Politique
Entretien

Photographie : "Dust" de Patrick Wack, la poussière du Xinjiang

3 février 2019. Hotan, Région autonome ouïghoure du Xinjiang, Chine. Des habitants ouïghours dans la file d'attente d'un point de contrôle d'identité et de fouille corporelle avant d'entrer dans le bazar de la ville. (Extrait de "Dust" de Patrick Wack, éditions André Frère, 2021 / Copyright : Patrick Wack)
3 février 2019. Hotan, Région autonome ouïghoure du Xinjiang, Chine. Des habitants ouïghours dans la file d'attente d'un point de contrôle d'identité et de fouille corporelle avant d'entrer dans le bazar de la ville. (Extrait de "Dust" de Patrick Wack, éditions André Frère, 2021 / Copyright : Patrick Wack)
Comment photographier le Xinjiang ? Patrick Wack en a fait l’expérience sur plusieurs années. D’abord en recherche d’un « ailleurs dans l’ailleurs », d’une région marquée par la culture turcique et musulmane des Ouïghours et par ses espaces infinis. Un endroit qui échappait encore il y a peu au béton uniformisé du développement chinois. Le photographe y cherchait confusément des ressemblances avec la conquête de l’Ouest américain. Ce n’est pas ce qu’il a trouvé sur place. « Le romantisme n’est plus possible au Xinjiang », écrit-il en préface de son livre, Dust (Éditions André Frère), qui rassemble toutes ses séries photographiques sur la région ouïghoure. De 2016 à 2019, Patrick Wack a vu la sombre transformation d’un « territoire surveillé » en une « prison à ciel ouvert », où les Ouïghours sont enfermés dans des camps de rééducation par centaines de milliers. Avec en toile de fond, la réflexion obsédante sur ce qu’est un génocide.
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Entretien

Diplômé de l’ESCP (ESCP Business School) et ancien sportif des équipes de France, Patrick Wack est né à Cannes en 1979 et a grandi en banlieue parisienne. Photographe autodidacte, il quitte en 2006 un travail à Berlin pour gagner la Chine et se lancer dans la photographie. L’humain occupe dans ses images une place essentielle et lui permet d’établir un pont entre ses différentes pratiques photographiques, qu’elles soient éditoriales, commerciales ou artistiques. Il se consacre à des projets personnels de long terme qui marient la pratique documentaire traditionnelle avec une approche contemplative. Après onze années passées en Chine, il partage désormais son temps entre Berlin, Paris, Shanghai et Moscou. Ses reportages ont été publiés entre autres dans Time Magazine, The Sunday Times, Géo France, The British Journal of Photography et Courrier International. Il est un des deux lauréats 2019 de la Bourse du musée Albert Kahn et co-fondateur de la coopérative photographique Inland.

Son livre, Dust aux éditions André Frère, sera publié à l’automne 2021. Une campagne de prévente a démarré le 29 juin dernier.

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Couverture du livre "Dust" de Patrick Wack, éditions André Frère, 2021. (Copyright : Patrick Wack)

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Mai 2016. Région autonome ouïghoure du Xinjiang, Chine. Des voyageurs montent ou descendent du train de Hotan à la gare de Kashgar. C'est la seule ligne reliant les villes oasis au sud du désert du Taklamakan où vivent la plupart des Ouïghoure au Xinjiang. (Extrait de "Dust" de Patrick Wack, éditions André Frère, 2021 / Copyright : Patrick Wack)

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Mai 2016. Hotan, Région autonome ouïghoure du Xinjiang, Chine. Tuanjie Square, la principale place de Hotan, lors d'un événement nocturne de Ligue de la Jeunesse communiste. Au centre de la place trône la statue de Kurban Tulum serrant la main de Mao Zedong. Kurban Tulum était un paysan ouïghour qui vivait dans le comté de Yutian : le Parti communiste chinois en fit le symbole de l'unité avec les Ouïghours. (Extrait de "Dust" de Patrick Wack, éditions André Frère, 2021 / Copyright : Patrick Wack)

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Décembre 2016. Région autonome ouïghoure du Xinjiang, Chine. Équipe d'exploration pétrolière de la China National Petroleum Corporation (CNPC), dans le déser du Taklamakan. L'équipe pose des milliers d'explosifs pendant des semaines pour les faire exploser en même temps afin de détecter des champs pétrolifères. (Extrait de "Dust" de Patrick Wack, éditions André Frère, 2021 / Copyright : Patrick Wack)

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Novembre 2016. Comté de Luntai, Région autonome ouïghoure du Xinjiang, China. Un jeune travailleur saisonnier de la minorité ouïghoure dans les derniers jours de la récolte du coton, entre Korla et Kuqa, au nord du désert du Taklamakan. Le coton représente l'une des plus grandes industries agricoles de la région et de nombreux Ouïghours sont employés comme main-d'œuvre saisonnière à bas coût durant la récolte. (Extrait de "Dust" de Patrick Wack, éditions André Frère, 2021 / Copyright : Patrick Wack)

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Novembre 2016. Région autonome ouïghoure du Xinjiang, Chine. Photographié dans la chambre de sa maison, cet homme, un CHine Han, est le gardien d'une mine dans le désert du Taklamakan à l'ouest du Xinjiang. (Extrait de "Dust" de Patrick Wack, éditions André Frère, 2021 / Copyright : Patrick Wack)

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3 février 2019. Hotan, Région autonome ouïghoure du Xinjiang, Chine. Des habitants ouïghours dans la file d'attente d'un point de contrôle d'identité et de fouille corporelle avant d'entrer dans le bazar de la ville. (Extrait de "Dust" de Patrick Wack, éditions André Frère, 2021 / Copyright : Patrick Wack)

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31 janvier 2019. Kashgar, Région autonome ouïghoure du Xinjiang. Des Ouïghours marchent dans une rue commerciale de la vieille ville près de la mosquée Idkah. (Extrait de "Dust" de Patrick Wack, éditions André Frère, 2021 / Copyright : Patrick Wack)

 
 
Vous avez sillonné le Xinjiang depuis 2016. Pourquoi ?
Patrick Wack : À l’origine, je n’étais pas du tout parti pour faire un travail politique. En fait, je voulais faire un travail documentaire sur la vision d’une Chine qui ne ressemblait pas du tout à la Chine. J’avais l’impression depuis le début des années 2000 qu’on parlait énormément de la Chine économique, de la Chine qui s’éveille, la Chine prospère sur sa façade orientale, la Chine occidentale, essentiellement le Tibet dont on entendait parler pour des raisons politiques. Et depuis quelques années, on parlait aussi du ventre de la Chine, Chongqing, Chengdu et le développement de ces provinces-là. Le Xinjiang, on n’en parlait pas beaucoup. Moi, ce qui m’intéressait c’était justement parce que c’était le début des « Nouvelles routes de la soie » et cela m’intéressait de voir si je pouvais documenter une Chine qui ne ressemblait pas du tout à la Chine. Et de voir aussi si je pouvais trouver un parallèle entre la mythologie fondatrice américaine de la conquête de l’Ouest et au moment justement de cette poussée chinoise vers l’Ouest, s’il y avait une nouvelle mythologie du XXIe siècle de la conquête chinoise de l’Ouest.
C’était donc un mélange d’exploration d’une contrée que l’on ne montrait pas beaucoup tout en restant en Chine et en même temps avec une espèce d’élan romantique pour voir si on pouvait comparer ces deux grandes mythologies fondatrices du XIXe, XXe et peut-être du XXIe siècles. C’était donc pour voir si je pouvais trouver le Far West américain avec tout ce que cela comporte d’espoir et de désespoir. Les espoirs des colons sur des terres conquises, cette forme de settlers colonialistes. Y avait-il quelque chose à faire ? Il y avait donc cette nouvelle mythologie chinoise. Xi Jinping parlait du « Rêve chinois ». Il y avait quelque chose qui se cristallisait là-bas. C’est avec cette idée-là que je suis parti en 2016. Au contact du terrain, ce qui m’a traversé l’esprit, c’est plus de voir une Algérie française à la chinoise que le Far West américain. C’est là où le sujet petit à petit s’est tourné plus vers la politique et la répression des Ouïghours et sur le fait qu’il y avait quelque chose d’assez sombre qui se développait dans la région.
Au Xinjiang, vous avez photographié des scènes de désolation mais aussi des magasins, des rues animées où l’on rencontre parfois, rarement, des sourires…
Quelques uns, oui. Dans la narration du livre, ce que j’ai essayé de reconstruire, c’est vraiment cette transition pendant quatre ans. Pour montrer cela, j’ai choisi de commencer la narration avec justement ces scènes des vieilles villes ouïghoures qui sont animées, encore pleines de couleurs, ancrées dans l’islam. Il y a des dômes, des croissants dorés, des femmes qui portent le voile, des robes avec des imprimés traditionnels où les mosquées sont ouvertes ou même pleines. Il y a tous ces éléments de culture et de religion qui sont en fait le crépuscule d’un monde. Ces deux dernières années, on voit que tout cela a disparu. Tout symbole islamique ou moyen-oriental a disparu. Les femmes ne portent plus le voile, les mosquées sont fermées. Toutes les couleurs, la culture ont disparu. C’est l’un des narratifs du livre qui est de montrer cette évolution et cette rupture qui ont lieu en deux, trois ans.
Vous avez pris une photo qui, au sommet d’une colline, en plein désert au milieu de nulle part, montre une statue étrange qui ressemble à un héros de l’Armée populaire de libration et une héroïne. Qu’y avez-vous vu ? Quel en est le symbole ?
Nous sommes tombés sur cette statue en conduisant sur la route qui nous ramenait au Xinjiang depuis la province du Gansu. Nous sommes dans la préfecture de Hami. On voit brutalement cette statue gigantesque. C’est un monument à la gloire du communisme.
C’est la Chine triomphante ?
C’est la Chine triomphante, bien sûr, oui, que l’on trouve dans un endroit reculé, on ne sait pas pourquoi. Ce livre, c’est aussi un aveu d’impuissance. Montrer la réalité au Xinjiang, c’est extrêmement difficile. J’ai tenté, avec des symboles glissés dans la narration, d’amener des éléments d’un narratif que j’ai un peu reconstruit après. Cette statue, pourquoi est-elle là, au milieu du désert ? Il n’y a pas de réponse.
Vous avez des photos montrant des montagnes de coton ou un champ de coton. Une allusion au travail forcé des Ouïghours ?
Oui, bien sûr. Les gens que j’ai photographiés dans les champs de coton n’étaient pas dans une situation de travail forcé. Je n’aurais de toute façon pas pu y aller. Les deux industries qui rapportent le plus de richesses sont les hydrocarbures et le coton. Les hydrocarbures et la construction, qui elle aussi est une source de richesse, les Ouïghours en sont exclus. C’est-à-dire que dans les champs de pétrole, dans les équipes d’exploration dans le désert, ce ne sont que des Chinois Han. Même chose sur tous les grands chantiers de construction. Par contre, dans le travail du coton, qui est très rude, ce ne sont que des saisonniers ouïghours. Parfois des enfants. Cela m’avait en fait intéressé, le coton, parce que pour moi, cela faisait partie de cet imaginaire américain. Ce sont bien sur les États du sud-américain, ce n’est pas le Far West. C’est l’esclavage. Ce qui conduisait précisément mes deux ou trois premiers voyages : j’étais obsédé par essayer de trouver une similitude avec le XIXe siècle aux Etats-Unis et je n’en trouvais pas. Mais ensuite, il y a l’autre narration sur la répression des minorités musulmanes.
Une photo m’a vraiment marqué : celle où l’on voit des paysages magnifiques avec en arrière-plan, des montagnes enneigées qui semblent vierges de toute pollution. Est-ce là une fenêtre sur l’espoir ?
Non. Je n’ai pas vu ça comme un symbole d’espoir. Le symbole que j’ai mis à la fin, c’est ce musulman en train de réciter une prière au moment du crépuscule. Je voulais montrer justement que la nuit tombait sur la région. Dans le livre, on part de couleurs assez chaudes vers des couleurs assez froides de l’hiver et à la fin crépusculaires. J’aimerais bien en avoir, de l’espoir, mais mais je n’en vois pas vraiment pour le Xinjiang.
Vous avez aussi des photos qui montrent des drapeaux chinois agités par des paysans ouïghours dans des rues commerçantes. Epouvantable ?
Dans les rues commerçantes de Kashgar, il y a des drapeaux chinois un peu partout. Qu’ils soient brandis ou accrochés sur des lieux publics. Il y a aussi des scènes qui montrent des touristes ouïghours dans le désert à côté de Kucha. C’était une scène assez bizarre où il y a des groupes de touristes chinois Han que je montre pour évoquer le tourisme de masse de Chinois qui se développe dans la région en parallèle du système carcéral. C’est assez obscène ce qui se passait en 2019. En fait, d’une part on incarcérait des gens – un génocide culturel, c’est-à-dire que l’on détruisait la culture, on ne permettait plus aux gens de pratiquer leur religion, d’être ce qu’ils étaient – et d’autre part, la région se vantait de faire venir des dizaines de millions de touristes Han, en 2019, pour profiter d’une espèce de vision folklorisée de la réalité, une sorte de Disneyland, un tourisme de pacotille, le grand frisson garanti. Là ce sont des photos prises lors de mon tout dernier voyage. C’était quelque chose que je ne connaissais pas vraiment.
Je suis retourné sur des sites touristiques. Je m’étais documenté avec des rapports des agences du tourisme chinois et d’amis qui me disaient : « Mes parents sont allés au Xinjiang. C’était absolument génial. La région est superbe. » C’est complètement similaire à ce qui se passe au Tibet. On détruit une culture pour la réduire à une espèce de folklore complètement aseptisée qui est devenu une sorte de business. D’un côté, on détruit tout et on emprisonne les gens qui veulent être ouïghour et de l’autre, les touristes viennent pour se balader à dos de chameau ou manger des brochettes et voir des jolies filles effectuer quelques danses. Pendant ce temps, les vieilles villes ouïghoures sont rasées pour laisser la place à de nouvelles villes de béton inhumaines. Tous les lieux de culte, tout ce qui fait l’ancrage culturel et religieux est détruit. Il y a là le pire du communisme et le pire du capitalisme dans son aspect mercantile le plus vil. Il y a aussi deux photos à la fin du livre où l’on voit un Monsieur ouïghour dans le désert avec un drapeau chinois. J’ai aussi assisté à des scènes avec des groupes de touristes ouïghours qui étaient emmenés sur des sites et à qui on faisait agiter des drapeaux chinois. Je ne sais pas si c’étaient des scènes de propagande ou s’ils étaient sincères. En même temps, je pense qu’au Xinjiang, tout devient une espèce de théâtre et de posture. Il faut se présenter comme quelqu’un qui soutient le Parti.
Dans le livre, un peu plus loin, figurent des cartes des camps de travail, des camps de concentration et des prisons. C’est donc bien le désespoir dont vous parlez ?
Oui, bien sûr, il fallait finir là-dessus. Toute la direction artistique et le design du livre sont axés là-dessus. Tout le cheminement du livre, tous ces points qui font un peu cette ligne rouge, c’est justement à la fin comme référent, cette carte, pour permettre de comprendre. On s’en doute un peu avec la couverture. C’est un code visuel auquel on est habitué. Nous ne voulions pas que cela face un peu trop carte « à la LeMonde.fr ». En même temps, pour ceux qui sont habitués à lire la presse, on comprend assez vite à quoi cela fait référence. Nous voulions clore le livre là-dessus.
Dans votre livre, l’anthropologue américain Dru Gladney, l’un des auteurs des textes qui accompagnent les photos, titre son article « Uyghurs genocide ». C’est là votre avis ?
Avec Brice Pedroletti, nous avons eu une discussion sur ce sujet. Nous nous sommes mis d’accord pour dire qu’il ne s’agissait pas d’une « solution finale chinoise ». Mais quand Dru Gladney, une sommité sur ce sujet, écrit qu’il s’agit d’un génocide, moi je ne suis pas un spécialiste. Mais il y a des institutions internationales qui disent qu’il s’agit bien d’un génocide. Les stérilisations forcées sont considérées comme un génocide. Nous sommes d’accord qu’il ne s’agit pas d’un holocauste, un génocide physique. Cependant, si les femmes sont stérilisées, c’est bien là un génocide dans la durée. Je suis donc d’accord avec le terme de génocide, mais il faut le comprendre dans tout son sens. Il n’y a pas de lien direct avec un holocauste ou une « solution finale ». C’est là quelque chose qui m’occupe l’esprit en permanence.
Je me demande vraiment quelle est l’intention non avouée du gouvernement chinois. N’y a-t-il aucune intention racialiste ? Le gouvernement pense-t-il que tout le monde peut devenir un citoyen chinois ? Ou bien pense-t-il vraiment que les Ouïghours ne peuvent pas devenir des citoyen modernes chinois ? Pense-t-il ainsi qu’il faut, d’une manière ou d’une autre, les faire disparaître par l’immigration de masse, par les stérilisations ? Parce que de toute façon, il y aura là une nation qui va s’éteindre peu à peu. Par ailleurs, je n’arrive pas à comprendre qu’il y ait des gouvernements qui gravent dans le marbre le fait qu’il y ait un génocide, tout en continuant à entretenir des relations diplomatiques avec la Chine populaire.
Propos recueillis par Pierre-Antoine Donnet

Au Xinjiang, voyage dans l'invisible

Au Xinjiang, il y a ce que l’on voit, ce que l’on cherche à voir, ce que l’on vous montre, et tout ce qui se soustrait au regard. S’y déplacer en tant que journaliste, ou photographe, étranger, oblige à toutes sortes de contorsions. Prendre les billets au dernier moment, sans réserver d’hôtel. Savoir qu’à tout moment du séjour, peut débarquer une escouade d’hommes en civil ou en armes, plus ou moins polis, appartenant à divers services (police locale, police secrète, contre-espionnage, préposé local aux affaires étrangères) et parfois à tous en même temps, pour vérifier vos passeports, éventuellement vous interroger pendant de longues heures et vous empêcher d’aller plus loin. Savoir aussi que l’on est regardé, enregistré – par les caméras, omniprésentes, ou par les agents qui vous suivent de manière aléatoire – et que le sont aussi ceux que vous rencontrez, avec qui vous parlez.

Cet écart entre ce que l’on y voit, ce que l’on y entend, et ce qui se trame dans le secret de l’appareil de sécurité chinois, dans les salles d’interrogatoire des commissariats et les cellules des pénitenciers, s’est encore accru à l’automne 2017, quand sont parvenus aux observateurs de la région autonome les premiers signes d’une politique d’internement à grande échelle de la population ethnique turcique, essentiellement les Ouïghours (11 millions, soit 46 % de la population du Xinjiang) et les Kazakhs (1,5 million, soit 7 %).

Brice Pedroletti, journaliste au quotidien Le Monde et ancien correspondant en Chine
(Extrait de Dust de Patrick Wack)

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A propos de l'auteur
Ancien journaliste à l'AFP, Pierre-Antoine Donnet est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages consacrés à la Chine, au Japon, au Tibet, à l'Inde et aux grands défis asiatiques. En 2020, cet ancien correspondant à Pékin a publié "Le leadership mondial en question, L'affrontement entre la Chine et les États-Unis" aux Éditions de l'Aube. Il est aussi l'auteur de "Tibet mort ou vif", paru chez Gallimard en 1990 et réédité en 2019 dans une version mise à jour et augmentée.