L’incroyable festival de Jagannath à Puri, ville sainte de l’hindouisme
Le Rath Yatra, ou procession des chars
Démesure spirituelle ?
ORISSA
Au voyageur qui souhaite en Inde aller au-delà des circuits classiques du Rajasthan, de Goa ou du Kerala, je serais tenté de suggérer l’Orissa. Cet état est bordé à l’est par le golfe du Bengale, au nord-est par le delta du Gange, au nord par les états du Jharkhand et du Bihar, au sud par le Telangana et l’Andhra Pradesh, avec notamment les plateaux du Deccan et la grande ville d’Hyderabad. C’est une région au climat tropical modéré, bordée de lagunes et grandes plages sur l’océan, riche d’une très belle campagne – très verte, abondante en rizières, cannes à sucre et noix de coco – et ornée à l’intérieur d’une forêt tropicale dense ou vivent encore une vingtaine de tribus « répertoriées » – plus de 20% de la population – lesquelles maintiennent une culture et des arts picturaux étonnants comme le Pattachitra ou le Saura. Voyager en Orissa, c’est plonger dans une histoire millénaire aux dynasties fameuses, les Kalinga, puis Ganga de l’est, c’est découvrir une Inde très hindoue (plus de 90% de la population) aux monuments somptueux, c’est aussi réaliser – quand on rencontre des paysans aux yeux bridés sous des chapeaux de paille pointus repiquer du riz – que l’on est presque en Asie du Sud-Est.
Le centre culturel de l’Orissa est formé par un triangle restreint – Bhubaneshwar la capitale, et sur la côte les sites de Konarak et Puri à moins de 60 kms. Bhubaneshwar surnommée « ville temple » est une exception moderne en Inde avec ses grandes artères larges à géométrie rectangulaire, un plan d’urbanisme conçu en 1946 par l’architecte Allemand Otto Königsberger qui fût recruté par Nehru, premier ministre de l’Inde indépendante qui avait fait de même avec le Corbusier à Chandigarh. Au bord du golfe du Bengale, le temple du Soleil (Surya) de Konarak construit au XIIIe siècle par le roi Ganga Narasimha Deva est une merveille pour les yeux ! Ce temple est un immense char de pierre, orné de vingt-quatre roues géantes tiré par un attelage de sept chevaux cosmiques, dont il ne reste qu’un. Le monument est orienté vers l’est pour recevoir tous les matins les rayons du soleil dans le garbhagṛha ou « maison du ventre, » le sanctuaire du temple, qui a aujourd’hui disparu.
C’est donc bien de commencer par Bhubaneshwar, de visiter Konarak et ensuite d’aller à Puri.
Et prendre part, si le cœur vous en dit, au Festival de Jagannath qui commencera le 15 juillet 2026 !
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