Politique
Entretien

Sophie Boisseau du Rocher et Christian Lechervy : «Les pays d'Asie-Pacifique considèrent l'administration Trump comme inquiétante»

L’ASEAN, modèle de développement et d'intégration de l'ensemble Asie-Pacifique (© European Union, 2025, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons)
L’ASEAN, modèle de développement et d'intégration de l'ensemble Asie-Pacifique (© European Union, 2025, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons)
Les auteurs de L’Asie-Pacifique, nouveau centre du monde expliquent dans une interview donnée à Asialyst comment cette région clé du globe réagit à l’arrivée du nouveau président américain. Ils analysent également la stratégie de la Chine vis-à-vis de son voisinage et la grande incertitude qui entoure la question de Taïwan.
La région Asie-Pacifique va-t-elle devenir le nouveau centre du monde? Ou plutôt, ne l’est-elle pas déjà ? Dans leur dernier opus, L’Asie-Pacifique, nouveau centre du monde, Sophie Boisseau du Rocher, experte de l’Asie du Sud-Est, et Christian Lechervy, diplomate expérimenté de la région, soulignent combien celle-ci « teste, ébranle, défie » l’universalisme occidental face à un « modèle américain qui se fissure et alors que la guerre gronde aux portes de l’Europe ». Dans ce livre passionnant, les deux auteurs expliquent quelles en seront les conséquences pour l’Europe encore trop absente de cette région porteuse d’avenir, dont la « montée en puissance est loin de se limiter à la Chine ».

Entretien

Que peut attendre l’Asie du retour à la Maison Blanche de Donald Trump ?
Sophie Boisseau du Rocher : L’atmosphère n’est pas du tout la même entre la première et la deuxième mandatures. L’Asie, au fond, ne se fait pas d’illusion sur le nouveau mandat du président Trump et les ambitions de la puissance américaine. Elle s’est installée, à ce stade, dans une position attentiste et relativement distanciée. Sur le personnage même, elle est dubitative après avoir déjà expérimenté ses forces, ses faiblesses et ses revirements. Elle sait d’expérience le caractère impulsif, relativement imprévisible, agité du président Trump. Elle n’est pas à l’aise avec sa parole incessante et son côté narcissique. En outre, elle se méfie évidemment d’un comportement très émotionnel, très naïf, qui l’a surprise, comme la poignée de main avec Kim Jong-un. Elle attend du concret, que les propositions soient désagréables ou attractives pour les pays d’Asie. Néanmoins, dans leur grande majorité, les pays d’Asie-Pacifique considèrent aujourd’hui que la configuration de l’actuelle administration est inquiétante.
Christian Lechervy : L’Asie-Pacifique exprime trois types de préoccupations. D’abord, celles sur la politique économique des États-Unis et l’accès à ses marchés. La réduction des excédents commerciaux asiatiques pèseraient lourdement sur la croissance des pays émergents. Il y a ensuite la question des migrations qui touchent aussi bien les pays les plus peuplés comme l’Inde que les micro-États insulaires du Pacifique. Il ne s’agit pas seulement d’un renvoi des migrants illégaux mais également d’un arrêt des programmes gouvernementaux d’installation de familles réfugiées et de bourses d’études aux Etats-Unis. Et puis il y a aussi la décision de l’administration de suspendre pendant au moins 90 jours l’aide au développement (USAID) dont on voit déjà les premiers effets, y compris létaux, sur le terrain. Les premières conséquences des politiques de cette administration américaine sont immédiatement visibles, déstabilisatrices, sans considération ni étude des impacts pour les nations concernées. En un mot, elles sont anxiogènes pour les gouvernements partenaires et les populations.

Pivot américain

La région doit-elle s’attendre à ce que les États-Unis de Donald Trump fassent de l’Asie une priorité ?
Sophie Boisseau du Rocher : Effectivement, on voit déjà cela lorsque JD Vance vient sermonner les Européens à Munich en disant : « l’Europe nous intéresse beaucoup moins, débrouillez-vous maintenant. Nous, notre vrai défi, il se trouve en Asie-Pacifique et donc nous devons concentrer nos ressources, nos moyens, nos capacités sur ce théâtre ». Ce constat illustre bien l’importance de l’Asie-Pacifique, nouveau centre du monde, comme nous avons intitulé notre ouvrage. La géopolitique et la géoéconomie mondiales basculent vers l’Asie-Pacifique. L’administration Trump II se rend bien compte qu’à la fois en termes de dynamisme économique, d’innovation technologique, de concurrence idéologique et de rivalité militaire, c’est bien en Asie-Pacifique que le défi est structuré sur le moyen et le long terme. Je constate que le pivot américain, annoncé en fanfare par l’administration démocrate de Barack Obama, est en train de prendre forme avec le président Trump. Cependant, une question taraude les alliés des États-Unis dans la région : comment Donald Trump peut-il espérer s’appuyer sur eux en les traitant aussi mal ? Un doute substantiel demeure pour savoir si les États-Unis se tournent vers l’Asie-Pacifique dans une logique coopérative ou dans une logique de défis. En opposition à ses alliés ou surtout à l’encontre de la Chine ?
Christian Lechervy : Chacun va devoir prendre ses marques et cela prendra du temps. Le président Trump ne connaît que trois des dirigeants actuels de l’Asie-Pacifique. Ils ne sont pas forcément ses alliés : le Premier ministre indien Narendra Modi, le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président chinois Xi Jinping. Néanmoins, pour énoncer sa politique Asie-Pacifique et rencontrer en tête-à-tête les dirigeants, le 47ème président des États-Unis aura l’opportunité de participer, dès cette année, à pas moins de quatre sommets régionaux déjà plus ou moins programmés: APEC (Corée du sud), ASEAN et Asie de l’Est (Malaisie), pays du Forum des îles du Pacifique (Washington), Quad (Inde). On sait que ces temps multilatéraux n’ont pas eu la faveur du président Trump lors de son premier mandat : il n’a par exemple participé qu’à un seul sommet États-Unis-ASEAN à Manille en 2017. Mais il sait pouvoir compter dans les mois qui viennent sur de nombreuses visites des dirigeants d’Asie-Pacifique à Washington. Les échanges avec ceux-ci ont d’ailleurs commencé dès les jours qui ont suivi son élection. Le 11 novembre, Donald Trump s’est entretenu par téléphone avec le numéro un du parti communiste vietnamien, To Lam. Le 18 novembre, ce fut au tour de la première ministre thaïlandaise, Mme Paethongtarn Shinawatra. Signe d’attention, le premier ministre japonais Shigeru Ishiba a été reçu à la Maison Blanche le 7 février.

Famille asiatique

Jusqu’à quel point l’Asie-Pacifique peut-elle s’accommoder de la montée en puissance de la Chine qui peut paraître comme une menace ?
Sophie Boisseau du Rocher : La Chine prétend à la fois à une diplomatie de grande puissance, qui aspire donc à concurrencer directement la première puissance mondiale, les États-Unis, à une diplomatie mondiale mais aussi régionale. Elle considère sa région comme un allié nécessaire avec lequel elle doit composer, tout en tentant d’y maintenir ou d’y acquérir des intérêts de grande puissance. Car si les partenaires asiatiques de la Chine contestent son leadership en Asie, Pékin serait beaucoup moins crédible sur la scène mondiale. Nous y observons donc des jeux de coopération, de négociation et de transaction qui répondent d’ailleurs beaucoup mieux à la culture diplomatique traditionnelle qui était celle de l’Asie-Pacifique avant l’arrivée des Européens et de la colonisation. Dans notre livre, nous mettons en lumière cette recherche de cohésion que l’Asie-Pacifique avait perdue sous les coups de boutoir d’une colonisation qui l’a divisée et d’une guerre froide abrasive. Cette cohérence se base sur de multiples facteurs dont un dynamisme économique et un modèle de développement similaire décliné sur l’ensemble de la région. Depuis l’émergence économique foudroyante à partir des années soixante du Japon puis des « Quatre tigres asiatiques » (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour), le dynamisme économique régional s’est poursuivi avec d’autres pays émergents : la Malaisie, la Thaïlande, l’Indonésie, le Vietnam, les Philippines et, évidemment, la Chine. Après la crise financière de 1997, à l’instar du Japon après les accords du Plaza (1985), la Chine s’est délibérément tournée vers sa région pour investir, commercer. Ce faisant, elle en a tiré d’énormes bénéfices. De ce fait, le regard porté sur la Chine dans la région est devenu plutôt favorable. Il est important de le rappeler même si les pays d’Asie-Pacifique ne se font guère d’illusions sur les ambitions de grande puissance mondiale de leur grand voisin.
Christian Lechervy : Je crois que la politique chinoise a réussi, au fond, à convaincre à la fois les élites politiques, gouvernementales et les opinions publiques en Asie qu’elle était un facteur de développement pour l’ensemble de la « famille asiatique ». Ces élites ont compris qu’il fallait protéger la région du reste du monde, voire de l’Occident, sans pour autant rompre les relations avec ces derniers. Au fond, il s’est agi d’affirmer urbi et orbi que l’Avenir, avec un grand A, était dans l’intégration économique, voire politique, de la région asiatique, et revenir à ce qu’elle était avant.
Le deuxième changement observé a été que la Chine a convaincu de la nécessité de développer de nouvelles arènes de coopération, en particulier à la périphérie de ses frontières. Ainsi sont nés des cénacles avec les cinq nations d’Asie centrale, les États riverains du Mékong, les États et territoires insulaires du Pacifique ou encore, depuis 2008, les sommets trilatéraux Chine-Corée-Japon. Ce « minilatéralisme » complète les enceintes intergouvernementales déjà existantes comme ASEAN-Chine ou ASEAN+3, mais il les concurrence également. Il ne faut pas se tromper, les enceintes récemment créées n’ont pas seulement pour objet de développer des coopérations de proximité, elles sont aussi des forums de dialogue politique. Elles concourent à des alignements narratifs et stratégiques.
Le troisième facteur structurant est celui d’une unité grandissante de la famille asiatique. Cela étant, les relations entre la Chine et les autres pays d’Asie ne sont pas un long fleuve tranquille et, évidemment, le ralentissement économique chinois inquiète. Il est intéressant de noter l’existence aujourd’hui d’une dynamique en Asie-Pacifique qui va au-delà de la Chine, même si celle-ci demeure encore une masse centrale incontournable. On a vu ainsi qu’en 2022-2023, le commerce intra-asiatique hors Chine a augmenté plus rapidement que le commerce de la Chine avec ses principaux partenaires. Une dynamique peut-être durable ! Elle ne saurait être sans conséquences politiques, notamment sur les relations entre groupes régionaux, non seulement en Asie mais probablement avec le reste du monde. C’est une opportunité à saisir, en particulier pour les Européens qui voient dans la Chine une rivale systémique et dans l’ASEAN un acteur central de leurs stratégies indo-pacifique.

L’hypothèque de Taïwan

Dans cette dynamique régionale que vous décrivez dans votre ouvrage, que pourriez-vous ajouter sur cette grande hypothèque que constitue Taïwan ?
Christian Lechervy : Cette hypothèque est liée au théâtre de l’Asie du Sud-Est tout comme à l’ordonnancement de l’espace maritime et insulaire du Pacifique. Cette réalité était d’ailleurs déjà au cœur des diplomaties des États occidentaux dans les années 50 avec la conjonction de la Guerre de Corée, des affrontements armés sino-taïwanais et de la première Guerre d’Indochine. Cette réalité prend aujourd’hui à nouveau forme sous trois angles. Le premier est la volonté américaine de développer un espace de sécurité entre le Japon, les Philippines et les territoires américains du Pacifique, en particulier micronésiens comme Guam et les Mariannes du nord.
Le deuxième est le fait que ces territoires sont désormais physiquement menacés par des capacités balistiques, maritimes et sous-marines développées ces dernières années par la Chine mais également la Corée du Nord. Le troisième élément est à trouver dans le réordonnancement des capacités à l’échelle macro-régionale. Ce sont ces trois dimensions qui font que Taïwan est pris dans une approche plus globale. On voit bien que la question de Taïwan est à la fois hautement stratégique parce que si l’île tombait dans le giron chinois, on verrait apparaître des changements d’équilibre absolument déterminants pour le siècle à venir. De ce fait, cette question est évidemment scrutée de très près, avec en toile de fond cette épée de Damoclès quant à la crédibilité de toutes les capacités de dissuasion américaine.
Sophie Boisseau du Rocher : Lorsque JD Vance disait à Munich « Nous, nous voulons consacrer l’essentiel de nos capacités à l’Asie-Pacifique », c’est d’abord à la question de Taïwan qu’il pensait. Il n’est pas le seul dans l’administration américaine à le dire. En arrière-plan se joue la pérennité du réseau d’alliances américaines, de la première chaîne d’îles qui permet encore de considérer l’océan Pacifique comme un « lac américain ». Les pays d’Asie-Pacifique ne se leurrent pas sur les intentions du pouvoir chinois qui exerce, avec une méthode implacable et des moyens considérables, une coercition graduelle sur la région. Lorsque Xi Jinping annonce que l’objectif est de « réintégrer Taïwan » dans la famille chinoise, la vraie et seule question est : quand et avec quelles conséquences ? En même temps, les partenaires est-asiatiques de Pékin activent, discrètement, leurs leviers de manœuvre. Quoiqu’il en soit, la guerre d’Ukraine, dûment étudiée dans la région, a calmé les ardeurs chinoises : un enlisement sur « l’île renégate » serait absolument dramatique pour les intérêts chinois. Pékin préfèrerait reporter son coup de force à une date ultérieure, pour autant qu’elle soit sûre que cette date lui permettrait de trancher rapidement dans le vif. La question reste évidemment très complexe car une telle aventure doit répondre à la fois à des considérations militaires, économiques, technologiques et représente donc un défi politique. A ce titre, Taïwan est un enjeu systémique pour le monde entier.
Christian Lechervy : Dans toute la région Asie-Pacifique, la géographie s’impose aux stratèges chinois. La Chine doit développer et déployer des instruments de puissance de haute mer. C’est pourquoi on la voit aujourd’hui active dans l’océan Indien, en Méditerranée, voire plus au nord de l’Europe. S’agissant de Taïwan, l’enjeu naval pour la Chine est considérable. Pour accéder à l’océan Pacifique et à ses eaux profondes, il est indispensable de passer en sécurité par des passages septentrionaux et orientaux assez étroits, soit par le nord de l’île, soit par le sud. Le contrôle de ces deux détroits et leur accessibilité est un élément central pour la Chine mais également pour bien d’autres acteurs. C’est dans ce contexte que se reformatent les politiques de défense de la région et les partenariats transnationaux de sécurité. Les autorités chinoises se montrent, depuis quelques années déjà, particulièrement actives en la matière. Elles (ré)écrivent leur récit politique sur la sécurité régionale et proposent de nouveaux partenariats pluriannuels jusqu’aux plus petits des territoires. Le dernier en date a été signé le 15 février 2025 entre le Premier ministre des îles Cook, Mark Brown, et son homologue chinois, Li Qiang.

L’ASEAN, modèle d’intégration

Quid dans ces grands jeux régionaux de l’Asie du Sud-Est ? Quelle crédibilité donner à l’ASEAN ?
Sophie Boisseau du Rocher : Cette organisation régionale rassemble les dix et bientôt onze pays d’Asie du Sud-Est, Timor-Leste qui a obtenu un statut d’observateur en 2022, pouvant intégrer l’Association en 2025 ou 2026. L’ASEAN est précisément un modèle très souple. Elle permet de surmonter les divergences d’une région qui n’a rien d’homogène. C’est une région carrefour. Elle est traversée par de multiples influences. Les États y ont des statuts politiques très différents. Les populations sont, elles aussi, très hétérogènes. Entre les quelque 280 millions d’Indonésiens et les près de 500 000 habitants de Brunei, entre la très riche cité-État de Singapour et la Birmanie demeurée un des pays les moins avancés (PMA), entre les Philippines catholiques, la Thaïlande bouddhiste ou la Malaisie musulmane, ces pays présentent des configurations excessivement variées. Cet ensemble exigeait de ce fait la mise en place d’un régionalisme très souple, fluide, avec en toile de fond des coalitions de circonstances. Mais au fond, son mode de décision par consensus donne à la région une véritable cohérence. Il lui permet de rassembler autour d’elle d’autres partenaires qui n’avaient pas toujours l’habitude de se parler. Il a aussi permis à l’Asie du Sud-Est de se hisser à un statut de région émergente.
Christian Lechervy : L’Asie du Sud-Est est un pôle partenarial. C’est le cœur de l’Asie-Pacifique. Au sens géographique du terme, à un moment où il s’agit d’agir à la fois dans l’océan Indien et dans l’aire Pacifique, alors que les enjeux de sécurité économique se nouent sur la fluidité des flux maritimes. Deuxièmement, comme nous le montrons dans notre ouvrage, c’est le cœur de la construction institutionnelle de l’Asie-Pacifique. C’est de là que sont nées les institutions les plus macro-régionales comme le sommet de l’Asie de l’Est. Enfin, l’Asie du Sud-Est est un modèle pour développer des relations avec le reste du monde en réussissant à donner des formes intergouvernementales de bloc à bloc avec le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Europe, l’Amérique latine et l’Asie elle-même. Tout ceci permet à l’Asie du Sud-Est de masquer ses propres fractures. La crise née du coup d’Etat militaire du 1er février 2021 en Birmanie voit s’opposer les approches des pays de l’Asie du Sud-Est « continentale » (Cambodge, Laos, Thaïlande, Vietnam) et celles de l’Asie du Sud-Est « maritimes ». Néanmoins, il y a avec l’ASEAN un modèle de développement et d’intégration de l’ensemble Asie-Pacifique. Au fond, c’est presque là la raison d’être de l’ASEAN depuis la fin des années 80. L’Asie du Sud-Est va continuer de connaître une évolution de ses institutions et de ses politiques. Mais sa grande force, et je voudrais insister là-dessus, c’est qu’au fond, depuis une cinquantaine d’années, elle a acquis une capacité à se projeter géographiquement et dans le temps. L’adoption de la « Vision de la communauté de l’ASEAN 2045 » en témoigne. Elle a pour objet de « façonner un avenir vert, connecté et durable pour toute la région » ; une vaste ambition pour l’Asie et le Pacifique mais aussi toute notre planète.
Propos recueillis par Pierre-Antoine Donnet

À Lire

L’Asie-Pacifique, Nouveau centre du monde, Sophie Boisseau du Rocher et Christian Lechervy, Éditions Odile Jacob, 307 pages, 23,90 euros.

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A propos de l'auteur
Ancien rédacteur en chef central de l'AFP, Pierre-Antoine Donnet est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages consacrés à la Chine, au Japon, au Tibet, à l'Inde et aux grands défis asiatiques. En 2020, cet ancien correspondant à Pékin a publié "Le leadership mondial en question, L'affrontement entre la Chine et les États-Unis" aux Éditions de l'Aube. Il est aussi l'auteur de "Tibet mort ou vif", paru chez Gallimard. Après "Chine, le grand prédateur", paru en 2021 (l'Aube), il a dirigé fin 2022 l'ouvrage collectif "Le Dossier chinois" (Cherche Midi). Début 2023, il signe "Confucius aujourd'hui, un héritage universaliste" (l'Aube) puis en 2024 "Chine, l'empire des illusions" (Saint-Simon) et "Japon, l'envol vers la modernité" (l'Aube). Son dernier livre, "Taïwan, survivre libres" (éditions Nevicata, collection l'âme des peuples), est paru le 14 novembre 2025.