Revue de presse Asie - 12 août 2016

Dopage chinois aux JO, explosions en Thaïlande et Cachemire indien

Une série d'explosions coordonnées a secoué la Thaïlande dans la nuit de jeudi à vendredi. Copie d'écran du Straits Times, le 12 août 2016.
Une série d'explosions coordonnées a secoué la Thaïlande dans la nuit de jeudi à vendredi. Copie d'écran du Straits Times, le 12 août 2016.

Asie du Sud-Est

Khaosod English – La Thaïlande sous les flammes. Le pays a été secoué dans la nuit de ce jeudi au vendredi 12 août par une série d’explosions – 12 au total, dans 5 provinces différentes. Le bilan est de quatre morts et plus de 21 blessés, dont 10 touristes, d’après le site d’informations Khaosod English. Les attaques ont débuté hier jeudi soir, à l’occasion du week-end prolongé marquant l’anniversaire de la Reine, à la station balnéaire de Hua Hin (au sud de Bangkok) avec deux détonations simultanées. Des explosions ont ensuite frappé le sud du pays, à Surat Thani, à Phuket, à Hua Hin à nouveau, à Phang Nga, à Trang, et à Prachuap Khiri Khan. Les attaques ciblaient particulièrement les touristes, les marchés et les bâtiments gouvernementaux, comme une station de police à Surat Thani.

Dans le contexte international actuel, ces explosions coordonnées pourrait laisser penser au terrorisme islamiste. Mais les autorités ont d’ores et déjà écarté cette piste selon le Straits Times. « Ce n’est pas une attaque terroriste. C’est juste du sabotage local qui est restreint à certaines zones et provinces », a assuré Piyapan Pingmuang, un porte-parole de la police nationale. Cependant, les suspicions pèsent sur les groupes séparatistes musulmans du sud du pays, qui est ravagé depuis 2004 par une violente insurrection.

The Jakarta Post – Il ne fait pas bon être LGBT en Indonésie, surtout en ce moment. Pour la campagne des élections régionales de février 2017, les hommes politiques indonésiens semblent prêts à miser sur l’intolérance pour être élus. C’est ce qu’a déclaré hier jeudi 11 août Yuli Rustinawati, présidente du groupe LGBT Arus Pelangi, rapporte le Jakarta Post : « C’est ce dont nous avons peur. Les candidats vont utiliser les problématiques LGBT pour s’assurer des votes aux prochaines élections. » Selon plusieurs militants, les candidats useront de cette stratégie notamment dans les régions « particulièrement conservatrices, où les droits des minorités sont bafoués ». « C’est facile pour les candidats de dire : oui, les personnes LGBT ruinent le pays, alors rejoignez mon camp », confirme Kyle Knight, représentant de l’ONG Human Rights Watch.

Il y a quelques mois, des vagues de violences à l’encontre des LGBT avaient en effet été enregistrées après des déclarations homophobes de membres du gouvernement. Le ministre de l’Enseignement supérieur avait appelé à une interdiction des associations LGBT dans les campus universitaires, rappelle le Guardian. Le porte-parole du président Joko Widodo a quant à lui affirmé hier jeudi 11 août qu’il n’y avait « pas de place » pour la communauté homosexuelle et transsexuelle en Indonésie.

Myanmar Times – Il veut se refaire une santé, et cela pourrait bien passer par Panglong. Le parti au pouvoir en Birmanie jusqu’en 2016 et émanation de l’ex-junte militaire, l’Union Solidarity and Development Party (USDP), s’est déclaré prêt à donner son avis dans le cadre de la conférence pour la paix et l’unité nationale. Il est actuellement réuni pour un « atelier » de quatre jours, dont les conclusions seront dévoilées lors de sa convention du 20 août – soit 11 jours avant le début de la conférence de Panglong. Mais qu’attendre de l’USDP, désormais réduit au statut de « petit parti d’opposition » ? En fait, il faudra surtout regarder du côté de l’armée, explique le Myanmar Times. Les militaires sont des alliés traditionnels de l’USDP et disposeront de 150 sièges sur les 700 prévus à la conférence. De quoi offrir au parti un levier de poids pour influencer le déroulé des discussions.

Asie du Nord-Est

South China Morning Post – Un scandale olympique en chasse un autre. Après six jours de compétition, le véritable drapeau national chinois est enfin hissé lors des remises de médailles à Rio, titre le South China Morning Post. L’emploi de drapeaux « erronés », dont les quatre petites étoiles jaunes sur fond rouge étaient alignées « horizontalement » au lieu « de pointer l’étoile principale », avait déclenché un tollé.

Mais voilà qu’un scandale bien plus grave vient éclabousser la délégation chinoise. La nageuse Chen Xinyi, qui devait participer ce vendredi 12 juillet aux séries de qualification pour le 50 mètres nage libre, vient d’être contrôlée positive lors d’un test anti-dopage réalisé cinq jours plus tôt. Elle avait alors terminé quatrième de la finale du 100 mètres papillon. L’Association chinoise de Natation lui a demandé de « coopérer pleinement » avec le Comité international olympique, tout en rappelant son opposition à l’emploi de substances dopantes. Tous les regards étaient déjà braqués sur les nageurs chinois depuis que leurs homologues Mack Horton et Camille Lacourt ont violemment taclé Sun Yang, le premier le qualifiant de « tricheur » et le second l’accusant de « pisser violet », rappelle le quotidien hongkongais.

The Mainichi – Et un de plus. La compagnie électrique de Shikoku a remis en marche ce vendredi 12 août un réacteur de la centrale nucléaire d’Ikata. Il s’agit du cinquième réacteur réactivé sous les nouvelles régulations qui avaient fait suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, en 2011. Le tribunal du district d’Otsu avait néanmoins suspendu l’activité de deux réacteurs de la centrale de Takahama (voir notre revue de presse du 17 juin), ce qui porte donc à 3 le nombre de réacteurs actuellement en activité dans l’archipel – celui d’Ikata et deux autres de la préfecture de Kagoshima. Sa production électrique devrait débuter lundi prochain pour une vente en septembre. Contrairement aux quatre précédents, le réacteur d’Ikata fonctionne à partir d’un mélange d’uranium et de plutonium.

La réaction des citoyens concernés par la réouverture de la centrale d’Ikata ne s’est pas faite attendre. Ceux-ci ont recommencé dès ce matin à se rassembler autour de la centrale du bord de mer, scandant les slogans « Ne contaminez pas la mer intérieure de Seto » et « Arrêtez la centrale nucléaire ». Les opposants à la réouverture sont soucieux des accidents qui pourraient avoir lieu et des mesures d’évacuation mises en place dans de tels cas. Inquiétudes justifiées, puisque cette réouverture avait été repoussée à cause de problèmes avec le système de refroidissement du réacteur.

Un groupe de résidents locaux a déjà intenté un procès en mai dernier contre la réouverture, affirmant que des tremblements de terre pourraient avoir lieu le long de la plaque tectonique qui longe Ikata. Le gouverneur de Kagoshima, Satoshi Mitazono, a quant à lui l’intention de demander la suspension de l’activité des deux réacteurs de la préfecture. Le gouvernement japonais ayant l’intention de faire passer la production nucléaire du pays de 20 à 22% de la production électrique totale en 2030, la suspension pourrait cependant ne pas avoir lieu. Il faut même s’attendre davantage à la remise en route d’autres réacteurs dans l’archipel.

Korea Times – Le déploiement du bouclier antimissile américain THAAD se répercute sur les déplacements des Sud-Coréens en Chine. Le bureau consulaire de l’ambassade chinoise a annoncé ce vendredi 12 août le durcissement des politiques d’obtention de visas pour les groupes de touristes sud-coréens. Ceux de plus de 4 personnes devront soumettre leur passeport original plutôt qu’une copie de celui-ci aux agences de voyage – qui ont été informées aujourd’hui vendredi 12 août de la nouvelle réglementation – à partir de la semaine prochaine. Selon les représentants de l’industrie du tourisme, la nouvelle réglementation compliquera la procédure de demande de visa. Environ 90% des touristes sud-coréens demandent en effet des visa pour partir en groupe.

Plus tôt ce mois-ci, Pékin avait déjà retiré la licence d’une agence de voyage sud-coréenne qui délivrait de nombreux visas aux hommes d’affaire de la péninsule, leur demandant de s’adresser directement à des entreprises chinoises. Selon des représentants du secteur industriel, cette mesure a causé des problèmes aux businessmen coréens qui ne disposent pas de partenaires chinois.

Asie du Sud

The Hindu – Des mesures encore plus restrictives au Cachemire indien. Les autorités ont suspendu les services de téléphonie mobile dans la région par mesure de précaution. Le service d’État prépayé BSNL est le seul à ne pas être concerné. Selon un officier de police, le but de cette coupure des lignes mobiles est de maintenir l’ordre public et d’empêcher la diffusion de rumeurs. D’intenses affrontements ont en effet éclaté vendredi 5 août entre les forces de sécurité et des manifestants dans plusieurs zones du Cachemire indien, causant 3 morts et des centaines de blessés. Ces altercations entre la police et les manifestants font suite au meurtre le 8 juillet dernier de Burhan Wani, commandant du groupe séparatiste Hizb-ul-Mujahideen (voir notre revue de presse du 11 juillet). Elles durent maintenant depuis plus d’un mois et ont déjà fait 55 morts.

Le couvre-feu déjà établi dans certaines zones (voir notre revue de presse du 12 juillet) a quant à lui été étendu. Les autorités ont également imposé de sévères restrictions pour empêcher une manifestation prévue par les séparatistes à Eidgah. Le couvre-feu concerne désormais tout le district de Srinagar, les villes d’Anantnag, de Shopian, de Baranula, d’Awantipora, de Pampore et de Ganderbal et les régions de Bugdem, Chadoora, Magam, Kunzer Tangmarg et Pattan. Les écoles, collèges, commerces, stations-service, bureaux privés et transports restent quant à eux fermés au public. Selon un officier de police, le personnel est également très rare dans les bureaux du gouvernement et les banques.

Dawn – C’est une nouvelle « ligne de fracture » qui divise le Parlement pakistanais. En cause : les attaques de Quetta du lundi 8 août (voir notre revue de presse) et du jeudi 11 août (voir notre revue de presse). Elles ont fait près d’une centaine de morts et plus d’une soixantaine de blessés. Deux camps se distinguent ainsi parmi les députés : ceux qui accusent un « ennemi intérieur », et ceux qui pointent du doigt « la main de l’étranger ». Les premiers critiquent les services secrets et l’armée, taxés de « laxisme » dans la lutte antiterroriste , tandis que les seconds accusent la politique « pro-indienne » du gouvernement de Nawaz Sharif, considérée comme trop accommodante avec les services secrets de New Delhi. Bon nombre d’analystes expliquent que ce clivage au sein du parlement reflète celui de la société, entre les « pro-gouvernement » et les « pro-armée », relève Dawn. Une opposition qui serait entretenue par les médias, puisque plusieurs chaînes de télévision sont qualifiées de favorables à l’armée ou au gouvernement : « Chacune d’entre elles crée un récit qui convient à son camp, et cela devient de plus en plus évident à chaque crise », estime un universitaire cité anonymement par le quotidien pakistanais.
Channel News Asia – Le Sri Lanka se penche sur son passé. Jeudi 11 août, le parlement a fait passer une loi pour retrouver les 65 000 disparus de la guerre civile. Cet amendement habilite un bureau d’investigation indépendant à rechercher ces individus, principalement issus de la minorité ethnique tamoule, et à protéger les droits et intérêts de leurs proches. « Nous avons décidé cela pour corriger les erreurs passées de l’Histoire », a déclaré Mangala Samaraweera, ministre sri-lankais des Affaires étrangères, selon Channel News Asia. Le Sri Lanka a été déchiré pendant 26 ans par une guerre civile, de 1983 à 2009, qui opposait le gouvernement à l’organisation séparatiste des Tamil Tigers (les Tigres de libération de l’Îlam tamoul), ainsi que par une insurrection marxiste de 1987 à 1989. Pour M.A. Sumanthiran, membre du parti d’opposition tamoul, cette loi est le « premier petit pas » vers la réconciliation nationale. Elle a cependant été contestée par les partisans de l’ancien président, Mahinda Rajapaksa.
Par Alexandre Gandil, Marie Bonnamy, Myriam Sonni et Joris Zylberman