Revue de presse Asie - 17 octobre 2016

Mission spatiale chinoise, "insurgés islamistes" en Birmanie et Inde aux BRICS

Le vaisseau doit amarrer prochainement avec la station spatiale Tiangong 2, la première horloge à atomes froids basée dans l'espace. Copie d'écran du South China Morning Post, le 17 octobre 2016.
Le vaisseau doit amarrer prochainement avec la station spatiale Tiangong 2, la première horloge à atomes froids basée dans l'espace. Copie d'écran du South China Morning Post, le 17 octobre 2016.

Asie du Nord-Est

South China Morning Post – Les Chinois n’envoient pas uniquement des hommes dans l’espace pour le symbole et l’amour des défis scientifiques aux Etats-Unis. C’est ce que rappelle le après le lancement ce lundi matin heure locale du vaisseau spatial Shenzhou 11 de la base de Jiuquan dans la province chinoise de Mongolie intérieure. Le commandant de ce vol habité sera Jin Haipeng, un général de l’Armée de libération populaire, accompagné du colonel Chen Dong.

Le vaisseau doit s’amarrer prochainement avec la station spatiale Tiangong 2 la première horloge à atomes froids basée dans l’espace. Une technologie qui s’apparente aux gradiomètre à atomes froids qui peuvent mesurer les changements infimes dans l’attraction gravitationnelle avec une sensibilité sans précédent. L’un de ces dispositifs pourraient être placé dans la station spatiale et permettre à la Chine de surveiller les mouvements des sous-marins nucléaires. L’usage de cette technologie est controversé : certains scientifiques pensent qu’elle demande tellement de paramètres qu’elle est inopérable. D’autres, comme les Chinois, pensent qu’elle vaut le cou d’être essayé. La Chine serait alors le premier pays à tenter l’expérience.

The Mainichi – La filière nucléaire japonaise retrouvera-t-elle son lustre passé ? La question hante les dirigeants du géants Tepco (Tokyo Electric Power Co.) suite à l’élection ce dimanche 16 octobre d’un candidat anti-nucléaire au poste de gouverneur de la préfecture de Niigata. En effet, le nouvellement élu Ryuichi Yoneyama a d’ores et déjà fait savoir qu’il marcherait sur les traces de son prédécesseur et agirait prudemment pour tout ce qui concerne le redémarrage de la centrale nuclaire Kashiwazaki-Kariwa.
« Lors de cette élection, l’opinion publique s’est exprimé contre l’usage du nucléaire ; et je maintiendrai mes positions », a-t-il ainsi déclaré dès son élection validée. A la suite de la catastrophe de Fukushima, son prédécesseur Hirohiko Izumida avait en effet refusé à Tepco la possibilité de redémarrer la centrale nucléaire si ces derniers restaient les opérateurs des installations.

Selon le quotidien nippon, la victoire de Yoneyama qui suit la même ligne semble annoncer un « avenir trouble » pour le géant japonais du nucléaire qui souhaitait redémarrer au plus tôt les réacteurs 6 et 7 de la centrale afin de réduire sa consommation en pétrole alimentant ses centrales thermiques. Et de réaliser ainsi une augmentation de ses bénéfices de quelque 240 millions de yens par an (plus de 2 millions d’euros). L’un des hauts dirigeants de l’entreprise cité par le Mainichi ne s’en cache pas : « Le résultat de l’élection ne va pas avoir peu d’importance pour notre société, dans la mesure où l’objectif du redémarrage des réacteurs est devenu incertain. »

Korea Times – Le gouvernement de Pyongyang aurait procédé samedi 15 octobre au lancement sans succès d’un missile balistique à portée intermédiaire Musudan, ont annoncé les autorités de Séoul ce dimanche 16 octobre. « Le missile a explosé peu après son lancement de la base située près de Kusong samedi à 12h33 », a précisé le chef d’état-major sud-coréen.
Si ce lancement était confirmé, ce serait un nouveau test (le dernier ayant eu lieu le 22 juin dernier) de la part du régime de Kim Jong-un dans le but de finaliser la technologie de ce missile d’une portée de 3 500 kilomètres – soit une distance pouvant attendre la base américaine de Guam.

Dans un communiqué, le Pentagone a de nouveau condamné le royaume ermite, en rappelant que l’emploi de technologies balistiques est une violation des traités des Nations unies. « Nous restons préparés à défendre nos alliés et nous-mêmes contre toutes attaques ou provocations », a indiqué le porte-parole du département américain de la Défense, qui encourage Pyongyang à  » s’abstenir de toutes actions pouvant encore attiser les tensions dans la région » pour au contraire « prendre des mesures concrètes afin de répondre à ses engagements et obligations internationales ».

Asie du Sud-Est

Myanmar Times – La situation est toujours aussi tendue dans l’Etat Rakhine. Samedi, trois policiers ont été attaqués à la machette par des assaillants, abattus ensuite dans leur fuite par les forces de sécurités. Le même jour, un instituteur a été tué près du village de Maungdaw, épicentre des combats. Depuis le 9 octobre dernier, où des hommes armés ont attaqué des postes de police à la frontière avec le Bangladesh provoquant la mort de neuf personnes, les combats font rage dans le Rakhine où vivent de nombreux membres de la minorité musulmane rohingya. Depuis, la situation fait craindre des affrontements similaires à ceux de 2012 qui avaient fait plus de 200 morts et des milliers de déplacés.

Si le gouvernement d’Aung San Suu Kyi avait d’abord refusé de porter des accusations quant à l’identité des assaillants du 9 octobre, il a finalement affirmé ce week-end que les responsables faisaient partie du groupe islamiste Aqa Mul Mujahidin. Les dirigeants de partis politiques islamistes ont aussitôt condamné les attaques du 9 octobre se détachant du groupe Aqa Mul Muhahidin. Depuis le début du conflit, des centaines de personnes ont fui leur village pour se rendre à Sittwe, la capitale régionale. De nombreux militaires ont par ailleurs été envoyés dans la zone afin de mettre fin à ces violences. De leur côté, les associations de défense des droits de l’homme craignent un accroissement de meurtres extra-judiciaires visant les Rohingyas.

Pour mieux comprendre, lire notre article sur les racines des violences entre bouddhistes et musulmans dans l’Etat Rakhine.

The Bangkok Post – Le gouvernement de Prayuth Chan-ocha veut montrer qu’il maîtrise la situation. Après la mort du roi jeudi 13 octobre, la Thaïlande est entrée dans une longue période de deuil. Peu après l’annonce du décès du souverain, adoré dans son pays où il était considéré comme un demi-dieu, la junte au pouvoir annonçait une une année de deuil soulevant des incertitudes quant au maintien d’élections générales fin 2017. Ces dernières avaient été promises par le gouvernement à la suite du référendum pour la Constitution organisé le 7 août dernier.

Aujourd’hui, lundi 17 octobre, le gouvernement a cependant affirmé qu’il s’en tenait au même programme et que les élections auraient bel et bien lieu à la période prévue. « Le Premier ministre a voulu faire passer un message à toutes les instances du gouvernement : malgré le chagrin, nous ne devons pas oublier de faire notre travail. Nous pouvons être tristes mais nous ne pouvons pas nous permettre de perdre l’amour de notre pays »,, a expliqué le Général Sansern Kaewkamnerd, porte-parole du gouvernement.

The Jakarta Post – Rupture militaire, rupture politique et bientôt rupture économique ? Le gouvernement philippin a réitéré son désir de devenir membre de la banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII) lancée par Pékin en 2014, une façon de sortir de l’influence de la banque mondiale américaine. En effet, cette banque a été conçue pour échapper au système financier international dominé par les Etats-Unis et leurs alliés. Or, depuis plusieurs mois, le président Duterte marque son désir de rompre ses relations avec Washington. Après avoir traité Obama de « fils de pute », affirmé qu’il voulait en finir avec l’accord militaire entre les deux pays, Duterte montre ainsi qu’il veut même sortir de l’influence économique des Etats-Unis. Et selon le ministre philippin des Finances, Carlos G. Dominguez III, devenir membre de la BAII permettrait de libérer les fonds nécessaires à la concrétisation de nombreux projets. Il faudra cependant encore que le Sénat philippin accepte l’intégration du pays à cette banque.

Asie du Sud

The Indian Express – Le terrorisme au centre de l’attention. Lors du sommet des Brics, organisé en Inde ce dimanche 16 octobre, les dirigeants indiens, brésiliens, russe, chinois et sud-africain se sont mis d’accord pour travailler conjointement dans la lutte contre le terrorisme. Mais alors que l’Inde attaquait frontalement le Pakistan, ces partenaires ont refusé de condamner Islamabad. « Dans notre région, le terrorisme menace la paix, la sécurité et le développement. Malheureusement, le vaisseau-mère du terrorisme est un voisin de l’Inde »,, a lancé le Premier ministre indien, Narendra Modi dans un discours.

De son côté, la Chine est restée sur ses positions. Alors qu’elle bloque la proposition indienne aux Nations unies de considérer le leader islamiste pakistanais Masood Azhar comme terroriste affirmant qu’il ne s’agit d’une accusation portée à des fins politiques, elle a appelé l’ensemble des BRICS à « trouver une solution politique à des tensions régionales », faisant référence au conflit au Cachemire rapporte Dawn. Face à ces dissensions entre Pékin et New Delhi, la déclaration finale de Goa, signée à la fin de la rencontre, fait à peine mention de la récente attaque de la base militaire d’Uri le 18 septembre dernier, dans le Jammu-et-Cachemire. 19 soldats ont péri dans cet affrontement, considéré comme le plus important depuis une quinzaine d’années.

Dawn – Averstissement sa frais du Fonds Monétaire International : le corridor sino-pakistanais est une grosse prise de risque pour l’économie pakistanaise. Si les investissements chinois au Pakistan peuvent améliorer son potentiel économique, ils auront aussi un prix. « Pendant la phase d’investissements, le Pakistan verra une hausse des investissements directs étrangers, explique le FMI dans un rapport. Mais les importations que cela engendrera feront contrepoids. » L’institution financière internationale met aussi en garde le Pakistan quant aux remboursement des prêts contractés auprès des banques chinoises sur les projets portant sur le corridor sino-pakistanais. Le remboursement et le rapatriement des profits pourraient en effet atteindre jusqu’à 0,4% du PIB par an. Rien ne garantit que le développement de ce corridor économique puisse couvrir ces paiements sur le long terme.
The Hindu – Le Bangladesh et la Chine liés par un partenariat stratégique. Lors de la visite du président chinois Xi Jinping à Dacca, plusieurs accords ont été signés entre les deux pays à hauteur de 24,45 milliards de dollars. Si certains voient en ces accords la naissance d’une relation purement économique et commerciale, d’autres craignent que ne soient mises en péril les relations entre Dacca et New Delhi. Mais selon les analystes chinois, il n’y a aucun risque, la Chine et l’Inde tentant aussi de renforcer leurs alliances commerciales.
Par Joris Zylberman, Cyrielle Cabot et Antoine Richard, avec Anda Djoehana Wiradikarta à Paris