Economie
Le Regard de Chine Magazine

La relation entre la Chine et le Congo n’est pas gouvernementale

Cinardo Kivuila, directeur général de l’agence de communication digitale et événementielle Médias Business Congo. (Copie d'écran Chine Magazine)
Cinardo Kivuila, directeur général de l’agence de communication digitale et événementielle Médias Business Congo. (Copie d'écran Chine Magazine)
Cinardo Kivuila, journaliste et directeur général de l’agence de communication digitale et événementielle Médias Busines Congo, est également éditeur d’Eventsrdc.com. Il évoque avec notre partenaire Chine Magazine l’évolution des relations entre le Congo (RDC) et la Chine, puis plus largement la « Chinafrique ».
« Si la Chine veut être présente au Congo Démocratique, que son gouvernement signe directement de très bons accords avec le nôtre pour que son image soit redorée. Que ses citoyens présents dans les villes et villages congolais soient dans des grands projets, plutôt que dans les petits commerces (détails) réservés aux nationaux. »
Comment qualifiez-vous les relations entre la Chine et la République démocratique du Congo ?
Je pense que la relation entre la Chine et la République Démocratique du Congo n’est pas gouvernementale. C’est entre le gouvernement congolais et quelques entreprises chinoises. Car, si vous comparez les réalisations de la Chine dans l’ex-Zaïre et celles de la RD Congo, vous remarquerez qu’il y a une grande différence en termes de durabilité. Les routes et les bâtiments construits à l’époque par l’ancien président Joseph Mobutu ne se dégradent pas jusqu’à ce jour. Si la Chine veut être présente au Congo Démocratique, que son gouvernement signe directement de très bons accords avec le nôtre pour que son image soit redorée. Que ses citoyens présents dans les villes et villages congolais soient dans des grands projets, plutôt que dans les petits commerces (détails) réservés aux nationaux. Cela ne correspond pas à leur position économique mondiale.
A mon avis, le peuple d’une deuxième puissance du monde doit refléter leur positionnement. Vous ne verrez pas un Américain, un Français ou un autre peuple d’un pays membre du G7 vendre des lampes torches, des cadenas ou des beignets dans les rues de la RDC. La Chine peut ramener des contrats tels que la construction des grandes lignes ferroviaires, des usines électroménagers et des équipements téléphoniques. Le tout avec le concours de la main-d’œuvre nationale et le respect du code de travail congolais pour qu’à la longue, il n’y ait pas des grondes et des pillages de ces investissements.
Y a-t-il des opportunités pour les entreprises congolaises de toucher le marché chinois ? Et quelles sont-elles ?
Non. Il n’y a pas d’opportunités pour ces entreprises. Car l’économie congolaise est instable, assise sur les minerais et le dollar américain. Ce sont les grandes places boursières du monde qui dictent le fonctionnement économique congolais. A ce jour, la RD Congo importe plus et exporte moins. C’est très dangereux pour un pays qui vise l’émergence d’ici 2030.
Votre site eventsrdc.com est leader des événements et interviews. Pouvez vous le présenter ?
Eventsrdc.com a été créé par moi en 2011, après une formation dans la gestion des blogs et sites Internet. Il est spécialisé dans la publication des informations événementielles et des interviews de tout genre. Il a été plébiscité comme meilleur site d’informations en République Démocratique du Congo le 3 mai 2014, à l’occasion de la journée mondiale de la presse et de la 3ème édition du Prix Lucien Tshimpumpu par l’Union nationale de la presse du Congo. Il a célébré ses 5 ans d’existence le 27 novembre 2016, à Kinshasa avec une série d’activités. Il organise également des événements notamment le festival 100% Break Dance qui est un mix du break dance et des danses congolaises, et la foire du livre et du net de Kinshasa qui se tiendra pour la première fois du 26 août au 2 septembre 2017 au CEPAS à Kinshasa, à côté du département économique de l’ambassade de Chine en République Démocratique du Congo.
Pourquoi avoir décidé de créer un site de ce type ? Et quelles sont vos ambitions pour l’année à venir ?
La décision de créer ce type de média m’est venue après avoir constaté qu’il y avait un vide dans les milieux médiatiques congolais. 99% des médias en ligne de cette époque était plus généralistes que thématiques. Comme j’évoluais déjà entre la presse écrite et la presse en ligne depuis 2004, j’avais directement pris l’option de proposer au monde, singulièrement les congolais, un média qui diffuse des informations événementielles purement culturelles et fait parler des personnes connues, méconnues et pas connues, à travers des interviews écrites, question de les révéler, les présenter ou les rappeler au monde.
D’ailleurs d’un point de vue culturel, y a-t-il des co-organisations entre Chinois et Africains, des activités communes pour mettre en avant les deux cultures ?
Depuis que le Zaïre est devenu RD Congo, je n’ai pas encore vu de tels événements. J’espère qu’avec vous, nous pourrions réfléchir ou mettre en place des projets qui unissent ou qui valorisent la culture de ces grandes nations. Ma structure est ouverte pour renforcer les liens entre ces deux peuples qui se sont connues il y a plus de 50 ans et qui ont aussi quelques convergences, à l’exemple de Kin (Kinshasa) et Pékin. En français, l’on parlera des peuples kinois et pékinois.
A propos de l'auteur
Chine Magazine
Lancé en avril 2016, Chine-Magazine.Com est un site d'actualités sur la Chine situé dans l'Océan Indien, entre l'Afrique et l'Asie. Notre site a pour objectif de donner la parole aux experts et aux observateurs venus des pays émergents, dont l'Afrique et les pays de la Zone Océan Indien, tels que La Réunion (France), l'île Maurice, Madagascar, les Seychelles et l'Union des Comores. Pour C-M.C, l'important est de permettre à chacun de "Comprendre la Chine avant de la juger", comme l'a expliqué Gérald Béroud, fondateur de SinOptic.