Politique
L'Asie du Sud dans la presse

Cachemire : le conflit entre l'Inde et le Pakistan est-il en train de dégénérer ?

Des manifestants pakistanais brûlent un drapeau indien à Multan le 23 novembre 2016, suite aux tirs indiens transfrontaliers ayant fait 12 victimes dont 9 civils. (Crédit : SS MIRZA / AFP)
Des manifestants pakistanais brûlent un drapeau indien à Multan le 23 novembre 2016, suite aux tirs indiens transfrontaliers ayant fait 12 victimes dont 9 civils. (Crédit : SS MIRZA / AFP)
« L’Inde et le Pakistan ne peuvent se permettre d’aggraver leurs tensions. » Par ces mots relayés dans The Express Tribune, le directeur exécutif pour l’Asie et le Pacifique au Service européen d’Action extérieure (SEAE) de l’Union Européenne, Gunnar Wiegand, révèle les inquiétudes de Bruxelles quant à la situation au Cachemire. Car cela fait près de deux mois que les échanges de tirs s’intensifient de part et d’autre de la Ligne de Contrôle (LoC) qui sépare la région entre Islamabad et New Delhi – depuis l’épisode des « frappes chirurgicales » indiennes. Sans que la perspective d’un apaisement ne se dégage.
Hier mercredi 23 novembre, 12 Pakistanais (3 militaires et 9 civils) sont morts sous les tirs indiens – 9 autres ont été blessés. Un ratio civilo-militaire qui fait grincer les dents d’Islamabad, la plupart des victimes étant les passagers d’un bus en circulation. Le Premier ministre Nawaz Sharif a ainsi déploré « le ciblage délibéré de civils innocents, particulièrement des femmes et des enfants » tout en réaffirmant son « soutien diplomatique et moral aux habitants du Cachemire indien dans leur combat juste et légitime pour l’autodétermination », rapporte The Express Tribune dans un second article.
New Delhi a pourtant déclaré que le véhicule en question n’avait pas été frappé intentionnellement. « Le bus a été touché par accident alors qu’il a pris, de manière inattendue, un virage au-dessus duquel nos troupes stationnaient sur la ligne de faîte, et tiraient afin de perturber le trafic militaire. » cite The Indian Express. Parole contre parole.
Il en va de même pour les raisons qui ont poussé l’Inde à lancer l’assaut. Pour New Delhi, il s’agissait de « représailles massives » après que trois de soldats ont été « assassinés » par des « Pakistanais ayant franchi la LoC », rapporte toujours le quotidien indien. Balivernes, rétorque Islamabad, niant toute infiltration de ses agents au sud de la ligne : « Ces déclarations sont fabriquées de toutes pièces et constituent une tentative flagrante de calomnier le Pakistan », a grondé le ministère des Affaires étrangères cité par Dawn.
Dans un dernier article, The Indian Express tente de remettre les choses dans leur contexte, et revient sur « l’abîme » que représente la LoC. Car si Narendra Modi brandit la menace d’une guerre comme un outil pour inciter le Pakistan à « maîtriser les terroristes qu’il laisse en liberté », il semble qu’aucun camp ne soit prêt à « céder le premier ».
Par Alexandre Gandil

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