Revue de presse Asie - 9 mars 2016

Economie chinoise "pas si mal", état d’urgence incendies en Indonésie et comparaison morbide par Modi

La sécheresse en Indonésie provoque des brasiers géants.
La sécheresse en Indonésie provoque des brasiers géants. Copie d'écran du Jakarta Post, le 9 mars 2016.

Asie du Nord-Est

South China Morning Post – D’accord, les chiffres des exportations chinoises affichent une baisse inquiétante de 20%. Mais pas de panique, soutiennent les experts cités par le quotidien hongkongais, car février est toujours un mois creux à cause du Nouvel an chinois. Que dire alors de la baisse de 6% de l’indice des prix à l’export sur cette année ? Seule la crise financière avait eu un tel impact en 2008-2009. D’après les experts, c’est une tendance internationale que la Chine se contente de suivre. De plus, le marché à l’export dépend plus de la volonté des acheteurs que de la performance des vendeurs ou des producteurs. Les experts affirment que la croissance chinoise est toujours au-dessus de la moyenne mondiale et que les inquiétudes sont exagérées.
Yomiuri Shimbun (en japonais) – La journée internationale de la femme n’aura pas ménagé le Japon. Le Comité des Nations Unies pour l’élimination des discriminations à l’égard des femmes a exprimé ses « inquiétudes » quant au système de succession impériale au Japon. Le rapport publié ce lundi 7 mars déclare que la primogéniture masculine peut constituer une discrimination à l’égard des femmes. Le gouvernement japonais a riposté par le biais de sa délégation à Genève, déclarant que la publication d’un avis sans débat préalable constitue un « problème de procédure ». De plus, il considère qu’il est inapproprié de critiquer le système juridique d’une famille impériale qui a le soutien de son peuple. C’est un deuxième combat à mener alors que le Comité avait épinglé l’accord nippo-coréen sur les « femmes de réconfort ».
Focus Taiwan – C’est une hausse de 211% du budget de l’innovation en matière d’armement. Devant le Parlement où il présentait ses orientations politiques pour l’année 2016, le ministre taïwanais de la Défense nationale a annoncé prévoir l’allocation de 7,5 milliards de dollars taïwanais, soit 175 millions de dollars américains à la recherche et développement de matériels militaires. Ce budget servira au développement et à la construction de bâtiments de guerre, dont des sous-marins, mais également des avions de chasse. Il s’agira de perfectionner les armements acquis par le passé ou déjà développés par Taïwan, a précisé le ministère. Un autre budget de près de 500 millions de dollars taïwanais sera en outre débloqué pour le développement de programmes scientifiques à des fins militaires en collaboration avec le ministère des Sciences.

Asie du Sud-Est

The Jakarta Globe – Les incendies qui se sont déclarés sur île de Sumatra sont incontrôlables. Les agriculteurs brûlent volontairement leur terrain chaque année pour le nettoyer, mais les récentes sécheresses ont provoqué des brasiers géants. En 2015, un incendie généralisé avait causé des dégâts estimés à 16 milliards d’euros, et fait grimper le taux d’émission de gaz à effet de serre indonésien au-delà de celui des Etats-Unis. Le gouvernement de Jakarta insiste sur le contrôle des zones à risques, mais le pays doit souvent attendre la mousson pour que les incendies soient totalement éteints.
Khaosod English – C’est une histoire comme on peut n’en voir qu’en Thaïlande. Selon le site Khaosod, un chanteur et comédien tourne un clip musical dans la station balnéaire sulfureuse de Pattaya, connue de par le monde pour ses bars aux danseuses très légèrement vêtues et ses transsexuels proposant leurs services dans la célèbre « Walking Street ». Pas de chance, le clip a été tourné sur un monument d’hommage à la famille royale thaïlandaise – un sujet dont on ne rigole guère dans les limites de l’ex-royaume de Siam. Le chanteur indélicat a donc dû se prosterner devant la statue du roi. « L’image de Pattaya avait été affectée », s’est justifié un official municipal.
Straits Times« Il n’est pas possible de négocier avec les militaires », rapporte un élu de la Ligue Nationale pour la Démocratie, resté anonyme. La nomination du nouveau président prévue ce jeudi 10 mars s’annonce difficile pour le parti d’Aung San Suu Kyi. La lauréate du Prix Nobel de la Paix ne pourra pas se présenter sur le motif qu’elle a des enfants de nationalité anglaise. L’armée s’est opposée à une réforme de la constitution proposée par la LND, qui aurait permis à sa présidente de devenir chef de l’exécutif. Depuis, les négociations politiques sont tendues à tous les étages. Malgré une majorité confortable au parlement, la LND devra arracher chaque concession politique.

Asie du Sud

First Post – La comparaison a fait grand bruit. S’exprimant devant le parlement indien, le Premier ministre a fait un parallèle risqué avec la mort (« mrityu ») qui est une « bénédiction, au-dessus de toute critique, car personne ne critique la mort. Quand les gens meurent du cancer, [on] blâme le cancer pas la mort. » Poursuivant l’analogie, Modi a ensuite affirmé que « parfois, j’ai l’impression que le parti du Congrès est aussi béni (comme la mort). (…) A chaque fois que nous critiquons le Congrès, les médias disent que l’opposition est attaquée. » Face à l’opposition systématique du parti du Congrès, Modi a toutes les peines du monde à faire passer ses réformes.
Dawn– Shabhaz Taseer avait disparu depuis 5 ans. Enlevé le 26 août 2011 à Lahore, il est l’un des fils du gouverneur Salmaan Taseer, qui avait remis en cause le délit de blasphème. L’islamiste Mumtaz Qadri avait alors assassiné le gouverneur du Punjab l’année dernière, envenimant le débat religieux. Qadri été exécuté la semaine dernière, faisant de lui un martyr soutenu par une partie de l’opinion publique. L’apparition du fils du gouverneur Taseer une semaine après l’exécution inquiète le gouvernement pour sa sécurité. Shabhaz Taseer a pu retrouver ses proches sous la protection des forces de police.
The Katmandu Post« Si les autorités avaient été prévenues, ça ne se serait pas arrivé ». Le Népal s’énerve de voir la construction d’une route indienne à proximité de la frontière, qui est un no man’s land reconnu par le droit international. D’abord accusant les autorités népalaises d’avoir ignoré leurs messages répétés, les autorités indiennes défendent que la construction de la route est temporaire. Alors que certains habitants népalais se plaignent de la perte de leurs repères géographiques, le gouvernement de New Delhi soutient qu’une étude de terrain est nécessaire avant d’informer le préfet de district du problème.
Par Joris Zylberman et Ryôma Takeuchi, avec Arnaud Dubus à Bangkok, Hubert Kilian à Taipei, Sylvie Lasserre Yousafzai à Islamabad et Anda Djoehana Wiradikarta à Paris