond un ralentissement marqué des mises en chantier dans le secteur de la construction et une chute continue des prix de détail des marchandises : les marchés financiers en Chine et à Hong Kong ont perdu plus de 1000 milliards de dollars pendant l’année 2023, selon l’agence Bloomberg. « L’inconstance de la politique [économique] chinoise a coûté cher », souligne le Nikkei Asia, d’autant qu’il existe d’autres exemples de cette piètre gestion. Ainsi le gouvernement central chinois a-t-il ordonné à douze provinces de mettre à l’arrêt des projets d’infrastructure, rapporte Reuters.
Autant d’errements qui pèseront davantage encore sur la confiance des investisseurs et sur une croissance économique en berne. « La Chine traverse un période d’austérité » de mauvaise augure, juge Robin Xing, expert de la Chine à la banque Morgan Stanley, cité par le Nikkei Asia. « La gouvernance économique de la Chine semble brisée ou, à tout le moins, affaiblie. La récente mise en liquidation d’Evergrande et les incertitudes sur les mesures pour soutenir le marché financier ajoutent encore à une longue liste de problèmes économiques où Pékin a soit botté en touche soit refusé d’annoncer tout action qu’il pourrait prendre », analyse Logan Wright, responsable Chine pour le groupe Rodhium, dans les colonnes du média nippon.
Pour lui, le mystère entourant la tenue d’un troisième plénum du Parti communiste chinois sur les réformes économiques « marque un autre changement avec les pratiques passées » du régime. La direction n’a pas annoncé de date pour la tenue de ce plénum chargé de définir les réformes économiques et les restructurations pour les cinq prochaines années. Or l’usage est que ces plénums se tiennent en octobre ou en novembre de l’année qui suit un congrès du Parti.
Mais la question qui se pose aujourd’hui est de savoir si ce plénum se tiendra ou non. « A tout le moins, il s’agit là d’une opportunité ratée qui aurait permis à la direction chinoise d’offrir un narratif pour contrer le pessimisme qui entoure l’économie chinoise, ajoute Logan Wright. Ce n’est pas normal. Nous sommes loin des pratiques passées de Pékin. Bonjour les ténèbres, mon cher ami. » Les raisons de ce silence, explique l’analyste du Groupe Rodhium, peuvent être nombreuses : une centralisation placée sous l’autorité de Xi Jinping qui dérange, une campagne de lutte contre la corruption qui tue toute initiative dans les milieux dirigeants, l’absence d’idées pour renverser la tendance actuelle ou encore une nouvelle équipe dirigeante incompétente dans le domaine économique.
De source chinoise informée, en réalité, le plenum a bel et bien eu lieu mais dans le plus grand en secret et rien n’a filtré dans les médias officiels sur les échanges entre les membres de la direction du PCC. Ceci, estiment les analystes, témoigne du degré de tensions dans les arcanes du pouvoir à Pékin. C’est le symbole de l’existence d’une contestation de moins en moins feutrée au sein de l’élite du Parti contre des décisions prises au plus haut niveau qui se sont révélées néfastes ou même funestes pour l’économie chinoise. Un des exemples les plus frappants : la politique « zéro Covid » menée par le président Xi Jinping à partir du printemps 2020. La tactique est donc d’enterrer les problèmes et d’affirmer, contre vents et marées, que tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais le résultat est que « le silence devient un cancer qui métastase », affirme encore Logan Wright, car, dans un tel environnement, les problèmes non seulement ne vont pas disparaître d’eux mêmes mais ne feront que croître, tandis que les doutes au sein de la population vont augmenter.
Ce silence persistant semble bien traduire, lui aussi, un profond malaise dans les instances dirigeantes de la Chine. Il renforce l’idée que le secrétaire du Parti Xi Jinping, confronté à des défis multiples qui s’aggravent, pourrait choisir la fuite en avant et la voie de la surenchère avec ses interlocuteurs occidentaux. Pour le sinologue américain Shannon Brandao basé à Washington, le gouvernement chinois et ses sbires ont désormais pour doctrine : « Ne montrez jamais rien d’autre que le côté le plus lumineux de la Chine : les TGV, des villes lumière la nuit, mais jamais la pollution de l’air car la Chine doit être présentée comme une puissance innovante, une économie florissante, une force militaire impressionnante et des cités du futur. »
« Le problème est qu’en réalité, la Chine n’est rien de tout cela, objecte Logan Wright. Elle est comme tout pays sur cette planète confrontée à des problèmes gigantesques comme la criminalité, la pauvreté, la crise du logement, une mauvaise gouvernance, des infrastructures déficientes, une police brutale, le trafic de drogue. La différence est que du seul fait de la population chinoise, ces questions sont, du fait de leur ampleur, bien plus graves que partout ailleurs dans le monde, à l’exception, peut-être de l’Inde. Les propagandistes chinois et les médias d’État ne parlent jamais de façon honnête de ces sujets et ne les mentionnent même pas. Ce qui a conduit à cette compréhension biaisée de ce que la Chine est en réalité. »

Couloir aérien en question dans le détroit de Taïwan

Des signes probants sont là pour conforter la thèse d’un raidissement du régime face aux États-Unis et à Taïwan. L’un d’entre eux est l’annonce par les autorités chinoises d’un changement unilatéral du couloir aérien emprunté par les avions commerciaux mais aussi militaires dans le détroit de Taïwan, une zone ultra-sensible qui sépare Taipei du continent chinois. Cette modification, annoncée par Pékin sans consultation préalable avec les autorités taïwanaises ni ses autres voisins, a pour effet de rapprocher sensiblement le trafic aérien international, dont surtout celui des avions chinois, de la zone de défense aérienne de Taïwan.
Cette initiative surprise et inquiétante dans une zone déjà très instable intervient dans un contexte d’intimidations militaires chinoises constantes envers Taïwan qui ne cessent de se multiplier. En 2023, Taipei a identifié près de 1800 incursions d’avions de combat chinois, chiffre record depuis 1949, date de l’arrivée au pouvoir à Pékin du Parti communiste chinois. Cette action unilatérale « va encore ajouter de l’huile sur le feu », prévient le ministère des Affaires étrangères à Taipei, d’autant que les vols internationaux sont tous concernés. Cette mesure met ainsi en danger la sécurité des passagers de ces lignes aériennes. « Maintenir le statu quo dans le détroit de Taïwan est un élément essentiel pour sauvegarder la paix et la stabilité dans la région de l’Indo-Pacifique », ajoute le même ministère dans un communiqué.
En marge du sommet de l’APEC à San Franscico, le 15 novembre, Xi Jinping avait promis à Joe Biden que la Chine s’abstiendrait de toute ingérence dans les élections présidentielles à Taïwan. Sa promesse a été, comme souvent, trahie puisque les autorités chinoises ont multiplié les opérations de désinformation pendant la campagne électorale dans le but de déstabiliser le processus et d’influencer l’électorat taïwanais pour favoriser le candidat du Kuomintang ouvert à des négociations avec Pékin. En pure perte cependant puisque le candidat du Parti démocratique progressiste (DPP), William Lai, a été facilement élu le 13 janvier, une défaite pour Pékin. L’investiture le 20 mai de William Lai, qui succède à la présidente Tsai Ing-wen, ouvre une période de transition pendant laquelle le Parti communiste chinois va, selon toute probabilité, poursuivre ses opérations d’intimidation militaires envers Taïwan, que Pékin considère comme une simple province devant être rattachée au continent de gré ou de force.
Taïwan constitue le sujet de loin le plus sensible dans la rivalité entre la Chine et les États-Unis. Joe Biden a déclaré à quatre reprises qu’en cas d’agression militaire chinoise, Washington défendrait l’ancienne Formose. Le Japon a quant à lui laissé entendre qu’il ferait de même.

Avec Moscou, soutien et confusion

Autre élément particulièrement inquiétant : Pékin a affirmé que la Chine ne cesserait pas son « soutien » à la Russie, quoi qu’il arrive sur le théâtre ukrainien depuis l’entrée en guerre de la Russie le 24 février 2022. À l’occasion de sa première apparition publique le 31 janvier, le nouveau ministre chinois de la Défense Dong Jun, successeur de Li Shangfu démis sans raison officielle, a transmis le message à son homologue russe Sergueï Choïgou lors d’une vidéoconférence : « Nous vous soutiendrons sur le dossier ukrainien même si les États-Unis et l’Europe continuent de faire pression sur la Chine, même si la coopération militaire entre la Chine et l’UE devait en souffrir. Nous n’abandonnerons pas et ne changerons pas notre politique, et [les États-Unis et l’UE] ne pourront pas entraver la coopération entra la Russie et la Chine. »
Ce terme officiel de « soutien » est tout sauf anodin, relèvent les observateurs familiers du dossier. Il dénote une volonté désormais clairement affichée de Pékin de défendre la Russie sur la scène internationale, y compris dans sa guerre menée en Ukraine, quel qu’en soit le coût. Lorsque Xi Jinping et son homologue russe Vladimir Poutine s’étaient rencontré à Pékin le 4 février 2022, ils avaient proclamé que désormais « l’amitié entre la Chine et la Russie ne connaît pas de limites ». Cette déclaration fracassante et inédite avait surpris les dirigeants occidentaux car elle laissait entendre que la coopération russo-chinoise pouvait dorénavant s’étendre au domaine militaire.
Plus tard, la Chine s’était abstenue de condamner la guerre menée par la Russie en Ukraine. En septembre 2022, Li Zhanshu, le numéro 3 du Bureau politique du PCC, cité par le New York Times, avait expliqué aux autorités russes que la Chine « comprenait pleinement la nécessité de toutes les mesures prises par la Russie », car celle-ci était placée « dans une position impossible en Ukraine », justifiant de facto l’agression russe. Quand bien même il s’était empressé de dire qu’il ne s’agissait pas d’une alliance formelle, le message transmis par Dong Jun à Sergueï Choïgou ce 31 janvier est donc « important », note le chercheur de l’IFRI Dimitri Minic, spécialiste de l’armée russe, cité par Le Figaro : « C’est une confirmation de plus en plus nette d’une tendance déjà forte. »
« Contrairement à certains pays occidentaux, nos deux pays ne forment pas un bloc militaire », a voulu précisé Sergueï Shoïgou. « Nous organisons régulièrement des activités conjointes d’entraînement au combat naval, aérien et terrestre, et avons mené avec succès des exercices de combat de différents niveaux de complexité », avait pour sa part souligné le ministre chinois pour qui cette « coopération militaire globale [ne] cible aucun pays tiers ».
Jusqu’à présent, la Chine s’est bien gardée de livrer des armes létales à la Russie qui, pour poursuivre sa guerre en Ukraine, s’équipe en revanche en drones, en missiles et obus en grandes quantités auprès de l’Iran et de la Corée du Nord, les régimes de Pyongyang et de Téhéran étant aussi des alliés de Pékin. Des véhicules tout-terrain chinois utilisés par l’armée russe ont néanmoins été observés en Ukraine, notamment dans la région de Kherson, ainsi que parmi les unités tchétchènes pro-russes du dictateur Ramzan Kadyrov. En février 2023, par la voix du secrétaire d’État Antony Blinken, les États-Unis s’étaient officiellement alarmés du possible envoi par la Chine d’armes à la Russie. Mais, depuis un an, le sujet n’a pas été à nouveau publiquement évoqué par Washington.
Le soutien chinois à la Russie est surtout économique. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les échanges commerciaux entre les deux pays ont fortement augmenté : ils ont atteint 240 milliards de dollars en 2023, en hausse de 26,3 % sur un an, 2022 ayant déjà été une année record. Par l’intermédiaire d’autres pays du « Sud global », Pékin permet également à la Russie de contourner les sanctions, notamment en matière de composants électroniques. La Russie est aussi devenue le premier fournisseur de pétrole de la Chine, devançant l’Arabie saoudite.
Le 1er février, lors d’une conférence devant un auditoire à la Heritage Fondation à Tokyo, le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a une nouvelle fois sonné l’alarme. La Chine, la Russie et l’Iran devenant de plus en plus proches, « nous nous exposerions à des problèmes de la part de ceux qui nous veulent du mal » si l’Occident faisait preuve de faiblesse. « Gardons en mémoire le fait que la Chine, la Russie sont des partenaires. Pékin n’a jamais condamné l’invasion de l’Ukraine par la Russie. [La Chine] continue de répandre des mensonges russes et de soutenir l’économie russe. Aujourd’hui, c’est l’Ukraine. Demain, ce pourrait être Taïwan. »
Le 27 janvier, à Bangkok, la question de Taïwan a été le principal sujet de conversations entre le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, et le conseiller à la sécurité nationale américain, Jake Sullivan, quelques semaines après la victoire de William Lai à la présidentielle dans l’ancienne Formose. Pékin et Washington ont qualifié leurs discussions de « franches » et « substantielles ». Mais si le dialogue sino-américain n’est pas rompu, l’alliance de facto entre Pékin et Moscou apparaît plus étroite que jamais, loin de l’idée un moment espérée par certains analystes occidentaux que la guerre en Ukraine éloignerait les deux régimes.
Parallèlement, Taïwan progresse dans ses liens avec les puissances occidentales. En témoigne une résolution adoptée le 17 janvier par le Parlement européen encourageant l’UE à approfondir ses relations économiques et commerciales avec Taipei. Cette décision, saluée par le ministère taïwanais des Affaires étrangères, marque une étape clé dans le renforcement des liens entre L’Union européenne et Taïwan.
La résolution, basée sur un rapport de l’eurodéputé slovène Klemen Grošelj, exprime des inquiétudes quant aux politiques coercitives et l’attitude de plus en plus agressive de la République populaire de Chine, notamment envers Taïwan et en mer de Chine méridionale. L’accent a été mis à Bruxelles sur la nécessité de réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis de la Chine, en particulier dans les secteurs critiques comme les semi-conducteurs. Le Parlement européen a souligné l’importance de Taïwan dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et appelé à la collaboration avec des partenaires partageant les mêmes valeurs. À Taipei, le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé son engagement à développer la coopération bilatérale avec l’UE dans divers domaines, contribuant ainsi à des chaînes d’approvisionnement mondiales plus résilientes et fondées sur des valeurs démocratiques.
Par Pierre-Antoine Donnet

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A propos de l'auteur
Ancien journaliste à l'AFP, Pierre-Antoine Donnet est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages consacrés à la Chine, au Japon, au Tibet, à l'Inde et aux grands défis asiatiques. En 2020, cet ancien correspondant à Pékin a publié "Le leadership mondial en question, L'affrontement entre la Chine et les États-Unis" aux Éditions de l'Aube. Il est aussi l'auteur de "Tibet mort ou vif", paru chez Gallimard en 1990 et réédité en 2019 dans une version mise à jour et augmentée. Après "Chine, le grand prédateur", paru en 2021 aux Éditions de l'Aube, il a dirigé fin 2022 l'ouvrage collectif "Le Dossier chinois" (Cherche Midi), puis début 2023 "Confucius aujourd'hui, un héritage universaliste" (L'Aube).