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"Zéro Covid" en Chine : Xi Jinping droit dans ses bottes, sourd à l'alerte économique

Le président chinois Xi Jinping. (Source : CNN)
Le président chinois Xi Jinping. (Source : CNN)
La politique du « zéro Covid » imposée par le président Xi Jinping se révèle aujourd’hui un fiasco intégral. Il sera lourd de conséquences économiques mais aussi et surtout politiques pour la Chine et sa direction communiste, qui prépare le XXème Congrès du Parti cet automne.
Xi Jinping sera probablement réélu à la tête du Parti dans six mois. Mais la colère gronde au sein de la population comme de l’élite du PCC. En cause, des décisions stratégiques qui, aujourd’hui, se révèlent contre-productives, sinon même désastreuses. En particulier, la politique du « zéro Covid » engendre un fort mécontentement, que ce soit à Shanghai, à Pékin ou dans beaucoup d’autres villes du pays.
« Xi n’a que 50% de chances d’être réélu pour un troisième mandat de président car il a commis trois grandes erreurs, explique une source anonyme citée par le journaliste britannique Mark O’Neill, un fin connaisseur de la Chine installé à Hong Kong. La première est celle d’avoir ruiné les relations diplomatiques de la Chine depuis 2012. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, la Chine entretenait de bonnes relations avec la plupart des pays du monde. Maintenant, de son fait, ses relations sont endommagées avec beaucoup de ces pays, tout particulièrement en Occident ainsi que ses alliés en Asie. La deuxième est la politique du « zéro Covid » qui a porté un grand tort à l’économie chinoise, laquelle ne parviendra pas au taux de croissance du PIB de 5,5 % attendue cette année. Près de 50 villes sont placées sous confinement et il n’y a pas de fin en vue. La troisième est son alignement avec [Vladimir] Poutine. Ceci a eu pour effet d’endommager encore davantage des relations déjà mauvaises avec l’Europe et l’Amérique du Nord. Des entreprises chinoises ont maintenant pour consigne de ne pas signer de nouveaux contrats avec des firmes russes car cela pourrait susciter des sanctions. Où est le bénéfice pour la Chine ? »
Plus de 70 jours après le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine, l’armée russe rencontre des difficultés sans fin et croissantes pour conquérir ce pays où la résistance des forces ukrainiennes se révèle féroce. La direction chinoise est, de ce fait, bien contrainte : elle sait qu’une aide chinoise à la Russie aurait des conséquences funestes pour la seconde puissance économique du globe.

Des sanctions plus graves pour la Chine que pour la Russie

Certes, la Chine n’est pas la Russie dont le PIB est dix fois inférieur au sien. Le PIB russe est comparable à celui de l’Espagne. La Chine est en outre beaucoup plus connectée avec les économies du monde que la Russie. Il n’empêche, la santé de l’économie chinoise est extrêmement dépendante des exportations dont une grande partie se font avec les États-Unis et l’Union européenne.
« Les sanctions imposées à la Russie par les États-Unis et leurs alliés devraient être considérées à Pékin comme une feuille de route de ce qu’elles pourraient être pour la Chine », estime He Weiwen, un ancien conseiller économique et commercial des consulats chinois à New York et San Francisco, cité par le South China Morning Post.
De fait, certains experts estiment que de telles sanctions pourraient bien être encore plus efficaces contre la Chine qu’elle ne le sont actuellement avec la Russie. « Si la Chine devient la cible de telles sanctions, elle en souffrirait beaucoup plus que la Russie, souligne un diplomate européen en poste à Pékin qui a requis l’anonymat, selon le même journal. La Chine est inquiète car elle n’a pas beaucoup d’outils pour contrer de telles sanctions. » « La Chine et les Etats-Unis sont interdépendants. Ceci veut dire que pour les Etats-Unis, la Chine est totalement différente de la Russie. Les calculs politiques seraient inévitablement impactés par une situation économique dégradée », ajoute encore He Weiwen qui est maintenant un chercheur du Centre for China and Globalisation (CCG), un think tank basé à Pékin.
Mais pour Lu Xiang, chercheur de l’Académie des Sciences sociales de Chine, si de telles sanctions étaient décidées contre la Chine, elles auraient des conséquences graves à la fois pour le pays et pour ceux qui les auraient imposées. « Les conséquences de toute sanction sont mutuelles. Nous avons des actifs aux États-Unis, en Europe, tout comme ils en ont en Chine », affirme-t-il, cité par le quotidien anglophone de Hong Kong.
Le mois dernier, le directeur de la CIA, William Burns, avait qualifié la Chine de « partenaire silencieux de l’agression de Poutine ». Mais, à ce jour, il n’existe aucune preuve d’une aide chinoise au Kremlin, la direction communiste à Pékin adoptant une position embarrassée de quasi-neutralité tout en ayant obstinément refusé de qualifier la guerre en Ukraine « d’agression ». La presse officielle chinoise, quant à elle, regorge de propagande russe qu’elle reproduit quasi à l’identique.
La ligne rouge serait la fourniture par la Chine d’armes à la Russie. Si celle-ci devait être franchie, il fait peu de doute que les États-Unis de même que beaucoup de leurs alliés décideraient d’imposer des sanctions à Pékin.

Turbulences économiques sans précedent

Or le fait est que l’économie chinoise traverse actuellement une zone de turbulences sans précédent depuis plusieurs décennies. 44 des 100 plus grandes villes chinoises appliquent peu ou prou un confinement. Soit les métropoles dans lesquelles est produit un tiers du PIB de la Chine, selon les données du cabinet de Hong Kong Gavekal Dragonomics. Certes, officiellement, la Chine a comptabilisé quelque 5 000 morts, contre 1 million aux États-Unis, indique le New York Times. Mais peut-on faire confiance aux statistiques officielles chinoises ? On mesure là l’impact de ces mesures sur l’économie du pays. L’activité manufacturière en Chine est tombée en avril à son niveau le plus bas depuis février 2020, plombée par la flambée épidémique des cas de Covid qui pèse sur l’économie du pays, selon un indice officiel publié ce samedi 7 mai.
L’indice des directeurs d’achat (PMI), indicateur clé de l’activité manufacturière, s’est établi à 47,4 en avril. Un chiffre supérieur à 50 témoigne d’une expansion de l’activité et, en deçà, il traduit une contraction. Les autorités ont bien dû admettre que le « déclin de la production et de la demande » s’est accentué. Dans son dernier rapport publié la semaine dernière, la Bank of America a abaissé sa prévision de croissance du PIB chinois à 4,2 % pour 2022 et ajouté que si la situation de la pandémie en Chine empirait, ce taux pourrait même dévisser à 3,5 %, un chiffre qui serait jamais vu en Chine depuis plus de 30 ans.
Autre conséquence : les chaînes d’approvisionnement des entreprises chinoises sont souvent paralysées, conduisant nombre de ces usines à réduire ou même cesser la production. Ainsi dans la ville de Nankin, à 225 kilomètres au sud de Shanghai, des ouvriers d’une usine de production automobile ont des vacances forcées, raconte le Washington Post dans son édition du 26 avril.
« Nous n’avons eu que deux vacations cette semaine, explique Cheng Zhengquan, un ouvrier âge de 18 ans de l’usine Bosch qui fabrique des systèmes de direction pour automobile, cité par le quotidien américain. En règle générale, nous travaillons six jours par semaine. » Irina Anayeva, porte-parole de l’usine Bosch de la ville, a reconnu que la marque allemande rencontrait des problèmes de production dans plusieurs villes du pays : « Bosch fait tout son possible pour tenter de maintenir les chaînes d’approvisionnement et de répondre à la demande des clients. » La firme allemande fournit en pièces détachées les constructeurs automobiles tels que Volkswagen, Honda et Mercedes Benz, installés sur le sol chinois.
La Chambre de commerce américaine en Chine a procédé à un sondage fin mars : 86 % des usines ayant répondu ont fait état d’interruptions de livraisons dues au confinement. Quant à la Chambre de commerce de l’Union Européenne à Pékin, elle a publié ce jeudi 5 mai les résultats d’une enquête menée auprès des entreprises européennes en Chine : l’engouement pour les investissements en Chine est en chute libre du fait de la politique du « zéro Covid ». « Nous avons connu deux événements fracassants en février et en mars avec l’invasion de l’Ukraine et les mesures d’isolement dues au Covid et ils ont eu un impact considérable, explique ainsi Joerg Wuttke, le président de la Chambre, cité par le New York Times. Lui aussi a mis en relief les effets désastreux sur les chaînes d’approvisionnement.
Alors se pose la grande question : la Chine peut-elle prendre le risque de couper ses liens économiques avec les pays de l’OCDE comme l’a fait la Russie en attaquant l’Ukraine ? Difficile à croire. Parce que déjà sa demande intérieure est trop faible et que sa croissance dépend trop de ses exportations. Par ailleurs, depuis son adhésion à l’OMC en 2001, une forte imbrication capitalistique s’est créée entre les deux zones. Enfin, contrepartie de ses excédents commerciaux, la Chine détient des réserves de change considérables en devises étrangères.
Finalement, en cas de séparation entre la Chine et les pays de l’OCDE, la croissance chinoise serait plombée. Or il en va de la stabilité politique du pays. Le constat est simple : la trajectoire actuelle de l’économie chinoise renvoie aujourd’hui une image proche de l’asphyxie. Avec en filigrane, le risque d’une grave instabilité sociale, phénomène que redoute le plus le Parti.
La Chine fait face à sa plus importante flambée épidémique de Covid-19. Mais comment expliquer à la population chinoise ces mesures draconiennes qui ont provoqué des scènes ahurissantes où l’on voit des habitants de Shanghai hurler sur leurs balcons ou dans la rue leur haine du Parti et même de Xi Jinping. Des vidéos sur ces moments incroyables de révolte ont largement circulé sur les réseaux sociaux avant d’être promptement censurées. Quand sonnera l’heure des comptes, celle-ci risque donc fort d’être dure pour le président chinois.
« Le triomphalisme de Xi Jinping a cédé la place à un assourdissant silence, estimait Patrick Saint-Paul, ancien correspondant à Pékin, dans les colonnes du Figaro ce mardi 3 mai. Pour l’empereur rouge, cela ne souffrait aucun doute : le « succès » de la stratégie chinoise du « zéro Covid » dans la lutte contre la pandémie était la preuve que son système communiste surclassait de loin le modèle des démocraties occidentales, à bout de souffle. Le variant Omicron a poussé le numéro un chinois au bout de sa logique démente du tout-confinement. Plongés dans un enfer kafkaïen depuis cinq semaines, les 26 millions d’habitants de Shanghai sont tenaillés par la faim et poussés au bord de la folie par un enfermement forcé qui n’est pas sans rappeler la discipline de fer du Laogai, le Goulag chinois. La stratégie chinoise a certes permis de sauver des vies depuis 2020. Mais au prix d’un régime carcéral dur et surtout sans perspective de retour ! […] Pour le régime autoritaire chinois, la légitimité ne se gagne pas dans les urnes mais par la « performance » d’un Parti communiste qui a promis la prospérité à son peuple en échange de sa soumission. Potentiellement dangereuse pour le pouvoir, la fronde de la rue ne pouvait tomber à un pire moment pour Xi Jinping, qui entend sceller son règne à vie au congrès du PCC » cet automne.

Démographie fragilisée

S’ajoute à ce sombre tableau une démographie qui s’effondre. À la faveur de la crise du Covid-19, le taux de natalité s’y est tout simplement liquéfié de 30 % ces deux dernières années, enregistrant ainsi sa chute la plus dramatique depuis la période terrible de la grande famine de la fin des années 1950 et du début des années 1960, le Grand Bond en avant lancé par Mao Zedong de sinistre mémoire. Dans le pays le plus peuplé au monde, seuls 10,6 millions de bébés sont nés en 2021, du jamais vu depuis la prise de pouvoir des communistes en 1949, et ce avec un nombre de mariages qui a diminué de l’ordre de 12 % depuis 2019.
La Chine subit frontalement les conséquences de sa politique – instaurée en 1980 – de l’enfant unique qui a eu des conséquences dévastatrices à plusieurs niveaux. Ce n’est, en effet, pas uniquement l’indispensable taux de renouvellement des populations qui a été interrompu. Cette mesure à portée civilisationnelle a en réalité laissé une empreinte profonde chez les Chinois ayant largement intégré – quasiment dans leurs gènes – de ne plus avoir qu’un seul enfant par famille.
La flambée du marché immobilier national et la cherté de l’accès à une bonne éducation ont, par la suite, achevé le travail. Le résultat consiste en un contexte où la structure familiale en Chine est aujourd’hui qualifiée de « 4-2-1 », qui se résume à quatre grands-parents soutenus par deux époux ayant un enfant. Il n’est donc pas étonnant que la société chinoise se soit adaptée face à cette contrainte et aux poids financiers de soutenir les grands-parents, avec pour conséquence directe l’impossibilité d’assumer plus d’un enfant.
Dans son édition du 1er mai, le journal Nikkei Asia explique qu’il existe maintenant en Chine une véritable « phobie du mariage ». Le nombre de mariages est en chute libre ces dernières années et nul ne se hasarde à dire quand cette tendance touchera le fond. Or ce phénomène est grave pour le pays car, du même coup, la Chine n’apparait plus comme cet eldorado qu’elle a été pendant plus de trente ans pour les investisseurs étrangers. Voici donc contrecarré le programme de Xi Jinping de développement économique rapide de la Chine, garant de la stabilité sociale et seule légitimité à ce jour du Parti.
Il y a eu un total de 7,63 millions de mariages en Chine en 2021, une baisse de 6,3 % en rythme annuel et une dégringolade de 40 % comparé au nombre enregistré il y a dix ans, soit le chiffre le plus bas jamais enregistré depuis que ces statistiques existent en 1986, selon le journal japonais. Or il est clair qu’une partie de cette baisse est due à la pandémie. Aucun signe n’est là pour prédire une reprise car l’autre facteur est le fait que les Chinoises sont devenues plus indépendantes et ne ressentent plus gère le besoin de se marier pour trouver un certain confort matériel. « Mes parents s’occupent de mon enfant dans leur maison à Pékin, explique Mlle Song, âgée d’une trentaine d’années, citée par le journal . Puisque je vis sans éprouver de souci de nature économique, je n’ai jamais ressenti le besoin d’avoir un mari. »
D’autre part, le marché du travail est dégradé. Les employeurs potentiels interrogent systématiquement les jeunes femmes candidates à un emploi sur leur souhait d’avoir un enfant et même sur leur statut relationnel, à savoir si elles partagent leur vie avec un partenaire. Cette discrimination en bonne et due forme du marché du travail à l’encontre des jeunes femmes chinoises sape évidemment leurs perspectives de carrière, car elles sont taxées de ne pouvoir assumer de front leurs responsabilités professionnelles et familiales.
L’extrême fragilisation de la démographie chinoise n’est donc pas seulement imputable à la crise sanitaire, mais bien à cette propension historique du Parti à contrôler la population, contrôle encore démontré par les mesures drastiques et aberrantes de confinement quasi généralisé en vigueur dans les villes du pays.

Impossible de faire marche arrière

Pour autant, le régime chinois est bien trop engagé – voire englué – dans cette politique pour faire machine arrière. Comment, en effet, le président Xi Jinping renoncerait-il maintenant – sans se désavouer – à ce dogme du « zéro Covid » dont il a fait un des piliers de sa politique, et alors qu’il s’apprêtait à en célébrer le triomphe à l’automne prochain à l’occasion du XXème Congrès du Parti ?
Pour Xi Jinping, l’enjeu est donc de taille, souligne le Financial Times : « Son image de dirigeant compétent pourrait être sérieusement remise en cause si le gouvernement perdait le contrôle du Covid ou échouait à contenir une grave crise économique. »
Un conseiller du gouvernement chinois qui entend conserver l’anonymat, a confié au quotidien économique britannique combien il est difficile de faire comprendre au président chinois que sa politique « zéro Covid » n’est pas efficace. Même à des moments cruciaux du confinement de Shanghai, le « Grand Leader » est apparu sourd, au pire ignorant des conditions réelles dans lesquelles vivait la capitale économique du pays, selon ce conseiller. Pour ce dernier, « la situation en Chine est désormais plus grave qu’elle ne l’a été quand le Covid s’est propagé pour la première fois, au début de 2020 ».
Ajoutons à tout cela une grogne au sommet du Parti qui commence à s’exprimer ouvertement. L’un de ceux qui n’a pas mâché ses mots récemment est l’ancien ambassadeur chinois aux États-Unis, Cui Tiankai. Qu’a-t-il dit à son retour à Pékin ? Le 20 décembre 2020, à l’occasion d’un symposium organisé par le China Institute of International Studies à Diaoyutai, résidence des hôtes étrangers en périphérie de Pékin, le diplomate, très respecté en Chine, a expliqué que la politique chinoise envers les États-Unis ainsi qu’avec le reste du monde menée par la direction chinoise à l’étranger depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012 était erronée.
« Nous devons garder la tête froide et être entièrement prêts à faire face aux hauts et bas des relations sino-américaines et même ce qui risque de devenir les montagnes dans l’avenir, ceci tout en protégeant notre souveraineté, notre sécurité et nos intérêts », a-t-il déclaré, dans une critique transparente de la politique des « loups combattants » menée par Pékin à l’étranger ces dernières années et par laquelle ces diplomates font désormais preuve d’une arrogance sans précédent depuis l’avènement des communistes au pouvoir en 1949.
« Tous les gains enregistrée par la Chine ont été acquis grâce à la sueur et le sang du peuple et nous ne devons pas permettre à quiconque qui se montrerait aventureux, paresseux ou incompétent de ruiner ces gains », a-t-il affirmé. Il n’a, bien sûr, cité aucun nom. Mais au sommet de la hiérarchie du PCC, personne ne s’est trompé sur le fait que le principal visé était Xi Jinping en personne. « Sur le fond, nous ne devons pas mener une guerre pour laquelle nous ne sommes pas préparés, une guerre que nous ne sommes pas sûrs de gagner, une guerre motivée par la colère, a ajouté Cui Tiankai. Confrontés à des situations complexes, nous devons toujours garder à l’esprit notre pays et ne pas penser toujours à devenir une célébrité. » Des mots qui pèsent lourd dans la bouche de ce vétéran de la diplomatie chinoise qui a en outre été un proche du président chinois.
Cet épisode rappelle celui Zhang Wenhong, un professeur d’université qui était une autorité dans le domaine des maladies contagieuses en Chine. Ce dernier était devenu la cible de critiques intenses orchestrées par le pouvoir lorsqu’il avait osé dire publiquement que la Chine devait abandonner la politique du « zéro Covid » pour lui préférer celle du « vivre avec le Covid » fondée sur les connaissances scientifiques et suivie par la plupart des pays dans le monde.
Mais le président chinois n’a visiblement aucune intention de changer de politique. Ce jeudi 5 mai, lors d’une réunion du comité permanent du Politburo du Parti, il a exhorté la population chinoise à « adhérer sans la moindre hésitation à la « dynamique du Zéro Covid » et à combattre de façon résolue toute parole ou tout acte qui viendrait déformer, mettre en doute ou nier les politiques de prévention de l’épidémie, selon les média officiels du pays. Notre stratégie de prévention et de contrôle est déterminée par la nature et la mission du Parti, nos politiques peuvent se mesurer à l’épreuve de l’histoire et nos mesures sont de nature scientifique et sont efficaces. […] Nous avons gagné la bataille de Wuhan et nous allons certainement être en mesure de de gagner la bataille de Shanghai. »
Xi Jinping ne peut plus reculer. Le faire serait avouer qu’il s’est trompé. Or en Chine, le Parti ne se trompe jamais. A fortiori, son maître absolu.
Par Pierre-Antoine Donnet

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A propos de l'auteur
Ancien journaliste à l'AFP, Pierre-Antoine Donnet est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages consacrés à la Chine, au Japon, au Tibet, à l'Inde et aux grands défis asiatiques. En 2020, cet ancien correspondant à Pékin a publié "Le leadership mondial en question, L'affrontement entre la Chine et les États-Unis" aux Éditions de l'Aube. Il est aussi l'auteur de "Tibet mort ou vif", paru chez Gallimard en 1990 et réédité en 2019 dans une version mise à jour et augmentée. Son dernier ouvrage, "Chine, le grand prédateur", est paru en 2021 aux Éditions de l'Aube.