Politique
L'Asie du Nord-Est dans la presse

Corée du Sud : l'agence de renseignement a bien aidé Park à être élu présidente en 2012

C'était le 10 décembre 2012 : Park Geun-hye était élue présidente de la Corée du Sud. (Crédits : AFP PHOTO/DONG-A ILBO)
C'était le 10 décembre 2012 : Park Geun-hye était élue présidente de la Corée du Sud. (Crédits : AFP PHOTO/DONG-A ILBO)
Park Gun-Hye élue présidente en 2012 grâce à l’agence nationale de renseignement ? En tout cas, elle y a fortement contribué. Une enquête interne à l’agence sud-coréenne l’a confirmé ce jeudi 3 août : les renseignements sud-coréens ont bien aidé l’ex-présidente lors de sa campagne présidentielle en 2012. Le candidat malheureux de l’époque était Moon Jae-in, l’actuel président élu après la destitution de Park.
Il a fallu cinq ans pour confirmer les doutes. D’après le Korea Herald, le service national de renseignement (NIS) a participé à des opérations politiques illicites visant à manipuler les électeurs lors de la présidentielle en 2012. C’est ce que l’agence sud-coréenne a admis à la suite d’une enquête interne. Elle a mobilisé des équipes d’experts en guerre psychologique afin de s’assurer que Park Gun-Hye batte son rival, Moon Jae-in, l’actuel locataire de la Maison-Bleue, rapporte le Guardian. Quelques jours avant les scrutins présidentiels, ces experts ont posté des messages critiquant Moon, le candidat principal de l’opposition, précise le quotidien sud-coréen.
« Les équipes ont été chargées de diffuser des opinions pro-gouvernementales et de supprimer les opinions anti-gouvernementales, les brandissant comme des tentatives des forces pro-nord-coréennes pour perturber les affaires de l’État », révèle le rapport du NIS cité par le quotidien britannique. En outre, L’enquête interne menée par l’agence de renseignement a révélé des tentatives de son ancien directeur Won Sei-Hoon et d’autres hauts fonctionnaires d’influencer les électeurs lors des élections législatives sous l’ex-président Lee Myung-Bak.
Ces accusations ne datent pas d’hier. Les premières interrogations ont été soulevées pendant la campagne présidentielle de 2012. D’après un article du New York Times daté du 22 novembre 2013, un agent de renseignement non cité avait alors refuser de répondre à des questions portant sur l’implication du NIS durant la campagne. Mais trois jours avant l’élection présidentielle, la police de Séoul avait annoncé qu’elle n’avait trouvé aucune preuve pour étayer les accusations de l’opposition.
Mais l’affaire n’en est pas restée là. En juin 2013, Won Sei-Hoon, le directeur du NIS, est inculpé puis condamné à deux ans de prison pour avoir ordonné à l’agence de censurer la presse et de soutenir les groupes civiques conservateurs. La même année, en juillet, des députés de l’opposition saisissent les accusations de falsification des élections pour poser des questions sur la victoire de Park. Des petits groupes de manifestants se rassemblent alors dans les grandes villes du pays pour demander une enquête et une réponse claire de la présidente. Quelques mois plus tard, en novembre, le parquet sud-coréen accuse plusieurs hauts fonctionnaires du renseignement, dont Won Sei-Hoon, d’avoir ordonné une campagne contre le candidat de l’opposition, violant la loi électorale. Mais ces accusations restent sans suite, les procureurs ne pouvant pas préciser comment l’opération a affecté le résultat des élections.
Par Iliana Pradelle
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