Culture
Cinéma

Le festival de Vesoul 2025 couronne un film coréen et trois films d’Asie centrale

Park Ri-woong, lauréat du FICA 2025. Photo de Jean-Marc Thérouanne.
Park Ri-woong, lauréat du FICA 2025. Photo de Jean-Marc Thérouanne.
Un jeune réalisateur coréen, Park Ri-woong, remporte le Cyclo d’or avec son deuxième film « Land of the morning calm » qui brosse un portrait pessimiste de l’évolution de la Corée. Mais c’est surtout l’Asie centrale qui est mise à l’honneur dans ce palmarès avec trois films largement primés. « Abel » d’Elzat Eskendir du Kazakhstan reçoit le prix spécial du jury, le prix du Jury NETPAC et le prix du jury de la critique. « Deal at the border » du Kirghize Dastan Zhapar Ryskeldi gagne le prix du jury et le prix du jury Marc Haaz et « To kill a mongolian horse » de la Chinoise Jiang Xiaoxuan obtient la « mention spéciale » du Jury et le prix des Amis du musée Guimet.
A l’heure où la culture subventionnée est menacée dans plusieurs régions françaises, le Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul (FICA), qui s’est déroulé du 11 au 18 février 2025, poursuit sa route avec succès dans cette petite ville du Nord Est. Il retrouve même la fréquentation des années pré-Covid avec plus de 33 000 entrées pour 91 films de 23 pays allant du Liban à la Corée du Sud en passant par l’Asie centrale. Outre les sections habituelles « visages du cinéma contemporain », « documentaires », « japanimation » et « jeune public », le festival rendait cette année hommage au grand réalisateur chinois Jia Zhangke (voir interview en encadré) couronné avec sa compagne l’actrice Zhao Tao d’un double Cyclos d’or d’honneur. Le festival portait aussi un regard approfondi sur les cinémas de Hong-Kong et de Birmanie. Et il proposait un passionnant voyage intitulé « génération(s) » autour du thème des solidarités et de la transmission familiales.

La culture en péril

Dans son éditorial du catalogue, Jean Marc Thérouanne, délégué général et cofondateur du Festival , qui consacre bénévolement toute son énergie depuis plus de trente ans à faire vivre son festival avec un budget serré et une équipe de 140 bénévoles, ne mâche pas ses mots: « Un festival international de cinéma est un instrument culturel au service du plus grand nombre, un facteur d’attractivité culturelle d’un territoire, un élément dynamique de l’économie régionale, avec des retombées économiques, pédagogiques, éducatives, sociales favorisant l’harmonie. Certains décideurs à courte vue ne regardent que le coût d’un festival [….] Les systèmes autoritaires, voire totalitaires, ne se trompent pas sur l’importance des enjeux culturels puisqu’ils veulent mettre la culture sous le boisseau. Que les mauvais génies désirant réduire voire supprimer les subventions à la culture, comme cela se passe, en ce moment, dans certains secteurs ou territoires de notre « France, mère des arts, des armes et des lois » pour reprendre l’expression du poète Joachim du Bellay, réfléchissent aux conséquences de leurs actes. » Cet avertissement sérieux, venu d’une équipe qui a réussi à hisser son festival à un niveau mondialement reconnu, avec un fort ancrage territorial, n’empêche pas le Festival de continuer sa mission de tête chercheuse délivrant des pépites cinématographiques tout en permettant de belles rencontres dans une atmosphère conviviale.

Hommage à Jia Zhangke, le « poète chroniqueur »

« L’idée de rendre hommage cette année à Jia Zhangke est venue comme une évidence », explique Jean-Marc Thérouanne. « Avec ma femme, nous connaissons Jia ZhangKe depuis 1998 quand il est venu présenter son premier film « Xiao wu artisan pickpocket » au festival des trois continents. J’avais été étonné à l’époque de voir la façon dont il filmait. Il était complètement influencé par la nouvelle vague, notamment Godard. Il est venu à Vesoul pour la première fois il y a 20 ans. Il a remporté la compétition avec son film « The World ». Nous avons développé une amitié. Nous avons des points communs. Nous travaillons en couple. Nous avons créé chacun un festival pédagogique, sorti de l’âme, que nous avons voulu lancer dans notre province natale. Nous sommes attachés à la ruralité. Ma femme est membre du jury au festival de Pingyao. » Vesoul a donc présenté cette année l’intégrale de ses films, fictions et documentaires, de « Xiao Wu artisan pickpocket » (1997) aux « Feux sauvages » présenté à Cannes en 2024, en passant par « Platform », « Plaisirs inconnus », « The world », « Dong », « Still Life », « Useless », « 24 City », « I wish I knew », « A touch of sin », « Au-delà des montagnes », « Les éternels », et un documentaire inédit « Swimming out until the sea turns blue » qui filme au plus près des visages aussi beaux que des portraits de Rembrandt.
Dans la compétition « visages des cinémas d’Asie contemporains », quinze films sortis en 2024, dont cinq avant-premières, étaient présentés, venus de pays très divers, allant du Bhoutan au Japon en passant par la Corée du Sud, la Birmanie, la Mongolie, l’Iran, la Chine, les Philippines, le Kazakhstan, le Kirghizistan et Singapour. A noter, le très beau film du Bhoutan, « I, the Song » magnifiquement défendu par son actrice Tandin Bidha, présente au Festival. Elle joue avec maestria deux rôles différents dans un même film qui tient à la fois du policier et de la quête de soi psychologique et spirituelle. A noter aussi en avant-première, un véritable « ovni » cinématographique, « Black Box Diaries », tourné par Ito Shiori, une jeune journaliste japonaise qui se met en scène en documentant avec rigueur son enquête sur son propre viol et sa quête de justice.

La famille comme lieu d’entraide et de transmission

La section génération(s) s’est révélée particulièrement passionnante.
« C’est une idée qu’on a eue ensemble. Nous formons une équipe très intergénérationnelle. Nous avons voulu décliner cette idée de la famille, non pas comme le lieu des conflits mais comme un espace d’entraide et de transmission. Les familles peuvent être recomposées ou choisies, comme dans le beau film du Japonais Kore Eda Hirozaku, « Une affaire de famille », ou dans « Capharnaüm » de la Libanaise Nadine Labaki tourné en 2018, qui tous deux traitent de l’enfance maltraitée. Elles peuvent inclure les amis comme dans le surprenant film du Yémen « Les lueurs d’Aden » tourné en 2023 par Amr Gamal, premier long métrage de fiction yéménite à franchir les frontières qui montre un Islam plus ouvert qu’on ne le pense dans une ville de bord de la mer filmée avec tendresse. Ils peuvent aussi s’appesantir sur la relation père fils avec « Il était un père » d’Ozu Yasujiro (1942) ou « Pushing Hands » , premier film de Ang Lee( 1992) qui filme avec finesse, brio et humour les tensions interculturelles entre un père taïwanais, champion de tai chi qui vient s’installer chez son fils aux États-Unis et sa belle-fille américaine. « Pour la sélection des films de cette section j’ai visé large, du plus ancien en 1942 jusqu’à aujourd’hui. J’ai puisé dans ma mémoire et dans ce que je visionne. Je vois 700 films par an », explique Jean Marc Thérouanne.

A la découverte du cinéma de Hong-Kong et de Birmanie

Deux cinémas étaient très bien représentés cette année, celui de Hong-Kong et celui de Birmanie. « Il y avait longtemps que je voulais présenter le cinéma de Hong-Kong » explique Jean Marc Thérouanne qui avait une vingtaine d’années quand « Big Boss » de Bo Lei est sorti en 1971, qui lui a donné l’envie de faire du karaté. « Bruce Lee a influencé énormément les jeunes Occidentaux de ma génération, comme aujourd’hui les jeunes Occidentaux sont très marqués par la japanimation ou la K-pop. » Outre ce cinéma de Hong-Kong à grand spectacle – cinéma de sabre avec Sammo Hung ou John Woo (« Les trois royaumes ») ou cinéma de gangster avec Johnnie To, Jean Marc Thérouanne a tenu à présenter d’autres faces du cinéma de Hong-Kong, comme le cinéma d’auteur de Ann Hui, de Stanley Kwan et bien sûr du somptueux Wong Kar-wai.
Avec la sélection des films birmans confiée à la spécialiste de ce cinéma, Aloyse de la Faye, le festival a poursuivi sa vocation de tête chercheuse avec des films souvent sombres qui, à cause du danger très fort de répression par la junte militaire au pouvoir, utilise volontiers la parabole.
A l’issue de ce magnifique voyage qu’offre de façon concentrée le Festival, pour les cinéphiles et les amoureux de l’Asie, il ne reste plus qu’à attendre la 32eme édition qui aura lieu du 27 janvier au 3 février 2026 et devrait offrir, nous confie Jean Marc Thérouanne, un regard sur les cinématographies du Toit du Monde (Népal – Bhoutan, …) et du Liban.
Par Anne Garrigue

Jia ZhangKe, le poète chroniqueur

Jia Zhang-ke. Photo de Anne Garrigue.
Jia Zhang-ke. Photo de Anne Garrigue.

Président du jury du 31ème festival de Vesoul 2025, Jia ZhangKe est un des cinéastes majeurs actuels. Il a reçu de nombreux prix internationaux dont le Lion d’or de Venise en 2006 pour son film « Still Life », le prix du meilleur scénario à Cannes en 2013 pour « Touch of sin » et le Grand prix du jury de Vesoul pour « The World » en 2005.
Vous avez choisi de passer une dizaine de jours à Vesoul à la rencontre du public de ce festival consacré aux cinémas asiatiques et vous êtes heureux, dites-vous, de ce contact avec un public français enthousiasmé par les cinémas asiatiques. Vous avez créé vous-même un festival de cinéma depuis huit ans à Pingyao dans le nord de la Chine dans votre région natale. Pouvez-vous me parler des raisons de la création de ce festival ?
Jia Zhangke : J’ai créé le festival de Pingyao avant tout pour soutenir les jeunes réalisateurs chinois. Il y a plus de 1000 films qui sont produits en Chine par an, souvent par de jeunes réalisateurs. Mais, à part quelques rares élus, le public chinois n’a pas connaissance de ces films et de ces jeunes réalisateurs. Il fallait une plate-forme. Je joue un peu le rôle de rédacteur d’une revue qui porte des auteurs à la connaissance du public.
Il y aussi une réalité : nous sommes un peu refermés sur nous-mêmes et le travail qui est fait pour faire connaître au public chinois les cinémas du monde n’est pas suffisant. En général quand ce travail est fait, c’est exclusivement envers les cinémas américain et français. J’éprouvais aussi le besoin de faire connaître des réalisateurs asiatiques ou d’Amérique du Sud et encore une fois avec un focus plus particulier sur les jeunes réalisateurs.
En France on assiste à un recul du soutien public à la culture notamment dans certaines régions, ce qui handicape le développement de la vie culturelle. Quelle est la situation en Chine ? Où en est la vie associative et culturelle dans la rue et dans les cinémas ?
En ce qui concerne les grands festivals de cinéma comme ceux de Shanghai ou de Pékin, financés à 100% par le gouvernement, on n’observe aucune régression. Au contraire, ils continuent à être financés par l’Etat et, petit à petit, les recettes de la vente des tickets permettent de gagner de l’argent. D’autres festivals, comme celui que j’ai créé à Pingyao, ne comptent que sur leurs recettes. Mais la fréquentation augmente aussi et il semble que le public est vraiment très curieux de la situation du cinéma international.
Qu’en est-il au-delà des festivals ? En Corée du Sud, un public jeune se déplace pour les festivals mais ne va plus dans les salles de cinéma. Où en est l’appétence du public chinois pour voir des films en dehors de chez eux, avec d’autres, dans un lieu public ?
En Chine, juste après la pandémie, la fréquentation des salles était tombée assez bas mais tout d’un coup, depuis le dernier nouvel an, le public est revenu dans les salles de cinéma. En Chine, la moyenne d’âge des spectateurs de cinéma était entre 16 et 20 ans et maintenant c’est un peu plus âgé : 20-24 ans. En tout cas, ce sont des jeunes avant tout. Et je note qu’à Pingyao, c’est un public encore plus jeune qui a entre 18 et 20 ans.
Est-ce que le cinéma arrive à faire sortir les gens de chez eux?
Dans la foulée de la pandémie, les gens ont pris l’habitude d’avoir un nouveau rapport aux écrans et de surtout de regarder des vidéos courtes qui ne font pas plus de deux ou trois minutes, des flash. Mais je suis moi-même confiant dans l’avenir de la salle de cinéma parce que rien ne pourra jamais remplacer le fait que l’on se retrouve ensemble dans une salle, qu’on soit 30, 50 personnes ou plus, un groupe d’individus qui ne se connaissent pas mais qui se retrouvent. Je suis persuadé que cela va continuer.
Depuis plus de 25 ans, vous faites un portrait extrêmement vrai des Chinois, avec toujours très présent le contexte historique et politique. Je suis curieuse de savoir de quoi vous avez envie de parler à propos de la Chine d’aujourd’hui. Quels sont vos prochains sujets ?
Des gens de mon entourage se demandent aujourd’hui si le cinéma en Chine ne va pas être confronté aux même problèmes que l’opéra de Pékin, entrer dans les musées et ne plus être quelque chose de vivant. Je pense qu’à la différence de l’opéra traditionnel, le cinéma suit les évolutions technologiques. Ces technologies nouvelles mises au service du cinéma peuvent ouvrir des possibilités d’évolution et de création inédites. Mon intérêt se porte aujourd’hui sur la société actuelle post pandémique. Et je pense me consacrer à nouveau à des histoires de jeunes.
Comment caractérisez-vous cette société post pandémique en Chine ? Qu’est ce qui domine ? Est-ce que c’est pareil dans les villes et à la campagne, au-delà des grandes villes de la côte Est?
Pour moi ce qui caractérise la société chinoise actuelle, c’est, à plein de niveaux différents, l’incertitude, toutes sortes d’incertitudes auxquelles on est confrontés. Et, parallèlement, cela implique une adaptation à laquelle on n’est pas prêts. On ne sait pas encore quoi faire de ces incertitudes. On n’est pas adaptés à une situation qui comprend autant d’incertitudes. C’est un bouleversement. Et il y a des contradictions très fortes entre les points de vue au sein de la société.
Au début des années 2000, il y avait une diffusion massive de tous les cinémas en Chine à travers les dvd piratés qui ont suscité une grande bouffée d’air. Que peut-on attendre de la société chinoise, des artistes et des gens ordinaires, quand la place du soft power américain tend à s’effondrer ?
Là, pour le coup, face à toutes ces incertitudes dont on a parlé, je voudrais formuler l’espoir qu’on revienne à plus d’humanité, qu’on essaie de comprendre les choses du point de vue de l’individu, non pas dans le sens de l’individualisme, mais dans celui de l’être humain. Qu’on soit de droite de gauche ou du centre, on essaie toujours de protéger nos convictions alors que je crois qu’on a besoin de laisser tomber droite ou gauche pour se dire qu’on est avant tout des êtres humains. Il faut partir de cela, se recentrer à partir de là.
Propos recueillis par Anne Garrigue

Le palmarès du 31ème Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul 2025

CYCLO D’OR D’HONNEUR :
Jia Zhangke, réalisateur (Chine) et Zhao Tao, actrice (Chine).

CYCLO D’OR :
« The Land of Morning Calm » de Park Ri-woong (Corée). Regarder ce film, c’est comme plonger dans l’océan. Le réalisateur nous entraîne sous la surface apaisante pour nous immerger dans les profondeurs de la vie, au cœur des courants sous-jacents d’une réalité en perpétuelle agitation. Il parvient, contre toute attente, à conserver une simplicité fluide dans son langage cinématographique tout en restant profondément attentif à son sujet. Cela nous permet d’observer de près, de réfléchir et d’être touchés par la lumière de la nature humaine.

“The Land of Morning Calm”. DR.
“The Land of Morning Calm”. DR.

GRAND PRIX DU JURY :
« Abel » d’Elzat Eskendir (Kazakhstan) – Nous sommes profondément touchés par l’authenticité et l’assurance de la vision créative du réalisateur. Il porte un regard réfléchi sur l’histoire de son propre pays avec une attitude déterminée et sereine. À travers des plans et des mouvements soigneusement conçus, le réalisateur capture les conflits et la colère du peuple sur cette terre désolée, guidant le spectateur à revisiter l’ère tumultueuse que le Kazakhstan a traversée après son indépendance. L’acteur principal, Yerlan Tuleutay, incarne avec précision et subtilité à la fois la vulnérabilité et la résilience, nous permettant de ressentir pleinement les luttes de ces individus ordinaires qui tentent de survivre au cœur des bouleversements historiques.

"Abel". DR.
"Abel". DR.

PRIX DU JURY :
« Deal at the Border » de Dastan Zhapar Ryskeldi (Kirghizistan)‏ pour sa capacité à entrelacer magistralement les thèmes de la survie et du choix moral, tout en mettant en avant une performance remarquable de l’acteur principal. Cette œuvre poignante éveille les émotions et suscite la réflexion.

"Deal at the border". DR.
"Deal at the border". DR.

MENTION SPECIALE :
« To Kill a Mongolian Horse » de Jiang Xiaoxuan (Chine) : un premier film intime et captivant, offrant une représentation émouvante et audacieuse d’une société en mutation.

PRIX DU JURY NETPAC (NETWORK FOR THE PROMOTION OF ASIAN CINEMA) :
« Abel » d’Elzat Eskendir (Kazakhstan). Ce film offre un regard puissant sur l’impact du démantèlement des fermes collectives sur la vie des bergers au Kazakhstan après l’effondrement de l’URSS. À travers Abel et sa famille, il montre comment leurs valeurs traditionnelles les relèguent aux marges de la société tout en leur offrant un refuge où ils peuvent restaurer leur dignité et retrouver leur place dans un monde en mutation. Le réalisateur fait preuve d’une maîtrise exceptionnelle de la mise en scène dans ce premier film.

PRIX MARC HAAZ :
« Deal at the Border » de Dastan Zhapar Ryskeldi (Kirghizistan). Avec un scénario bien écrit et une production soigneusement réalisée, cette histoire simple et toute en sensibilité nous a captivés dès le début. Ce film au casting crédible et efficace a toutes les chances de rencontrer un large public en salle.

PRIX DU JURY DE LA CRITIQUE :
« Abel » d’Elzat Eskendir (Kazakhstan). Parmi la sélection des 9 films en compétition, tous intéressants, le film Abel nous a semblé la révélation d’un vrai cinéaste par la qualité de sa mise en scène. L’organisation de l’espace, le rythme de ses longs plans, la direction d’acteurs non professionnels sont les atouts de ce premier film déjà mature.

PRIX DES AMIS DU MUSÉE GUIMET :
« Deal at the Border » de Dastan Zhapar Ryskeldi (Kirghizistan). Parce qu’il montre comment un petit gangster se transforme en une véritable Antigone du Kirghizistan, en donnant sa vie pour faire enterrer dans son village une jeune esclave fugitive, ce film démontre l’accord profond des plus anciennes traditions culturelles et de l’universalisme humain.

COUP DE CŒUR AMIS DU MUSÉE GUIMET :
« To Kill a Mongolian Horse » de Jang Xiaoxuan (Chine). Le portrait de cet éleveur mongol peu à peu dépossédé de son identité dans une société qui transforme ses traditions en attractions touristiques, où ni la langue ni la culture autour du cheval ne sont plus transmises nous interpelle profondément. En tant qu’amis de Guimet, cette réflexion sur l’acculturation résonne avec notre mission de préserver et valoriser les patrimoines culturels d’Asie.

PRIX DU PUBLIC DU FILM DE FICTION :
« La Femme qui en savait trop » de Nader Saeivar (Iran).

PRIX DU JURY LYCÉEN :
« Kono Basho » de Jaime Pacena II (Philippines).

PRIX DU PUBLIC DU FILM DOCUMENTAIRE :
« My Dearest Viet » de Kawabata Kohei (Japon, Vietnam).

PRIX DU JURY JEUNES :
« Bittersweet Honey » de Freddy Aung (Birmanie).

Reprise de films primés au Musée Guimet de Paris du 27 au 29 mars 2025.

La 32e édition du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul aura lieu du 27 janvier au 3 février 2026.

Renseignements :
FICA – Festival international des Cinémas d’Asie, 25 rue du docteur Doillon 70 000 VESOUL – France Tel. : + 33 (0)3 84 76 55

Soutenez-nous !

Asialyst est conçu par une équipe composée à 100 % de bénévoles et grâce à un réseau de contributeurs en Asie ou ailleurs, journalistes, experts, universitaires, consultants ou anciens diplomates... Notre seul but : partager la connaissance de l'Asie au plus large public.

Faire un don
A propos de l'auteur
Ecrivain-journaliste résidant à Paris depuis 2014, Anne Garrigue a vécu et travaillé près de vingt ans en Asie de l’Est et du Sud-Est (Japon, Corée du Sud, Chine et Singapour). Elle a publié une dizaine d’ouvrages dont Japonaises, la révolution douce (Philippe Picquier), Japon, la fin d’une économie (Gallimard, Folio) , L’Asie en nous (Philippe Picquier), Chine, au pays des marchands lettrés (Philippe Picquier), 50 ans, 50 entrepreneurs français en Chine (Pearson) , Les nouveaux éclaireurs de la Chine : hybridité culturelle et globalisation ( Manitoba/Les Belles Lettres). Elle a dirigé les magazines « Corée-affaires », puis « Connexions », publiés par les Chambres de commerce française en Corée et en Chine.