Economie
Le Regard de Chine Magazine

Madagascar : une nouvelle exploitation aurifère chinoise dans la tourmente

Baobabs de Madagascar. Copie d'écran de Chine Magazine.
Baobabs de Madagascar. Copie d'écran de Chine Magazine.
« Les Chinois sont venus et ont commencé l’exploitation, sans nous avoir consultés. Nous n’avons même pas été présentés malgré que des étrangers exploitent nos terres. » Ainsi s’indigne un habitant de Betsiaka à Madagascar, interrogé par le site NewsMada. Après Soamahamanina, Bealanana, cette commune malgache, située dans la région de Diana, accueille une exploitation aurifère en lien avec des exploitants chinois, et qui fait polémique.

Produits embarqués par hélicoptère

En juillet, les journalistes du Mouvement pour la liberté d’expression (Mle) ont enquêté sur les lieux, assurant que « tous les ingrédients étaient réunis pour parler de l’existence de véritables ‘pirates de l’or’ ; ces derniers non seulement exploitent un périmètre attribué à autrui, mais se livrent aussi à de véritables rackets sur les petits exploitants locaux. »

Les investigations menées ont montré que « les produits ainsi collectés sont alors embarqués périodiquement par hélicoptère pour une destination inconnue ». Pour NewsMada, ce processus « serait pratiquement impossible sans l’appui de hautes autorités ».

« Encore une fois, des opérateurs chinois se retrouvent mêlés à ce scandale, mais aussi une société malgache du nom de Madagascar Mining dirigée par un certain T.B., un originaire de la région qui semble être le grand manitou dans l’affaire », précisent les journalistes sur le site Matin Madagascar.

Les Chinois nous obligent à plier bagage

L’exploitation d’Andrafialava appartenait dans le passé aux habitants de la localité. Mais l’arrivée des Chinois les a obligés à plier bagage. Certains craignent que les terres ne puissent plus être utilisées après l’exploitation massive par les deux sociétés.

L’exploitation de l’or était une source de revenu pour de nombreux exploitants, dans un pays où 3,6% de la population est sans emploi [selon les chiffres du Bureau International du Travail, eux-mêmes contestés pour ne pas tenir compte du chômage déguisé, NDLR] et la pauvreté touche plus de 56% des Malgaches.

A l’instar de l’exploitation de Soamahamanina, les autorités sont pointées du doigt, dont l’Office national de l’environnement (ONE), seul organisme à pouvoir octroyer une autorisation d’exploitation en considérant les aspects environnementaux.

Or, barytine, pyrite, quartz et galène

NewsMada évoque le nom de la société Kraoma S.A qui « serait impliquée dans cette affaire », car « l’autorisation d’exploitation est ainsi à son nom et date du 12 janvier 2015 ». L’entreprise peut exploiter le terrain de 625m2 pendant 40 ans et y extraire de l’or, de la barytine, de la pyrite, du quartz et de la galène.

Cependant, le directeur général de la société Kraoma, Arsène Rakotoarison, a expliqué aux journalistes de NewsMada avoir « obtenu 5 périmètres ; mais nous ne nous sommes accordés qu’un seul. Et encore, avec plusieurs autres organisations. (…) Ce n’est que plus tard que nous avons constaté que ces organisations ont signé un autre contrat avec la société Madamining, puis avec des Arabes et des Chinois, à notre grand étonnement ».

Par Chine Magazine
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