Politique
L'ASIE DU NORD-EST DANS LA PRESSE

Corée du Sud : les Chaebols sur le gril des auditions parlementaires

Copie écran The Korea Herald
Décidément, les journées historiques n’en finissent plus en Corée du Sud. L’image de ces neuf dirigeants des grands groupes familiaux jurant, main sur le cœur, de dire toute la vérité, rien que la vérité aux parlementaires, restera dans les annales. Depuis 10 heures ce matin, heure de Séoul, les télévisions sud-coréennes retransmettent en direct ces auditions de milliardaires venus justifier les versements des chaebols aux fondations contrôlées par la confidente de l’ombre de la présidente Park Geun-hye, au cœur du plus retentissant scandale politico-financier de ces dernières années.
Quelques soit les révélations qui seront obtenues au cours de cette journée d’auditions, l’image est tellement rare qu’elle marquera probablement longtemps les esprits en Corée du Sud. C’est en effet la première fois que tous les chefs des familles des groupes les plus riches du pays, qui habituellement fuient les apparitions en public, sont ainsi rassemblés et contraints de se justifier, note le Korea Times.
L’enquête parlementaire porte sur des versements présumés à deux fondations K-Sport et Mir contrôlées par Choi Soon-sil, la confidente de la chef de l’Etat par qui le scandale est arrivé. Les députés veulent savoir également si la présidente Park Geun-hye a poussé ces chaebols à verser ces commissions en échange de règlements favorables aux affaires de ces groupes ou d’attribution de marché. Parmi les présents à cette session, sont représentés les groupes Hyundai Motor, SK, LG, Lotte, Hanwha, Hanjin, Cj, GS et Samsung.
Parmi les confessions les plus attendues, celles de l’héritier de Samsung, Lee Jae-yong. Le patron du premier chaebol du pays et troisième groupe mondial doit dire si oui ou non sa société a obtenu le soutien du NPS, le fond de pension public sud-coréen, pour la fusion controversée de deux unités du groupe, en échange de dons en espèces à la confidente Choi Soon-sil et à sa fille Chung Yu-ra, rapporte le Korea Herald.

Mini-révolution

*Organisation indépendante non lucrative dans ses statuts, la FKI comptait 470 membres en 2013, dont 400 représentants des chaebols, 21 des entreprises étrangères présentes en Corée du Sud et 65 d’ONG.
Main sur la cravate, ce dernier a nié ces versements, mais il se dit « prêt à céder le contrôle du groupe à une personne qui serait mieux que [lui] ». Il affirme surtout que Samsung a l’intention de quitter le puissant lobby de la Fédération des industries coréennes (FKI)*, ce que répètera derrière lui le patron de Hyundai Motor. Une mini-révolution quand on sait que cette ultra puissante fédération du patronat des grands groupes coréens influe sur la politique économique du pays depuis 1961.
Le président du groupe SK, Chey Tae-won, a quant à lui déclaré aux parlementaires qu’il avait reçu une demande de don de 8 milliards de wons venant de la fondation K-Sports, mais qu’il avait refusé le versement, rapporte le Korea Herald. Shin Dong-bin, le dirigeant du groupe Lotte, a également nié son implication dans le scandale. Le conglomérat a pourtant versé 1,3 millions d’euros et 3,6 millions d’euros aux fondations K-Sports et Mir, respectivement, l’an dernier, rapporte le même quotidien sud-coréen. En mai de cette année, Lotte a également envoyé 5,5 millions d’euros supplémentaires à la Fondation K-Sports, qui lui ont été retournés un jour avant que les procureurs ne perquisitionnent le siège de la société en juin.
Par Stéphane Lagarde

Les autres faits du jour en Asie du

Chine : Donald Trump considère la Chine comme « un mouton à tondre », considère l’éditorialiste du Global Times.

Japon : La visite de Shinzo Abe à Pearl Harbour, pour la mémoire pas pour s’excuser, rapporte le Japan Times.

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