Politique
Analyse

La Chine gagnante face au basculement du monde voulu par Trump

Taïwan, nouvelle sortie de la marine chinoise en 2024. Source : Agencia Nova. DR.
Taïwan, nouvelle sortie de la marine chinoise en 2024. Source : Agencia Nova. DR.
La posture ouvertement pro-russe du 47e président des États-Unis sur le dossier de l’Ukraine suscite le trouble en Asie sur la question de Taïwan et risque fort de faire de la Chine la grande gagnante d’une volte-face américaine lourde de conséquences.
Taïwan, dans le viseur de Pékin, risque de devenir la prochaine victime des extravagances de la Maison Blanche. Le « lâchage » de l’Ukraine par Donald Trump, qui s’aligne sur les exigences de Vladimir Poutine, associé à sa menace d’abandonner l’Europe à son sort face à la Russie, suscitent une inquiétude croissante en Asie car il pourrait faire de même avec la Chine de Xi Jinping en lui cédant Taïwan.
La scène des accusations d’une violence inouïe de Donald Trump, flanqué de son vice-président JD Vance, contre leur hôte ukrainien Volodymyr Zelensky, retransmises en direct par les télévisions du monde le 28 février, restera dans les mémoires comme un tournant majeur dans la marche du monde. La bascule voulue par l’administration Trump avait déjà pris un tour ahurissant le 24 février au siège des Nations unies à New York lorsque les États-Unis, se rangeant au côté de la Russie et la Corée du Nord, ont voté contre une résolution présentée en Assemblée générale qui condamnait l’invasion russe de l’Ukraine.
Encore du jamais vu : le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le même jour une résolution appelant à « une fin rapide » du conflit en Ukraine qui omettait toute condamnation de la Russie, les États-Unis ajoutant ostensiblement leur voix à celles de la Russie et de la Chine. Lundi 3 mars, la Maison Blanche annonçait le gel de toute livraison d’armes à l’Ukraine et mercredi 5 le directeur de la CIA, John Ratcliffe, annonçait à son tour la décision de Donald Trump de mettre fin à la coopération avec l’Ukraine dans le domaine du renseignement, un domaine vital pour l’armée ukrainienne.

Donald Trump sème le doute en Asie au profit de Pékin

Quoiqu’il advienne de l’Ukraine, d’ores et déjà la Chine sort grande gagnante des incertitudes que suscitent l’alignement des États-Unis sur la Russie pour parvenir à un accord de paix. Pour les alliés de l’Amérique, ce rapprochement unanimement jugé contre-nature entretient désormais le doute sur les intentions de l’administration américaine là où le fondement cardinal des liens avec ces pays était la confiance.
Ce doute représente en lui-même un levier politique puissant dont rêvait le régime chinois depuis des décennies pour enfoncer un coin entre ces alliés asiatiques et les États-Unis. Ce doute, la Chine en avait déjà fait usage, mais sans grand succès, dans les échanges diplomatiques avec le Japon après l’annonce surprise le 29 février 2020 du retrait américain de l’Afghanistan.
Le quotidien japonais Nikkei Asia se fait largement l’écho le 2 mars de ces inquiétudes. « Si Washington peut réaliser “un grand marchandage” avec Moscou et ignorer les intérêts de l’Ukraine ainsi que ceux de l’Europe, il pourrait tout aussi bien parvenir à un consensus avec Pékin pour mettre en avant les intérêts [des États-Unis] avec des conséquences pour l’intégrité territoriale de Taïwan », écrit Rahman Yaacob dans ses colonnes. « Si la Chine menace ou occupe les îles administrées par Taïwan proches du continent, il est probable que Trump fera usage de « deals paix contre territoire [à propos de Taïwan] plutôt que de venir défendre l’île », ajoute ce chercheur du Lowy Institute, un think tank indépendant sur les questions politiques, stratégiques et économiques internationales basé à Sydney (Australie).
« L’Histoire nous enseigne que les accords « un territoire contre la paix » ne se terminent jamais bien », titre le journal. « Le fait que le président américain Donald Trump marchande avec le président russe Vladimir Poutine pour terminer la guerre en Ukraine en la forçant à renoncer à ses territoires occupés et en rejetant son souhait de rejoindre l’OTAN ressemble plus à un apaisement qu’à la recherche d’un accord intelligent. La façon dont Trump traite ce conflit pourrait également saboter la stabilité de Taïwan à long terme », écrit encore Rahman Yaacob.
Pékin a d’ailleurs déjà mis à profit ce doute en envoyant une première salve en direction de Taipei par l’intermédiaire d’une mise en garde exprimée par le quotidien anglophone de Hong Kong South China Morning Post (SCMP) aujourd’hui contrôlé par le Parti Communiste Chinois. « Le feu d’artifice dans le Bureau Ovale entre le président américain Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky vendredi [28 février] devrait tout compte fait réveiller davantage de Taïwanais à propos de leur dépendance mal placée à l’égard des Américains. Washington va vous allumer ou vous laisser tomber en un clin d’œil », écrit l’éditorialiste Alex Lo, connu pour ses critiques virulentes à l’égard des États-Unis.
La logique pour Pékin qui ressort des déclarations du président américain et de son vice-président JD Vance apparait de plus en plus limpide aux yeux du monde : puisque les États-Unis passent sous silence le fait que la Russie a attaqué́ l’Ukraine ou accuse même cette dernière de l’avoir commencée, ils donnent de facto un blanc-seing à la Chine pour attaquer Taiwan.

Après le désastre des accords de Munich en 1938, l’Histoire va-t-elle se répéter ?

Le journal japonais, de même que plusieurs médias américains, rappellent le précédent historique de telles compromissions : en septembre 1938, les dirigeants de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de l’Italie signaient les accords de Munich qui, pour maintenir la paix en Europe, cédaient au IIIème Reich les Sudètes, région de la Tchécoslovaquie.
Hitler promettait en échange de s’abstenir de toute autre conquête territoriale. Le Premier ministre anglais de l’époque Neville Chamberlain rentrait à Londres en exultant, usant l’expression restée tristement célèbre : « Je suis revenu d’Allemagne avec la paix pour notre époque ». On connaît la suite : moins d’un an plus tard, l’Allemagne nazie envahissait la Pologne, ce qui devait peu après déclencher la Seconde guerre mondiale.
« Toute politique qui récompense une agression militaire, du type de l’arrangement de Trump « territoire pour la paix », sabote l’ordre international, tout particulièrement en Indopacifique », ajoute encore le Nikkei Asia. « Les déclarations de Trump illustrent le fait qu’il va éviter de s’en prendre aux adversaires stratégiques comme la Russie et la Chine à moins que les intérêts vitaux des États-Unis ne soient directement menacés, une perspective inquiétante pour les alliés traditionnels en Europe et en Extrême-Orient de même que pour Taïwan », estime Daniel Ten Kate dans une analyse publiée le 2 mars par l’agence américaine Bloomberg dont il est l’éditorialiste pour l’Asie.
L’aventurisme dont fait preuve Donald Trump « sert fondamentalement les intérêts stratégiques de Xi, y compris son opposition aux alliances militaires formelles, les restrictions sur les libertés individuelles [en Chine] au nom de la sécurité nationale et ses revendications territoriales en Mer de Chine du Sud, Taïwan et ailleurs », affirme-t-il. Trump va de la sorte permettre au président chinois de rafler la mise sur le plan mondial car « tout ceci signifie que Xi peut se contenter d’attendre jusqu’à ce que le pendule se retourne contre les Etats-Unis », souligne encore Daniel Ten Kate. « Lorsque ce sera le cas, quiconque prendra le pouvoir [à Washington ou à Pékin] pourra constater que « la démocratie aux caractéristiques chinoises » sera désormais la norme et « l’ordre international basé sur les règles » aura fondamentalement changé, peut-être pour toujours », conclut-il.
Pour le moment, le régime de Pékin observe un quasi-silence qui témoigne de sa prudence sur le sujet. En revanche, plusieurs médias d’Etat liés au régime de Xi Jinping ont abondamment relayé les réactions russes à l’événement. La télévision d’État CCTV a ainsi cité la jubilation de Dimitri Medvedev, numéro deux du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, face à « la bonne baffe » reçue par « le clown cocaïné », allusion transparence à Volodymyr Zelensky. La chaîne a également fait la part belle aux propos virulents de Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe : « Que Trump et Vance aient réussi à se retenir de le frapper relève d’un miracle de retenue. »
Dans ce qui est tout sauf une coïncidence, les chroniqueurs de la presse officielle retiennent surtout la leçon principale pour les alliés de Washington : s’appuyer sur les États-Unis comporte des risques importants. « Au fond, la situation actuelle est liée à l’erreur de jugement de Zelensky en 2019, au moment de sa prise de fonction », assure Hu Xijin, ancien rédacteur en chef du quotidien nationaliste de langue anglaise Global Times, au détour d’un post traduit en anglais par le SCMP. « Il a poussé l’Ukraine vers l’adhésion à l’Otan, abandonnant sa position neutre entre la Russie et l’Otan. Ce faux pas originel l’a placé dans une position complètement passive. » Même son de cloche chez Shen Yi, « voix influente chez les nationalistes », comme le qualifie le SCMP. « Dans l’avenir, de plus en plus de pays vont comprendre quelques vérités fondamentales, à savoir que s’en remettre aux États-Unis peut avoir des conséquences désastreuses », écrit ce professeur à l’université Fudan de Shanghai.

Trump accuse Taïwan de vol de technologies, Taipei contraint de réagir

Les autorités taïwanaises ont d’ores et déjà dû réagir publiquement à des déclarations menaçantes de Trump visant Taïwan. Le 17 février, il a réitéré ses accusations sur le fait que « Taïwan a volé aux Etats-Unis » les technologies des semiconducteurs, brandissant à nouveau la menace de tarifs douaniers de 100 % sur les semiconducteurs taïwanais. Trois jours plus tard, le chef du Conseil national de sécurité (NSC) de Taïwan, Joseph Wu (吳釗燮), a réfuté ces propos. « Nous n’avons rien volé à personne », a déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères.
L’annonce le 4 mars à la Maison Blanche par le président de TSMC Wei Che-chia (魏哲家) d’un investissement de 100 milliards de dollars supplémentaires et la construction dans ce pays de cinq nouvelles usines d’assemblage de puces a conduit Donald Trump, tous sourires, à qualifier cette décision de « coup de maître » de « l’entreprise la plus puissante au monde. » TSMC est le géant mondial des semiconducteurs, la production du fabricant taïwanais représentant quelque 65% de la production mondiale des « chips » les plus performants devenus indispensables dans quantités de domaines de la vie économique.
Certains analystes estiment que l’objectif non-dit de Donald Trump est de parvenir à une paix rapide en Ukraine de manière à briser l’alliance entre Moscou et Pékin et pouvoir concentrer la diplomatie et la puissance militaire américaine sur le théâtre de l’Asie. Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, mi-février, le général Keith Kellogg, envoyé spécial américain pour l’Ukraine, avait assuré que l’objectif de Washington était de « casser » les alliances de la Russie avec la Chine et la Corée du Nord.
Marco Rubio, le secrétaire d’État, n’a jamais fait mystère du fait que la nouvelle administration Trump entendait faire de la Chine sa priorité. Michael Waltz, conseiller à la Sécurité nationale, qui plaide de longue date pour armer Taïwan et durcir le ton contre Xi Jinping, annonçait la couleur dans une tribune de The Economist à la veille de l’élection de novembre : « La Chine a bénéficié d’une politique américaine confuse à son égard. Washington est embourbé dans des guerres en Europe et au Moyen-Orient qui détournent l’attention du défi chinois. »

Le futur numéro 3 du Pentagone renforce le flou sur Taïwan

Le stratège Elbridge Colby, nommé par Donald Trump sous-secrétaire d’État à la politique de Défense, a fait de la nécessité de se concentrer sur l’Indopacifique et la Chine son cheval de bataille depuis la parution, il y a quatre ans, de son essai remarqué La Stratégie du déni (The Strategy of Denial : American Defense in an Age of Great Power Conflict, 2021, éditions Yale University Press).
Mais mercredi 5 mars, le même Colby, lors des auditions devant le Sénat pour l’approbation de sa nomination, a rajouté au flou ambiant une nouvelle ambiguïté quant aux intentions des Etats-Unis à l’égard de Taïwan, déclarant qu’elle devait tripler son budget militaire pour atteindre 10% de son PIB. « J’ai toujours dit que Taïwan était très importante pour les États-Unis. Mais […] il ne s’agit pas d’un intérêt existentiel », a-t-il dit. « Notre intérêt fondamental est de refuser à la Chine l’hégémonie régionale », a-t-il précisé dans des propos qui marquent un changement notable par rapport à ses déclarations antérieures.
Colby a attribué ce changement à la « détérioration spectaculaire de l’équilibre militaire » avec la Chine. « La perte de Taïwan serait un désastre pour les intérêts américains », a-t-il expliqué, mais l’équilibre militaire entre les États-Unis et la Chine s’est tellement dégradé qu’un conflit sino-américain risquerait de décimer l’armée américaine. Affirmant craindre que les États-Unis ne soient pas préparés à un conflit avec la Chine, il a ajouté : « Il est vital pour nous de concentrer nos forces sur une défense efficace et raisonnable de Taïwan et de leur donner les moyens de le faire, et pour les Taïwanais, comme pour les Japonais, d’en faire plus. »
« Il existe un risque réel de guerre majeure et nous ne pouvons pas nous permettre d’en perdre une », a-t-il ajouté. « Je reconnais ces réalités dans mes os. J’espère vivement que nous pourrons traverser les années à venir pacifiquement, avec force, de manière que nos alliances et nous-mêmes soyons sur une base plus solide et plus durable », a-t-il dit dans des propos équivoques de nature à accentuer encore les doutes en Asie de l’Est sur la nouvelle posture américaine.
Mercredi 5 mars, en réaction semble-t-il à l’annonce de Donald Trump d’une hausse supplémentaire de 10% des droits de douane sur les importations chinoises pour les porter à 20%, la Chine a averti les États-Unis qu’elle était prête à mener « tout type » de guerre. « Si les États-Unis veulent la guerre, qu’il s’agisse d’une guerre tarifaire, d’une guerre commerciale ou de tout autre type de guerre, nous sommes prêts à nous battre jusqu’à la fin », a déclaré l’ambassade de Chine à Washington sur X (ex-Twitter), dans des termes d’une virulence inédite depuis l’investiture du président américain.

Briser l’alliance sino-russe : une chimère

François Godement, éminent sinologue de l’Institut Montaigne, relève dans un entretien avec l’hebdomadaire Le Point qu’Elbridge Colby, déjà chargé de la stratégie durant la première administration Trump (2017-2021), plaide régulièrement pour passer par pertes et profits le conflit ukrainien et laisser les Européens se débrouiller.
« Il fait campagne depuis deux ans pour le désinvestissement américain en Europe », explique François Godement. « Il peut être logique de se débarrasser de certains conflits avant de s’en prendre à la Chine », explique François Godement. «Dégonfler le conflit avec la Russie et appuyer Israël à fond pour qu’il élimine le Hamas à Gaza sont peut-être un prélude à un pivot vers la Chine. Mais, en l’état, c’est de la politique-fiction.»
Si Moscou peut certes attendre d’un apparent rapprochement avec Washington une certaine marge de manœuvre pour peser sur Pékin, espérer détruire leur alliance tient de la chimère et d’une grande naïveté car la réalité est que la Chine et la Russie partagent une profonde détestation de l’Occident et des ambitions géostratégiques à long terme. Lundi 24 février, Vladimir Poutine a appelé Xi Jinping. Les deux autocrates qui se connaissent très bien et avaient annoncé une coopération sino-russe « sans limite » le 4 février, soit trois semaines avant le début de « l’opération spéciale » russe en Ukraine, se reverront le 9 mai à Moscou, pour les célébrations du 80e anniversaire du « jour de la victoire », qui marque en Russie la capitulation de l’Allemagne nazie.
« Poutine a rendu compte des derniers développements dans les contacts russo-américains », a précisé un communiqué de la présidence chinoise. « La Chine et la Russie sont de bons voisins qui ne peuvent être éloignés », a-t-elle ajouté. Comme pour mettre les points sur les « i », Vladimir Poutine devait peu après rajouter : « Le développement des relations avec la Chine est un choix stratégique de la Russie, qui s’inscrit dans une perspective à long terme. Il ne s’agit en aucun cas d’une mesure provisoire et il ne sera pas affecté par un événement temporaire ou par des facteurs extérieurs. »

Pékin en embuscade pour renouer avec l’Europe

La diplomatie chinoise en profite déjà pour alimenter et tirer profit du désamour de l’Europe à l’égard des Etats-Unis. Pour François Danjou, sinologue et analyste pour Questions Chine, « Aujourd’hui, avec une remarquable réactivité opportuniste, néanmoins teintée d’une évidente mauvaise foi, Pékin cherche à tirer parti de la stupeur des Européens collectivement pris à contrepied par la volte-face de D. Trump. » C’est ainsi qu’après une période de raidissement marqué de l’Europe envers la Chine, Wang Yi, ministre des Affaires étrangères et chef au sein du PCC de la politique étrangère chinoise, « percevant le désarroi européen » sur le mode « Les ennemis de nos ennemis sont nos amis » « s’est clairement inscrit dans une trajectoire de rapprochement amical ».
« Chers amis européens, nous sommes des partenaires et non pas des rivaux. Alors que cette année marque le 50e anniversaire des relations diplomatiques Chine-UE, la Chine est disposée à travailler avec la partie européenne pour approfondir la communication stratégique et la coopération mutuellement bénéfique », a ainsi proclamé le diplomate chinois à l’occasion de la Conférence de Munich, souligne François Danjou qui y voit un basculement de « soft power » en faveur de la Chine. Passées la sidération et la stupeur causées par la nouvelle posture américaine, l’Union européenne ainsi que le Royaume Uni se mettent en ordre de bataille pour surmonter ses divisions internes afin de donner ensemble les moyens à l’Ukraine de ne pas sombrer tout en s’efforçant de convaincre Donald Trump de reprendre langue avec le président ukrainien.
Pour l’Asie, l’urgence est aussi de se préparer ensemble à anticiper un possible « lâchage » américain. Mais la tâche s’avère autrement plus complexe que pour l’Europe, tant sont grands les antagonismes persistants dû principalement à l’histoire entre des pays comme le Japon et la Corée du Sud. Outre surmonter le choc économique qu’infligeront à l’Asie les tarifs douaniers annoncés par Donald Trump, trouver une politique commune entre ces pays sera un processus lent et hasardeux, sans garantie de succès. Une faiblesse intrinsèque à l’Asie dont la Chine ne manquera pas de tirer parti pour tenter d’y imposer son leadership et d’en chasser les États-Unis.
Par Pierre-Antoine Donnet

Soutenez-nous !

Asialyst est conçu par une équipe composée à 100 % de bénévoles et grâce à un réseau de contributeurs en Asie ou ailleurs, journalistes, experts, universitaires, consultants ou anciens diplomates... Notre seul but : partager la connaissance de l'Asie au plus large public.

Faire un don
A propos de l'auteur
Ancien rédacteur en chef central de l'AFP, Pierre-Antoine Donnet est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages consacrés à la Chine, au Japon, au Tibet, à l'Inde et aux grands défis asiatiques. En 2020, cet ancien correspondant à Pékin a publié "Le leadership mondial en question, L'affrontement entre la Chine et les États-Unis" aux Éditions de l'Aube. Il est aussi l'auteur de "Tibet mort ou vif", paru chez Gallimard. Après "Chine, le grand prédateur", paru en 2021 (l'Aube), il a dirigé fin 2022 l'ouvrage collectif "Le Dossier chinois" (Cherche Midi). Début 2023, il signe "Confucius aujourd'hui, un héritage universaliste" (l'Aube) puis en 2024 "Chine, l'empire des illusions" (Saint-Simon) et "Japon, l'envol vers la modernité" (l'Aube). Son dernier livre, "Taïwan, survivre libres" (éditions Nevicata, collection l'âme des peuples), est paru le 14 novembre 2025.