Revue de presse économique - Vendredi 11 septembre 2015

L'Eco de la presse asiatique

En Inde, les prix de l’oignon ont flambé. Copie écran du Taipei Times, le 10 septembre 2015.
En Inde, les prix de l’oignon ont flambé. Copie écran du Taipei Times, le 10 septembre 2015.
Encore une semaine où l’économie tourne au ralenti en Asie, et en tous cas en Chine où le Premier ministre Li Keqiang a profité du Davos chinois pour rassurer les investisseurs. « La Chine reste une source de croissance pour le monde », a martelé le chef du gouvernement de la deuxième économie mondiale, alors qu’en Inde son homologue Narendra Modi est confronté à une flambée du cours de l’oignon. Une crise du bulbe qui pourrait susciter des troubles dans un pays ou la plante potagère entre dans la composition de chaque repas.

ASIE DU NORD-EST

Croissance

La Chine « ne connaitra pas d’atterrissage brutal » – South China Morning Post (10.09.2015) – En Chine, c’est le Premier ministre qui est chargé du service après-vente des réformes économiques. C’est donc Li Keqiang lui-même qui est venu rassurer les inquiets au Forum économique mondial de Dalian (le Davos chinois). Suite aux soubresauts de la bourse de Shanghai, l’essoufflement de la deuxième économie du monde a fait tousser le reste des places financières cet été. Et à la rentrée, la nouvelle chute des prix de la production n’a rien fait pour apaiser l’ulcère des traders. Il n’y a pourtant pas de quoi s’affoler, assure Pékin ! La Chine est certes confrontée à une transition « douloureuse », mais la deuxième économie du monde « ne connaîtra pas d’atterrissage brutal », a martelé jeudi le chef de gouvernement à Dalian. L’économie chinoise est en pleine transformation et entend passer d’un modèle de croissance basé sur les exportations à bas-coûts – le fameux Made in China –, à un modèle de développement plus durable fondé sur la demande intérieure, avec une montée en gamme des produits, accompagnée d’une hausse des revenus. « La Chine n’est pas une source de risques pour le monde, a poursuivi Li Keqiang. Bien au contraire, elle est une robuste source de croissance. »

Conjoncture

La Chine engluée dans un ralentissement structurel – South China Morning Post (10.09.2015) – La Chine, risque ou opportunité pour la croissance mondiale ? Visiblement les analystes de la Société Générale ne partagent pas totalement la vision du Premier ministre chinois. S’agit-il d’un scénario type crise financière de 2008 ou plutôt d’un remake de la crise dite « FMI » en Asie en 1997 ? L’effondrement des bourses chinoises et la dévaluation du yuan ces dernières semaines ont alimenté les craintes d’un atterrissage brutal de la deuxième économie mondiale. Pour les spécialistes de la banque française, « la croissance réelle du Produit Intérieur Brut a probablement ralenti davantage que ce qui a été annoncé », 6 % contre les 7 % donnés par les statistiques officielles. « Ce ralentissement structurel de la croissance chinoise en est à mi-parcours ; le poids de la dette, la surproduction et la faiblesse de la demande d’investissements en sont les principaux responsables. » La Société Générale relativise toutefois le risque d’un tsunami financier comparable à celui que nous avons connu il y a sept ans. Nous ne sommes pas dans le cadre de la crise de 2008, lorsque le choc ressenti aux Etats-Unis a fini par se répercuter au monde entier. Les analystes de la Société Générale estiment ainsi à 30 % seulement le risque d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise déclencheur d’une récession mondialisée.

E-commerce

Alibaba relativise la chute de ses ventes – South China Morning Post (10.09.2015) – Il a les yeux levés vers le ciel et une moue prononcée, Jack Ma Yun sur la photo du South China Morning Post. C’est vrai que les temps sont durs pour le patron d’Alibaba. Le cour de l’action du géant chinois du e-commerce, côté en bourse à New-York, a chuté ces dernières semaines. Mais Monsieur Ma affirme s’être habitué au « malheur » et entend « rester positif ». Alibaba et les quarante jouisseurs, celui qui demeure parmi les plus riches de Chine ajoute qu’il existe « trop de gens intelligents » sur le marché pour pouvoir se maintenir perpétuellement en position de leader : « Aucune compagnie internet, dit-il, ne peut rester en haut du podium pendant cinq années consécutives ».

Automobile

Toyota entend relancer ses ventes avec une nouvelle Prius – The Japan Times (09.09.2015) – C’est devenu le graal des constructeurs : alléger au maximum les véhicules pour économiser le carburant. Sur ce plan, la nouvelle hybride de Toyota marque des points. Le constructeur japonais promet 10% d’économie sur l’essence comparé aux modèles concurrents. Cette quatrième génération de Prius a été dévoilée dans la nuit de mardi à mercredi à Las Vegas. On devrait la voir aussi au prochain salon de Francfort en Allemagne. Avec cet accent mis sur la performance, le constructeur espère enrayer le déclin de ses ventes. Dans un contexte de baisse des prix à la pompe, les ventes de véhicules hybrides ont tendance à fléchir. « L’âge et les prix du pétrole pesant sur les ventes, la Prius 2016 est une arme dont avait besoin Toyota mais aussi l’ensemble du segment des voitures propres », commente à l’AFP, Jeremy Acevedo, analyste au cabinet spécialisé Edmunds.com.

Population

Le Japon de plus en plus vieux – The Japan Times (11.09.2015) – Un nombre à un chiffre, cela parait peu à l’échelle de la population de l’Archipel. Sauf que ces plus de 60 000 Japonais, dont font état tout vos journaux ce vendredi, sont âgés de… 100 ans et plus. Le nombre des centenaires n’a jamais été aussi élevé selon les chiffres publiés par le Ministère nippon de la Santé. Le même ministère précise que sur ces 61 568 centenaires, 87 % sont des femmes. Une pyramide des âges en forme de champignon qui vote majoritairement pour des gouvernements conservateurs et qui pose problème dans un pays confronté à l’inflation des dépenses de santé pour ses légions de retraités. L’espérance de vie pour les hommes japonais est d’un peu plus de 80 ans, 86, 83 ans pour les Japonaises.

ASIE DU SUD

Agriculture

Inde : flambée des prix de l’oignon – Taipei Times (10.09.2015) – Une photo à faire pleurer dans la sélection de la semaine du Taipei Times cette semaine : un maraîcher indien prend une pause lors du déchargement des sacs d’oignons au marché de gros d’Allahabad. D’autres photos sur le même thème sont proposées en diaporama dans The Hindu. A faire pleurer, car si les producteurs se frottent les mains, les consommateurs se frottent les yeux et transpirent à grosse gouttes devant la flambée du légume. Le bulbe se négocie désormais à 60 roupies le kilo, contre 25 en juin. Une envolée des prix qui est devenu un défi pour le gouvernement indien, note l’AFP. Le condiment est un ingrédient essentiel dans les plats au curry notamment et fait partie de l’alimentation de base des Indiens. Impossible de faire sans, se plaignent les restaurateurs, et les oignons importés d’Iran, du Pakistan et d’Afghanistan seraient, à en croire les spécialistes à New Delhi, « moins savoureux ».

Automobile

Inde : deux modèles de Mercedes assemblés à Chennai – The Times of India (09.09.2015) – Merces-Benz India annonce qu’elle assemblera désormais deux de ses modèles vendues en Inde dans ses usines de Chennai. Les modèles CLA 200 CDI Style et GLA 200 Sport seront ainsi proposés à un prix plus abordable aux clients, rapporte le quotidien anglophone.

Energies renouvelables

Quand l’Afghanistan se mettra au soleil – Wadsam (08.09.2015) – Avec plus de 300 jours de soleil par an, l’Afghanistan devrait être l’un des pays les mieux dotés en centrales à énergie solaire. Mais la guerre et l’instabilité politique sont passées par là, et ce sont surtout les générateurs au diesel qui font briller les ampoules. Bon, en même temps, les panneaux photovoltaïques existent en Afghanistan. Les modèles chinois notamment, sont légions sur les toits des habitations. A plus grande échelle, l’Etat et le privé ont décidé de travailler ensemble à Kandahar. Le gouvernement et la compagnie nationale, Da Afghanistan Breshna Sherkat (DABS), ont ainsi mis la première pierre à une future centrale solaire photovoltaïque de 10 MW. Cette centrale électrique indépendante ne dépendra à terme que du privé.

ASIE DU SUD-EST

Pétrole

L’Indonésie devrait réintégrer l’OPEP en décembre – Jakarta Globe – (08.09.2015) – C’est donc confirmé, l’Indonésie redeviendra membre à part entière de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en décembre prochain. « Nous avons reçu la confirmation officielle de la part du Secrétaire général de l’OPEP lui-même, a confié à l’agence Reuters Surdiman Said, ministre indonésien à l’Energie. L’ensemble des membres de l’OPEP souhaitent la réintégration à part entière de l’Indonésie dans l’organisation. »The Diplomat ne trouve pas cette annonce surprenante. L’Indonésie a toujours gardé sa porte ouverte depuis qu’elle a quitté l’organisation en 2009 en pleine flambée des cours. Avant cela, le pays était resté membre de l’OPEP pendant cinq décennies. Cette réintégration s’est donc faite progressivement, rapporte The Diplomat. Jakarta a d’abord occupé une position d’observateur au sein de l’organisation lors de sa réunion en juin dernier. L’OPEP compte actuellement 12 membres, avec l’Angola et l’Equateur de retour au bercail en 2007. La prochaine réunion plénière de l’organisation est prévue pour le 4 décembre prochain à Vienne.

Transports

Philippines : Taxis contrits – The Philippine Star (11.09.2015) – Si vous étiez à Manille mardi dernier et que vous n’avez pas pu trouver de taxis, sachez que ces derniers en sont fort contrits. Les fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale des Philippines ont non seulement perturbé le trafic, elles ont aussi paralysé une partie du monde des affaires. La faute en partie aux taxis qui ont refusé de prendre le volant. La compagnie de taxis en ligne GrabCar a ainsi officiellement formulé des excuses auprès de ses clients ce vendredi : « Nous tenons à nous excuser auprès de notre clientèle… Les pluies torrentielles ont créé des embouteillages et inondé l’ensemble du grand Manille. » Tout en ajoutant que de nombreux chauffeurs étaient eux-mêmes étaient coincés sous les eaux.
Indonésie : Uber interdit à Bandung – JakartaGlobe (10.09.2015) – Trois mois après son lancement, l’application Uber qui met en relation chauffeurs et passagers, a perdu sa licence. « Uber est officiellement interdit », a fait savoir jeudi le responsable du trafic au sein de la police de Bandung. Ce n’est pas la première fois que la firme américaine connait des déboires avec les autorités indonésiennes. Le mois dernier, 18 véhicules Uber ont été saisis à Jakarta, le maire de la capitale ayant lui aussi déclaré que l’application américaine de taxi était illégale. Les compagnies de taxis indonésiennes se sont opposées fermement à son implantation. L’entreprise américaine qui dispose d’un bureau de représentation à Jakarta, estime de son côté avoir largement remporté l’estime des clients.

Agroalimentaire

Le Cambodge ne participera pas à l’appel d’offre philippin sur le riz – The Phnom Pen Post (10.09.2015) – L’entreprise agricole d’Etat Green Trade au Cambodge ne participera par au dernier appel d’offre sur le riz lancé par le gouvernement des Philippines. Raison invoquée : Le prix du riz cambodgien n’est pas compétitif face aux prix des riz vietnamien et thaïlandais. L’Autorité en charge de l’alimentation aux Philippines (NFA) a autorisé jeudi l’importation de 750 000 tonnes de riz et invité Phnom Penh, Hanoi, et Bangkok à y participer. Cette nouvelle offre se referme dans moins d’une semaine, et les coûts de production du riz au Cambodge n’auront pas le temps de descendre, affirme Hean Vutha, le directeur général de Green Trade. En juin dernier, les Philippines ont importé 100 000 tonnes de riz et ce sont les riziculteurs vietnamiens qui avaient fait la meilleure proposition.
Par Stéphane Lagarde
A propos de l'auteur
Stéphane Lagarde
Stéphane Lagarde est l'envoyé spécial permanent de Radio France Internationale à Pékin. Co-fondateur d'Asialyst, ancien correspondant en Corée du Sud, il est tombé dans la potion nord-est asiatique il y a une vingtaine d’années.