Economie
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En Corée du Sud, les "Pompes funèbres du Net" ne chôment pas

Copie écran Chson Ilbo
A l’heure ou le travail se raréfie, voilà un secteur qui embauche en Corée du Sud. Les « digital jangeisa » ou les « pompes funèbres digitales », comme les ont surnommés les spécialistes du web, sont ces sociétés chargées de nettoyer les traces laissées par leurs clients sur les réseaux sociaux, et de gommer certains commentaires désobligeants à leur encontre. Près de la moitié des clients de ces nettoyeurs du net, seraient des adolescents.
L’article a été publié dans la colonne « sponsorisée » du Choson Ilbo de ce mardi 13 décembre, autant dire qu’il s’agit d’un publi-reportage. Les propos nous ont toutefois semblé suffisamment intéressants pour être rapportés ici. Le Choson a notamment interrogé le patron de l’une de ces sociétés de « pompes funèbres digitales », dont nous tairons le nom pour justement ne pas lui faire de publicité.

Ce patron raconte qu’il a déposé un brevet permettant d’effacer des données numériques sur la toile en 2008 et qu’il a désormais une vingtaine de concurrents à Séoul. Parmi ses clients, la moitié sont des adolescents, victimes de harcèlement numérique ou tout simplement en recherche d’emploi. Les employeurs ayant tendance a googliser le nom des candidats à l’embauche, le passé numérique de certains peut parfois jouer en leur défaveur.

« 42 % des clients, explique encore ce chef d’entreprise, nous demandent d’effacer les commentaires négatifs les concernant. » Dans près d’un tiers des cas, ce sont les écrits ou les images publiés par les clients eux-mêmes que ces derniers souhaitent voir supprimer. 10 % des demandes enfin concernent des images à effacer.

Hommes politiques, stars de la K-pop, chacun souhaite peaufiner son image sur le Net. Depuis l’éclatement du scandale du « Choi Gate » en novembre dernier, les demandes auprès de ces sociétés ont doublé, explique le quotidien. Probablement des clients qui veulent effacer d’anciens commentaires, d’anciennes photos montrant leur lien avec un pouvoir aujourd’hui compromis par les affaires.

Ces éboueurs du numérique ont commencé aux États-Unis, indique le Choson. Ils existent aussi dans de nombreux autres pays. En Chine, les censeurs de la grande muraille informatique jouent ce rôle au nom de l’État. Il y a quelques années, il y avait même ceux qu’on appelait les « wumao dang » (« le parti à 5 centimes »). Ces internautes étaient payés 5 centimes de yuan, cette fois non pas pour effacer mais pour écrire des commentaires favorables au régime chinois.

Par Stéphane Lagarde

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