Analyse
L’Amérique de Donald Trump va-t-elle lâcher Taïwan? Le doute s’accentue
Donald Trump a considérablement accentué le doute sur la volonté des États-Unis de s’engager pour Taïwan en cas d’agression chinoise lorsqu’il a déclaré, au terme de son voyage à Pékin, que de futures livraisons d’armes constituaient une « très bonne monnaie d’échange » avec la Chine, propos troublants qui représentent un formidable cadeau pour Pékin car ils ouvrent la porte à un possible pacte transactionnel, ce qu’aucun président américain avant lui n’avait jamais fait.
Lorsque les États-Unis avaient reconnu la République populaire de Chine en 1979 et rompu avec la République de Chine (Taïwan), le Congrès américain avait quasi simultanément voté une loi, le Taiwan Relations Act, par lequel l’Amérique s’engageait à lui fournir suffisamment d’armes pour se défendre. Washington maintient depuis une ambiguïté stratégique sur ce qu’elle ferait en cas de tentative d’invasion chinoise de l’île démocratique de 23,5 millions d’habitants.
Mais dans ce cadre volontairement flou qui représente en lui-même un élément central de dissuasion envers la Chine, jamais jusque-là un dirigeant quelconque au sommet de l’administration américaine ne s’était publiquement prononcé sur un renoncement éventuel à des livraisons d’armes à Taïwan afin de ne pas donner à Pékin la possibilité d’en tirer profit dans de futures négociations bilatérales.
Ceci d’autant qu’à l’époque de l’adoption par le Congrès du Taiwan Relation Act, Washington avait formulé « Six assurances » à la République de Chine, dont celle explicitement rappelée en 1982 par le président de l’époque Ronald Reagan garantissant que les États-Unis s’engageaient à ne pas consulter la Chine au sujet des ventes d’armes à Taïwan. Un engagement tenu par tous ses successeurs, à l’exception là aussi notable de Donald Trump.
Déroger à cette règle est précisément ce qu’a fait Donald Trump, les analystes familiers de ce dossier explosif entre Pékin et Washington étant quasi unanimes pour qualifier cela d’erreur stratégique et de cadeau de taille offert à Pékin qui ne manquera pas de s’en servir de différentes manières.
Mardi 2 juin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est cependant voulu rassurant en déclarant que le contrat de 14 milliards de dollars d’armements pour Taïwan est « toujours à l’étude » et que la politique des États-Unis à l’égard de l’île « n’a pas changé. »
« Je pense qu’il est évident que la partie chinoise souhaiterait voir un changement, mais aucun changement n’a été apporté à ce sujet, » a-t-il ajouté lors d’une audition devant la Commission des Affaires étrangères du Sénat américain.
« Mais au sein de cette administration, la seule voix qui compte vraiment est celle du président […] le mal est déjà fait. Les propos de Trump confirment une nouvelle fois qu’il n’est pas fiable lorsqu’il s’agit de défendre Taïwan, alors même qu’il cherche à améliorer ses relations avec Pékin, » assure de son côté Derek Grossman mardi 2 juin dans les colonnes du quotidien japonais Nikkei Asia.
Donald Trump « est prêt à blâmer et à utiliser Taïwan pour servir les intérêts des États-Unis, tout en maintenant rhétoriquement le statu quo. Il s’agit là d’une position nouvelle et extrêmement précaire pour Taïwan, qui suggère que l’engagement de Washington envers Taipei est de plus en plus considéré non pas comme un principe stratégique fondamental, mais comme un élément qui pourrait facilement être sacrifié sur l’autel des intérêts américains, » ajoute cet ancien analyste en matière de défense de l’influent think tank américain RAND, une voix écoutée aux États-Unis y compris dans les rangs conservateurs.
Le cadeau de Donald Trump fait à la Chine
Après un contrat de ventes d’armes de 11,1 milliards de dollars conclu en décembre 2025, le premier depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, un deuxième portant sur une somme record de 14 milliards de dollars était déjà prévu et n’attendait plus que le feu vert de la Maison Blanche.
Donald Trump avait expliqué avant son voyage à Pékin du 13 au 15 mai qu’il ne tarderait pas prendre une décision à son sujet. Qualifier de « monnaie d’échange pour nous » ces ventes d’armes revient à monétiser Taïwan et représente de la sorte une victoire pour Pékin à au moins deux titres.
D’une part, les États-Unis – par la voix de leur président – envisagent désormais publiquement de renoncer à des engagements souscrits en 1979 et abandonnent du même coup un volet central de leur politique d’ambiguïté stratégique, autorisant Pékin à en user dans des négociations. De l’autre, ce renoncement désormais explicite offre à la Chine un argument de taille pour semer le doute sur le degré d’engagement des États-Unis, à Taipei comme auprès des alliés de l’Amérique en Asie tels que le Japon ou les Philippines.
L’effet à terme risque d’être dévastateur à Taïwan car il contribuera à affaiblir les positions déjà fragiles du président Lai Ching-te, fermé à toute idée de « réunification » avec le continent chinois. Le Parti démocratique progressiste (DPP) au pouvoir est minoritaire au parlement et le changement de pied américain confortera les positions de l’opposition menée par le Kuomintang, le parti nationaliste disposé à l’ouverture de négociations avec Pékin en vue d’un compromis.
La propagande chinoise s’engouffre dans la brèche
La propagande chinoise n’a pas attendu longtemps pour se saisir de cette opportunité. Dès le lundi 18 mai, 72 heures à peine après le départ de Donald Trump, les médias d’État chinois utilisaient déjà cette déclaration pour envoyer un message à la population chinoise tout comme à celle de Taïwan : on ne peut pas compter sur les États-Unis pour défendre Taïwan. Ce message est répété à l’envi depuis des années. Il a aujourd’hui une véritable pertinence.
Le président Lai Ching-te, véritable bête noire de Pékin qui le qualifie de « sécessioniste » et son parti le DPP ne peuvent plus compter sur la « bienveillance inconditionnelle » des États-Unis, claironnait le Global Times, quotidien anglophone contrôlé par le Parti communiste chinois, citant un chercheur chinois. « La sécurité ne s’achète pas par des achats d’armement ; si vous devenez un pion, vous ne serez que pressé comme un citron, » déclarait le colonel Jiang Bin, porte-parole du ministère chinois de la Défense, dans une allusion transparente à Taïwan.
L’avant-veille, la chaîne de télévision favorite de Donald Trump, Fox News, avait diffusé une interview dans laquelle il ajoutait qu’il suspendait sa décision concernant ce contrat d’armement de 14 milliards de dollars, le qualifiant de « très bonne monnaie d’échange. » « Je maintiens cela en suspens et cela dépend de la Chine, » avait-il ajouté, sans préciser ce qu’il attendait de la Chine en retour.
Pour le sinologue d’origine chinoise Minxin Pei, professeur aux États-Unis au Claremont McKenna College, Xi Jinping a clairement raflé la mise. « Je pense que Xi Jinping estime avoir réussi sur un point lors de ce sommet, à savoir avoir renseigné Trump sur Taïwan, » a-t-il souligné dans les colonnes du New York Times.
D’autres détails donnent la dimension de ce qui s’est joué à Pékin et à quel point le président chinois Xi Jinping aura manifestement réussi un joli coup. Donald Trump a en effet révélé avec une candeur confondante sur Fox News que lui et Xi avaient « discuté toute la nuit » de Taïwan. Sur le chemin du retour à bord d’Air Force One, Trump a confirmé que lui et Xi avaient discuté des ventes d’armes « en détail, » écartant d’un revers de manche les « Six Assurances, » notant que « 1982, c’est loin… très loin. »
Peu après, le 21 mai, le ministre délégué par intérim de la Marine américaine, Hung Cao, déclarait que les ventes d’armes à Taïwan étaient suspendues en raison des besoins en munitions liés à la guerre en Iran. « Pour l’instant, nous faisons une pause afin de nous assurer que nous avons les munitions dont nous avons besoin pour l’opération “Epic Fury” […] Nous voulons simplement nous assurer que nous avons tout ce qu’il nous faut, puis les ventes militaires à l’étranger reprendront lorsque l’administration le jugera nécessaire. »
Comme pour enfoncer le clou, samedi 30 mai, le d’ordinaire bouillant secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth a non seulement baissé le ton dans ses critiques du réarmement de la Chine mais il n’a pas prononcé une seule fois le mot Taïwan pendant son allocution devant un parterre de responsables militaires réunis à l’occasion du Dialogue de Shangri-La, le grand forum géostratégique annuel organisé à Singapour.
Les relations entre la Chine et les États-Unis « n’ont jamais été aussi bonnes depuis de nombreuses années, » s’est félicité l’ancien présentateur de Fox News aujourd’hui chef du Pentagone, usant d’un ton qui présente un contraste singulier avec celui alarmiste employé l’an dernier lors du même forum lorsqu’il avait mis en garde contre un risque « imminent » d’agression chinoise contre Taïwan, en citant à cinq reprises le territoire.
La satisfaction contenue des autorités de Pékin
Les autorités chinoises se sont prudemment abstenues de commenter toutes ces déclarations mais des analystes chinois ont laissé transparaître la grande satisfaction de Pékin. Xin Qiang, directeur du Centre d’études sur Taïwan à l’université de Fudan de Shanghai, a ainsi expliqué que si le président américain venait à suspendre le contrat de 14 milliards de dollars ou à réduire le nombre et la sophistication des armes, la Chine pourrait réagir de plusieurs façons.
La Chine, a-t-il précisé, pourrait par exemple acheter davantage de produits agricoles et d’avions Boeing. « La Chine n’a jamais voulu traiter les ventes d’armes à Taïwan comme un moyen de pression dans les négociations avec les États-Unis […] Mais de manière réaliste, n’importe quelle question peut en substance devenir un moyen de pression dans le cadre des relations internationales ou de la rivalité entre grandes puissances, » a-t-il dit, cité par le New York Times.
« Du point de vue des Chinois, les commentaires de Trump sur la question taïwanaise constituent une avancée majeure, » a de son côté déclaré Wang Wen, ancien journaliste chinois à Pékin et aujourd’hui professeur à l’université Renmin de Pékin. « La question est de savoir si la vente en suspens de 14 milliards de dollars sera retardée de quelques semaines, de quelques mois, ou plus, » souligne Craig Singleton, directeur principal du programme Chine à la Fondation pour la défense des démocraties à Washington. « Un blocage prolongé, en particulier s’il résulte des objections de Pékin, susciterait des inquiétudes bien plus sérieuses quant à la fiabilité de la dissuasion américaine, » explique-t-il au New York Times.
À Taïwan, les autorités gouvernementales n’ont guère d’autre choix que de minimiser la portée de ces propos, au risque sinon de mécontenter Donald Trump et d’accréditer la thèse d’un recul américain sur ce dossier. Elles ont fait valoir que les propos de M. Trump ne modifiaient pas la nature des relations et mis en avant certains passages des déclarations de M. Trump, notamment le fait que « rien n’a changé » dans la politique à l’égard de Taïwan.
« Je ne pense pas que le public taïwanais ait à s’inquiéter, » a déclaré Chen Ming-chi, vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, à la presse. « Je crois que les engagements des États-Unis en matière de sécurité à notre égard et nos relations économiques et commerciales bilatérales sont maintenus comme auparavant. » Le président de Taïwan a, lui, joué l’apaisement et la fermeté en déclarant : « Nous remercions le président Trump pour son soutien continu à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taïwan depuis son premier mandat, notamment l’augmentation constante de l’ampleur et du volume des ventes d’armes à Taïwan. »
« Taïwan ne provoquera ni n’aggravera le conflit, mais il ne renoncera pas non plus, sous la pression, à sa souveraineté nationale et à sa dignité, ni à son mode de vie démocratique et libre, » a-t-il ajouté, qualifiant la Chine de « cause profonde de la remise en cause de la paix et de la stabilité régionales et de la tentative de modifier le statu quo. »
Certains responsables à Taïwan font valoir que le deuxième et dernier mandat de Donald Trump s’achève dans deux ans et qu’un nouveau président pourrait renverser la vapeur. D’autres insistent sur le fait que le 47è président américain pourrait lui-même changer d’avis et, finalement, donner son accord au nouveau programme de livraisons d’armes.
Mais le Kuomintang a déjà saisi cette occasion pour réaffirmer son antienne selon laquelle le président Lai Ching-te « pousse l’île dans une impasse dangereuse, » alors que Taïwan ne peut pas compter sur Washington. « Je pense que le sommet Trump-Xi marque un tournant pour Taïwan, » déclare Su Chi, un ancien haut fonctionnaire ayant travaillé sous les gouvernements du Kuomintang, lors d’un forum à Taipei. « Notre grand frère, l’Amérique, je suis désolé, mais il a trop de problèmes en ce moment et ne peut tout simplement pas s’occuper de nous ici, » a-t-il expliqué, cité par le quotidien new yorkais.
Après une visite à Pékin en mars où elle a rencontré Xi Jinping et appelé à la reprise du dialogue entre Pékin et Taipei, la nouvelle présidente du Kuomintang, Cheng Li-wun, est quant à elle partie lundi pour une visite de deux semaines aux États-Unis qui sera pour elle une aubaine politique car, comme l’explique le journaliste Jérémy André dans les colonnes d’Intelligence Online, « elle pourra se présenter comme l’unique actrice capable de dialoguer avec tous les acteurs. »
Une visite réussie lui permettrait de se présenter à l’opinion taïwanaise comme une candidate acceptable lors des prochaines échéances électorales à un moment particulièrement sensible dans la vie politique de l’île où le Kuomintang (KMT) fait obstacle au programme de réarmement du DPP et où les fractures politiques ont tendance à s’aiguiser.
« Le plus grand test pour Cheng dans son voyage américain sera sa capacité à convaincre le gouvernement américain que le KMT devrait être traité comme un acteur de bonne foi et une composante normale de la politique taïwanaise, » souligne Peter Mattis, président de la Jameson Foundation, cité lundi 1er juin par le Nikkei Asia.
« Une erreur stratégique » qui va « enhardir la Chine » et « affaiblir la dissuasion »
La critique la plus acerbe aux États-Unis de l’apparent recul de l’administration américaine est venue du Council of Foreign Relations qui, dans une analyse publiée le 28 mai, a qualifié les propos de Donald Trump « d’erreur stratégique, » ajoutant que « la décision du président Trump de suspendre les ventes d’armes à Taïwan va enhardir la Chine et affaiblir la dissuasion. »
« L’enjeu dépasse largement le sort de la vente d’armes de près de 14 milliards de dollars actuellement à l’étude. Fournir à Taïwan des armes asymétriques afin d’augmenter le coût d’un blocus ou d’une invasion chinoise favorise la paix et la stabilité en dissuadant toute agression, » écrivent conjointement plusieurs chercheurs de ce think tank américain non partisan créé en 1921 qui réunit des responsables gouvernementaux, des chefs d’entreprise internationaux et des experts des milieux du renseignement et de la politique étrangère.
« En laissant entendre que les ventes d’armes constituaient un moyen de pression, puis en les retardant, Trump encouragera la Chine à intensifier ses pressions sur Taïwan et à chercher à obtenir de nouvelles concessions de la part des États-Unis. Ses propos rompent avec un consensus bipartite sur la nécessité de fournir à Taïwan des armes défensives, consensus qui tient depuis près d’un demi-siècle, » ajoutent les auteurs de ce texte.
Outre le fait que cette posture nourrira « une incertitude croissante » qui « alimentera le scepticisme à l’égard les États-Unis à Taïwan, » ne « pas approuver rapidement ce programme d’armement donnerait également l’impression que la sécurité de Taïwan est négociable et qu’elle a peut-être déjà été sacrifiée lors de négociations, » écrivent-ils. « Cela aurait des implications négatives non seulement pour Taïwan, mais aussi pour la crédibilité des États-Unis dans la région, car les alliés craindraient que Trump ne sacrifie également leur sécurité en échange de concessions chinoises dans d’autres domaines, » expliquent-ils encore.
Donald Trump est-il en train de trahir Taïwan ?
L’hebdomadaire britannique The Economist qui, il y a dix ans presque jour pour jour titrait « Taïwan ne veut pas devenir une monnaie d’échange pour les États-Unis, » titre dans sa dernière analyse sur le sujet le 18 mai « Donald Trump est-il en train de trahir Taïwan ? »
« Tôt le premier jour de la rencontre à Pékin, Xi [Jinping] a averti qu’une mauvaise gestion de la question taïwanaise pourrait déclencher un conflit entre la Chine et les États-Unis. Le dirigeant chinois a ensuite passé la majeure partie de la soirée à parler de l’île, selon M. Trump. « Je l’ai écouté », a-t-il ajouté. Les commentaires de M. Trump suggèrent également qu’il adopte une vision plus transactionnelle des relations américaines avec Taïwan que ses prédécesseurs, et qu’il est moins engagé dans sa défense, » relève l’hebdomadaire.
« Tout aussi préoccupante pour le gouvernement taïwanais était la suggestion de [Donald] Trump selon laquelle fournir des armes à Taïwan pourrait encourager M. Lai à déclarer l’indépendance […] Lai [Ching-te] a réitéré sa position selon laquelle Taïwan est déjà, de facto, une nation souveraine et indépendante. L’île ne sera « jamais sacrifiée ni vendue », a-t-il déclaré. La question est désormais de savoir si M. Trump est d’accord avec lui, » conclut The Economist.
Outre le fait que Taïwan fabrique plus de 90% de la production mondiale des semi-conducteurs de dernière génération, l’île se situe au beau milieu de la première chaîne d’îles de l’océan Pacifique dont elle constitue un verrou. Les experts s’accordent à estimer que la prise par la Chine de Taïwan entraînerait des conséquences considérables en termes géostratégiques en Asie de l’Est et au-delà avec un profond bouleversement en faveur de la Chine de l’équilibre militaire régional.
Nous verrons dans les semaines et les mois qui viennent la tournure que prendra la politique américaine d’accommodement avec la Chine, sachant que celle-ci aura plusieurs fois cette année l’occasion de peser sur les États-Unis avec une base désormais plus solide sur ce dossier, en particulier lors d’une visite d’État que devrait effectuer Xi Jinping à Washington à l’automne, invité à la Maison Blanche par son homologue américain.
Il ne fait pas de doute que sa visite sera conditionnée à la question des ventes d’armes américaines à Taïwan dont Pékin fera désormais un élément central du souhait affiché par les deux premières puissances du monde d’établir une « stabilité stratégique » dans leurs relations.
Par Pierre-Antoine Donnet
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