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L'Asie du Sud dans la presse

Pakistan : Nawaz Sharif, le Qatar et les Panama Papers

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif à son arrivée pour la cérémonie d'inauguration du port de Gwadar le 13 novembre 2016.
Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif à son arrivée pour la cérémonie d'inauguration du port de Gwadar le 13 novembre 2016. (Crédits : AFP PHOTO / AAMIR QURESHI)
Le scandale global d’évasion fiscale des Panama Papers continue de menacer le sommet de l’Etat au Pakistan. Ce mardi 15 novembre, le Premier ministre Nawaz Sharif a justifié la provenance de ses actifs devant la Cour Suprême du pays, alors que l’opposition a soumis des « preuves accablantes » de l’évasion fiscale pratiquée par la famille du chef du gouvernement, citée dans les Panama Papers. Une occasion de mettre en lumière les liens financiers entre les élites du Pakistan et du Qatar
Qui a payé pour l’appartement de la famille Sharif à Londres ? Un prince qatari, a indiqué le Premier minstre et sa fille Maryam dans un document de 397 pages soumis à la Cour Suprême du Pakistan, rapporte le quotidien pakistanais The Express Tribune. Le dossier entend établir en toute transparence le détail des transactions comme des reçus de paiement de la famille du chef du gouvernement depuis 2011 ; il contient également les déclaration fiscales de Nawaz Sharif en 2011 et en 2012. Parmi les pièces jointes, une lettre signée du prince qatari Cheikh Hamad ben Jassem al-Thani atteste que ce dernier a donné de l’argent à la famille de Sharif pour qu’elle achète des appartements dans la capitale britannique. Le clan princier Al-Thani domina le Qatar depuis 150 ans et Cheikh Hamad est un ancien Premier ministre de l’émirat de 2007 à 2013. Selon la lettre citée par le journal pakistanais, Nawaz Sharif a investi 12 millions de dirhams (plus d’un million d’euros) dans le groupe Al-Thani en 1980. En réaction à ces nouveaux documents, la Cour a demandé si le prince qatari serait cité comme témoin. Mais surtout, elle a noté que ces nouvelles pièces venaient contredire les premières explications au sujet des appartement s londoniens de la famille du Premier ministre.
Si Nawaz Sharif a été forcé de se justifier devant la Justice, c’est le résultat d’une lutte entre le pouvoir et l’opposition qui a obtenu la formation d’une commission d’enquête commune sur l’implication de la famille Sharif dans le « Panamagate ». En avril dernier, la fuite de documents classés de la firme panaméenne Mossack Fonseca a révélé, entre autres, que trois des enfants du Premier ministre possédaient des sociétés offshores dans des paradis fiscaux.
La principale force de l’opposition, le PTI (Pakistan Tehreek-e-Insaf) d’Imran Khan, espère que la procédure en cours forcera Sharif à la démission. Hier lundi 14 novembre, le PTI a ainsi soumis avec l’Awami Muslim League de Sheikh Rashid Ahmed, ce qu’il considère comme des « preuves accablantes ». Selon eux, les Sharifs auraient blanchi de l’argent offshore afin d’investir dans l’immobilier en 1998. Les preuves s’appuient notamment sur les enquêtes des médias britanniques, dont le Guardian sur la fortune de Nawaz Sharif en 2000 et sur l’implication de ses enfants dans le business offshore en 2016. Sur Twitter, Maryam Sharif s’est exclamée : « Un tel tollé, de calomnies et tentatives de diffamation des Sharif et c’est tout ce que vous pportez comme preuves ! »
Par Joris Zylberman

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