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Asialyst : une histoire en construction (3)

La célèbre “rue des fantômes” (Guijie) à Pékin
La célèbre “rue des fantômes” (Guijie) à Pékin où l’on se presse à toute heure du jour et de la nuit pour manger. (Crédit : Christoph Mohr / Picture Alliance / DPA / AFP).
Dès le départ, il a toujours été clair dans nos esprits qu’Asialyst devait avant tout donner la parole à des personnes habitant ou travaillant en Asie. On précise bien ici « personnes » car il n’a jamais été question de réserver la parole à une certaine catégorie socioprofessionnelle mais bien à un panel beaucoup plus grand, incorporant des étudiants, des rêveurs, des entrepreneurs, des journalistes, des gourmands, des chercheurs, des professionnels de tous secteurs et autres découvreurs.

La connaissance de l’Asie ne doit pas être enfermée ou détenue par un groupe de personnes seules habilitées à prendre la parole pour exprimer un point de vue. Elle doit au contraire être partagée par et avec le plus grand nombre. Et sur le plus grand nombre de sujets. C’est un peu cela aussi les maîtres mots sur lesquels le projet se fonde dans son ensemble.

D’autant que l’Asie, ce n’est pas que la Chine ou l’Inde ou le Japon mais bien plus. C’est une myriade de cultures, de traditions et de pratiques ; un concentré de modernité allongé d’un soupçon de conservatisme (ou le contraire), le tout enrobé d’une forte odeur de nourriture.

Et qui de mieux pour vous faire découvrir les questions qui agitent en ce moment ces sociétés que des habitants du cru ? Qui plus à même d’en décrypter les tenants et aboutissants que des journalistes vivant sur place au quotidien ou que des experts spécialistes de la destination ?

Fort de ce sentiment que toute parole peut apporter un éclairage et aider à la compréhension des “mondes asiatiques”, nous nous sommes mis en quête non de témoignages chocs ou racoleurs, ou de scoops d’un autre temps. Ce n’est pas l’envie qui nous manque, mais il faut bien admettre qu’il est difficile de re-retrouver le tortionnaire Duch dans la jungle comme le fit Nic Dunlop en 1999, ou de faire parler des responsables des massacres de 1965 en Indonésie devant sa caméra ainsi que l’a déjà réalisé Joshua Oppenheimer.

Nous avons plutôt souhaité offrir une plate-forme aux « autres » histoires ; celles du temps qui s’écoule, celles contant des rencontres ou des expériences qui bouleversent une vie ou plus simplement, celles qui peuvent amener des pistes de réflexion pour comprendre l’état de notre monde. Tout cela pour donner une couleur différente à notre coeur de média : le magazine en ligne qui offre des enquêtes et des actualités sur tous ces pays bien trop souvent oubliés ou mal compris.

Le concept était donc entièrement prêt désormais. Le nom était trouvé et le logo même fût acté assez rapidement. Les contributeurs – des journalistes confirmés aux « témoins » et « experts » – répondaient eux de leur côté tous de façon positive à cette manière de voir le monde qui s’inscrivait dans la ligne de nos prédécesseurs : soit Asia Magazine, Asies ou encore Info Asie.

En effet, il faut bien rappeler que nous ne sommes pas les seuls à avoir désirés créer un média sur l’Asie ces quinze dernières années. Nous n’avons pas la paternité de l’idée, mais nous sommes fiers – d’une certaine façon – de reprendre le flambeau là où les autres l’ont laissé encore consumant. C’est à nous qu’il revient aujourd’hui de le raviver avec nos idées, notre style, notre humilité ou notre fougue (c’est selon).

Et de la fougue nous en avons fait preuve lorsque nous avons décidé de passer en ligne assez rapidement somme toute. Ce qui nous aura poussé à « sortir du bois » assez vite justement, après seulement quelques mois intenses de préparation, tellement l’envie était là.

L’envie de vous faire partager et de faire exister ce concept. L’envie de favoriser le dialogue entre les pays asiatiques, autour de thèmes qui s’ils ne sont pas similaires ou égaux, trouvent une résonance les uns avec les autres. Avec le peu de recul que nous avons aujourd’hui, nous nous disons parfois que nous aurions pu faire les choses autrement.

En même temps, pourquoi attendre ? Pour attendre que les évènements se tassent et que la sphère des médias français et francophones ait fini son ré-agencement ? Pour attendre que le monde ouvre enfin les yeux et réalise que l’Asie dans son ensemble et sa singularité a non seulement une voix mais aussi sûrement une voie à apporter au concert des nations ?

Nous nous sommes finalement lancés, préférant lutter contre nos propres torpeurs plutôt que d’attendre. Bien nous en a pris : l’histoire de la construction de votre média sur l’Asie s’écrit depuis lors en continu.
A suivre, le mois prochain…
A propos de l'auteur
Antoine Richard
Antoine Richard est rédacteur en chef adjoint d'Asialyst, en charge du participatif. Collaborateur du Petit Futé, ancien secrétaire général de l’Antenne des sciences sociales et des Ateliers doctoraux à Pékin, voyage et écrit sur la Chine et l’Asie depuis 10 ans.