Société
Les Français en Asie par LePetitjournal.com

Indonésie : Olivier Tichit de "gringo" à amoureux du pays

L'agronome Olivier Tichit. Copyright: Le Petitjournal.com
Comme bon nombre d’entre nous, Olivier Tichit est arrivé en Indonésie pour des raisons professionnelles. Mais c’est par amour de son métier, de l’histoire du pays, de la beauté des paysages et de la faune, de la gentillesse des habitants et aussi par amour tout court qu’il y vit depuis presque 20 ans.
Ingénieur en agronomie tropicale, Olivier Tichit débarque en 1999 à Bandar Lampung sur l’île de Sumatra pour travailler comme exportateur de café pour le compte d’une société suisse. Pour pratiquer sa profession de « gringo comme dans les pubs », comme il aime à le préciser avec humour, il apprend rapidement le bahasa indonésien car les occasions de s’exprimer en français dans sa vie de tous les jours sont plutôt rares. Les seuls Français présents dans cette région sont les missionnaires plutôt âgés qui ont pris la nationalité indonésienne au moment de l’indépendance dans les années 60. Depuis 2008, Olivier est installé à Medan et est au service d’une société belge spécialisée dans les plantations de palmiers, d’hévéa et de thé. Il peut y assouvir sa passion pour l’agronomie : « Nous sommes propriétaires de nos plantations qui sont situées sur Sumatra et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ce qui nous permet de contrôler toute la chaîne de production jusqu’à la transformation de la matière brute », explique-t-il.

Des caméras pour surveiller et protéger

Cette activité professionnelle s’est enrichie il y a peu d’un nouveau volet qui permet à Olivier d’assouvir sa curiosité pour la faune et la flore indonésiennes. « Parallèlement et dans un souci de préservation de la biodiversité, confie Olivier Tichit, nous avons délimité sur nos terres une zone tampon de 12 000 hectares dans le sud de Sumatra à la limite d’un parc national. La zone n’est volontairement pas exploitée et protégée grâce à un système de surveillance par caméras. Nous veillons à préserver cette zone à la fois du braconnage et des coupes de bois illégales. Pour ce qui est des coupes illégales, les concertations répétées avec les paysans locaux ainsi que la volonté affichée du gouvernement Jokowi de lutter contre ce fléau ont eu raison de ces mauvaises pratiques. L’action de la police pour limiter le commerce de bois porte ses fruits et nous ne déplorons plus de coupes sauvages depuis 5 à 6 mois déjà. Il en va bien autrement en ce qui concerne le braconnage car il est beaucoup plus difficile de repérer les coupables. Il existe deux types de braconnage : celui que l’on nomme le braconnage léger et qui touche les oiseaux pour approvisionner un marché qui est entretenu par une forte tradition populaire ; puis il existe le braconnage lourd à haute valeur ajoutée. Les braconniers n’hésitent pas à abattre leurs proies, souvent des tigres et à les dépecer sur place pour ne conserver que la peau qui sera vendue localement et les os qui, eux, sont revendus très chers, principalement pour fournir la pharmacopée chinoise. »

Gibbons, varans, tapirs, pangolins, tigres et lapins de Sumatra

L’observation de cette nature l’enchante et même s’il déplore ces pratiques cruelles et mercantiles, Olivier aime visionner les bandes des caméras de surveillance et s’émerveille de la grande diversité de la faune. « Je vois de tout grâce à nos caméras : des gibbons, des varans, des tigres, des tapirs. Je sais que des pangolins et des lapins de Sumatra vivent sur cette zone mais ils échappent encore à nos caméras, regrette-t-il. Je vois même ce courageux tigre à 3 pattes qui a su se défaire d’un collet de braconnier et qui depuis vit paisiblement dans notre réserve. »
Tigre à 3 pattes victime des braconniers (copie écran: Le Petitjournal.com)
Olivier Tichit est enthousiaste quand il parle de sa vie indonésienne. Il précise qu’il faut savoir être persévérant pour réussir à se plaire sur l’archipel et qu’il faut être là pour rester. « Le pays est tellement vaste et multiple qu’on ne peut l’apprécier que si l’on est doué de patience et d’une certaine souplesse intellectuelle. Plus on reste, plus on comprend le fonctionnement de la société indonésienne et plus on est utile à notre employeur. Et c’est très agréable de se sentir utile. »
Quand dans une dernière question nous lui demandons ce qui lui ferait quitter l’Indonésie, la réponse est claire : « La santé bien sûr, mais ma femme fait même des chouquettes maintenant alors pourquoi rentrer ?! »

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