Société
L'Asie du Nord-Est dans la presse

Corée du Sud : 12 ans de prison requis contre l'héritier de Samsung après le Choigate

Lee Jae-yong, le vice-président de Samsung Electronics arrive à son procès au Tribunal du District Central de Séoul le 7 août 2017. (Crédits : AFP PHOTO / POOL / Ahn Young-joon)
Lee Jae-yong, le vice-président de Samsung Electronics arrive à son procès au Tribunal du District Central de Séoul le 7 août 2017. (Crédits : AFP PHOTO / POOL / Ahn Young-joon)
Le réquisitoire est sans précédent pour un dirigeant de chaebol sud-coréen. Ce lundi 7 août, le procureur spécial a préconisé une peine de douze ans d’emprisonnement contre le vice-président de Samsung. Il est depuis le 17 février en détention provisoire suite à sa mise en examen dans le scandale du Choigate.
Une lourde peine pour l’héritier de Samsung. Ce lundi, les procureurs ont réclamé douze ans de prison pour l’actuel président de l’entreprise Samsung, Lee Jae Yong, rapporte le Korea Times. Il est accusé d’avoir versé des pots-de-vin à l’ex-présidente Park Geun-hye et sa confidente Choi Soon-sil. Des preuves évidentes montrent que le vice-président de Samsung Electronics a donné 43,3 milliards de wons pour garder le contrôle de l’entreprise, a indiqué Park Young-soo, le procureur spécial. « Compte tenu des autres chefs d’accusation, dont détournement de fonds et parjure, Lee mérite une lourde peine », a-t-il conclu. Le procès qui a commencé le 7 avril prendra fin lors de la décision du Tribunal du District central de Séoul le 28 août prochain.
Lee Jae-yong a toujours nié les faits. D’après le Korea Times, Lee est accusé d’avoir forcé le Service National de Pensions de retraite (NPS), un actionnaire clé de Samsung, à voter pour leur fusion en 2015. Pourtant, durant son procès, l’héritier du chaebol a démenti être impliqué dans le processus de prise de décision sur la fusion. Il a par ailleurs blâmé les cadres du bureau de la prospective du groupe, précise le quotidien sud-coréen. C’est donc en victime qu’il n’a cessé de se présenter : pour Lee, c’est Choi Soon-sil qui extorqué de l’argent à Samsung, rapporte le Straits Times. D’autres dirigeants de la compagnie ont soutenu les propos du vice-président. Choi Gee-sung, le directeur de la stratégie, a même déclaré être la personne à blâmer pour toutes les mauvaises décisions ainsi que les pots-de-vins donnés à Choi. Lee n’était pas au courant, selon lui. Par ailleurs, Lee Jae-yong a nié avoir parlé avec Park pour s’assurer que Samsung reste aux mains de la famille. D’après le quotidien singapourien, il paraissait détendu pendant les audiences et faisait rire parfois l’assistance.
Le réquisitoire contre l’héritier de Samsung intervient dans un contexte très lourd pour le chaebol. Ce jeudi, la police sud-coréenne a perquisitionné un bureau de gestion pour les résidences centrales de Séoul appartenant au président de Samsung Electronics, Lee Kun-hee, indique le Korea Herald. Lui et ses proches sont suspectés d’avoir transféré de l’argent pour leurs dépenses de rénovation. Au coeur des recherches des enquêteurs : des documents liés au paiement d’une agence de décoration d’intérieur à partir de comptes créés sous des noms d’emprunt. La police prévoit de convoquer les dirigeants de l’entreprise pour les interroger après l’analyse des preuves.
L’image de Samsung est décidément au plus bas. Le conglomérat sort tout juste d’une polémique sur son smartphone Galaxy Note 7 : un nouveau portable présentant des défaillances au niveau des batteries. Côté people, la presse est émaillée de la chronique du divorce compliqué entre la sœur de Lee Jae-yong et son ex-mari. La santé financière de Samsung Electronics n’est, elle, pas en danger : le groupe a rapporté un bénéfice net de 10 milliards de dollars au deuxième trimestre, précise le Straits Times.
Par Iliana Pradelle
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