Politique
L'Asie du Sud dans la presse

Pakistan : pour Trump, le Premier ministre Sharif est un "gars formidable"

Contre toute attente, Donald Trump n'a pas tari d'éloges sur Nawaz Sharif. Copie d'écran de Dawn, le 1er décembre 2016.
Contre toute attente, Donald Trump n'a pas tari d'éloges sur Nawaz Sharif. Copie d'écran de Dawn, le 1er décembre 2016.
Après le Japon et la Corée du Sud, Donald Trump vire sa cuti à propos du Pakistan. Le président-élu des Etats-Unis, qui parlait d’Islamabad comme d’un « problème vital » pour Washington en raison de son programme nucléaire en mars dernier, a couvert de louanges le Premier ministre Nawaz Sharif lors d’un entretien téléphonique entre les deux leaders hier mercredi 30 novembre… De quoi prendre de court les observateurs – et les Pakistanais eux-mêmes.
Nawaz Sharif ? « Un gars formidable. » Les Pakistanais ? « Un des peuples les plus intelligents. » Le Pakistan ? « Un pays fantastique, un endroit fantastique. » Voilà les propos de Donald Trump rapportés par le Bureau du Premier ministre pakistanais et cités par The Indian Express, après l’entretien téléphonique entre les deux hommes. Des déclarations dithyrambiques qui tranchent avec les discours de campagne du candidat républicain, lorsqu’il promettait d’interdire l’accès des musulmans au territoire américain. Sa victoire aux élections du 8 novembre avait ainsi fait planer l’inquiétude à Islamabad (voir notre revue de presse du 10 novembre).
En s’entretenant avec Nawaz Sharif, Donald Trump a déclaré qu’il parlait « comme avec quelqu’un qu’il connaissait depuis longtemps », et a proposé au Premier ministre pakistanais de « l’appeler quand il le souhaite » avant son investiture le 20 janvier. « Je suis prêt et désireux de jouer le rôle que vous souhaitez pour trouver des solutions aux problèmes les plus graves », s’est-il par ailleurs fendu. Voilà que les deux hommes sont devenus « meilleurs potes », commente Dawn.
Mais alors, que peuvent-ils bien faire ensemble ? Le billet d’humeur du quotidien pakistanais est caustique. Son auteure, Malika Shararat, s’en donne à coeur joie : échanger des anecdoctes sur leurs coupes de cheveux ? Co-rédiger un ouvrage Conduire une kleptocratie (et s’en tirer à bon prix) ? Faire les boutiques de luxe ? Se vanter des mérites de leurs filles ? Se plaindre des médias ? Des traits d’humour que tout le monde ne partage pas…
Au sein-même du Pakistan, d’abord, le leader de l’opposition Imran Khan (président du PTI, Pakistan Tehreek-e-Insaf) rappelle que ces louanges ne pourront pas « sauver » Nawaz Sharif du scandale des Panama Papers, rapporte The Express Tribune. Et cela même si le président-élu américain devait « envoyer une lettre » pour le dédouaner.
De son côté, la presse indienne relaye un communiqué publié par l’équipe de Donald Trump, tentant d’apporter une version moins « fleurie » de son échange avec le Premier ministre pakistanais. C’est la première fois que les hommes forts du président-élu publient une « contre-version » des discussions établies avec un chef d’Etat étranger, note non sans fierté le Hindustan Times. « Donald Trump et Nawaz Sharif se sont entretenus et ont eu une conversation productive sur la façon dont les Etats-Unis et le Pakistan peuvent poursuivre une relation forte de partenariat dans le futur », a ainsi déclaré sobrement l’équipe de transition, dont l’un des membres a qualifié la version pakistanaise d’« inappropriée ». Sans pour autant remettre en cause la véracité des propos de Trump cités par Islamabad.
Par Alexandre Gandil

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