Société
L'Asie du Nord-Est dans la presse

Nouvel an chinois : pollution, tickets de train et petite amie à louer

Des ouvriers chinois installent des lanternes dans la ville de Wenzhou (province du Zhenjiang) à l'approche du nouvel an, le 23 janvier 2017. (Crédit : CHANG KONG / IMAGINECHINA via AFP)
Des ouvriers chinois installent des lanternes dans la ville de Wenzhou (province du Zhenjiang) à l'approche du nouvel an, le 23 janvier 2017. (Crédit : CHANG KONG / IMAGINECHINA via AFP)
C’est la plus importante migration de masse de l’année. Des centaines de millions de travailleurs chinois parcourent actuellement le pays pour retourner dans leur famille et fêter l’année du coq de feu, qui s’ouvre demain samedi 28 janvier.
Avec 3 milliards de voyageurs prévus sur la période, l’achat de billets de train est élevé au rang de compétition nationale en Chine. Pour éviter les queues interminables dans les gares et les crashes fréquents du site web de la compagnie ferroviaire du pays, près de la moitié des billets devraient être vendus via des applications mobiles spécialisées, rapporte le South China Morning Post.
Problème : les tarifs proposés sont bien plus chers que la normale, déplore le Quotidien du peuple. L’organe officiel du parti communiste n’hésite pas à parler de « vol » et même de « trouble à l’ordre social ». Car plus les personnes utilisant ces applications mobile seront nombreuses (elles n’étaient que 26% l’année dernière), plus il sera difficile d’acquérir des billets de façon conventionnelle. Pourtant, la pratique est légale. Si la vente à la sauvette est bien interdite, les applications, quant à elles, sont considérées comme une « tierce personne » sur laquelle comptent les internautes pour obtenir leurs billets, note toujours le quotidien hongkongais. Le pouvoir n’est donc pas en mesure d’agir.
Et les Chinois font confiance à leurs smartphones pour bien d’autres choses… Comme pour leur trouver une petite amie à présenter à leurs parents en cette période de fête, indique le même Quotidien du Peuple ! La pratique n’est pas nouvelle mais elle se répand toujours plus. Utilisable toute l’année, l’application « Hire Me Plz » (Embauchez-moi, svp) fait elle aussi flamber les prix pour le nouvel an : 10 000 yuans (plus de 1 350 euros) la journée contre 1 299 yuans (180 euros) au maximum le reste de l’année. Que les lectrices se rassurent : une version pour femmes recherchant un faux petit ami est également disponible. L’égalité des sexes est préservée.
De leur côté, les autorités tentent de prendre à contre-pied tous ces excès. Comme à Pékin, où il a été demandé aux officiels de donner l’exemple et de ne pas allumer de feux d’artifices ni de pétards pour le nouvel an, rapporte Channel News Asia. Pourquoi ? Pour « éviter d’aggraver la pollution », évidemment. Le gouvernement municipal appelle ainsi à la « protection de la qualité de l’air » afin « d’assurer le ciel bleu pour la ville ». L’industrie du charbon appréciera le sens des priorités. Reste désormais à savoir si les « inspecteurs du smog », agents de la « guerre contre la pollution » lancée par le Premier ministre Li Keqiang en 2014, seront mobilisés pour faire des rondes.
Quoi qu’il en soit, dans cette période d’effervescence troublée, le peuple chinois pourra toujours trouver du réconfort dans les paroles quasi-christiques de son président Xi Jinping, qui « propage l’amour » selon le titre du China Daily. Moins paternelle mais tout aussi chaleureuse, l’équipe d’Asialyst vous souhaite quant à elle une très bonne année du coq de feu ! 新年快乐!恭喜发财 !
Par Alexandre Gandil

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