Politique
Photographes d'Asie

Photoreportage : quand les Taïwanais manifestent pour soutenir Hong Kong

"Battez-vous pour la liberté, soutenez Hong Kong", "cinq demandes, pas une de moins". La seconde pancarte fait référence aux revendications des manifestants hongkongais : 1. retirer complètement des discussions politiques la loi sur l'extradition ; 2. mettre en place le suffrage universel dans la démocratie de Hong-Kong ; 3. retirer les termes "émeutes" et "émeutiers" qualifiant les manifestations et les manifestants, instaurés par la cheffe du gouvernement, et par ce fait, libérer toute personne incarcérée en abandonnant toute poursuite judiciaire ; 4. créer une commission d'enquête externe et indépendante, pour rédiger des rapports sur les violences policières et mettre en lumière toutes les disparitions non expliquées et les attaques répétées des triades chinoises sur les manifestants isolés ; 5. la démission de la cheffe du gouvernement, Carrie Lam. (Copyright : Naomi Goddard)
"Battez-vous pour la liberté, soutenez Hong Kong", "cinq demandes, pas une de moins". La seconde pancarte fait référence aux revendications des manifestants hongkongais : 1. retirer complètement des discussions politiques la loi sur l'extradition ; 2. mettre en place le suffrage universel dans la démocratie de Hong-Kong ; 3. retirer les termes "émeutes" et "émeutiers" qualifiant les manifestations et les manifestants, instaurés par la cheffe du gouvernement, et par ce fait, libérer toute personne incarcérée en abandonnant toute poursuite judiciaire ; 4. créer une commission d'enquête externe et indépendante, pour rédiger des rapports sur les violences policières et mettre en lumière toutes les disparitions non expliquées et les attaques répétées des triades chinoises sur les manifestants isolés ; 5. la démission de la cheffe du gouvernement, Carrie Lam. (Copyright : Naomi Goddard)
Taipei, dimanche 29 septembre. Une foule remplie de masques noirs et de parapluies jaunes, ensemble sous une pluie battante, typique d’une fin d’été en Asie. Les symboles rappellent le mouvement des derniers mois à Hong Kong. Nous sommes pourtant à plus de 800 kilomètres de l’ancienne colonie britannique, à Taïwan, de l’autre côté du détroit. Deux jours avant les 70 ans de la République Populaire de Chine, les Taïwanais sont venus soutenir leurs voisins hongkongais, mais aussi montrer leur ferme désaccord avec la formule « un pays, deux systèmes », promue par Pékin.
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« Aujourd’hui Hong Kong, demain Taïwan »

À Taipei, la « manifestation taïwano-hongkongaise contre le totalitarisme » aurait rassemblé plus de 100 000 personnes, selon ses organisateurs. Des manifestants de tous âges, mais aussi de nombreux Hongkongais expatriés à Taïwan. « Ici, nous avons encore le droit de manifester à visage découvert, sans avoir à craindre les gaz lacrymogènes », explique Xiao Ka, une Taïwanaise venue manifester avec ses amis, dont quelques Hongkongais.
Les événements de l’autre côté du détroit ont ravivé les craintes de Taïwan vis-à-vis de Pékin, ainsi que les velléités de ses groupes indépendantistes. Une vingtaine étaient présents lors ce 29 septembre. Avec un ennemi commun : la Chine. Mais alors que certains, bien ancrés dans la vie politique du pays, s’attèlent à vouloir diminuer les accords commerciaux de leur ambitieux voisin, d’autres plaident pour renommer la « République de Chine » en « République de Taïwan ».
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En début de marche, un léger rayon de soleil est venu interrompre plusieurs heures de pluie torrentielle, laissant les manifestants respirer avant de reprendre de plus belle. (Copyright : Naomi Goddard)

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"Battez-vous pour la liberté, soutenez Hong Kong", "cinq demandes, pas une de moins". La seconde pancarte fait référence aux revendications des manifestants hongkongais : 1. retirer complètement des discussions politiques la loi sur l'extradition ; 2. mettre en place le suffrage universel dans la démocratie de Hong-Kong ; 3. retirer les termes "émeutes" et "émeutiers" qualifiant les manifestations et les manifestants, instaurés par la cheffe du gouvernement, et par ce fait, libérer toute personne incarcérée en abandonnant toute poursuite judiciaire ; 4. créer une commission d'enquête externe et indépendante, pour rédiger des rapports sur les violences policières et mettre en lumière toutes les disparitions non expliquées et les attaques répétées des triades chinoises sur les manifestants isolés ; 5. la démission de la cheffe du gouvernement, Carrie Lam. (Copyright : Naomi Goddard)

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Sur le casque : "Libérer Hong Kong, la révolution de notre temps", slogan des manifestants hongkongais. (Copyright : Naomi Goddard)

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Beaucoup de Hongkongais sont venus manifester à visage couvert, de peur d’être reconnus et de compromettre leur retour au pays. (Copyright : Naomi Goddard)

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"Libérer Hong Kong, la Révolution de notre temps." Cette manifestante est vêtue de noir en référence aux manifestants agressés dans le métro, et porte un parapluie jaune, qui rappelle le mouvement pro-démocratie des "parapluies" en 2014, à Hong Kong. (Copyright : Naomi Goddard)

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Cet homme porte un drapeau emblématique du mouvement pro-indépendance à Taïwan. (Copyright : Naomi Goddard)

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Au centre, Gu Kuanmin, 94 ans, est un millionnaire à la tête de la fondation pro-indépendance "Pour une nouvelle constitution à Taïwan". (Copyright : Naomi Goddard)

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"Protégez Taïwan, dîtes non à la Chine" est inscrit sur la pancarte de ces manifestants membres de l’organisation "Taiwan State Building". (Copyright : Naomi Goddard)

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L’organisation "Pour le drapeau de l’indépendance" qui plaide pour renommer le pays "République de Taïwan", ont suivi le cortège à vélo. (Copyright : Naomi Goddard)

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Le cortège autour du désormais célèbre "New Power Party", issu du mouvement pro-démocratie à Taïwan des "Tournesols", en 2014. (Copyright : Naomi Goddard)

 
 

Contexte

Hong Kong rencontre depuis début juin sa plus grave crise politique depuis la rétrocession à la Chine en 1997, avec des actions et des rassemblements contre le gouvernement, quasi quotidiens. La situation de l’ancienne colonie britannique, gouvernée par la République populaire de Chine selon la formule « Un pays, deux systèmes », suscite les craintes jusqu’à l’autre côté du détroit. Taïwan, île de facto indépendante de la Chine continentale depuis 1949, est dans le viseur des ambitions réunificatrices de Xi Jinping.

Après avoir menacé de reprendre Taïwan par la force, début 2019, le président chinois a réitéré ses intentions lundi 30 septembre, au lendemain de la manifestation contre le totalitarisme à Taïpei. Pour le numéro un chinois, la marche vers la réunification est inévitable et Pékin restera fidèle au principe « un pays, deux systèmes », préconisée pour le jour où les « deux Chine » seront réunifiées.

A.H.

A propos de l'auteur
Alice Hérait
Journaliste, Alice Hérait est spécialisée sur les questions contemporaine en Asie-Pacifique, et plus particulièrement sur le monde sinisé. Elle est titulaire du Master Hautes Etudes Internationales (HEI) à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO). Sinophone, elle a vécu un an à Taïwan, où elle a étudié à l'Université Nationale de Taiwan (國立台灣大學). Elle nourrit un vif intérêt pour les relations entre Pékin et Taipei.
Naomi Goddard
Naomi Goddard est une photographe portraitiste et documentaire britannique basée à Taipei. Elle est co-fondatrice de Minim Photo Studio et a produit pour des clients tels que The Guardian, Foreign Policy, CNN ou Culture Trip. Son travail reflète sa curiosité pour l'homme et son mode de vie. Ses projets évoquent les relations humaines et la formation de l'identité en fonction de la culture et du lieu de vie. Consulter son site.