Culture
Entretien

Roman : "Les Vents noirs" d’Arnaud de La Grange, de la Sibérie au Xinjiang

Des gardiens de troupeaux emmènent des chameaux dans leur transhumance vers les pâturages estivaux dans la région montagneuse de la préfecture d'Altay, dans la province chinoise du Xinjiang au nord-ouest du pays, le 5 juin 2016. (Crédits : Zhang wencheng / Imaginechina / via AFP)
Des gardiens de troupeaux emmènent des chameaux dans leur transhumance vers les pâturages estivaux dans la région montagneuse de la préfecture d'Altay, dans la province chinoise du Xinjiang au nord-ouest du pays, le 5 juin 2016. (Crédits : Zhang wencheng / Imaginechina / via AFP)
C’est un livre d’aventure qui ravira les fans d’Hugo Pratt et d’Ella Maillart. C’est aussi une quête existentielle qui fera la joie des plus mystiques. Il y a forcément du vécu dans ces Vents noirs publiés ces jours-ci aux éditions JC Lattès. Un premier roman aux phrases qui claquent comme le nagaïka, le fouet cosaque. Arnaud de La Grange a conservé la concision et le style percutant du grand reporter, une expérience de terrain qu’il mêle ici au souffle de l’épopée. Nous sommes en 1920, aux frontières de deux empires en décomposition : le lieutenant Verken est sur les traces d’Emile Thelliot, archéologue au bord de la folie. Aux vents glacés des steppes de Sibérie, succède la touffeur des sables du Taklamakan. Des paysages splendides, où les conflits révèlent les individus autant qu’ils déchirent les peuples. Dans ce mélange intime de souvenirs, de faits historiques et d’écriture, Arnaud de La Grange raconte des personnages épris d’absolu et de rédemption, nous entraînant sur les chemins du dépaysement et du romanesque. N’est-ce pas là, au fond, ce qu’on demande à la littérature ?
Avant d’occuper un poste de direction au Figaro, vous avez été correspondant à Pékin où vos reportages vous ont conduit au Xinjiang, le grand Ouest chinois. C’est ce qui vous a donné envie d’écrire ce roman ?
Arnaud de la Grange : Oui, je crois que le coup de cœur s’est fait là-bas. C’est une région qui est incroyable, d’une beauté époustouflante en termes de paysages avec des sommets qui culminent à 7000 mètres ceinturant le plus grand désert du monde, celui du Taklamakan. On est dans une Chine qui n’est pas la Chine d’une certaine manière, puisqu’on se sent plus près du Bosphore parfois que de la cité impériale avec des populations musulmanes, des minarets, on y mange des kebabs… C’est une Chine assez étonnante. On est sur la route de la soie. Et puis comme toutes les régions qui sont à la croisée des choses en l’occurrence des grands empires, c’est à la croisée de l’empire britannique des Indes, de l’empire russe et de l’empire chinois. C’est par là que le bouddhisme est entré en Chine. L’Islam aussi. On est donc aussi à la croisée des grandes religions. Ce sont des régions qui sont totalement fascinantes et moi, j’ai eu un coup de cœur.
C’est l’histoire d’une quête au milieu de paysages majestueux : le lieutenant Verken a pour mission d’arrêter un anthropologue qui a déraillé…
Oui, un archéologue en fait. C’est un homme qui part à la recherche d’un autre voulant l’arrêter dans sa plongée dans la folie parce que c’est un type dangereux, manipulateur et qui suscite des rebellions pour protéger ses fouilles archéologiques. Et puis, petit à petit cette animosité du lieutenant Verken va se muer en fascination pour l’absolu de la quête de cet archéologue. A mon sens, ce n’est pas du tout un roman historique, dans la mesure où l’histoire n’est pas du tout un prétexte à décrire cette période. Mais il y a en toile de fond ce début du XXème siècle où des grands explorateurs européens se sont livrés a une vraie bataille pour les fouilles archéologiques dans cette région il faut le dire assez peu connue du monde.

Contexte

Si Arnaud de La Grange se défend dans cet entretien d’avoir voulu écrire un roman historique, Vents noirs nous offre néanmoins une plongée au cœur de deux empires rongés par la guerre civile. Un entre deux temps – deux guerres mondiales -, et un entre deux mondes – l’orient et l’occident – où les causes semblent plus désespérées les unes que les autres. Lancée en novembre 1917 par Lénine, la révolution russe va ensanglanter jusqu’aux neiges de Sibérie. Les bolcheviks y sont encore très minoritaires et la conquête des villages et des villes tourne au massacre. Même chose dans ce Far West chinois appelé alors le Turkestan oriental, devenu aujourd’hui la région autonome ouïghoure du Xinjiang. C’est peut-être d’ailleurs, pour les passionnés d’Asie que nous sommes, les pages les plus prenantes de ce premier roman.

2 fois et demie grand comme la France, le Xinjiang est alors en proie à la rébellion des seigneurs de la guerre et à une population à majorité musulmane remontée contre le pouvoir chinois. Face à cela, Pékin mène une politique à la fois répressive et isolationniste qui n’a fondamentalement pas changé depuis l’avènement de la Chine nouvelle de 1949. Outre cet aspect historique, la force de ce premier roman tient dans ses parties descriptives. Le réalisme de certaines scènes de batailles dans les steppes sibériennes vous glacera le sang. Les descriptions des oasis interdites chinoises et l’ascension des monts du ciel vous enchanteront, avant que le récit ne vous ramène à la réalité de l’action.

Dans ces confins de l’Extrême-Orient, un jeune officier français, lui-même en pleine crise existentielle, doit arrêter un archéologue au bord du gouffre. Toute ressemblance avec des personnages ou des situations ayant existé n’est pas forcément fortuite. L’auteur confie avoir été inspiré par la vie extraordinaire du linguiste, sinologue, tibétologue, explorateur puis attaché militaire, Paul Pelliot. En piochant sur les étagères, on songe aussi à Giovanni Drogo chez Buzzati, à Aldo et Marino chez Julien Graq et évidemment à Marlow et Kurtz chez Conrad. On le sait en ouvrant le roman : la mission du lieutenant Verken ne peut nous mener qu’au « cœur des ténèbres ». Comme les personnages du récit, nous nous retournons quasi à chaque page pour tenter d’apercevoir les nuages de poussières des poursuivants. En espérant que ces derniers laisseront un peu de répit à la caravane en déroute, pour que vive l’aventure jusqu’au bout.

Le journaliste Arnaud de La Grange. (Crédits : Stéphane Lagarde)
Le journaliste Arnaud de La Grange. (Crédits : Stéphane Lagarde)
Votre roman nous plonge dès les premières lignes dans la guerre civile en Russie où se joue une partie d’échec sanglante. Il y a d’un côté les « blancs » (fidèles au Tsars), de l’autre les « rouges » (communistes) et au milieu les « noirs » (mercenaires cosaques) et des… Français !
Le roman commence en Sibérie et ce qui m’y a amené c’est Paul Pelliot. Ce grand archéologue français, l’un des créateurs de l’École française d’Extrême-Orient, a fait des découvertes absolument incroyables notamment en Chine. Les Chinois ne l’aiment pas tellement parce qu’il a ramené pas mal de choses en France que l’on trouve au musée Guimet. Or cet homme, au moment de la guerre civile russe, avait été envoyé auprès des armées blanches comme émissaire spécial de la France. Et je me suis aperçu qu’il y avait eu un corps expéditionnaire français en Sibérie en 1918.
Un bataillon colonial sibérien…
Oui, un nom absolument incroyable, absolument improbable. Des hommes ont été envoyés là-bas pour ouvrir un nouveau front contre l’Allemagne. Mais quand ils sont arrivés, l’Allemagne avait déjà déposé son drapeau. Il y avait un peu l’endiguement du Bolchevisme mais personne n’était vraiment convaincu. Dans ce corps expéditionnaire français se trouvait un membre très éminent : Joseph Kessel. On avait envoyé là un peu tout ce qu’on trouvait comme troupe : les « récupérés », qui étaient en fait des paludéens en convalescence au Tonkin. On les envoyait par -40 degrés en Sibérie. Je ne sais pas si c’était le meilleur traitement.
« De l’extérieur, le train avait des allures de gros scarabée. Noir, hérissé de pinces et d’antennes. Sur l’avant, à l’arrière, sur les flancs, de tous côtés, des canons pointaient à travers la tôle. Trapus, courts, une large gueule noircie. Mauvais comme des chiens de rue. On les sentait prêts à aboyer sur qui passait à leur portée. (…) L’ouvrage aurait pu sortir d’un extravagant cerveau, destiné à épater les badauds d’une exposition universelle. Une volée d’obus de bon poids n’aurait pas fait grand cas de ces minces tôles, soutenues par quelques madriers. Mais cette cotte d’acier suffisait à protéger des piqûres d’armes légères. Surtout, elle impressionnait. Le but était bien là. Cogner sur les âmes, frapper d’effroi. » (extrait des Vents noirs)
La violence est très présente dans votre roman, notamment dans les scènes de batailles. Ce sont des images que vous avez ramenées de votre expérience de correspondant de guerre ?
C’est vrai qu’il y a une certaine violence. J’avoue d’ailleurs qu’au début, j’étais plutôt parti sur cette histoire d’archéologue, de fouille et puis petit à petit, un fond guerrier est arrivé, une certaine violence, même s’il n’y a pas que ça. J’imagine qu’en ayant couvert des conflits pendant dix ou quinze ans, les choses ressortent. J’avais besoin d’écrire des choses là-dessus. Et en même temps, cette violence, elle est là parce qu’elle fait partie de l’histoire avec un grand H. Je trouve aussi qu’elle décape les âmes humaines. Il y a évidemment des situations paroxystiques où tout apparaît de manière beaucoup plus fulgurante : la lâcheté, le courage, tout ce qu’il peut y avoir de plus vil dans la nature humaine et parfois aussi de meilleur.
« En Sibérie, il n’y a que trois saisons, dit l’un de vos personnages : l’été, l’hiver et le massacre. » Même combat au Xinjiang, l’hiver en moins probablement. On se tue beaucoup dans cet Extrême-Orient en proie aux rébellions…
Toute l’histoire de cette région au début du XXème siècle a été extrêmement violente, que ce soit dans la partie asiatique de la Russie ou en Chine. On connaît les guerres qui se sont déroulées entre Chinois et Japonais. Il y a les guerres civiles. Il y a, oui, des convulsions très importantes dans la région. Elles ne sont pas forcément toujours extrêmement bien connues en France, parce qu’on n’est malheureusement peut-être pas assez tourné vers l’Asie. Oui, il y a des histoires humaines absolument incroyables. Des personnes qui sont passés d’un pays à l’autre, des histoires de fuite… C’est vraiment très riche en toile de fond romanesque.
Ces paysages magnifiques m’ont fait pensé à Hugo Pratt, à Ella Maillart. Il y a aussi du Buzzatti et du Conrad dans vos personnages qui ne savent même plus pourquoi ils se battent, finalement…
Je suis heureux que vous mentionniez ces références parce qu’en effet on peut penser à Corto Maltese en Sibérie, quand on voit ces trains blindés. A Hugo Pratt, Ella Maillart et à tous ces voyages en Asie centrale. On est vraiment d’ailleurs à peu près à cette époque-là. Et oui à la référence à Dino Buzzatti, si j’ose dire. Ça fait toujours prétentieux, mais c’est vrai que cela fait partie de mes maîtres en littérature avec Joseph Conrad et Julien Gracq. Il y a ces atmosphères avec des héros un peu désenchantés, un peu en fuite mais qui pour autant ne renoncent pas à affronter la réalité.
Couverture des "Vents noirs", un roman d'Arnaud de La Grange, éditions JC Lattès, 2017. (Crédits : Stéphane Lagarde)
Couverture des "Vents noirs", un roman d'Arnaud de La Grange, éditions JC Lattès, 2017. (Crédits : Stéphane Lagarde)
La première fois que votre héros Verken retrouve la trace de l’archéologue Thelliot, c’est à Harbin. C’est aussi un entre deux mondes, une ville blanche au nord de la Chine qui, à l’époque, était très mélangée…
Oui, c’est assez étonnant toute cette région du nord de la Chine où les Russes ont été extrêmement présents. Il y a beaucoup de Russes blancs qui après la guerre civile ont fui à Harbin. Je crois que l’un des premiers chemins de fer d’Asie a été créé là-bas ainsi que les premiers tramways. Il y a toujours aujourd’hui à Harbin ou dans d’autres villes de la région des communautés russes ou des gens qui sont restés. Vous avez ces cathédrales, ces gares. Cette trace de ce passé de mélange entre la Russie d’Extrême-Orient et la Chine qui est encore visible.
« Ne m’en veuillez pas, jeune homme, mais je doute que vous preniez la mesure du personnage. Thelliot n’est pas un savant comme les autres. C’est un ogre, un boulimique de savoirs ! Mû par une curiosité intellectuelle inextinguible ! Il se joue des frontières entre les disciplines, entre les aires culturelles. » Le Vietnam, la Chine, les études tibétaines, turques, mongoles ou iraniennes, il a touché à tout. En laissant à chaque fois sa marque. Les dizaines de milliers de manuscrits qu’il a ramenés à Paris ont révolutionné l’histoire de la Chine médiévale et la connaissance de ses échanges avec l’Inde, l’Asie Centrale. Il est le premier occidental a avoir pu traiter d’égal à égal avec les grands lettrés chinois. Ce n’est pas derrière un homme que vous courrez, mais après une légende… » (Extrait des Vents noirs)
Que cherche votre personnage Emile Thelliot, au cœur de cet immense désert qu’est le Taklamakan ?
Le Xinjiang qui est une région fascinante, immense et assez troublée aujourd’hui s’appelait à l’époque le Turkestan chinois. L’archéologue, le professeur Thelliot, est sur les traces des vestiges bouddhistes et d’un ancien royaume. Celui du Gandhara qui se trouve entre l’Afghanistan et la Chine. Ce qui est fascinant, c’est que tous les vestiges que l’on retrouve là-bas peuvent mêler à la fois l’art grec, l’art indien et l’art chinois. Si vous voulez, on est dans des mélanges à la fois en termes de spiritualité et d’art qui sont absolument incroyables.
Au Xinjiang, la puissance chinoise veille déjà sur les rebelles. Et toutes les villes grouillent d’espions. Vous décrivez le consul britannique de Kachgar comme le mieux informé du Nord-Ouest chinois. C’est un personnage qui a existé ?
C’est vrai qu’il y a cette ville de Kachgar qui est le poste avancé de la Chine sur la route de la soie. C’est la porte de l’Ouest. Et je crois, que pendant une trentaine d’années y a officié un consul britannique métisse qui s’appelait McCartney. Il était à la fois agent de renseignement, hôte de tous les étrangers qui passaient dans la région. Il a joué un rôle extrêmement important notamment de conseil aux explorateurs et aux archéologues. C’était le point central, l’homme obligé par qui il fallait passer. Aujourd’hui, la présence occidentale dans toute cette région est limitée, peut-être plus qu’à l’époque.
Votre roman se passe à l’époque des « oasis interdites » d’Ella Maillart. Les oasis sont-elles toujours interdites au Xinjiang, notamment pour les journalistes étrangers ?
On n’est pas exactement dans la situation du Tibet où les journalistes étrangers ne peuvent pas entrer sans invitation. On peut se rendre au Xinjiang, mais il y est très difficile de travailler. Quand j’y suis retourné après les émeutes de 2009, je crois, j’ai été expulsé par la police au bout d’une douzaine d’heures. C’est encore une région où le gouvernement central chinois n’est pas du tout à l’aise. Il est une espèce de chape de plomb qui malheureusement rend l’atmosphère assez lourde alors que c’est une région absolument incroyable pour les voyageurs. Il y a d’ailleurs un potentiel touristique qui est remarquable. Malheureusement les autorités chinoises, en matière de sauvegarde du patrimoine, ne jouent pas un jeu très propre. Il y avait une vieille ville musulmane absolument merveilleuse. Elle est totalement défigurée aujourd’hui.
Dans votre roman, il y a « L’Atmosphère », un bar « où l’on boit, comme on se fait sauter la cervelle ». Est-ce un clin d’œil à un célèbre bar de Kaboul et, encore une fois, à vos souvenirs de grand reporter ?
Absolument, je me suis amusé à prendre ce nom. Un clin d’œil au bar de Kaboul qui était tenu d’ailleurs par mon ami Marc Victor qui a publié un roman qui se passe en grande partie là-bas. On est un peu dans des lieux qui pouvaient exister à Tchita, dans des villes comme ça de l’Extrême-Orient russe qui tenaient du cabaret, du lupanar où tout ce monde qui s’effondrait se retrouvait, s’enivrait, s’encanaillait dans des atmosphères absolument dingues. Mais en effet, un clin d’œil à Kaboul dans l’intitulé du bar, oui.
« La guerre, alors, devint de plus en plus sale. Elle prit le visage grêlé des escarmouches. Les adversaires se tuaient par surprise et jamais ne se laissaient la vie. C’était désormais une affaire d’irréguliers. Aucune règle ne valait plus. Verken avait préparé ses hommes à cela. Ils avaient tailladés l’extrémité des balles de leurs fusils, afin de les rendre plus meurtrières. Les vêtements restaient volontairement salis. L’acier des sabres et des armes à feu était laissé à la corrosion, pour éviter les reflets alertant l’œil ennemi. Ils avaient même abandonné derrière eux les chevaux gris clairs, ne gardant que ceux dont la robe sombre n’attirait pas le regard. » (Extrait des Vents noirs)
Il y a cette citation dans votre livre : « L’automne d’un homme ne donne que peu de fruits. » C’est votre premier roman ; est-ce qu’il y en aura d’autres ?
Bon, je ne suis plus au printemps de ma vie c’est vrai, mais j’espère donner encore quelques fruits. J’ai découvert qu’étant journaliste, j’ai passé une trentaine d’années à scruter le réel et à écrire sur le réel. Écrire de la fiction a été pour moi une véritable révélation. C’est-à-dire créer son monde, ses personnages. Je crois que Romain Gary disait : « La littérature permet de vivre des vies qui ne sont pas la nôtre. » Je pense que j’ai découvert quelque chose. Donc oui, je ne rêve plus que d’une chose, c’est d’écrire un deuxième roman. Mais attendons de voir ce que celui-ci donnera.
Il y a tellement d’images et de descriptions réalistes dans celui-ci, la fenêtre est grande ouverte sur un décor magnifique… Pourquoi ne pas songer à une adaptation au cinéma ?
Oui, il paraît que c’est assez visuel. Cela pourrait s’y prêter, mais alors le film coûtera probablement un peu cher, parce qu’effectivement cela ne se passe pas dans un huis clos à Paris.
Propos recueillis par Iliana Pradelle et Stéphane Lagarde
A propos de l'auteur
Stéphane Lagarde
Stéphane Lagarde est rédacteur en chef adjoint d'Asialyst. Grand reporter au Desk Asie de Radio France International, ancien correspondant à Pékin et Séoul, tombé dans la potion nord-est asiatique il y a une vingtaine d’années.