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Entre la Chine, la Russie et l'Iran, des liens toujours plus troubles contre l'Occident

Le président russe Vladimir Poutine et ses homologues chinois Xi Jinping et iranien Ebrahim Raïssi. (Source : Express)
Le président russe Vladimir Poutine et ses homologues chinois Xi Jinping et iranien Ebrahim Raïssi. (Source : Express)
La Chine renforce ses liens troubles, pour certains opaques, avec la Russie et l’Iran. Ces trois pays partagent une même détestation de l’Occident. Celle-ci prend de l’ampleur avec la guerre livrée par Israël au Hamas, alors que l’agression militaire russe contre l’Ukraine se poursuit et que les menaces incessantes de Pékin contre Taïwan comportent toujours le risque d’une guerre chaude.
Tant Pékin que Moscou l’espèrent, sans jamais le dire ouvertement. Et si le conflit sanglant à Gaza qui suscite une colère croissante contre Israël dans le monde dégénérait à travers le Moyen-Orient ? L’Iran utilise par procuration ses partenaires dans la région pour inciter Israël à étendre ses opérations au Liban et d’autres pays d’une zone devenue une véritable poudrière. Conséquence d’une guerre régionale : l’affaiblissement de l’aide militaire américaine à l’Ukraine et à Taïwan. Jamais sans doute depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945 la situation géopolitique mondiale n’a été à ce point fluide et dangereuse, bien rares étant les politologues qui s’aventurent à prédire la tournure des événements dans les semaines à venir.
Le régime chinois observe néanmoins une grande prudence, s’abstenant soigneusement de dévoiler ses cartes. Profondément engagé aux côtés de Moscou depuis des années, Pékin n’a jusqu’à présent jamais franchi publiquement la ligne rouge : fournir ouvertement des armes à l’armée russe pour l’aider à vaincre l’Ukraine. Le président chinois Xi Jinping a parfaitement conscience que passer le Rubicon aurait pour résultat immédiat des sanctions massives contre la Chine de la part des États-Unis et d’une bonne partie de ses alliés. Or celles-ci tomberaient au plus mauvais moment pour une économie chinoise dans une crise inédite depuis des décennies, à laquelle s’ajoute des tensions sociales elles-aussi sans précédent depuis longtemps.
Le président russe Vladimir Poutine observe, quant à lui, avec un plaisir non dissimulé l’épuisement progressif de l’aide occidentale à l’Ukraine. La contre-offensive de l’armée ukrainienne n’a pas donné les résultats escomptés par son président Volodymyr Zelensky, alors que l’hiver arrive à grands pas et que l’armée russe dispose de réserves en hommes largement supérieures à celles de l’Ukraine.
Le régime des mollahs iraniens, pour sa part, est englué depuis plus d’un an dans une contestation jamais vue des femmes et de la jeunesse. Ce qui le pousse à jouer la surenchère au Moyen-Orient dans l’espoir secret d’un embrasement général dont il tirerait profit. Mais il est conscient aussi de la menace militaire des États-Unis qui ont déployé dans la zone une armada considérable et mis en garde Téhéran contre les conséquences d’une déstabilisation régionale délibérée. Aussi l’Iran s’est-elle jusque-là gardé de déclarer les hostilités contre Israël et son allié américain.

« Conduite dangereuse et déstabilisatrice »

Les positions de la diplomatie chinoise semblaient figées. Elles ont néanmoins évolué ces dernières semaines dans le sens d’un net durcissement du régime. Ainsi, à l’apparent apaisement des tensions sino-américaines proclamé par Xi Jinping et son homologue américain Joe Biden lors de leur face-à-face le 15 novembre à San Francisco succède un regain de tensions entre la Chine et les Philippines et des mises en garde visant le Japon.
La flotte chinoise a, à plusieurs reprises, harcelé des navires philippins en mer de Chine du Sud au cours du week-end, à proximité immédiate des rives du territoire philippin. Pékin et Manille s’accusent mutuellement d’une escalade dangereuse. Cette bellicosité chinoise n’est pas le fait du hasard. Elle est sans doute à chercher dans le rapprochement très net intervenu entre les Philippines et les États-Unis à qui l’archipel a ouvert la possibilité de renforcer la présence militaire, y compris dans des zones proches de Taïwan.
L’objectif de Pékin est de décourager tous les pays riverains de la mer de Chine méridionale de suivre l’exemple des Philippines, estime Ray Powell, directeur du SeaLight group de l’université Stanford, spécialisé dans l’analyse des incidents maritimes. « La Chine veut communiquer sur le fait qu’elle exerce ce qu’elle estime être sa souveraineté en mer de Chine méridionale et qu’elle est de ce fait en droit d’y décider les activités qui y prennent place », précise-t-il, cité par Foreign Policy.
Cette évolution intervient après une longue lune de miel entre Manille et Pékin sous le règne de l’ancien président Rodrigo Duterte. L’arrivée au pouvoir le 30 juin 2022 de son successeur, Ferdinand « Bongbong » Marcos Jr., a marqué un virage sur l’aile à 180 degrés de la posture des Philippines. S’éloignant de la Chine, elles se tournent désormais vers Washington avec qui un traité d’assistance militaire datant des années 1950 a été réactivé.
Manille a annoncé lundi 11 décembre avoir convoqué l’ambassadeur chinois et évoqué la possibilité de l’expulser. Des protestations diplomatiques ont été envoyées et « l’ambassadeur chinois a également été convoqué », a déclaré à la presse la porte-parole du ministère philippin des Affaires étrangères, Teresita Daza. Déclarer persona non grata l’ambassadeur de Chine Huang Xilian aux Philippines est « quelque chose qui doit être sérieusement envisagé », a affirmé la porte-parole. La Chine a rétorqué que les opérations menées par ses garde-côtes contre les navires philippins avaient été « professionnelles » et « mesurées », et qu’elle avait « déposé des réclamations sévères » auprès de Manille au sujet de ces affrontements.
Selon des vidéos diffusées par les garde-côtes philippins, des navires chinois ont tiré au canon à eau sur des bateaux philippins au cours de deux missions distinctes de ravitaillement, samedi 9 et dimanche 10 décembre, l’une de pêcheurs, près du récif de Scarborough Shoal, et l’autre d’une petite garnison près de l’atoll Second Thomas. Un bateau philippin et un navire des garde-côtes chinois sont en outre entrés en collision le dimanche vers l’atoll Second Thomas dans les eaux des îles Spratleys, les deux pays se rejetant la responsabilité de l’incident. Ces dernières confrontations ont été les plus intenses entre navires philippins et chinois depuis des années.

Prix à payer

Manille et Pékin entretiennent une longue histoire de différends maritimes en mer de Chine méridionale, une zone stratégique de presque 4 millions de km2 par laquelle transitent chaque année des milliards de dollars de marchandises et riches en hydrocarbures. « Personne, à l’exception des Philippines, n’a le droit légitime ou la base légale d’opérer où que ce soit dans la mer occidentale des Philippines », a affirmé Ferdinand Marcos, employant le nom d’usage de ces eaux situées à l’ouest immédiat des Philippines. Le département d’État américain a appelé le 1à décembre la Chine à « renoncer à sa conduite dangereuse et déstabilisatrice » en mer tout en réaffirmant la volonté des États-Unis de défendre les Philippines en cas d’attaque militaire.
« Je m’attends à ce que cela devienne encore plus fréquent et persistant, a déclaré à l’AFP Jay Batongbacal, directeur de l’Institut des affaires maritimes et du droit de la mer de l’Université des Philippines. Nous devons profiter de l’occasion pour renforcer nos alliances et nos partenariats et nous préparer au pire, car il est clair que [les Chinois] continueront à nous priver de l’accès à nos droits et à nos ressources en tant que pays. »
Pour Song Zhongping, analyste et ancien officier de l’armée chinoise, Manille « se sent enhardi à provoquer la Chine » du fait du soutien américain qui « exacerbe les tensions ». « Si les Philippines maintiennent ce cap et estiment qu’elles peuvent provoquer la Chine avec le soutien de pays extérieurs à la région […] alors un conflit ou une autre éventualité pourrait éclater au récif de Ren’ai ou sur l’île de Huangyan », a-t-il avertit, utilisant l’expression chinoise pour désigner l’atoll Second Thomas et Scarborough Shoal.
Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, y compris des eaux et des îles proches des côtes de ses voisins. La Chine a simplement ignoré la décision du Tribunal international de La Haye en juillet 2016, rejetant cette revendication « sans fondement juridique ». Les Philippines, Brunei, la Malaisie, Taïwan et le Vietnam revendiquent également plusieurs récifs et îlots dans cette mer, dont certaines pourraient receler de riches réserves de pétrole.
En filigrane de ces incidents maritimes, le message sans équivoque de Pékin est probablement aussi le suivant : « Vous allez payer le prix de ce rapprochement avec Washington. » Le pouvoir chinois testant dans le même temps la volonté des États-Unis de défendre son nouvel allié. L’autre message est, lui, clairement une mise en garde visant tous les autres pays de la région : pencher vers les États-Unis ne sera pas sans un prix que Pékin décidera de vous faire payer.

Refus net et sans ambiguité

Un épisode sans précédent indique en outre la volonté désormais plus clairement affichée par la direction chinoise de ne pas faire pression sur la Russie pour l’amener à mettre fin à la guerre livrée à l’Ukraine. Lors de la courte visite le 7 décembre à Pékin de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du président du Conseil européen Charles Michel, Wang Lutong, directeur Europe au ministère chinois des Affaires étrangères, a été d’une rare franchise. Alors que les Européens ont, une fois de plus, exhorté Pékin à faire pression sur Moscou, Wang Lutong a laconiquement déclaré devant quelques journalistes : « La Russie est un pays souverain et indépendant et [Vladimir Poutine] prend ses décisions en fonction de son propre intérêt et de sa sécurité nationale. »
En langage diplomatique, ces propos signifient un refus net et sans ambiguïté qui en dit long sur le soutien politique que donne la Chine à Vladimir Poutine. Jamais Pékin n’avait été aussi clair sur la place publique. Jusqu’à présent, la diplomatie chinoise entretenait un certain flou bien que Xi Jinping et son homologue russe Vladimir Poutine aient maintes fois affiché leurs positions très proches sur la situation internationale. Cette fin de non-recevoir n’a pas empêché Ursula Von der Leyen de se dire « très satisfaite d’avoir convenu avec le président Xi [Jinping] que les relations commerciales devraient être équilibrées » entre la Chine et l’Union européenne. Le président chinois a lui appelé à « répondre ensemble aux défis mondiaux et travailler ensemble pour promouvoir la stabilité et la prospérité dans le monde », un narratif bien connu dans la bouche du maître de la Chine communiste.
Le président du Conseil européen Charles Michel a quant à lui formulé l’espoir que la Chine soit consciente des « graves conséquences » d’une escalade dans le détroit de Taïwan ou en mer de Chine méridionale, dans une allusion transparente aux incessantes opérations militaires chinoises à proximité de l’ancienne Formose. « Nous sommes préoccupés par les tensions croissantes dans le détroit de Taïwan et en mer de Chine méridionale, a ainsi affirmé Charles Michel lors d’une conférence de presse, après avoir rencontré des responsables chinois à Pékin. Je veux croire que la Chine est pleinement consciente des graves conséquences de toute escalade dans cette région. »

« Se préparer à toute éventualité »

Dernier exemple en date d’opérations militaires conjointes sino-russes sur le théâtre de l’Asie de l’Est, jeudi 14 décembre, deux avions militaires chinois et quatre avions militaires russes ont pénétré la zone de défense aérienne de l’armée sud-coréenne. Les appareils sont entrés et sortis de la zone d’identification de la défense aérienne de la Corée (Kadiz) en mer de l’Est, également appelée mer du Japon, entre 11h53 locales et 12h10 sans toutefois entrer dans l’espace aérien sud-coréen, a déclaré l’état-major interarmées de Séoul. En réponse, la Corée du Sud a déployé des avions de combat pour « se préparer à toute éventualité ».
Plusieurs exercices aériens conjoints ont eu lieu ces dernières années dans la zone. Ce dernier épisode aura valeur d’avertissement tant pour la Corée du Sud que pour le Japon tout proche. Il donne la mesure de la proximité militaire entre la Chine et la Russie.
Le narratif chinois a d’ailleurs également évolué s’agissant du Japon. À son tour, Tokyo a renforcé ses liens militaires avec les États-Unis ces dernières années et décidé en 2022 un programme de réarmement massif qui portera d’ici cinq ans le budget militaire de 1 à 2 % du PIB, un niveau sans précédent depuis 1945. Lors d’une interview donnée à l’agence de presse japonaise Kyodo, le général chinois He Lei a expliqué que si la Chine ne souhaite pas une guerre avec le Japon à propos du différend territorial sur les îles Senkaku (Diaoyu en chinois) situées en mer de Chine orientale et revendiquées par les deux pays, elle « ne craint pas » un conflit armé sur ce sujet.
Le responsable militaire chinois, un ancien président de l’Académie des sciences militaires de l’Armée populaire de libération (APL), a ajouté que la possibilité existait pour la Chine de prendre pour cible ces îles dans le cas où Pékin déciderait d’user de la force pour « réunifier » Taïwan au continent, selon le Japan Times. Entre les lignes de cette déclaration figure, pour la première fois aussi clairement, la détermination manifeste de la Chine de regagner le contrôle de ces îles passées sous administration japonaise en 2012.
Les mises en garde du général chinois ne se sont pas arrêtées là. Pékin entend, selon lui, « fermement protéger son territoire national, sa souveraineté et ses intérêts maritimes » pour le cas où le Japon poursuivait ses « provocations ». Tokyo ne devrait pas sous-estimer « la forte volonté et la détermination » de l’armée chinoise.

Pas en Guerre froide

Dans sa livraison du 9 décembre, la revue de géopolitique Le Grand Continent observe que la Guerre froide a profondément changé de nature depuis les années 1960 lorsqu’elle opposait Washington à Moscou. « Il y a une grande différence entre la bipolarité de la Guerre froide et la confrontation à double sens avec la Chine et la Russie dans laquelle les États-Unis et leurs alliés sont actuellement engagés », explique le média. Si les formes de cette confrontation sont similaires (espionnage, représailles diplomatiques, propagande, arrestations de journalistes et d’hommes d’affaires, concurrence pour les ressources dans les pays tiers, répression contre les dissidents), « la première différence cruciale tient au fait que la confrontation n’oppose pas le capitalisme et le communisme, comme c’était le cas pendant la Guerre froide ».
La différence, selon la revue, est que « la démocratie affronte de graves problèmes » au moment où Chine et Russie « bénéficient d’un large soutien au sein de leurs propres sociétés. La deuxième différence est que, pendant la Guerre froide, les États-Unis étaient à l’apogée de leur puissance mondiale. Aujourd’hui, ils traversent une grave crise interne, leur influence a diminué et la Chine leur conteste en partie leur hégémonie. La troisième différence est que la bipolarité a été remplacée par un monde composé de multiples acteurs étatiques, dotés de pouvoirs et de capacités différents, mais dans lequel aucun n’est en mesure d’imposer pleinement sa volonté aux autres. »
De plus, il serait erroné de disqualifier la Russie. Si le pays de Vladimir Poutine a moins de capacités que la Chine, les États-Unis et l’Europe, « les votes à l’ONU sur la guerre en Ukraine ont montré qu’un nombre considérable de gouvernements ne la condamnent pas parce que la Russie leur vend de l’énergie, des métaux, des produits agricoles et des armes, dont elle est le deuxième exportateur mondial ». S’agissant des États-Unis et de la Chine, les deux plus grandes puissances du monde « sont si bien assorties qu’il ne peut y avoir de gagnants […] mais seulement des perdants. Par conséquent, le premier signe d’un véritable dégel viendra lorsque les deux pays reconnaîtront qu’aucun ne peut dominer l’autre », conclut la revue.

Capacités chinoises renforcées de cyber-attaques

Autre illustration encore du fait que la Chine n’a pas abandonné sa posture agressive, l’armée chinoise est, selon le Washington Post, engagée dans un vaste programme de renforcement de ses capacités de cyber-attaques avec pour objectif de paralyser des infrastructures-clés des États-Unis en cas de conflit armé avec la Chine. Le journal, qui cite des responsables américains chargés de la sécurité, ajoute que les cibles de l’Armée populaire de libération (APL) étaient en particulier les ressources énergétiques, l’eau, les communications et les systèmes de transport.
À cette fin, les hackers chinois affiliés à l’APL ont réussi à pénétrer les réseaux informatiques d’une douzaine d’entités critiques aux États-Unis au cours de l’année écoulée. Ces intrusions font partie d’un vaste projet visant à mettre en place des moyens pour semer la panique et le chaos dans la région Pacifique si un conflit armé devait survenir entre les deux superpuissances de la planète à propos de Taïwan.
Géographiquement, les cibles prioritaires se trouvent à Hawaï, qui accueille la flotte militaire américaine pour le Pacifique, des ports américains de la côte ouest et au moins deux pipelines d’approvisionnement en pétrole et en gaz, ajoute encore le Washington Post. « Il est très clair que les tentatives de la Chine [visant à] paralyser des infrastructures critiques sont pour elle un moyen de se prépositionner pour être en mesure de perturber ou détruire des infrastructures critiques en cas de conflit pour soit empêcher les États-Unis d’être en mesure de projeter leur puissance en Asie ou encore de susciter le chaos sociétal à l’intérieur [de ce pays] pour affecter notre prise de décision en cas de crise, estime Brandon Wales, directeur général du département de la sécurité cybernétique et de la sécurité des infrastructures (CISA), cité par le quotidien américain. Il y a là un changement significatif des activités cybernétiques chinoises comparé à il y a sept ou dix ans lorsqu’elles étaient principalement des opérations d’espionnage politique ou économique. »
Si la plupart des analystes occidentaux jugent improbable une guerre chaude sino-américaine sur Taïwan prochaine, un sondage réalisé aux Etats-Unis fait apparaitre une proportion en hausse d’Américains qui se déclarent inquiets sur ce sujet et estiment nécessaire un renforcement de l’aide militaire américaine à l’ancienne Formose. Selon ce sondage annuel réalisé par le Ronald Reagan Institute, 51 % des Américains interrogés jugent que la Chine représente aujourd’hui la plus grande menace pour les États-Unis, contre 43 % l’an dernier et 21 % lorsque le premier sondage de ce type a été effectué en 2018. 73 % des sondés expriment leur inquiétude sur la possibilité d’une invasion chinoise de Taïwan. 68 % des sondés des deux bords politiques conservateurs et démocrates qualifient Taïwan d’allié des États-Unis. Ils sont 60 % à estimer nécessaire pour leur pays de renforcer sa présence dans la zone de Taïwan comme une mesure de dissuasion pour Pékin, selon ce sondage mené auprès de 2 506 citoyens américains adultes et rendu public le 30 novembre.
À ce trio Chine-Russie-Iran, il convient d’y ajouter la Corée du Nord. Cet « État voyou », lui, ne fait guère mystère de ses livraisons d’armes et de munitions à la Russie en guerre en Ukraine. Des livraisons dont la Chine ne peut guère ignorer l’existence et qu’elle ne tente guère non plus de décourager.
Par Pierre-Antoine Donnet

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A propos de l'auteur
Ancien journaliste à l'AFP, Pierre-Antoine Donnet est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages consacrés à la Chine, au Japon, au Tibet, à l'Inde et aux grands défis asiatiques. En 2020, cet ancien correspondant à Pékin a publié "Le leadership mondial en question, L'affrontement entre la Chine et les États-Unis" aux Éditions de l'Aube. Il est aussi l'auteur de "Tibet mort ou vif", paru chez Gallimard en 1990 et réédité en 2019 dans une version mise à jour et augmentée. Après "Chine, le grand prédateur", paru en 2021 aux Éditions de l'Aube, il a dirigé fin 2022 l'ouvrage collectif "Le Dossier chinois" (Cherche Midi), puis début 2023 "Confucius aujourd'hui, un héritage universaliste" (L'Aube).