Cinéma Coréen : Summer’s Camera, La beauté des amours d’été.
Entretien avec Divine Sung
Amatrice des réalisateurs japonais Kiyoshi Kurosawa et Shinji Somai, mais aussi inspirée par les films de Paul Thomas Anderson et Céline Sciamma, Divine Sung est une réalisatrice coréenne née en 1987 au pays du matin calme. Diplômée de Korea National University of Arts (KNUA), elle signe trois courts métrages : Tout d’abord, Jeonjarenji (2016) (litt. Micro-ondes), son film de fin d’études où un couple, chassé de chez eux, errent à scooter dans les rues de la ville. Vient ensuite True Story (2019), un drame intimiste où une jeune femme, confrontée au deuil, se remémore les discussions passées avec son amie disparue. Enfin, My Boyfriend (2020), un film noir et blanc où une jeune femme ramenant un homme chez elle pour passer une aventure d’un soir, se retrouve face à sa colocataire qui l’attendait pour lui faire une fête d’anniversaire surprise. Forte de cette expérience, Divine Sung réalise ensuite un moyen métrage de 29 minutes, Our Yesterday (2023), portant une fois de plus sur le deuil.
En 2025, sort son premier long métrage, Summer’s Camera. Il suit Summer, une adolescente qui a perdu l’envie de photographier depuis la mort de son père. Grâce à un vieil appareil argentique qu’il lui avait offert, elle retrouve le goût de la photographie. En développant une pellicule ancienne, elle fait une découverte inattendue sur son père, qui la pousse à explorer son passé. Poétique et sensible, le film mêle réflexions sur l’absence, la mémoire et le lien aux autres. Son esthétique solaire et mélancolique révèle la singularité et la maturité artistique de la réalisatrice. Primé au 26ᵉ Festival international du film de Jeonju (2025), Summer’s Camera était un des films les plus attendus du 20ème Festival du Film Coréen à Paris.
Le 20ème Festival du Film Coréen à Paris (FFCP)
Le 20ème Festival du Film Coréen à Paris (FFCP) s’est déroulé du 28 octobre au 4 novembre 2025 au cinéma Publicis sur les Champs-Elysées. Tous les ans, le festival présente aux spectateurs français une sélection des meilleurs films coréens de l’année, aussi bien de films à grands spectacles, que de films indépendants à la fibre artistique ou sociétale plus prononcée. Cette année le prix du public a récompensé le premier long métrage du cinéaste Park Joonho, 3670 (2025), un drame sensible dépeignant l’adaptation d’un jeune réfugié Nord-coréen au milieu gay Séoulite.
Côté courts métrages, parmi la cinquantaine d’œuvres présentées, six d’entre eux ont été récompensés. Dans les sélections parallèles, Planet Spoila (2025), une comédie de science-fiction signée Lee Se-hyung a conquis les spectateurs de la session Strangecuts consacrée aux films horrifiques, tandis que la sorcière timide de Lily and Pony (2024) de Sohn Sumin a reçu les faveurs des jeunes spectateurs de la session Shortcuts Kids. En compétition officielle, Passing By (2025) de Kang Hanna a remporté le prix Kia du meilleur film court d’animation et Empty house (2024) de Lee Yeji a remporté le prix Keystone du meilleur script. Enfin, le drame On the crosswalk (2025) de Lee Ji-hyang a remporté le prix Fly Asiana du meilleur court métrage et sa réalisatrice sera donc invitée l’an prochain à présenter ses différents films.
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