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Un vin japonais de qualité : Le Manns Solaris Juventa (2011)

Un sommelier japonais verse du vin - un Beaujolais nouveau 2007 - à une cliente près de l’aquarium du Shinagawa Prince Hotel de Tokyo.
Un sommelier japonais verse du vin - un Beaujolais nouveau 2007 - à une cliente près de l’aquarium du Shinagawa Prince Hotel de Tokyo. (Crédit : AFP PHOTO/Yoshikazu TSUNO).
Si l’amour des Japonais pour le vin – et notamment le beaujolais nouveau qui chaque année pour sa fête ameute des foules – nous est connu, qu’en est-il de la production viticole nippone ?
Les vins de chez Manns vous disent-ils quelque chose ? Si ce n’est pas le cas, mais que vous aimez la cuisine et la gastronomie de l’archipel, quid de Kikkoman ? Oui, cette fameuse sauce de soja, qui mélée d’un peu de wasabi (le célèbre condiment japonais) rehausse les sashimi et les sushi.
Manns fait en effet partie du vaste groupe Kikkoman. Et le Solaris a gagné plusieurs médailles d’or, dans des concours se déroulant au Japon, soit, mais dans la catégorie « Style Européen ».
Le jour où j’ai servi ce fameux Solaris Juventa (2011), l’ami – qui très volontiers avait accepté de déguster ce vin avec moi – ignorait qu’il s’agissait d’un rouge japonais. « Bordeaux », me dit il, après une minute de réflexion. En effet on n’en était pas loin.
Les raisins, du Cabernet Sauvignon, viennent du district de Higashiyama, dans la préfecture de Nagano, au centre du Japon. La ville principale, Ueda, est connue grâce à la présence d’une ancienne pagode octogonale et d’un musée de sculptures contemporaines en plein air. Mais aussi pour son sol très adapté à la viticulture. Ici, le vin est conservé dans des barriques neuves en chêne.
On produit du vin au Japon depuis le XIXème siècle. Il y a aujourd’hui près de 20 000 hectares plantés en raisins venus d’occident ; mais aussi un hybride proche du Muscat, le Baily, qui donne un rouge léger, et le Koshu, plus rosé, haut en acide, qui sert à vinifier des blancs légers, faciles a boire. Un blanc qui peut au besoin remplacer le saké lors d’un repas.
Solaris fait bien sûr allusion au Soleil, à un « cadeau du ciel ». Le résultat, qui titre 13 degrés, est fort agréable, avec assez de corps pour faire face sans peine au gras d’un steak Wagyu venu d’Australie.
A Bangkok, où je vis, on trouve des steaks de Kobe ou de Wagyu japonais, mais le prix de ces viandes parmi les meilleures du monde, est à la mesure de leur rareté et des soins extraordinaires donnés aux animaux.
C’est un peu la même chose chez Manns. Le maître de chai, Dai Shimazaki, est ainsi détenteur d’un diplôme français d’oenologie. Selon le site des vins Solaris, il serait même « l’un des 100 japonais les plus respectés au monde » !

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A propos de l'auteur
Jacques Bekaert (1940-2020) fut basé en Thaïlande pendant une quarantaine d'années. Il est né le 11 mai 1940 à Bruges (Belgique), où sa mère fuyait l’invasion nazie. Comme journaliste, il a collaboré au "Quotidien de Paris" (1974-1978), et une fois en Asie, au "Monde", au Far Eastern Service de la BBC, au "Jane Defense Journal". Il a écrit de 1980 a 1992 pour le "Bangkok Post" un article hebdomadaire sur le Cambodge et le Vietnam. Comme diplomate, il a servi au Cambodge et en Thaïlande. Ses travaux photographiques ont été exposés à New York, Hanoi, Phnom Penh, Bruxelles et à Bangkok où il réside. Compositeur, il a aussi pendant longtemps écrit pour le Bangkok Post une chronique hebdomadaire sur le vin, d'abord sous son nom, ensuite sous le nom de Château d'O. Il était l'auteur du roman "Le Vieux Marx", paru chez l'Harmattan en 2015, et d'un recueil de nouvelles, "Lieux de Passage", paru chez Edilivre en 2018. Ses mémoires, en anglais, ont été publiées en 2020 aux États-Unis sous le titre "A Wonderful World".