Politique
L'Asie du Nord-Est dans la presse

La Maison Blanche confond Chine et Taïwan dans un communiqué

Donald Trump et Xi Jinping à Hambourg, en marge du G20, le 8 juillet 2017. (Crédit : SAUL LOEB / POOL / AFP)
Donald Trump et Xi Jinping à Hambourg, en marge du G20, le 8 juillet 2017. (Crédit : SAUL LOEB / POOL / AFP)
C’est une gaffe bien dommageable qu’a commise Washington ce week-end. Dans un communiqué publié ce samedi 8 juillet en plein sommet du G20, alors que Donald Trump rencontrait Xi Jinping à Hambourg, la Maison Blanche a qualifié ce dernier de « Président de la République de Chine », c’est-à-dire… de Taïwan. Tollé chez les politiques et les observateurs internationaux, qui dénoncent l’amateurisme de la (plus si) nouvelle administration américaine.
Si le communiqué de la Maison Blanche a été rapidement corrigé, Internet n’oublie pas, rapporte la BBC. La version originale circule encore sur les réseaux sociaux. Car Xi Jinping est le président de la République populaire de Chine, régime fondé le 1er octobre 1949, en lieu et place de la République de Chine, créée en 1912. Les institutions de cette dernière se sont repliées à Taipeï en décembre 1949, à l’issue de la guerre civile entre communistes et nationalistes chinois. Aujourd’hui, le territoire sous juridiction effective de la République de Chine se réduit quasi-entièrement à Taïwan. C’est pourquoi le gouvernement de Taipeï emploie indistinctement les termes de « Taïwan » et de « République de Chine » pour « désigner la nation », explique le ministère taïwanais des Affaires étrangères dans un communiqué repris ce lundi 10 juillet par le Taipei Times (pour plus de clarifications, voir notre Mémo : « La situation politique de Taïwan en 10 questions »).
Si la confusion n’a pas été (encore) relevée par les autorités de Pékin, l’indignation est de mise du côté des universitaires. « C’est une connaissance de base pour tout diplomate [de savoir distinguer entre la République populaire de Chine et la République de Chine], voilà pourquoi cet incident souligne bien à quel point le personnel de la Maison Blanche est incompétent, désinvolte et mal coordonné » soupire Shi Yinhong, professeur de relations internationales à l’Université du Peuple de Pékin, dans les colonnes du San Francisco Chronicle. Et le professeur de poursuivre : « cela incitera simplement les Chinois à regarder les Américains de haut, pour avoir commis une erreur de si bas niveau. »
De fait, les autorités de Pékin pourraient bien être offensées par une gaffe d’autant plus vexante et inattendue qu’elles accusent Donald Trump d’avoir déjà semé le trouble dans le détroit de Taïwan depuis son accession au pouvoir, explique le Washington Post. Le nouveau président américain a en effet éprouvé la « politique d’une seule Chine » appliquée par Washington depuis 1979 (censée reconnaître les prétentions de souveraineté de Pékin sur Taïwan), en communiquant notamment sur un coup de fil reçu de la part de Tsai Ing-wen, qu’il a lui-même qualifiée de « présidente de Taïwan », en novembre 2016.
Ce n’est pourtant pas la première fois que l’administration américaine opère une telle confusion. Ainsi, en 2006, lors d’une visite de Hu Jintao (l’ex-président de la République populaire de Chine) aux États-Unis, un officiel de la Maison Blanche avait annoncé devant lui que serait joué « l’hymne de la République de Chine », rapporte toujours le San Francisco Chronicle. Mais l’équipe de 2017 est particulièrement vernie : au cours du même sommet international, elle a qualifié Shinzo Abe de « président » japonais (au lieu de Premier ministre) et confondu le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong avec le président indonésien Joko Widodo.
Par la Rédaction
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