Politique

Corée du Nord : l'avertissement de Pékin à Pyongyang sur un 6ème test nucléaire

Le président chinois Xi Jinping à Pékin le 10 avril 2017. (Crédits : AFP PHOTO / Fred DUFOUR)
Le président chinois Xi Jinping à Pékin le 10 avril 2017. (Crédits : AFP PHOTO / Fred DUFOUR)
La Chine s’active dans un sens inhabituel face à la montée des tensions dans la péninsule coréenne. Après sa rencontre à Mar-a-lago, Xi Jinping, une fois n’est pas coutume, a décroché son téléphone pour appeler Donald Trump à l’apaisement afin d’éviter un engrenage des représailles en cas d’essai nucléaire de la Corée du Nord. Mais par ailleurs, la Chine exhorte Pyongyang à s’abstenir d’un tel test sous peine de graves conséquences.
Le très nationaliste The Global Times ne mâche pas ses mots. Après avoir rappelé que le mois d’avril est traditionnellement une « période à haut risque » du fait de la célébration le 15 avril de la naissance de l’ancien leader Kim Il-sung, le quotidien chinois prévient que le gouvernement de Pékin « réagira fortement » en cas de nouvel essai nucléaire nord-coréen, le 6ème. « La Chine ne restera pas indifférente aux violations nord-coréennes répétées de la résolution du conseil de sécurité des Nations Unies », promet le quotidien officiel.

Le gouvernement chinois n’est pas seul dans cette affaire, avance le Global Times, car de « plus en plus de citoyens chinois encourage leur gouvernement à renforcer les sanctions » contre Pyongyang. Et de conclure que « le programme d’armement nucléaire nord-coréen est destiné à assurer le régime, mais qu’il vient d’atteindre son point de basculement ». La menace est donc à peine voilée : la Chine fera tout non seulement pour éviter une escalade des tensions dans la région, mais aussi pour soutenir une résolution du conflit via une nouvelle réunion à 6 – soit des pourparlers entre la Corée du Nord, les États-Unis, la Corée du Sud, le Japon, la Chine et la Russie.

Cette volonté de faire revenir chacun à la table des négociations, c’est ce qu’a soutenu Xi Jinping lors son coup de téléphone à Donald Trump ce mercredi 12 avril, nous apprend le South China Morning Post. En effet, le président chinois a appelé son homologue américain – « à son invitation » selon le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères – pour insister « sur une dénucléarisation pacifique de la péninsule afin de protéger fermement la paix et la stabilité de la région ». La multiplication inhabituelle des échanges ces derniers jours entre les deux dirigeants indique, selon des spécialistes cités par le quotidien hongkongais, que la tension est à son plus haut point dans la péninsule. Or la Chine « semble disposer de peu d’options » depuis que le tout dernier tweet de Trump : « La Corée du Nord cherche des problèmes. Si la Chine décide d’aider, ce serait génial. Sinon, nous allons résoudre le problème sans eux ! ».
Ainsi, entre les tweets rageurs du président américain et l’impossibilité de savoir exactement ce qui se trame au plus haut niveau des institutions dans le royaume ermite, la tension dans la péninsule coréenne ne semble pas prête de retomber. D’autant que, comme l’annonce le Straits Times, le gouvernement japonais semble prêt lui aussi à entrer dans la danse. En effet, ce matin, Shinzo Abe a annoncé que la marine japonaise allait effectuer des « exercices conjoints avec la marine américaine », notamment avec le porte-avion américain USS Carl Vinson et sa suite, envoyés dans ce région samedi 8 avril depuis Singapour. Ce dernier est attendu dans la péninsule coréenne aux alentours du 25 avril. D’ici là, tout peut donc encore arriver, d’autant que le « Jour du Soleil », jour de l’anniversaire de Kim Il-sung, a lieu ce samedi 15 avril.
Par Antoine Richard
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