Revue de presse économique - Vendredi 25 septembre 2015

L'Eco de la presse asiatique

Le proverbe chinois "les aveugles tâtent un éléphant, chacun n’en touche qu’une partie" (mangren mo xiang, ge zhi yi duan 盲人摸象, 各執一端) décrit le fait de ne pas connaître une situation en profondeur, et dont chacun livre une interprétation différente. Il s’applique ici aux entreprises chinoises qui tentent de percer le marché indien des smartphones. Copie d’écran de Caixin, le 24 septembre 2015. (Crédit : Caixin)
Le proverbe chinois "les aveugles tâtent un éléphant, chacun n’en touche qu’une partie" (mangren mo xiang, ge zhi yi duan 盲人摸象, 各執一端) décrit le fait de ne pas connaître une situation en profondeur, et dont chacun livre une interprétation différente. Il s’applique ici aux entreprises chinoises qui tentent de percer le marché indien des smartphones. Copie d’écran de Caixin, le 24 septembre 2015. (Crédit : Caixin)
Du pain et des chiffres. Rien ne vaut l’économie ou le sport pour faire oublier des mesures difficiles à passer. Au Japon, Shinzo Abe l’a bien compris. Après de longs débats agités autour des lois de défense, le chef du gouvernement nippon ressort les « Abenomics ». Vous vous souvenez, les trois « flèches » il y a trois ans : « Une économie japonaise forte qui génère de l’espoir au sein du peuple », « des mesures de soutien scolaire pour permettre à tous de réaliser ses rêves », « un système de sécurité sociale qui conduit à un sentiment de bien-être. » Et pendant ce temps-là, l’Asie jauge l’impact sur ses marchés du scandale Volkswagen. En Amérique, Narendra Modi veut prouver qu’il rencontre plein de grands patrons américains à Washington, tout comme Xi Jinping à Seattle. Les fabricants chinois de Smartphones tentent, eux, d’amadouer « l’éléphant indien » et des consommateurs qui exigent de l’intelligence à bas prix. Enfin toujours par mesures d’économies, Jakarta annonçait cette semaine son intention de freiner les importations de luxe sur le marché indonésien.

L’Asie et le scandale Volkswagen

Chine : les VW chinoises « pas impliquées » dans le scandale

The Economic Times (25.09.2015) – Soupir de soulagement pour Volkswagen ? Alors que la Chine représente son principal marché (3,67 millions de véhicules vendus en 2014), ses deux joint-ventures dans le pays (Shanghai VW et FAW-Volkswagen) ont affirmé ne pas être concernées par le scandale qui frappe la marque aux Etats-Unis : la découverte d’un logiciel espion sur ses modèles diesel, permettant de contourner les contrôles anti-pollution…

Mais est-on sûr que le scandale n’aura pas d’impact sur les ventes en Chine ? Aucun, selon le New York Times. Le quotidien américain explique en effet que les voitures diesel ont représenté seulement 0,002 % des ventes du groupe dans le pays en 2014 (1000 véhicules). Mais pour le China Daily, il y aura quand même un impact psychologique dangereux, à cause d’un scandale difficile à digérer pour les consommateurs chinois. C’est, aux yeux du journal, la vente de l’ensemble des modèles Volkswagen qui risque d’être affectée.

Corée du Sud : conséquences sur les importations de voitures et peur d’un différend commercial avec l’Europe

The Chosun Ilbo (22.09.2015) – La Corée du Sud ne demandera pas le rappel des 60 000 véhicules Volskwagen vendus dans le pays depuis 2009, susceptibles d’être équipés du fameux logiciel espion. C’est en tout cas ce qu’estime The Chosun Ilbo, en raison de l’accord de libre-échange signé entre la Corée du Sud et l’Union Européenne. Séoul a en effet accepté de se plier aux normes européennes sur les voitures diesel, qui ne prévoient pas d’abaissement des niveaux d’émissions avant 2017. La Corée craint des différends commerciaux qui pourraient éclater en représailles, si l’Union européenne décidait de rappeler des véhicules Hyundai. A grande vitesse, certains d’entre eux rejettent beaucoup de gaz polluants.

En réalité, le quotidien coréen note dans un second article que le scandale Volkswagen pourrait bien profiter aux constructeurs nationaux : les ventes de leurs modèles diesel pourraient augmenter au détriment des véhicules allemands, leaders sur le marché coréen. Une baisse des importations de voitures serait à prévoir en conséquence.

L’Inde ouvre une enquête sur les véhicules diesel Volkswagen vendus dans le pays

Times of India (24.09.2015) – Moins d’hésitations côté indien. Le gouvernement de New Delhi, par le biais de son secrétaire d’Etat de l’Industrie lourde, a demandé l’ouverture d’une enquête par l’Association indienne de Recherche automobile (Automotive Research Association of India, ARAI) sur les véhicules Volkswagen du pays. Objectif : déterminer s’ils ont été équipés ou non du même logiciel espion qu’aux Etats-Unis. Contacté par le Times of India, l’un des porte-parole du groupe automobile a affirmé ne pas être au courant de l’enquête.

Xi Jinping et Modi en business trip aux Etats-Unis

Xi Jinping rencontre les géants de l’Internet américain à Seattle… qui se plaignent

The New York Times (23.09.2015) – Deux visions de l’Internet se sont opposées ce mercredi 23 septembre, lors de la rencontre entre Xi Jinping et les grands patrons américains du secteur (Facebook, Apple, IBM, Amazon). Le président chinois, accompagné du chef de la censure d’Internet dans le pays (Lu Wei), a insisté sur la nécessité de développer le réseau en accord avec les « réalités nationales », afin de créer un « cyberespace sûr, stable et prospère ». Des impératifs que le New York Times décrit comme contraires à l’esprit occidental d’un Internet « libre et ouvert ». Il faut dire que les deux pays entretiennent des relations tendues sur le sujet, entre accusations de cyberattaques, de vol de données et de double discours.

Les grands patrons américains se sont ainsi plaints de pratiques et de lois chinoises jugées comme « discriminantes » vis-à-vis de leurs entreprises dans le pays. Des critiques que ne semble pas partager le patron de Facebook. Sur sa page personnelle, Mark Zuckerberg a décrit son entretien avec Xi Jinping, réalisé entièrement en chinois, comme un « événement marquant dans sa vie », rapporte le South China Morning Post. Dommage que les dirigeants chinois ne puissent pas « liker » ce post, eux qui ont bloqué Facebook dans leur pays.

Modi rencontre 8 grands patrons américains… qui demandent plus de réformes

The Economic Times (24.09.2015) – C’est sa deuxième visite aux Etats-Unis depuis son investiture en 2014, et le Premier ministre indien n’a pas manqué pas d’y vanter les mérites de ses réformes économiques. Face aux patrons des 8 principales entreprises financières américaines, Narendra Modi s’est montré enthousiaste et compréhensif pour les inciter à investir dans son pays. Mais pour séduire les grands groupes, il reste encore des efforts à faire.

Dans un second article daté du 25 septembre, The Economic Times souligne que si les 42 chefs d’entreprises rencontrés par Narendra Modi ont salué les réformes économiques indiennes, leur rythme est encore trop lent. Le Premier ministre indien s’est alors engagé à accélérer le processus de décision.

Croissance asiatique

Japon : la relance économique pour faire oublier la bataille sur la sécurité nationale

The Asahi Shimbun (25.09.2015) – Pour faire oublier les lois controversées sur la défense qui viennent d’être adoptées par le parlement japonais, Shinzo Abe ressort les « Abenomics ». Le terme emprunte au nom du chef du gouvernement et désigne une série de mesures proposées il y a trois ans pour relancer l’économie nippone. Voici donc le second volet : « Nous allons passer à la deuxième étape des Abenomics, a déclaré le Premier ministre, afin de parvenir à une société où 100 millions de Japonais pourront devenir plus actifs dans certains domaines. »

Le quotidien Asahi note que cette proposition arrive après des semaines de polémique et de manifestations autour des lois de défense et alors que le taux d’opinion favorable au chef du gouvernement est au plus bas. On ne change pas une recette qui fait gagner ou en tout cas considérée comme telle. Tokyo a donc décidé de mettre l’accent à nouveau sur l’économie. L’objectif principal de cette nouvelle série de mesures étant de parvenir à un PIB de 600 milliards de yens (un peu moins de 4,5 milliards d’euros), soit une augmentation de 20 % par rapport au PIB japonais 2014. Prudent, Shinzo Abe ne donne pas de calendrier pour réaliser cet objectif.

L’annonce d’Abe intervient le même jour que les chiffres de l’inflation, qui sont mauvais. Pour la première fois depuis deux ans (avril 2013), l’indice de base des prix à la consommation a baissé de 0,1 % en août, par rapport à l’année dernière. Face aux craintes de déflation et à l’objectif fixé d’une inflation à 2 %, de tels indicateurs pourraient pousser la Banque centrale japonaise à renforcer sa politique d’assouplissement monétaire.

Banque asiatique de Développement : révisions à la baisse des prévisions de croissance en Asie

The Straits Times (22.09.2015) – Face au ralentissement économique chinois, la Banque asiatique de Développement revoit à la baisse les prévisions de croissance de son Asian Development Outlook (voir le rapport). L’ensemble de l’Asie est touchée par cet ajustement pour 2015 : l’Asie du Nord-Est à 6,0 % (- 0,2 % par rapport à l’évaluation précédente), l’Asie du Sud-Est à 4,4 % (- 0,2 %) et l’Asie du Sud à 6,9 % (- 0,4 %). Au cas par cas, la Chine voit sa croissance réestimée à 6,8 % (- 0,4 % par rapport à l’évaluation précédente), la Corée à 2,7 % (- 0,8 %), Taïwan à 1,6 % (- 2,1 %) la Thaïlande à 2,7 % (- 0,9 %), l’Indonésie à 4,9 % (- 0,6 %), l’Inde à 7,4 % (- 0,4 %), le Pakistan à 4,2 % (=). Seuls les taux de croissance du Vietnam (6,5 % soit + 0,4 %) et du Bangladesh (6,5 % soit + 0,4 %) ont été revus à la hausse. Une situation qui pourrait retarder la tant attendue hausse des taux d’intérêts de la Banque centrale américaine (Fed).

Chine : l’activité manufacturière au plus bas depuis mars 2009

South China Morning Post (23.09.2015) – Les mauvaises nouvelles économiques se suivent et se ressemblent pour Pékin. D’après les estimations du cabinet Markit, l’activité manufacturière du pays risque de nouveau la contraction au mois de septembre, avec un indice PMI établi à 47. Ce serait le niveau le plus bas depuis 6 ans et demi (mars 2009) : un mauvais présage pour la croissance chinoise en 2015 dont les prévisions ne cessent d’être revues à la baisse.

Birmanie : risques de surchauffe selon le FMI

Myanmar Times (21.09.2015) – Un taux d’inflation à 13 %, un déficit fiscal à 5 % du PIB, un déficit extérieur à 9 %, des réserves de change ne pouvant plus couvrir que 2 mois et demi d’exportation : les indicateurs économiques et financiers de l’Etat birman sont alarmants. D’après le FMI, l’économie du pays montre des signes flagrants de surchauffe qui l’ont rendue « de plus en plus vulnérable » au cours des 12 derniers mois.

Transport et infrastructures

Chine : la double explosion de Tianjin a fait chuter le trafic de conteneurs dans le pays

South China Morning Post (24.09.2015) – Le trafic chinois de conteneurs a baissé de 0,6 % en août par rapport au même mois en 2014. En cause : la double explosion de Tianjin (13 août), dont le flux de conteneurs a baissé de plus d’un quart en volume (- 27,9 %) le mois de la catastrophe… Mais si l’on retire Tianjin du calcul, note le South China Morning Post, l’indicateur est au vert : + 2,2 %.

Japon : le Français Vinci prend la tête des aéroports de Kansai et Osaka

The Asahi Shimbun (25.09.2015) – L’offre commune d’Orix Corp et du français VINCI étant la seule sur la table à la date butoir du 18 septembre, les deux compagnies ont de facto remporté l’appel d’offre pour la gestion de deux mastodontes du ciel nippon : les aéroports internationaux de Kansai et d’Osaka.

Accompagné d’une trentaine d’entreprises de la région du Kansai, le tandem devrait reprendre la gestion des deux aéroports à partir du printemps prochain. Selon le business plan soumis par Orix-Vinci, les deux compagnies financeront le projet à hauteur de 260 milliards de yens (2,2 milliards de dollars). 180 milliards de yens seront empruntés auprès des banques. Orix et Vinci investiront de leur fonds propres environ 32 milliards de yen. Les 16 milliards de yens restants seront pris en charge par une trentaine de firmes locales dont Suntory Holding Ltd, la Banque de Tokyo et Mitsubishi notamment.

Indonésie : les dépenses en infrastructures repartent à la hausse

Jakarta Globe avec Reuters (21.09.2015) – De nouvelles routes, de nouveaux ports, de nouveaux ponts : voilà ce que le président indonésien Jokowi prévoit pour stimuler la croissance de la principale économie d’Asie du Sud-Est. Ces dernières semaines ont été marquées par l’augmentation des dépenses en capital du gouvernement (25 % du budget avait été dépensé fin août contre 14 % seulement fin juillet), ce qui a favorisé la construction d’infrastructures de transport.

Inde : les « vieux » aéroports reprennent du service

The Times of India (24.09.2015) – PNC aux portes ! Le gouvernement indien entend « développer des stratégies pour rendre opérationnels » des aéroportés inutilisés dans le pays, fait savoir le ministre de l’Aviation civile Ashok Gajapati Raju. De sources officielles, l’Inde compte aujourd’hui 32 aéroports inactifs. Des tarmacs en jachère faute de piste d’une longueur suffisante pour accueillir des moyens ou des longs courriers ont expliqué les autorités.

Afghanistan : les gouvernement appelle aux investissements privés dans le gazoduc TAPI

Tolo News (22.09.2015) – Il se fait attendre depuis plusieurs années. Après l’annonce vendredi dernier du début des travaux d’ici fin 2015, le ministère afghan des Mines et du Pétrole a incité les entreprises privées à investir dans la construction du gazoduc TAPI, qui doit relier le Turkménistan, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde. Une nouvelle accueillie favorablement par la Chambre afghane de commerce et de l’industrie, qui n’a pu s’empêcher tout de même de souligner les risques de corruption liés à une telle intervention.

Banques, monnaie et finance

Corée du Sud : services bancaires sur mesure pour la clientèle étrangère

The Korea Times (23.09.2015) – Ce n’est pas une suggestion, c’est un ordre du régulateur financier. Désormais, les banques sud-coréennes seront tenues de proposer des services destinés à leur clientèle internationale. Cela ira de guides d’accueil en langue étrangère, jusqu’à des personnels multilingues chargés d’accueillir ces nouveaux clients.

Car pour l’instant, les relations entre banques coréennes et clients étrangers ne seraient pas toujours bonnes, à en croire le Korea Times. Les expatriés se plaignent notamment d’un manque d’explication. Certains ouvriers chinois préfèrent ainsi les services de change illégaux plutôt que de passer par leur banque. C’est le cas notamment dans le quartier de Daelim à Séoul, raconte le Times, là où vivent 14 000 expatriés et où fleurissent de nombreux points de change illégaux.

Taïwan : baisse des taux directeurs de la Banque centrale face à la morosité économique

Taipei Times (25.09.2015) – La Banque centrale taïwanaise a décidé, ce jeudi, d’abaisser ses taux directeurs. C’est une première depuis six ans, notent le Taipei Times et le China Post, qui citent les propos du gouverneur, Peng Fai-nan. Selon lui, la mauvaise situation économique justifie une telle décision, à rebours de la politique de la Banque fédérale des Etats-Unis. Avec une prévision de croissance annuelle de 1,56 % pour 2015, le gouvernement cherche ainsi à favoriser les exportations et à faire baisser les coûts des entreprises. La dernière décision de ce type remonte à 2008 où, au plus fort de la crise financière en Asie, la Banque centrale de Taïwan avait baissé ses taux à six reprises. Hier jeudi, le dollar taïwanais avait perdu 7,05 % face au dollar américain pour ce trimestre. De quoi permettre aux exportateurs de réaliser des gains sur les différentiels de taux de change, malgré des exportations pour le moins atones.

Inde : baisse probable des taux d’intérêt

The Economic Times (25.09.2015) – La Banque centrale indienne baissera-t-elle prochainement ses taux d’intérêts ? Malgré les incertitudes liées à la personnalité de son gouverneur, The Economic Times liste six raisons pour lesquelles cette décision est envisageable : stimuler une croissance fondée sur l’investissement, maîtriser l’indice de base des prix à la consommation, éviter une déflation à l’échelle régionale, relativiser les conséquences d’une potentielle hausse des taux d’intérêts de la Fed sur le marché de la dette, profiter du statu quo actuel de la Fed sur les taux directeurs pour s’engager dans des manoeuvres de politiques monétaires, profiter enfin de la dynamique actuelle de la croissance indienne.

Malaisie : l’enquête américaine sur Najib Razak fait dévisser le ringgit

The Straits Times (22.09.2015) – Les articles du New York Times continuent de « semer la panique » en Malaisie. Après avoir dévoilé le scandale 1MDB en juillet, le quotidien a indiqué en début de semaine que le département américain de la Justice avait lancé une enquête sur les biens nationaux vendus au beau-fils de Najib Razak et sur l’argent détenu sur le compte du Premier ministre. Une nouvelle qui aurait accéléré la chute du ringgit lors de sa publication, d’après le Straits Times. La monnaie malaisienne a atteint son niveau le plus bas depuis 17 ans ce mois-ci.

Pakistan : les banques en bonne santé !

Dawn (24.09.2015) – Les chiffres du deuxième trimestre 2015 (avril-juin) viennent de tomber, et ils sont sans équivoque: le secteur bancaire pakistanais se porte très bien. Les profits bancaires sont en hausse de 52 % par rapport au deuxième trimestre 2014. Aux sources de cette croissance « significative », d’après le quotidien Dawn : l’important retour sur investissement des obligations de l’Etat pakistanais (+ 28 %).

Mobile et numérique

Inde : les Smartphones chinois à l’assaut du marché

Caixin (24.09.2015) – La photo du magazine chinois de référence en matière d’économie est on ne peut plus explicite. Sur l’image, des hommes d’affaires en costume sombre, les yeux bandés, caressent la bête dans le sens du poil qu’elle n’a pas, et pour cause : l’animal est un éléphant sensé représenter le marché du téléphone mobile en Inde. Les géants chinois du smartphone tels que Xiaomi et Huawei, « travaillent dur » pour percer cet autre marché du milliard, affirme Caixin. Les spécialistes estiment que les ventes indiennes de téléphones made in China pourraient bientôt exploser. Selon l’institut Gartner Inc, 115 millions des 1 milliard 200 millions d’Indiens possèdent aujourd’hui un téléphone que certains disent intelligent.

En même temps, les rois du téléphone chinois savent que la partie s’annonce difficile. Le marché indien n’exige en effet pas seulement de « l’intelligence » en matière de téléphonie, les consommateurs veulent aussi des petits prix ! Justement, le Times of India consacrait aussi ce jeudi un papier sur « les 10 manières d’acheter un smartphone moins cher » en Inde.

Pakistan : 55 millions de dollars d’investissement dans le numérique

The Express Tribune (24.09.2015) – Selon The Express Tribune, le site de e-commerce Daraz.pk a reçu 55 millions de dollars de la part du groupe financier britannique CDC (40 %) et de l’Asia Pacific Internet Group (60 %). Ces investissements doivent servir au développement des activités du site au Pakistan, mais également au Bangladesh et en Birmanie où il est déjà présent sous les noms de domaine Daraz.bd et Shop.com.mm. Daraz.pk voit en effet dans l’Asie du Sud et du Sud-Est un terrain favorable au développement du e-commerce : « Le taux de pénétration d’Internet monte rapidement, indique l’un des PDG de Daraz. Les gens se tournent de plus en plus vers les smartphones et notre application mobile est de plus en plus utilisée. »

Commerce international

Indonésie : les fabricants de papier locaux souffrent de la concurrence étrangère

The Jakarta Post (23.09.2015) – Les autorités indonésiennes le disent désormais haut et fort : les papiers importés de Chine, de Corée du Sud et de Suède nuisent à l’industrie nationale. Le Comité Indonésien de Sauvegarde du Commerce (KPPI) tire la sonnette d’alarme. Selon le patron de l’institution et « sur la base d’une enquête », il y aurait eu une « augmentation notable du volume des importations de papier et de carton imprimé entre 2010 et 2013 ». Dans le même temps, les importations en provenance de Chine, de la Corée du Sud et de la Suède ont grimpé de 86 %, passant de 6 500 tonnes en 2010 à 43 778 tonnes en 2013, selon les données du ministère indonésien du Commerce.

Vietnam : Auchan va ouvrir 15 supermarchés à Hô-Chi-Minh-Ville

The Saigon Times (en vietnamien) (24.09.2015) – Une belle poignée de main entre un verre de vin et quelques nems. Lê Thanh Liêm, vice-président du comité populaire d’Hô-Chi-Minh-Ville accueillait ce jeudi 24 septembre Philippe Delalande, nouveau directeur financier de la branche supermarché d’Auchan. Le groupe français va construire d’ici 2016 pas moins de 15 supermarchés de 2000 à 3000 m2 chacun. L’investissement sera de l’ordre de 35 à 40 millions d’euros, permettant de créer à terme plus de 1000 emplois locaux. Au Vietnam, Auchan s’appelle « Simply Mart ». Le premier magasin a ouvert les portes en 2012 dans le district 5 d’Hô-Chi-Minh-Ville. Essai concluant puisque le chiffre d’affaire des supermarchés de la capitale économique vietnamienne équivaut à celui du reste du Vietnam. Auchan devra quand même faire face à une concurrence redoutable et déjà bien implantée : des français Cora et Big C (groupe Casino) aux très agressifs Lotte, Aeon et Metro.

Indonésie : le gouvernement veut restreindre les importations de produits de luxe

The Jakarta Post (25.09.2015) – Voilà une nouvelle qui devrait déplaire aux maroquiniers, couturiers et autres parfumeurs européens. Jakarta annonce en effet préparer un règlement limitant l’importation de produits de luxe dans le pays. Objectif affiché : réduire de cette manière le déficit des comptes courants, tout en maintenant le pouvoir d’achat des ménages. A croire que les Indonésiennes sont devenues des boulimiques de mode. « Une façon de stimuler l’économie tout en maintenant le pouvoir d’achat de la population, est de réduire les importations, explique le vice-président indonésien Jusuf Kalla. Par conséquent, nous allons limiter les importations de produits de luxe. » Comme de nombreux pays de la région, l’économie indonésienne tourne au ralenti et continue de dépendre fortement des exportations et notamment le charbon.
Par Stéphane Lagarde avec Alexandre Gandil et Joris Zylberman