Politique
L'Asie du Nord-Est dans la presse

Donald Trump dîne avec Xi Jinping et frappe la Syrie, message reçu ?

Le président américain Donald Trump bientôt "ami" avec son homologue chinois Xi Jinping ? Les deux leaders dînaient ce jeudi 6 avril à la résidence du milliardaire à Mar-a_lago en Floride. (Crédits : AFP PHOTO / JIM WATSON)
Le président américain Donald Trump bientôt "ami" avec son homologue chinois Xi Jinping ? Les deux leaders dînaient ce jeudi 6 avril à la résidence du milliardaire à Mar-a_lago en Floride. (Crédits : AFP PHOTO / JIM WATSON)
Dîner avec le président chinois Xi Jinping tout en frappant la Syrie : c’est le tour de force opéré par Donald Trump hier jeudi 6 avril. Alors que les deux chefs d’État se félicitaient de leur toute première rencontre, en dégustant un « contre-filet de bœuf » et de la « sole poêlée » dans la résidence de l’ex-magnat de l’immobilier en Floride, 59 missiles américains pilonnaient la base aérienne depuis laquelle Washington accuse Damas d’avoir lancé une attaque à l’arme chimique contre des civils à Khan Cheikhoun. Coïncidence ? Certainement pas, d’après plusieurs experts sollicités par CNBC. En réalité, le président américain aurait bien pu profiter du calendrier pour faire pression sur le dossier nord-coréen.
C’était l’un des sujets brûlants que Xi et Trump ne pouvaient escamoter : les tirs de missiles répétés effectués par Pyongyang, dont le dernier remonte au mercredi 5 avril. Washington souhaite empêcher le régime nord-coréen de développer des capacités lui permettant de frapper le sol américain, rapporte Reuters, tandis que Pékin s’avère prompt à négocier sur le sujet afin de désamorcer les tensions régionales, souligne le South China Morning Post. Début avril pourtant, Donald Trump avait déclaré au Financial Times que les États-Unis étaient prêts à régler la question de manière « unilatérale » si la Chine ne s’y attelait pas.
Voilà certainement pourquoi le président américain n’a pas attendu la fin de sa rencontre avec son homologue chinois pour frapper la Syrie. Il a su tirer parti des événements pour envoyer un signal fort à Xi Jinping. « Trump peut maintenant dire qu’il est un homme de parole, qu’il applique les menaces proférées, et c’est ce que la Chine et la Corée du Nord auront désormais à l’esprit », conclut Reva Goujon, vice-présidente du département d’analyse globale au think tank Stratfor. De son côté, le quotidien officiel Global Times qualifie la manœuvre de « coup de force » destiné à gommer l’image d’un simple « président-businessman » ainsi qu’à trancher avec la fébrilité de l’administration Obama. Reste à savoir si cela favorisera la prise de mesures concrètes ce vendredi 7 avril à Mar-a-lago, alors que les deux leaders doivent conduire des réunions sur la sécurité.
Pour ce faire, Donald Trump souhaite également mobiliser l’argument économique : « Nous avons été injustement traités et avons passé des accords désastreux – des accords commerciaux – avec la Chine depuis plusieurs, plusieurs années – c’est donc de cela que nous allons parler. L’autre dossier, c’est la Corée du Nord. Et d’une certaine façon, les deux vont ensemble. Ils vont vraiment bien ensemble. » Concrètement, cela se traduit par la menace de « sanctions secondaires » visant les banques et entreprises faisant des affaires avec Pyongyang, rapporte Reuters. Pas de « guerre économique » en ligne de mire donc, d’après le New York Times, puisque Donald Trump ne devrait évoquer ni la taxation des produits chinois à 45 %, ni la « manipulation du yuan ».
Car depuis qu’ils se sont rencontrés en chair et en os, le président américain s’est montré chaleureux vis-à-vis de son homologue chinois. Donald Trump pressent même l’établissement d’une « très, très bonne relation » et d’une « amitié » naissante entre eux, rapporte le Straits Times. Il a d’ailleurs accepté d’honorer l’invitation de Xi Jinping à se rendre en Chine, d’après les médias chinois relayés par le South China Morning Post.

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