Politique
L'Asie du Nord-Est dans la presse

Corée du Sud : pourquoi Ban Ki-moon renonce à la présidentielle

L'ancien secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon annonce son retrait de la campagne présidentielle en Corée du Sud, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale à Séoul le 1er février 2017. (Crédits : AFP PHOTO / YONHAP)
L'ancien secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon annonce son retrait de la campagne présidentielle en Corée du Sud, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale à Séoul le 1er février 2017. (Crédits : AFP PHOTO / YONHAP)
Il ne sera pas le successeur de Park Geun-hye à la Maison-Bleue. Annoncé comme le favori de la présidentielle sud-coréenne, Ban Ki-moon a brusquement annoncé son retrait de la course ce mercredi 1er février, et même de la politique en général. Les affaires de corruption ont semble-t-il eu raison de sa candidature.
« Je vais renoncer à mon intention pure de réaliser un changement politique et d’unir la nation, » a déclaré l’ancien secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon lors d’une conférence de presse soudaine tenue à l’Assemblée Nationale ce mercredi 1er février, indique le Korea Herald. « J’ai été très déçu par l’étroitesse d’esprit et l’égoïsme chez certains politiciens, a ajouté Ban. Dès lors, j’ai conclu qu’il était inutile de travailler avec eux. » Depuis son retour en Corée du Sud le 12 janvier dernier après 10 ans passés à New York, le diplomate avait pourtant sérieusement envisagé de se présenter à la présidentielle sud-coréenne, rappelle l’agence Yonhap. Bien qu’il n’ait jamais officiellement déclaré être en course, précise le South China Morning Post, l’ancien secrétaire général de l’ONU avait organisé une série d’apparitions publiques et était largement attendu pour rejoindre le parti au pouvoir Saenuri de la présidente Park Geun-hye.

Mais alors pourquoi ce retrait précipité ? Pour Yonhap, les espoirs présidentiels de Ban ont vacillé à cause des attaques politiques continuelles des partis d’opposition et des médias progressistes, sans oublier les accusations de corruption impliquant ses proches et lui-même. Deux affaires ont terni son image. La première concerne 230 000 dollars de pots-de-vin touchés par l’ex-patron de l’ONU des mains de l’homme d’affaire sud-coréen Park Yeon-cha. Ce que Ban a nié en bloc. Deuxième affaire gênante : le bureau du procureur général des Etats-Unis à New York accuse le frère et le neveu du haut diplomate d’avoir tenté de corrompre un fonctionnaire du Moyen-Orient pour faciliter la vente d’un bâtiment au Vietnam, indique le site japonais Nikkei Asian Review.

« Mon patriotisme pur et ma fierté ont été souillés par des calomnies et de fausses informations. Mon objectif d’un changement fondamental de la politique a perdu de son sens », a ainsi déclaré Ban Ki-moon, cité par le Korea Times. Et d’ajouter : « Une grande cicatrice est restée sur moi, ma famille et l’honneur des Nations unies. » A son retour à Séoul le 12 janvier, Ban avait déclaré qu’il attendait l’avis de l’organisation internationale sur sa participation à la présidentielle. Ses opposants avaient dénoncé une possible « violation de la résolution des Nations unies » en termes de nomination du Secrétaire général si Ban entrait dans la course peu après la fin de son mandat à la tête de l’ONU.

Par Joana Hiu
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