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Corée du sud : main tendue pour l'ouverture de discussions militaires avec le voisin du nord

Le président sud-coréen Moon Jae-in lors du sommet du G20.
Le président sud-coréen Moon Jae-in lors du sommet du G20. (Crédit : Michael Klimentyev/Sputnik / AFP).
« Je suis prêt à rencontrer le président Kim Jong-un à tout moment, où que ce soit. » Les principes posés par Moon Jae-in lors de son discours de Berlin ont été entendus. Ce lundi 17 juillet le ministère de la Défense sud-coréen a ainsi proposé à Pyongyang la tenue d’un sommet militaire pour la réduction des tensions sur le 38e parallèle. Également, dans une déclaration séparée, Séoul propose la réouverture des réunions familiales organisées par la Croix-Rouge entre les deux Corées.
Gérer l’arrêt de « tous actes d’hostilité le long de la ligne de démarcation ». Selon le Korea Times, les pourparlers se dérouleraient le vendredi 21 juillet à Tongilgak, un bâtiment nord-coréen dans le village de Panmunjeom – seule zone de rencontre entre les deux Corées au milieu de la DMZ (Korean Demilitarized Zone). Si ce sommet a effectivement lieu, cela sera le premier entre les deux autorités militaires coréennes depuis 3 ans. Le dernier en date, celui du 15 octobre 2014, ayant échoué à réduire les tensions.
À cette occasion, chaque côté aura ses revendications : il est probable que Séoul demande l’arrêt de l’utilisation de haut-parleur pour la diffusion de messages de propagande sur la DMZ et Pyongyang la fin de la distribution de flyers anti-Corée du Nord. Pour autant, selon les experts interrogés par le journal sud-coréen, il y a beaucoup de chance pour que le Nord accepte la tenue de cette rencontre puisqu’elle suit les annonces du régime. En effet, lors du 7ème congrès du Parti des travailleurs de Corée en mai 2016, Kim Jong-un avait déclaré espérer une rencontre militaire entre les deux Corées.
Cette invitation doit être perçue comme la mise en œuvre du discours de Berlin, lorsque le président sud-coréen avait insisté sur l’importance du dialogue entre les deux Corées pour négocier une situation qu’il qualifiait alors de « hautement dangereuse ». Cet arrêt des hostilités le long de la ligne de démarcation pourrait même être un premier pas des plus symboliques – au vu de sa concordance avec le 64ème anniversaire de l’armistice de Panmunjeom marquant la « fin » de guerre de Corée le 27 juillet 1953.
« La Corée du Nord devrait répondre à nos propositions si elle cherche réellement la paix sur la péninsule coréenne » déclare Cho Myoug-gyon du ministère de l’unification en charge des affaires nord-coréenne rapporte le South China Morning Post. Car, toujours ce lundi, l’administration Moon propose également de rouvrir prochainement les négociations pour la réunion de familles séparées par la guerre de Corée. Ces pourparlers seraient, selon la coutume, tenus sous l’égide de la Croix-Rouge. Dans l’idéal, ces réunions familiales auraient lieu lors des vacances Chuseok début octobre. La dernière réunion du genre date elle aussi de 2015. Cependant rien n’est certain quant au retour de la Corée du Nord à la table des négociations sous l’égide de la Croix-Rouge. En effet, pour Pyongyang, les réunions familiales inter-coréennes pourront éventuellement recommencer une fois que la résolution du « problème Kim Ryon-hui » sera actée – soit « l’affaire » de cette réfugiée nord-coréenne installée au Sud et souhaitant retourner au Nord. De nouveau, cette annonce va dans la droite ligne du discours de Berlin où Moon avait annoncé son souhait de redémarrer le système d’assistance humanitaire vers la Corée du Nord.
Le discours de Berlin du locataire de la Maison Bleue a d’ailleurs été analysé par Stephan Haggard du Peterson Institute for International Economics. Selon lui, Moon développerait ainsi une approche de la Corée du Nord similaire de celle de Park Geun-hye, sa prédécesseur. Soit : une réunion des familles, une union éventuelle par le sport et un arrêt des provocations autour de la DMZ.
La question des rencontres militaires est donc le dernier point d’achoppement puisque Moon a déjà évoqué l’éventuelle tenue de réunions familiales début octobre ainsi que la possible participation de la Corée du Nord aux Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang, en février 2018. La balle est donc dans le camp de Pyongyang.
Par Amina Bouamrirene
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