Revue de presse Asie - 8 mars 2016

Débris du MH370, sous-marin japonais aux Philippines et leader étudiante en Inde

Aung San Suu Kyi
Canular en Birmanie sur les nominations du parti d'Aung San Suu Kyi à la vice-présidence de l'Etat. Copie d'écran de Radio Free Asia, le 8 mars 2016.

Asie du Nord-Est

South China Morning Post – Il n’a pas mâché ces mots. Ce mardi en conférence de presse, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, n’a pas rejeté l’idée de coopérer avec Washington en mer de Chine du Sud. Mais selon lui, cette coopération sera possible quand « les Etats-Unis seront vraiment calmés ». Par ailleurs, Wang Yi accuse le Japon de « double-jeu » dans sa politique étrangère face à la Chine. Pékin« ne permettra à personne de semer le chaos en Asie », a averti le chef de la diplomatie. Répondant aux accusations sur la militarisation chinoise des îles de mer de Chine, il répond que son pays n’est ni le premier à le faire, ni le plus équipé dans cette zone. Les journalistes seront autorisés à se rendre sur place une fois les infrastructures chinoises achevées, a précisé le ministre.
Yomiuri Shimbun (en japonais) – Douche froide pour le gouvernement japonais. L’accord nippo-coréen sur les « femmes de réconfort » n’a « pas suffisamment pris en compte les victimes ». Tel est le verdict du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes. Selon l’accord conclu en décembre dernier entre Tokyo et Séoul, une fondation devait être créée en Corée du Sud, et financée par le gouvernement japonais à hauteur d’un milliard de yens pour dédommager les « femmes de réconfort » survivantes. Mais le projet est au point mort, car les victimes refusent de participer à un projet bâti sans les consulter. Le Secrétaire général du Cabinet du gouvernement nippon, Suga Yoshihide, a répondu ce mardi 8 mars aux Nations Unies, qualifiant le rapport de « regrettable et inacceptable ».
North Korea News – La Corée du Nord a réussi a accéder aux smartphones des membres du gouvernement sud-coréen. C’est ce qu’a affirmé le Service national du renseignement à Séoul mettant en garde l’Assemblée Nationale et les différents organes du gouvernement. Selon l’agence, la situation est urgente et exige l’adoption d’une loi contre le cyber-terrorisme. Argument peu convaincant pour le parti d’opposition Minjoo qui votera contre cette nouvelle proposition, dans la mesure où à ces yeux elle doterait l’agence de renseignement d’un pouvoir trop important. Ce débat intervient après l’adoption d’une loi contre le terrorisme la semaine dernière. Les récentes cyber-attaques ont été lancées depuis la Chine, et l’agence de renseignement sud-coréenne avait été impliquée dans une affaires de faux rapports qui ont terni sa réputation.
China Times (en chinois) – Le débat à Taïwan sur le futur mode d’interaction entre Taipei et Pékin se déploie dans la presse en langue chinoise, ainsi qu’au Parlement. Selon le China Times, qui cite les conclusions du voyage d’une délégation du Taipei Forum en Chine, l’état des relations entre les deux rives fait face à trois possibilités: « paix froide », « maintien du statu quo » et « mouvement tectonique ». Selon le communiqué publié, la première possibilité reste la plus probable. Tsai Ing-wen, la présidente de la République nouvellement élue, doit entrer en fonction le 20 mai prochain. De son côté, à Pékin devant la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire, le Premier ministre chinois Li Keqiang a réitéré la position chinoise sur la nécessité pour Taïwan de « ne pas s’engager dans des activités séparatistes et sur la voie de l’indépendance ».

Asie du Sud-Est

The Straits Times -C’était le 8 mars 2014 : l’avion MH370 de la Malaysian Airlines qui voyageait de Pékin à Kuala Lumpur disparaissait en mer. Ce dimanche 6 mars, des pièces de l’avion disparu ont été retrouvées sur l’Ile de la Réunion et au Mozambique. La France doit encore se décider sur le transfert de ces débris aux enquêteurs malaisiens. Lors d’un discours pour marquer ce triste anniversaire, le Premier ministre Najib Razak a assuré « garder espoir que l’avion serait retrouvé dans la zone d’enquête qui couvre 120 000 km2 ». Dans le cas contraire, en juin prochain, une rencontre tripartite avec la Chine et l’Australie sera organisée pour décider de la marche suivre.
The Star – C’est pour le mois d’avril prochain et c’est la première fois depuis 15 ans que les Philippines recevront un sous-marin japonais sur leur territoire. Deux navires de guerre l’accompagneront, mais ceux-ci se dirigeront vers le Vietnam, dans la baie de Cam Ranh. Le ministre philppin de la Défense Gen Nakatani sera présent ce même mois. Cette manoeuvre japonaise intensifie l’alliance qui se dessine avec Manille et Hanoi coontre Pékin en mer de Chine du Sud.
Radio Free Asia« Cette annonce n’est pas frauduleuse, mais il s’agit d’un canular », a déclaré Nyan Win, membre du comité exécutif de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND). Une lettre signée de la LND a circulé hier lundi 7 mars sur les réseaux sociaux, annonçant que Htin Kyaw, député de la chambre basse, et Khun Tun Oo, député Shan de la chambre haute et président de la Shan Nationalities League for Democracy (SNLD), étaient les candidats proposés par le parti d’Aung San Suu Kyi pour le poste de vice-président de la République birmane et dont l’un d’eux serait élu président. L’information a été relayée au lendemain d’une réunion chez Aung San Suu Kyi. Les noms des candidats aux deux plus hauts postes de l’Etat doivent être dévoilés ce jeudi 10 mars. La loi interdit toujours à des personnes proches de ressortissants étrangers de prendre des postes à responsabilités. Ce qui est le cas d’Aung San Suu Kyi, en quête de solution pour occuper la tête de l’Etat.

Asie du Sud

The Siasat Daily – Richa Sing est l’une des figures majeures du mouvement actuel dans les campus en Inde. Elle s’était fait connaître comme la première présidente des étudiants de l’université d’Allahabad, en s’opposant notamment à la venue de Adityanath, élu du BJP, le parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi, sur le campus de son établissement. Elle a aussi défendu ardemment la cause de Rohith Vemula, étudiant Dalit (« intouchable ») qui s’est suicidé il y a deux mois à l’université d’Hyberabad. Aujourd’hui, elle s’identifie à cette affaire car elle fait l’objet d’attaques de la part du « Conseil de tous les étudiants de l’Inde », le gigantesque syndicat étudiant à tendance nationaliste, et elle accuse son établissement de harcèlement administratif. Pour Richa Singh, ses adversaires politiques « n’arrivent pas à digérer le fait d’avoir perdu contre une femme ».
Taipei Times avec Reuters – Un groupe de juristes est responsable de la hausse des accusations de blasphème au Pakistan, selon Reuters. Le groupe, appelé Khatm-e-Nubuwwat, offre des conseils gratuits aux plaignants et dispose de plusieurs représentants dans les institutions judiciaires. Son chef, l’avocat Ghulam Mustafa Chaudhry est formel en matière de blasphème : « Le seul châtiment est la mort. Il n’y a pas d’alternative. » C’est lui qui avait défendu devant la justice Mumtaz Qadri, l’auteur du meurtre par balles du gouverneur du Penjab. Pour lui, le gouverneur avait lui aussi commis un blasphème en remettant en cause la loi sur le blasphème. Mumtaz Quadri est depuis considéré comme un martyr aux yeux de ses partisans.
Firstpost– Le verdict est définitif pour Mir Quasem Ali, qui avait fait appel de sa condamnation par le Tribunal des Crimes Internationaux à 63 ans de prison. Le chef islamiste est reconnu coupable de crimes de guerre lors de l’indépendance du pays en 1971, pour avoir perpétré des tortures au côté des Jamaat, forces de police opposées à l’indépendance. Il avait également dirigé un média favorable aux Jamaat. Seule une décision du même tribunal, où une amnistie présidentielle serait en mesure de le sauver. Trois membres du Jamaat et un chef du principal parti d’opposition ont été exécutés depuis décembre 2013.
Par Joris Zylberman et Ryôma Takeuchi, avec Hubert Kilian à Taipei et Anda Djoehana Wiradikarta à Paris