Politique

Corée du Nord : jusqu’où iront les sanctions de l’administration Trump ?

Le président chinois Xi Jinping reçoit le secrétaire d’État américain Rex Tillerson dans le Grand Hall du Peuple à Pékin, le 19 mars 2017. (Crédits : AFP PHOTO / POOL / THOMAS PETER)
Le président chinois Xi Jinping reçoit le secrétaire d’État américain Rex Tillerson dans le Grand Hall du Peuple à Pékin, le 19 mars 2017. (Crédits : AFP PHOTO / POOL / THOMAS PETER)
Les États-Unis de Donald Trump vont-ils prendre le risque de déclencher un conflit avec la Corée du Nord ? Après les derniers tests balistiques de Pyongyang, Washington mise sur un durcissement de son action. Le gouvernement américain tente désormais de mettre sous pression l’économie nord-coréenne par le biais de son partenaire chinois. Des mesures contre lesquelles s’insurge Pékin, qui craint une escalade des tensions. Dans le même temps, Washington continue les exercices militaires conjoints avec Séoul pour montrer les muscles.
La tensions entre Pyongyang et Washington monte dangereusement. L’administration Trump envisage désormais des sanctions radicales visant à couper la Corée du Nord du système financier international. Ces mesures interviendraient afin de contrer la menace nucléaire et balistique de Pyongyang. D’après un Donald Trump aussi lapidaire que ses tweets, le leader nord-coréen Kim Jong-un agit « très très mal », indique Channel News Asia. Le président américain tente désormais de durcir sa politique nord-coréenne, a clairement averti le secrétaire d’État américain Rex Tillersson, rapporte le Korea Herald. Et c’est la Chine qui pourrait en faire les frais : des « sanctions secondaires » toucheront en particulier les banques et les entreprises chinoises en affaires régulières avec Pyongyang.

En parallèle sera renforcé le système de défense des États-Unis ainsi que celui de ses alliés sud-coréens et japonais, précise Channel News Asia. En dépit de l’opposition chinoise, Washington a d’ores et déjà commencé à installer en Corée du Sud son bouclier antimissile (THAAD). Le président américain pourrait encore aller plus loin, en faisant tourner des sous-marins « Ohio » dans les eaux régionales, comme l’USS Colombus qui participe à l’actuel exercice militaire conjoint avec Séoul, explique Yonhap. Les Américains pourraient aussi réinstaller des armes nucléaires dans la base sud-coréenne de Kunsan, ajoute le Korea Herald. Cela dépendra notamment des recommandations formulées par H.R. McMaster, le conseiller à la réception en avril du président chinois Xi Jinping.

L’objectif de Washington serait ainsi de reproduire les sanctions contre l’Iran et son programme nucléaire, lesquelles ont finalement aboutis à un accord entre Téhéran et les pays occidentaux en 2015, rappelle Channel News Asia. Pour agir ainsi, l’administration Trump espère obtenir une pleine coopération internationale. D’autant plus que la Corée du Nord est bien moins intégrée au système mondial qu’un pays exportateur de pétrole comme L’Iran.

C’est tout le sens de la déclaration de Rex Tillerson le 17 mars à Séoul : il faut renforcer les pressions sur Pékin, le seul allié de poids des Nord-Coréens. De l’avis de la Maison Blanche, le gouvernement chinois doit faire plus pour pour contenir la Corée du Nord. Washington chercherait notamment à saisir directement les biens de Kim Jong-un et de sa famille, rapporte Channel News Asia. L’expression en dit long sur l’effet voulu par Washington : « Toutes les options sont envisagées pour résoudre deux décennies d’échec de la politique américaine sur la Corée du Nord », a déclaré Tillerson, indique le Korea Herald.

Cependant, la Chine s’oppose à ces mesures. A Pékin ce mardi 21 mars, Hua Chunying, le porte-parole du ministère des Affaires Étrangères s’est alarmé. Pour lui, la situation de la péninsule coréenne est aujourd’hui à la croisée des chemins : soit les parties concernées continuent de favoriser « une escalade vers le conflit et la guerre potentielle », soit elles « résolvent le problème du nucléaire nord-coréen par le dialogue diplomatique », cite Channel News Asia.

Par Benjamin Giraudeau
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