Politique
L'Asie du Nord-Est dans la presse

Corée : tirs de missiles au Nord, Moon suspend le déploiement du bouclier THAAD

Banderoles installées sur la route du terrain de golf où se déploie le système anti-missile américain THAAD à Seongju en Corée du Sud le 7 mai 2017. (Crédits : Mitsuru Tamura / The Yomiuri Shimbun / via AFP)
Banderoles installées sur la route du terrain de golf où se déploie le système anti-missile américain THAAD à Seongju en Corée du Sud le 7 mai 2017. (Crédits : Mitsuru Tamura / The Yomiuri Shimbun / via AFP)
Kim Jong-un n’a pas fini de contrarier le nouveau président sud-coréen. Ce jeudi 8 juin, Pyongyang a effectué sa cinquième série de tirs multiples. Ils ont traversé 200 km pour aller s’écraser dans la mer de l’Est (mer du Japon). Une nouvelle provocation qui intervient le lendemain de la décision sud-coréenne d’interrompre le déploiement du bouclier anti-missile THAAD sur son sol, afin de mener une analyse d’impact environnemental. Les Américains ne s’en émeuvent pas. Pas encore, pour l’instant.
« Les relations Nord-Sud ne s’amélioreront pas d’elles-mêmes uniquement parce qu’il y a une nouvelle administration au pouvoir en Corée du Sud. » écrit le journal nord-coréen Rodong Sinmun, cité par le quotidien conservateur de Séoul Chosun Ilbo. Kim Jong-un est toujours là pour rappeler à Moon Jae-in de ne pas le sous-estimer. Ce jeudi 8 juin, la Corée a procédé à un nouveau test en forme de feux d’artifices en procédant à des tirs multiples de missiles, rapporte le Korea Times. C’est déjà le cinquième tir de provocation depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau président sud-coréen Moon Jae-in, et certainement pas le dernier. « La seule chose que la Corée du Nord peut retirer de ses provocations, c’est une aggravation de son isolement et de ses difficultés économiques », a répliqué le président sud-coréen ce jeudi, indique l’agence Yonhap. Pendant la campagne présidentielle, Moon s’est revendiqué favorable au rapprochement des deux Corées. Dans cette perspective, le plus urgent est, pour lui, de stopper le programme d’armement du Nord.
Le tir multiple de Pyongyang a semblé répondre à une décision lourde de sens prise par Séoul hier mercredi 7 juin. Moon a décidé d’interrompre pour un temps le déploiement de lanceurs du système anti-missile THAAD sur son sol pour des raisons écologiques : « Nous ne voyons pas le processus de déploiement comme assez urgent pour contourner les procédures d’analyses d’impact environnemental », a fait savoir la Maison Bleue, indique Channel News Asia. Cette décision suspensive concerne en particulier les quatre nouveaux lanceurs américains omis de l’accord officiel (lire notre article). Cette étude, qui pourrait durer plus d’un an selon le Korea Herald, était largement réclamée par les citoyens de Seongju, où se situe le déploiement du THAAD.
Côté américain, pas d’affolement. Le Pentagone ne tiendra pas rigueur aux Sud-Coréens pour ce « contre-temps », informe le Korea Herald. « Nous allons continuer à travailler main dans la main avec le gouvernement sud-coréen pendant toute la durée du processus », a déclaré Gary Ross, l’un des porte-parole du Département américain à la Défense. Mais les parties d’opposition sud-coréens à Moon n’ont pas cette patience. Ils souhaitent que le déploiement du THAAD intervienne sans tarder et intégralement, afin d’assurer la protection du pays face à la menace du Nord. Sous le gouvernement précédent de Park Geun-hye, le ministre de la Défense avait outre-passé la législation environnementale afin d’accélérer la mise en place du bouclier.
Par Amina Bouamrirène
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