Politique
L'Asie du Nord-Est dans la presse

La Corée du Sud peut-elle faire confiance à Trump face au Nord ?

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse avec son secrétaire à la Défense James Mattis dans le "Hall des Héros" au département de la Défense dans le comté d'Arlington en Virginie, le 27 janvier 2007. (Crédits : Olivier Douliery/Consolidated/dpa/via AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse avec son secrétaire à la Défense James Mattis dans le "Hall des Héros" au département de la Défense dans le comté d'Arlington en Virginie, le 27 janvier 2007. (Crédits : Olivier Douliery/Consolidated/dpa/via AFP)
Trump et son administration veulent rassurer la Corée du Sud. Soit. Le secrétaire américain à la Défense James Mattis est attendu à Séoul ce jeudi 2 février pour discuter du déploiement du système de missiles anti-balistiques THAAD contre la menace nord-coréenne. Mais le gouvernement de Séoul peut-il compter sur Washington comme au temps d’Obama ? Pas encore sûr. Pour le Korea Times, c’est toujours une période d’incertitudes qui commence. Le journal n’a pas oublié les menaces du candidat Trump sur le financement de la protection militaire américaine comme sur l’accord de libre-échange entre les deux pays.
La Corée du Sud s’inquiète. Durant sa campagne électorale, Donald Trump avait remis en cause les engagements américains en matière de défense et de commerce. Aux yeux du milliardaire, rappelle le Straits Times, le gouvernement de Séoul ne payait pas suffisamment pour « aider à maintenir les 28 500 soldats américains présents dans le pays ». Cette déclaration a suscité le doute sur la pérennité de l’alliance stratégique entre les deux Etats. Comme au lendemain de son élection, Donald Trump s’est de nouveau employé à calmer le jeu hier lundi 30 janvier. Dans une conversation par téléphone avec le président sud-coréen par intérim Hwang Kyo-ahn, il a réitéré l’engagement « ferme » des Etats-Unis à offrir une défense « à toute épreuve » à la Corée du Sud et renforcer « toutes les capacités militaires » de défense conjointe contre la Corée du Nord.

Même musique rassurante dans un autre appel téléphonique : le secrétaire américain à la Défense James Mattis a confirmé à son homologue sud-coréen Han Min-koo le déploiement comme prévu du système de missiles antibalistiques américain (THAAD) sur le sol sud-coréen. L’objectif est de se défendre contre les capacités nucléaires et balistiques de la Corée du Nord. Mattis sera en Corée du Sud ce jeudi 2 février pour en discuter, indique Channel News Asia.

Cette double annonce intervient dans un contexte régional où la Corée du Nord continue de montrer ses muscles. Le 1er janvier, Kim Jong-un a déclaré l’entrée en phase finale des préparatifs pour le test d’un missile balistique intercontinental (ICBM), rapporte l’agence Yonhap. Plus encore, l’information selon laquelle le Nord aurait placé deux ICBM sur des lanceurs mobiles la semaine dernière indique la possibilité d’un test plus rapidement que prévu. Cependant, la nature du missile reste floue. Hier lundi, des responsables militaires sud-coréens ont annoncé le tir prochain d’un missile balistique à portée intermédiaire Musudan (IRBM), et non à longue portée, car, selon eux, les Nord-Coréens doivent encore « maîtriser les technologies connexes ».

Les assurances données par l’administration Trump vont-elles tranquilliser la Corée du Sud ? Rien n’est moins sûr pour le Korea Times. Les deux pays entrent même dans une « nouvelle ère incertaine et potentiellement changeante » de leurs relations, souligne l’éditorialiste. Il rappelle aussi l’allusion négative de Trump à l’accord de libre-échange KORUS (Corée – États-Unis) et au déficit commercial américain de 23 milliards de dollars. Pour la Corée du Sud, les faits démontrent pourtant clairement que cet accord profite aux deux parties. Le commerce bilatéral a en effet augmenté de 84% au cours de la dernière décennie et a atteint 115 milliards de dollars en 2015. Le moment est donc venu, appelle le Korea Times, pour le gouvernement de Séoul, mais aussi pour les entreprises sud-coréennes et américaines basées en Corée de convaincre Trump de la valeur ajoutée du KORUS. Mais pour l’instant, les vraies intentions du nouveau président américain restent floues, elles aussi.

Par Joana Hiu
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