Culture
Entretien

Artiste français en Inde, le parcours singulier de Julien Segard

L'artiste français Julien Segard dans son atelier de Shapur Jat à New-Delhi. (Crédit : Michel Testard)
L'artiste français Julien Segard dans son atelier de Shapur Jat à New-Delhi. (Crédit : Michel Testard)
Suite et fin de notre dossier spécial sur l’une des foires les plus visitées en Inde. Du 30 janvier au 2 février derniers, New Delhi a accueilli la onzième édition de l’India Art Fair (IAF). Cette année l’IAF présentait 75 galeries et plus de 1000 œuvres, dont 70% réalisées par des artistes indiens. Notre chroniqueur Michel Testard a plongé quatre jours dans l’univers de la Foire. Après un coup de projecteur sur les galeries indiennes présentes, puis sur les galeries étrangères et l’avenir de la foire, rencontre avec l’artiste français Julien Segard, dont les oeuvres étaient exposées à la Foire.
J’ai rencontré Julien Segard pour la première fois à Delhi en 2012. Six ans plus tard, il expose ses oeuvres dans le stand de la galerie Experimenter, le premier jour de l’India Art Fair débutée le 30 janvier dans la capitale indienne. Nous prenons rendez-vous pour un café à « l’Opéra », le Café français de pâtisseries en vogue à Delhi. Julien Segard est un grand jeune homme brun, élancé. Portant une tenue sobre d’artiste local – pantalon foncé, chemise kurta bleue à manches longues couverte d’une veste Nehru sans manches. Il arbore un visage pâle, un nez aquilin sous des yeux un peu bridés. Sa barbiche noire de quelques jours lui donne un faux air de Faust perdu au pays des Rajahs. On ne lui donne pas ses trente-huit ans.
Marseillais d’origine, ce qui ne s’entend pas à son accent, Julien a d’abord fait des étude d’Arts Appliqués à Marseille avant de rejoindre l’Atelier de Sculpture de Richard Deacon à l’École des Beaux-Arts de Paris, de 2004 à 2008. « L’intérêt d’un atelier de sculpture, raconte-t-il, c’est que c’est grand et haut de plafond. Aux Beaux-Arts, c’était assez ouvert : on pouvait faire ce qu’on voulait. On pouvait travailler avec tous les matériaux : bois, béton, fer ou cuivre. Richard Deacon, qui est un sculpteur très connu était aussi un vrai maître. Il ne nous donnait jamais de leçon. Il ne nous parlait ni de haut ni de ce qu’il faisait. Il nous laissait travailler, émerger et répondait à nos questions. D’où un dialogue qui devenait de plus en plus intéressant avec le temps. Pour ce qui concerne le dessin que je pratique souvent, j’avais appris à le maîtriser avant les Beaux-Arts, à l’école d’Arts Appliqués de Marseille. De fait, le dessin est la seule chose avec laquelle j’ai toujours été à l’aise, sans vraiment le travailler. Après les Beaux-Arts, j’ai eu un premier Atelier à la Cité Internationale des Arts dans le Marais et c’est ensuite que j’ai eu l’opportunité de partir en Inde. En fait, j’y ai suivi mon amie de l’époque, qui avait un poste de VIE [volontaire international en entreprise, NDLR] à l’Agence France Presse. Nous sommes arrivés à Delhi en septembre 2010. Depuis, elle est repartie en France et je suis resté. »

Arrivée en Inde en 2010

Comment s’est passée votre arrivée en Inde ?
Julien Segard : Au début, j’étais un peu perdu. J’ai mis pas mal de temps à comprendre l’Inde, les modes de vie, la flexibilité et le chaos, la vie de quartier et la rue, les relations avec les gens. En France, il me fallait gagner ma vie avant de travailler comme artiste. A Delhi, je n’avais pas cette contrainte. Je n’avais d’autre chose à faire que de me concentrer sur mon travail, sur le dessin et la création. J’ai commencé par faire ce que j’avais déjà pratiqué en France, c’est-à-dire dessiner dans la rue, in situ. C’était plus difficile à faire en Inde, à cause du bruit, de la chaleur, de la promiscuité. Mais petit à petit, je suis passé de la vision d’ensemble que j’avais acquise en France, à celle du détail ici en Inde.
J’ai commencé à exposer chez moi, dans mon appartement de colocation, avec d’autres artistes indiens. Car j’ai rencontré assez vite les artistes locaux, qui sont plutôt bienveillants. C’est ici plus ouvert qu’en France. Et donc je suis rentré assez facilement dans la communauté des artistes ici, qui se trouvent plutôt dans le sud de Delhi. A Shahpur Jat par exemple, mon atelier était à côté d’Anita Dubé, du collectif Raqs Media, de Ravi Aggarwal ou d’Aditya Pande. Nombre de ces artistes sont partis depuis, parce que les loyers ont augmenté.
Connaissez-vous d’autres artistes étrangers en Inde ?
Ils sont très peu nombreux. Pourquoi ? c’est difficile à dire. De fait, il y a beaucoup d’opportunités ici. Mais il ne faut pas être trop gourmand. A Paris, les prix sont élevés et dès qu’on commence dans une galerie, un dessin se vend autour de 4000 euros : on trouve ça normal. Ici, les prix sont plus bas, même dans les galeries qui font un travail sérieux. Donc pour s’engager ici, il faut avoir le cuir épais, ne pas être trop gourmand, tenir dans la chaleur et le chaos, et survivre à la bureaucratie indienne ! Pour moi, il était important d’arriver à faire quelque chose de significatif ici, de faire au moins une vraie exposition. Rentrer trop tôt en France aurait été un échec. Parce que l’inspiration ici est incroyable. Le nombre de choses qui peuvent se passer dans une journée, les contrastes hallucinants, les situations, les gens, les surprises à chaque coin de rue. Il y a partout, tout le temps quelque chose à voir, c’est très intense !
"Okhla phase III The way for amnesia" par Julien Segard – Fusain sur toile de lin 2 fois 210 x 123 cm 2019. Présenté à l’India Art Fair à New Delhi du 30 janvier au 2 février 2019. (Crédit : Michel Testard)
"Okhla phase III The way for amnesia" par Julien Segard – Fusain sur toile de lin 2 fois 210 x 123 cm 2019. Présenté à l’India Art Fair à New Delhi du 30 janvier au 2 février 2019. (Crédit : Michel Testard)
*Une de ces commandes fût faite par l’auteur de cet article : un grand tableau – dessin suggérant la gare de Nizamuddin East, sur bois et carton, un mélange de dessin classique et de matériau brut. Très réussi.
Julien Segard : Mon passeport des Beaux-Arts de Paris ne suffisait pas pour être remarqué. Il m’a fallu d’abord constituer un fond d’œuvres réalisées en Inde. Avant d’arriver à ma première galerie, j’ai fait des expos privées, vendu quelques dessins en direct et j’ai même eu quelques commandes privées*. Ce fut une période difficile. Il y avait des hauts et des bas sans arrêt. Payer le loyer était un problème récurrent. Je n’avais pas toujours de quoi manger. Bref, j’étais un peu dans la dèche. Comme Gauguin. Je ne sais pas si je pourrais revivre ça maintenant. C’était vraiment angoissant ! J’ai commencé à exposer dans ma première galerie en 2014, il y a quatre ans, après quatre années de vie hasardeuse. Ma première galerie a été la galerie Latitude, à la fois un moyen et une expérience. C’est là que j’ai commencé à découvrir comment ça se passe ici. Il y a des galeristes qui ne sont que des purs marchands, qui ne s’intéressent ni à l’art ni aux artistes et gèrent un stock en vendant au mieux un peu n’importe quoi. Certaines galeries ont des pratiques douteuses, j’en ai fait l’expérience. Et puis il y aussi des galeries sérieuses, dirigées par de vrais amateurs d’art qui cherchent à dénicher de nouveaux artistes et à les accompagner dans le temps. Pour moi, Experimenter est clairement dans cette catégorie.

Premier grand projet

Y a-t-il eu un déclencheur, un passage décisif dans votre parcours en Inde ?
*Jindal est un grand groupe industriel privé indien, principalement producteur d’acier et d’électricité.
Oui, ce déclencheur a été un premier grand projet, qui est venu par un vrai coup de chance. Je donnais des cours de dessin à deux jeunes filles. Un jour, leur père – un architecte – est venu prendre à son tour un cours de dessin. Quelque temps après, il est revenu me voir en disant : « Voilà, j’ai un projet avec les Jindal*. Il faudrait décorer un de leur grands bureaux, en fait un grand hall, avec une grande installation. Est-ce que ça t’intéresse ? » J’ai dit oui tout de suite, sans savoir dans quoi je m’embarquais car je n’avais jamais fait de grand panneau mural ni de grande sculpture. Je n’avais jamais fait de soudure, entre autres.
Il s’agissait d’installer quatre grandes sculptures métalliques en dehors du bâtiment dans le jardin de l’usine et de décorer – dans le hall de cantine du personnel – un grand mur de 15 mètres de long par huit mètres de large. J’ai attaqué ce projet de manière empirique. J’ai commencé par faire une maquette en bois des sculptures qui font en réalité dix-huit mètres de haut. Et puis je suis allé voir un ingénieur en structure pour voir si ça allait tenir. Il m’a aidé à encrer l’ensemble en redessinant les pieds, et j’ai pris des artisans pour m’aider à réaliser. Pour le mur, j’ai fait d’abord une série de croquis sur des carnets. Je les ai scannés et assemblés en une fresque digitale avec Photoshop. J’ai ensuite projeté mon image digitale sur le mur pour la reprendre à grande échelle. J’ai peint les motifs avec des bâtons à l’huile sur des panneaux d’ardoise noire fixés au mur du hall.
A ce propos, il faut dire que j’ai eu vraiment de la chance d’être en Inde, de pouvoir recourir à des matériaux et à une logistique à très faible coût. En France, le même projet m’aurait coûté une fortune. Il aurait été réservé à un artiste déjà très confirmé. Ici, la main-d’œuvre n’est pas chère. L’ingénieur structure par exemple m’a coûté 200 euros. Au total, l’ensemble du projet – les quatre sculptures et la fresque murale – m’a coûté 17 lakhs, soit environ 21 000 euros.
"Confidence must be balanced with wisdom" - sculpture de Julien Sehard - acier 400x85x500cm - 2014. Une des quatre sculptures installées dans le campus de l’usine. (Crédit : Julien Segard)
"Confidence must be balanced with wisdom" - sculpture de Julien Sehard - acier 400x85x500cm - 2014. Une des quatre sculptures installées dans le campus de l’usine. (Crédit : Julien Segard)
Quel était le sens de cette œuvre monumentale ?
L’architecte m’avait approché parce que je travaillais déjà avec des morceaux de métal recyclés, et ça collait bien avec l’idée de recyclage du métal que Jindal voulait mettre en valeur. Donc c’était un peu l’idée de départ, leur idée. Pour ma part, quand j’ai vu le site, rencontré les gens sur place et compris qui était Jindal. J’ai développé petit à petit un projet à double sens. D’une part, j’ai voulu montrer comment on produit de l’acier, évoquer le processus de production depuis l’extraction des minerais, le haut-fourneau, l’aciérie et le recyclage. Quelque chose qui soit plaisant pour l’ego de Jindal. D’autre part, j’ai voulu faire allusion à ce que représente un grand groupe privé capitaliste indien avec ses bons côtés – la création de milliers d’emplois dans une zone reculée avec tout l’environnement social pour le personnel – et ses mauvais côtés – acquisition de terres et déplacement de population, déni des impacts écologiques, pouvoir absolu du patron autocrate. Je ne voulais surtout pas faire une œuvre à la seule gloire du grand patron, mais je ne pouvais pas non plus le décrier ouvertement. Il y a donc dans la fresque des allusions multiples, y compris à des poneys au galop. Car Naveen Jindal est un grand joueur de polo, comme souvent l’aristocratie indienne.
Fresque murale par Julien Segard - 8x15m - installée dans le hall de la cantine. (Crédit : Julien Segard)
Fresque murale par Julien Segard - 8x15m - installée dans le hall de la cantine. (Crédit : Julien Segard)
Au final, tout été installé comme prévu sur le site de Raighar, dans l’État du Chhattisgarh. Les ouvriers apparemment sont assez contents, le patron Naveen Jindal semble lui aussi content. Et moi je trouve que ça fonctionne assez bien. Évidemment, c’est une installation qui me donne une référence importante pour l’avenir, vis-à-vis de galeristes ou de conservateurs.

Cohabitation des extrêmes

Qu’essayez-vous de faire en tant qu’artiste ? Comment votre travail évolue-t-il ?
Je ne sais pas si mon travail évolue. Je dirais plutôt que je me diversifie, que j’emploie différentes pratiques, matériaux, en parallèle. Avec bien sûr des résultats esthétiques contrastés.
Je me souviens que vous faisiez des dessins d’objets de la vie courante rendu avec une grande précision, et aussi des grands formats quasi architecturaux, notamment des échangeurs à Delhi. Qu’essayez-vous de dire ?
J’essaie de rester connecté aux choses simples qui se passent autour de moi. La vie du quartier ici, des gars qui se battent, des chiens qui se battent. Cela passe dans des petits dessins, des carnets que je produis en permanence. Je les reprends après en les transformant. Ce qui m’intéresse ici, ce sont les contrastes incroyables, là, en bas, devant chez moi : un alcoolo bourré au whisky local qui va se casser la tête sur le bec de gaz, et à trente mètres, des maisons chics avec des garages remplis de BMW. C’est ça qui me plaît ici : la cohabitation des extrêmes ! C’est ce que je vois, sans message, sans faire de théories ou porter de jugements. Je continue mes dessins architecturaux et en même temps, je diversifie mes sujets. J’essaie de mettre en valeur des détails presque invisibles. Par exemple, quand j’applique une couche de ciment gris sur la toile de lin, j’évoque le gris, la fumée du ciel pollué de Delhi. La ruine est aussi présente, ou plutôt le délabrement qui marche encore. Tout ici est délabré, mais ça marche encore et ce n’est pas tout à fait l’apocalypse. Les gens ne sont pas malheureux à ce point.
Dessin d’une usine au fusain sur une plaque cartonnée par Julien Segard – 40 x 90 cm. (Crédit : Michel Testard)
Dessin d’une usine au fusain sur une plaque cartonnée par Julien Segard – 40 x 90 cm. (Crédit : Michel Testard)
Quels sont vos projets ?
L’année dernière, on m’a proposé de faire à Goa un dessin mural sur le thème : « la mort n’est qu’un recommencement ». Quand je suis arrivé sur le site, j’ai trouvé qu’un dessin mural ne marcherait pas bien. J’ai eu une autre idée, projeter un jeu d’ombres sur le mur. J’ai donc été chercher dans les environs de la plage tout un tas de déchets, bois, branchage, pare-chocs, objets et détritus divers. Je les ai découpés et assemblés en une structure dont les ombres tombaient sur le mur qu’on m’avait donné. Ce jeu d’ombres faisait un effet de constellations, de galaxies, intéressant. C’est pour moi du dessin mural indirect, mais ce travail sur les ombres est devenu plus systématique. Chaque fois que je fais une sculpture maintenant, je travaille aussi sur son ombre. Ainsi, chaque travail nourrit le suivant.
Êtes-vous autant sculpteur que dessinateur ?
Je ne suis pas sûr d’être autant sculpteur, mais je suis très sensible au matériau. En dessin ou en peinture, les matières, les textures et le matériau comptent. J’aime bien la taille de la maquette. Et finalement, j’essaie de me détacher du réel, de la représentation. J’essaie d’évoquer les choses.
Vous détachez-vous du réel au point d’être un artiste conceptuel ?
Non, j’essaie toujours de partir de ce qui m’entoure. Je vois une situation, je ressens un contexte. Et puis ça se transforme avec le processus de création, quand je rassemble des objets, du papier, des matériaux. Je ne pars pas d’une idée initiale comme beaucoup d’artistes. Je pars d’une situation qui se transforme avec le travail.
Dessin de chaise par Julien Segard, présentés à l’India Art Fair de New Delhi du 30 janvier au 2 février 2019. (Crédit : Michel Testard)
Dessin de chaise par Julien Segard, présentés à l’India Art Fair de New Delhi du 30 janvier au 2 février 2019. (Crédit : Michel Testard)
Dessin de chaise par Julien Segard, présentés à l’India Art Fair de New Delhi du 30 janvier au 2 février 2019. (Crédit : Michel Testard)
Dessin de chaise par Julien Segard, présentés à l’India Art Fair de New Delhi du 30 janvier au 2 février 2019. (Crédit : Michel Testard)
Dessin de chaise par Julien Segard, présentés à l’India Art Fair de New Delhi du 30 janvier au 2 février 2019. (Crédit : Michel Testard)
Dessin de chaise par Julien Segard, présentés à l’India Art Fair de New Delhi du 30 janvier au 2 février 2019. (Crédit : Michel Testard)

Avenir indien, avenir français

Qu’avez-vous fait depuis le projet avec Jindal ?
Après Raighar, les choses ont commencé à se mettre en place. En 2014, j’ai participé à une expo à la Birla Academy. C’est là que des représentants de la galerie Experimenter de Calcutta ont repéré deux de mes dessins et m’ont contacté. Ils m’ont proposé une expo solo chez eux à Calcutta quelque temps après. Je travaille depuis essentiellement avec eux. Experimenter est une galerie plus professionnelle, avec une vraie ouverture internationale. Les fondateurs sont des Bengalis qui viennent du métier de la soie. Ce sont de vrais passionnés d’art. Ils ont du goût et un jugement sûr. Ils me présentent régulièrement, deux à trois fois par an, à Calcutta, mais aussi à Delhi, Dubai et Hong Kong. Je n’ai pas une relation contractuelle formelle avec eux, mais je leur demande leur avis sur mon travail et ils sont désireux de me soutenir dans la durée.
Et l’avenir ?
Je commence à sentir que l’intérêt pour mon travail est là et qu’il grandit. Avec davantage de contacts et d’échanges, j’ai plus d’idées, j’ai envie de faire plus de projets. Je voudrais maintenant être plus systématique dans ma démarche. Stabiliser ma situation en Inde avec des revenus plus réguliers et surtout produire plus. Pour cela, je dois mieux organiser mon atelier et trouver des assistants pour m’aider, prendre en charge des tâches d’atelier qui prennent beaucoup de temps. et aussi trouver un espace plus grand pour faire plus. En Europe, je voudrais construire un atelier dans ma maison du sud de la France. Et sans doute trouver une galerie en France. En attendant, à l’India Art Fair, il y a beaucoup de monde venant du monde entier : on a même vu le directeur du MOMA ici. C’était donc bien d’être là !
L'artiste français Julien Segard dans son atelier de Shapur Jat à New-Delhi. (Crédit : Michel Testard)
L'artiste français Julien Segard dans son atelier de Shapur Jat à New-Delhi. (Crédit : Michel Testard)
Propos recueillis par Michel Testard
A propos de l'auteur
Michel Testard
Ancien consultant international, diplômé de l'École des Ponts et Chaussées et de l'INSEAD, spécialiste de l'Inde, Michel Testard est aujourd'hui peintre et essayiste. Il expose à New Delhi auprès de la galerie Nvya. Le suivre sur Instagram et voir son site. Son mail : micheltestard@wanadoo.fr.