Revue de presse Asie - mardi 2 mars 2016

La Chine dans les îles Jackson, Mahathir en Malaisie et loi sur le blasphème au Pakistan

Bateau de pêche philippin : les îles Jacksons, revendiquées par Manille sont-elles passées sous contrôle chinois ?
Bateau de pêche philippin : les îles Jacksons, revendiquées par Manille sont-elles passées sous contrôle chinois ? Copie d'écran du The Straits Times, le 2 mars 2016.

Asie du Nord-Est

Straits Times – L’imbroglio continue en mer de Chine du Sud. Selon le gouvernement philippin, pas moins de 7 navires chinois sont postés autour des îles Jackson, que les Philippines appellent l’atoll de Quirino, en mer de Chine du Sud. Les navires bloquent le passage des pêcheurs vers les eaux de pêche, accuse Manille. De son côté, Pékin dément par la voix de Hong Lei, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qui a affirmé que les navires en question avaient déjà quitté les lieux. Les autorités chinoises soutiennent avoir envoyé un navire ce mercredi 2 mars pour remorquer un vaisseau échoué, rapporte le Straits Times avec Reuters.
Cependant, le quotidien philippin The Philipine Star, considère que les îles Jackson sont maintenant « sous contrôle chinois ». Les autorités aériennes philippines signalent la présence régulière de 4 bateaux chinois à proximité. Rappelons que le gouvernement de Manille tente toujours de s’opposer aux ambitions chinoises en mer de Chine du Sud auprès de la Cour d’Arbitrage Internationale de la Haye.
Asahi Shimbun – En vue des élections à la Chambre Haute cet été, le Premier ministre Shinzo Abe tente de rallier les partis minoritaires. Ce 2 mars, Abe s’est montré déterminé devant la Commission budgétaire de la Chambre Haute, en martelant vouloir mener à bien la réforme constitutionnelle pendant la durée de son mandat jusqu’en décembre 2018. Cependant, une telle réforme nécessite les 2/3 des voix de la chambre basse, qui ne sont pas encore acquises. Shinzo Abe déclarait que sans la participation des autres partis, son objectif serait difficilement atteignable.
United Daily News (en chinois) – C’est l’un des points-clés des relations Chine-Taïwan : comment la nouvelle majorité va-t-elle revenir sur la politique de rapprochement menée par l’ancien président Ma Ying-jeou ? Le manque de transparence et de contrôle démocratique des accord sino-taïwanais étaient au centre des critique contre Ma. Issu du « mouvement des Tournesols », ces manifestants étudiants qui ont occupé le Parlement en avril 2014, le New Power Party est entré en janvier dernier au Yuan Législatif avec cinq députés. Ces derniers viennent de déposer un certain nombre d’amendements à une proposition de loi sur le cadre légal d’examen des accords signés avec la Chine par le Parlement. Ils souhaitent donner aux parlementaires les pleins pouvoirs pour l’examen du contenu des accords, et le même type d’accès aux citoyens et aux organisations de la société civile. Selon la presse locale, certains députés du DPP, le grand gagnant des dernières législatives, ont émis des réserves sur cette question de la capacité des individus ou des organisations à superviser le contenu des négociations à ce niveau.
China Post – Dans le cadre de l’accord historique signé en avril 2013 entre Taïwan et le Japon sur les droits de pêche en mer de Chine orientale, une commission de suivi a été mise en place et demain débutera la cinquième rencontre bilatérale avec au menu, l’échange de points de vue sur les droits de pêche et la réglementation dans cette zone. Récemment, les associations de pêche japonaises avaient réclamé la révision des termes de l’accord, jugé trop avantageux pour les chalutiers taïwanais, ce qui avait provoqué la colère de ces derniers. Tokyo, ont précisé les Affaires étrangères à Taipei, n’a pas signalé sa volonté de revoir les termes de l’accord. La question des droits de pêche autour de la zone des Diaoyutai, disputée par Taipei, Tokyo et Pékin, sera évidemment évoquée.

Asie du Sud-Est

Bangkok post – Il faut réduire d’urgence la consommation d’eau dans le secteur manufacturier. C’est l’appel lancé par le Comité mixte permanent pour le Commerce, l’Industrie et les Banques en Thaïlande. Les entreprises sont incitées à réduire de 20 à 30% leur consommation entre mars et juin, la fin de la saison chaude. D’après un document du ministère de l’Agriculture, 66% l’eau consommée dans le pays vient de l’agriculture, contre 7,3% pour l’industrie et 10,2% pour la consommation individuelle. Bien que l’industrie ne souffre pas encore du manque d’eau, la mesure vise à prévenir ce risque. Selon Supant Mongkolsuthree, directeur du Comité, le secteur industriel dépend de l’agriculture et il est naturel que le secteur secondaire participe aux économies d’eau.
Free Malaysia Today – Il avait claqué la porte ce lundi 29 février. Mais rien n’indique que l’ancien Premier ministre Mahathir Mohamad se mette en retrait de la vie politique. Pour Sholto Byrnes, chercheur à l’Institute of strategic and international studies, l’ancien chef du gouvernement va poursuivre son objectif : faire tomber son successeur Najib Razak.
Vietnam News – L’Union des Agriculteurs au Vietnam rapporte que 3 millions d’agriculteurs bénéficient du Fond d’Aide aux Agricutleurs, organisme financier qui fêtait son 20ème anniversaire ce mardi 1er mars, souligne le site Vietnam News. Nourri par le gouvernement vietnamien à hauteur de 1,79 millions de dollars, le fonds a une capacité financière de 89,7 millions de dollars. L’allocation des ressources passe par le financement des projets déposés, et non par une famille ou un groupe de familles. Depuis 2011, le fond a attribué 1 367 dollars à chaque foyer demandeur.

Asie du Sud

Times of India – 54 % des foyers indiens n’ont pas plus de 2 enfants, selon un recensement datant de 2011 et dévoilé ce lundi 29 février. C’est 8 points de plus que lors du dernier recensement de 2001. Une femme a en moyenne 2,69 enfants, contre 3,03 en 2001. Le taux de fertilité sur cette période a donc chuté de 16% selon le rapport, qui présente une classification par communauté religieuse. Les chiffres montrent une baisse de fertilité de 14% chez les musulmans, de 16% chez les Hindus et de 22% chez les Jain.
Dawn – Le débat s’envenime après la pendaison de Mumtaz Qadri pour l’assassinat d’un ministre opposé à la loi sur le blasphème. Maulana Fazlur Rehman affirme que le parti religieux qu’il dirige, la Jamiat Ulema-i-Islam (Fazl), pourraient facilement renverser le gouvernement. Rehman souhaite l’application sans discussion de la loi sur le blasphème et de la loi sur les femmes.
The Kathmandu Post – Pour l’année fiscale 2016-2017, le gouvernement indien a indiqué allouer une aide au Népal à hauteur de 4,8 milliards de roupies contre une subvention versée dans le cadre du dernier bugdet de l’ordre de 6,4 milliards de roupies. Cela représente une baisse de 40 % qui intervient quelque jours seulement après la visite du Premier ministre népalais en Inde, note le Kathmandu Post. Pour autant, insiste le quotidien de la capitale, la baisse de la dotation ne doit pas être vue comme « une marque de défiance vis-à-vis de la politique menée par Sharma Oli, le Premier ministre népalais », mais plutôt comme une conséquence de la mauvaise utilisation des fonds alloués jusqu’alors. En effet, selon les propos d’un officiel indien cité par le quotidien Indian Express repris ici, le problème majeur du Népal tient en sa « capacité d’absorption de l’aide étrangère ».
Les autorités de Katmandou sont en effet très « mauvaises dans l’utilisation des fonds », reproche l’officiel indien qui prend comme exemple le programme de reconstruction suite au tremblement de terre du 25 avril dernier : « Regardez le sort du programme de reconstruction… les autorités viennent seulement de mettre sur pied l’autorité nationale chargé de la reconstruction ! L’aide versée par l’Inde l’année dernière n’a donc pas pu être utilisée. Et c’est cette situation qui conduit à une révision des allocations prévisionnelles » (pour en savoir plus sur la situation, lire l’entretien réalisé par notre correspondant Sébastien Farcis avec le directeur du PNUD au Népal).

Du côté du gouvernement népalais cependant, le conseiller économique en chef du ministère des Finances préfère pointer du doigt le fait que « les aides allouées par l’Inde vers tous les pays d’Asie du Sud-Est en général, hors des Maldives, ont baissé ».

Par Joris Zylberman, Ryoma Takeuchi et Antoine Richard, avec Sébastien Farcis à New Delhi, Hubert Kilian à Taipei, Anda Djoehana Wiradikarta et Clea Chakraverty à Paris