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La 32ème édition du Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul (FICA) est lancée

Cérémonie d’ouverture de la 32ème édition du Festival International des Cinémas asiatiques de Vesoul (FICA). Photo Mai Tran. DR.
Cérémonie d’ouverture de la 32ème édition du Festival International des Cinémas asiatiques de Vesoul (FICA). Crédits photo:@Jean-François Maillot
Les cinémas d’Asie connaissent leur heure de gloire à Vesoul pendant une semaine, du 27 janvier au 3 février, avec la sélection du FICA : 87 films dont 40 inédits venus de 24 pays asiatiques. Les résultats du palmarès seront annoncés mardi 3 février au soir.
La 32ème édition du FICA rassemble à nouveau tous les ingrédients qui font le succès de ce festival : ouverture, diversité, passion et indépendance. Depuis la soirée d’ouverture avec les cofondateurs Martine et Jean-Marc Thérouanne et le président du jury international, le réalisateur chinois Wang Bing, les salles ne désemplissent pas au cinéma Majestic pour visionner les 87 films de la sélection. Les discussions et commentaires fusent au gré des rencontres et des pauses.
Affiche du Festival.
Affiche du Festival.

Des choix audacieux pour la programmation

Le FICA, comme le nomment maintenant les habitués, s’impose comme le Festival de référence des cinémas asiatiques en France, malgré la multiplication de ce type d’évènement. « Oui, il y a beaucoup de festivals de cinéma asiatique aujourd’hui en France, » reconnaît Jean-Marc Thérouanne, « mais ils sont souvent consacrés à un pays ou à une région, ou ils sont organisés par des organismes dépendants d’un service culturel. Nous avons toujours voulu avoir la liberté de choix et nous souhaitons faire découvrir l’ensemble de l’Asie. »
Force est de constater que les choix de programmation sont audacieux. La Palestine est représentée avec 6 films aux côtés du Liban et de la Syrie, regroupés dans la section « Les cinémas arabes du Proche-Orient. » Le Tibet et le Sikkim sont montrés dans la section « Les cinémas du toit du monde » avec la part belle au cinéma du Bhoutan. Ce pays de quelque 780 000 habitants est présent avec 9 films. « Nous avons voulu mettre en avant le cinéma bhoutanais, » s’enthousiasme Jean-Marc Thérouanne, « c’est une vraie découverte, ce cinéma. Il est de grande qualité et il apporte beaucoup de fraîcheur. » Les films bhoutanais sont en effet une belle expression de l’affirmation d’une culture et d’un pays. « The Next Guardian » pose la question de la reprise d’un monastère « familial » avec la pression de la famille pour le choix d’une éducation religieuse ou laïque. Avec « Price of Letter », on suit les pérégrinations d’un facteur qui relie la capitale à un village de montagne au cours d’un périple qui dure 12 à 15 jours qu’il pleuve ou qu’il neige. « Dakini », film policier mêle aventure et mysticisme, avec un vrai succès international.

Une reconnaissance internationale

Depuis le premier festival en 1995, Martine et Jean-Marc Thérouanne ont gravi les échelons de la reconnaissance internationale avec une constance et une passion intactes. Ils sont désormais reconnus et fêtés dans les grands festivals asiatiques, comme le Festival International du film de Busan, considéré comme le plus important festival international du film en Asie. Martine Thérouanne, y a été la présidente du jury Jiseok. Ils sont aussi proches des organisateurs du Festival du film d’Asie de Danang. Le FICA attire des personnalités internationales de premier plan : le réalisateur Wang Bing, est un documentariste internationalement reconnu. Katayoon Shahabi, grande promotrice du cinéma iranien, désormais basée en France, est également une habituée du festival comme le coréen Lee Kwang-kuk. Car le festival n’oublie pas de célébrer les 140 ans de relations diplomatiques entre la France et la Corée en programmant des longs métrages et des documentaires.
Cette reconnaissance internationale permet au FICA de devenir la plateforme de lancement de films avec des avant-premières internationales, européennes et françaises. « C’est sans doute une de mes grandes fiertés de cette édition, » commente Jean-Marc Thérouanne, « nous programmons près d’une vingtaine d’avant-premières tant dans le domaine de la fiction que du documentaire. » Il est vrai que l’on se régale à découvrir des films inédits, tant parmi les « initiés » que le public de Vesoul, adultes ou jeunes, car le public, tout international qu’il soit est aussi local, avec des habitués qui parlent de ce festival comme une belle ouverture à l’Asie et au monde du cinéma.
On attend avec impatience le palmarès de cette édition qui sera annoncé mardi 3 février tandis que les organisateurs commencent déjà à réfléchir à la 33ème édition qui aura lieu du 2 au 9 février 2027. « Le Vietnam y aura une belle place, » nous révèle Jean Marc Thérouanne.
Par Mai Tran

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A propos de l'auteur
Mai Tran est une experte en communication. Elle est active sur des sujets relatifs à l'Asie du fait de son expérience en Chine et à Singapour et de ses origines vietnamiennes. Elle a intégré le bureau de Asia Society France et soutient Asialyst et Asia Magazine. Son expérience journalistique et ses activités associatives lui permettent de contribuer à Asialyst, notamment dans la culture et la musique. Son expérience professionnelle se trouve dans le secteur communication santé, dans lequel elle a passé une grande partie de sa carrière.