Revue de presse économique – 7 décembre 2015

L'Eco de la presse asiatique

La nouvelle bourse birmane en quête de titres.
La nouvelle bourse birmane en quête de titres. Copie d’écran du site Irrawady News, le 1er décembre 2015.
La bourse ou le suffrage universel. Les deux mon camarades ! Les Birmans auront donc attendu tout juste un mois après leurs premières élections libres avant de pouvoir boursicoter. Quand jeune démocratie rime avec capitalisme balbutiant, les choses vont décidemment très vite dans l’autre pays du sourire. A peine les résultats du scrutin du 8 novembre proclamés que l’on songe déjà à jouer sur la cote des entreprises. N’est-ce pas là, mettre le tiroir caisse avant les buffles ? Pas sûr, car en réalité l’histoire n’est pas si récente : un embryon de société d’échange de titres a été lancé 19 ans plus tôt dans le pays avec l’aide des Japonais. Est-ce alors la démocratie qui fait le capitalisme ou l’inverse ? Force est de constater que les deux vont souvent de paire. Mercredi prochain, le Myanmar quittera la liste restreinte des neuf pays dans le monde, dont la Corée du Nord et le Brunei, qui ne disposent pas de place financière. Le Yangon Stock Exchange (YEX), la future bourse de Rangoon, doit permettre de renforcer la confiance des financiers dans le pays. Avec la victoire historique de l’opposition d’Aung San Suu Kyi, les sanctions économiques contre le régime n’ont en effet plus lieu d’être. La Birmanie redevient fréquentable et pourrait bien devenir le nouvel eldorado du Sud-est asiatique pour les investisseurs. YEX, sire !

La nouvelle bourse birmane en quête de titres

Ouverture de la bourse de Rangoon le 9 décembre prochain

The Irrawaddy News (Birmanie)01.12.2015 – C’est avec près de deux mois de retard que va s’ouvrir la première place financière birmane. Initialement prévu pour octobre, le lancement a été suspendu dans l’attente de la tenue des élections du 8 novembre dont on connait l’issue et la victoire historique de l’opposante Aung San Suu Kyi. Désormais, le développement de l’économie est la priorité du gouvernement birman rapporte The Telegraph. Le feu vert pour l’inauguration du Yangon Stock Exchange (YEX) a été donné par Maung Maung Thein, le président de la commission des marchés boursiers, souligne The Global Light of Myanmar. Les opérations de la nouvelle bourse seront conduites sous le patronage de la Myanmar Economic Bank en partenariat avec la société japonaise Daiwa Securities et le Japan Exchange Group, expliquait il y a peu le Business Standard. Ce sont ces deux entreprises qui ont créé dès 1996 le Myanmar Securities Exchange Centre, rappelle pour sa part le Petit Journal de Bangkok en reprenant l’Agence France Presse.

Bourse birmane : Une dizaine de sociétés cotées

Myanmar Times (Birmanie)03.12.2015 – Cinq sociétés seront cotées au YEX pour commencer affirmait l’agence Xinhua citée par le Global Times fin octobre. Au final, ce chiffre devrait doubler. Dix entreprises figureront au tableau de la nouvelle place financière birmane, croit savoir le Myanmar Times qui publie les noms des compagnies qui ont circulé sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Mais attention, la liste n’est pas close et peut encore changer. Les autorités boursières entendent choisir les « compagnies les plus performantes », note le site Eleven Myanmar. « C’est un premier pas pour nous et cela va créer de nouvelles possibilités économiques, confiait en début de semaine à l’AFP, Aug Tun Thet, conseiller économique du président de la commission boursière. Le plus important est d’avoir un processus systématique et rigoureux pour gérer les sociétés. » Il y a du travail, l’un des objectifs principaux de la commission de régulation étant d’empêcher que la bourse de Rangoon ne devienne une lessiveuse à argent sale.

La nouvelle place financière birmane se donne trois ans pour dépasser la bourse vietnamienne

The Nation (Thaïlande)01.12.2015 – Trois ans pas plus, c’est le délai que se donnent les autorités birmanes avant de dépasser la place financière d’Hô-Chi-Min-Ville, l’une des plus jeunes d’Asie. « Nos conditions sont nettement meilleures qu’au Vietnam, affirme Maung Maung Thein, président de la Commission des marchés boursiers birmans. C’est pourquoi le Vietnam a mis 15 ans pour arriver au stade actuel. (…) Certains obtiennent leur doctorat à 20 ans, ce qui équivaut à 40 ans de connaissances. » Une autre manière probablement d’affirmer que les régulateurs du nouveau marché financier birman sont précoces et pleins de talents. A suivre. En attendant, la bourse d’Hô-Chi-Minh-Ville, établie en 2000, affiche 308 titres cotés et un volume d’échanges de 19,2 milliards de dollars, selon The Nation.
Le gént chinois du numérique et du e-commerce va ouvrir deux nouveaux bureaux européens à Paris et Berlin.
Le gént chinois du numérique et du e-commerce va ouvrir deux nouveaux bureaux européens à Paris et Berlin. Copie d’écran du China Daily, le 2 décembre 2015.

Alibaba met deux autres pieds en Europe

Le géant de l’e-commerce chinois ouvre des bureaux à Paris et Berlin

China Daily (Chine)02.12.2015 – Dans sa stratégie d’internationalisation et afin de mieux desservir ses partenaires européens, Alibaba vient d’annoncer l’ouverture de deux nouveaux bureaux en Europe. C’est Terry Von Bibra qui dirigera le groupe Alibaba Allemagne depuis Munich. Sébastien Badault a quant à lui été nommé au poste de directeur général du groupe Alibaba France à Paris. Les bureaux français et allemand viennent compléter ceux de Londres et de Rome. Ils « serviront de passerelles vers la Chine », fait savoir le site Tech in Asia pour les marques internationales et les milieux de d’affaires de toutes tailles.

La stratégie d’Alibaba en Europe

Chine Nouvelle (Chine)01.12.2015 – Côté chinois, ces nouvelles implantations sont vues comme des moyens de faire baisser les prix sur les produits importés : « Cette décision aidera à établir une chaîne logistique pour les biens européens, afin que les consommateurs chinois puissent les acheter à un prix raisonnable », précise le communiqué cité par Xinhua. La stratégie européenne de la société viserait également « à aider les marques, les commerçants et les organes du gouvernement européens à mieux connaître le marché chinois ». Jack Ma, que l’on pouvait encore croiser vendredi dans les couloirs de la COP21 au Bourget pour défendre « l’alliance solaire internationale », est un habitué des cercles de pouvoirs occidentaux et notamment français. Début 2014, le fondateur d’Alibaba est venu rencontrer les grands patrons du CAC40 et la fine fleur de la diplomatie française. Quelques mois plus tard, ce fut au tour de Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, de visiter la caverne d’Alibaba et en tout cas le siège de la marque à Hangzhou en Chine. « Alibaba, dont le bénéfice trimestriel a été multiplié par plus de sept, cherche aussi à convaincre les marques françaises d’être présentes sur sa market place », note pour sa part le site Frenchweb.fr.

Alibaba : de l’e-commerce au divertissement

Nikkei Asian Review (Japon)03.12.2015 – Jack Ma rêve-t-il d’Hollywood ? Voilà en tous cas que le patron d’Alibaba ne cache pas ses ambitions en matière de divertissement. La création d’Alibaba Pictures, l’unité de production de films du groupe coté à Hong Kong en témoigne. Après tout, confiait le patron chinois le plus en vu du moment lors d’une conférence l’année dernière, Alibaba est « la plus grande société de divertissement dans le monde » si l’on prend en compte les millions d’internautes et les millions d’heures passées par ces derniers à flâner sur la plate-forme e-commerce pour faire leurs achats. « Si nous parvenons à combiner films, musique et cinéma avec le e-commerce, alors ce serait la plus grande innovation que nous puissions faire », explique Jack Ma.
Alibaba a ainsi investi dans un site de streaming vidéo, une télévision en ligne, un club de football, un logiciel de billetterie de cinéma, ainsi qu’une plate-forme de financement du cinéma, note la Nikkei Asian Revue. Et ce n’est pas fini ! En plus de partenariats signés avec le très hollywoodien Lions Gate Entertainment et le producteur allemand de musique BMG, en plus de prises de participations chez les Chinois Enlight Media et Huayi Brothers, Alibaba, souligne The Manilla Times, est en discussion pour prendre des parts dans le South China Morning Post à Hong Kong, l’un des quotidiens anglophones qui fait référence en Asie et très souvent cité dans cette revue de presse.
Le groupe entend également générer du trafic vers des applications telles que sa filiale de paiement de film Alipay. L’achat du site de vidéo en ligne Youku Tudou (le Youtube chinois) pour 4,6 milliards de dollars, permet de relier des millions d’internautes actifs directement aux sites d’Alibaba.
New Delhi veut réduire drastiquement le nombre de voitures en circulation chaque jour.
New Delhi veut réduire drastiquement le nombre de voitures en circulation chaque jour. Copie d’écran du Hindustan Times, le 7 décembre 2015.

Energies renouvelables au Pakistan, circulation alternée à New Delhi et réduction d’émissions à Singapour

Islamabad met l’accent sur les énergies renouvelables

Dawn News (Pakistan)7.12.2015 – 3 milliards de dollars ont été investis dans les énergies renouvelables au Pakistan l’an passé, affirme Amjad Ali Awan, le directeur du Conseil pakistanais de développement des énergies alternatives (BDVE). Afin d’attirer davantage d’investisseurs, une évaluation des ressources en matière d’énergie éolienne et solaire a été menée grâce à l’aide de la Banque mondiale. Le BDVE a déjà donné son aval à 25 projets dans le domaine de l’énergie solaire et pour une capacité de 663 mégawatts. Ces projets devraient entrer en exploitation d’ici à 2018.

New Delhi tente de réduire le nombre des voitures

Hindustan Times (Inde)7.12.2015 – Le gouvernement de Delhi ne veut pas faire d’impair et parle de « mesures temporaires », mais c’est bien un plan drastique de régulation de la circulation dans la mégapole la plus polluée du monde qui vient d’être décidé par les autorités. A partir du premier janvier prochain, les véhicules portant une immatriculation impaire pourront circuler les lundis, mercredis et vendredis dans la capitale indienne ; les immatriculations paires seront, eux, autorisées les mardis, jeudis et samedis. Par ailleurs, la Police de Delhi a établi une carte des « 14 voies de circulation les plus encombrées » et cherche des solutions pour les rendre plus fluides, écrit The Indian Express.

Singapour entend réduire de 36 % ses émissions de CO2 d’ici à 2030

The Straits Times (Singapour)6.12.2015 – Avant même l’accord de Paris qui sera rendu à l’issue de la COP21 cette semaine, Singapour a déjà présenté son plan pour réduire ses émissions de CO2. Une manière de montrer l’engagement de la cité-Etat à tout faire pour obtenir un accord, a fait savoir l’un des porte-parole du ministère singapourien des Affaires Etrangères. Le gouvernement de Singapour a ainsi l’intention de réduire d’ici à 2030 l’intensité des émissions de carbone de 36 % par rapport aux niveaux de 2005. Pékin a de son côté avancé une réduction de 60 % de ses émissions polluantes dans le secteur énergétique d’ici à 2020 et une stabilisation du pic de ses émissions également en 2030.

Par Stéphane Lagarde

A propos de l'auteur
Stéphane Lagarde
Stéphane Lagarde est l'envoyé spécial permanent de Radio France Internationale à Pékin. Co-fondateur d'Asialyst, ancien correspondant en Corée du Sud, il est tombé dans la potion nord-est asiatique il y a une vingtaine d’années.