Revue de presse Pakistan - 22 juillet 2016

Au Pakistan, le meurtre de Qandeel Baloch améliorera-t-il la condition féminine ?

Les réactions nationales et internationales suite au meurtre de la star internet Qandeel Baloch ont accentué la pression sur le gouvernement pakistanais. Deux projets de lois visant à lutter contre les "crimes d'honneur" et le viol ont vu le jour et seront soumis au Parlement "très prochainement". Copie d'écran de Dawn, le 22 juillet 2016.
Les réactions nationales et internationales suite au meurtre de la star internet Qandeel Baloch ont accentué la pression sur le gouvernement pakistanais. Deux projets de lois visant à lutter contre les "crimes d'honneur" et le viol ont vu le jour et seront soumis au Parlement "très prochainement". Copie d'écran de Dawn, le 22 juillet 2016.
Dawn – Une lueur d’espoir dans la lutte contre les violences faites aux femmes ? C’est le souhait relayé dans l’édito du quotidien pakistanais Dawn, ce vendredi 22 juillet. Hier jeudi 21 juillet, une commission parlementaire a finalisé deux projets de loi visant à lutter contre les « crimes d’honneur » et les viols, après un débat de longue haleine. Cette annonce intervient une semaine après le meurtre de la starlette Qandeel Baloch, assassinée par son frère pour des « questions d’honneur » (voir notre revue de presse du 18 juillet et du 19 juillet). Pour l’éditorialiste, il est possible que la disparition de celle que l’on appelait la « Kim Kardashian pakistanaise » soit l’élément déclencheur ayant poussé le gouvernement à agir. Le projet de loi sera ainsi très prochainement soumis au vote des parlementaires.

Il est surprenant que le parti de Nawaz Sharif ait attendu si longtemps pour s’atteler à une réforme de la loi qui permet aux meurtriers de « crimes d’honneur » d’échapper à toute condamnation, note Dawn. Activistes, parlementaires et médias soulignent en permanence les atrocités faites aux femmes et réclament justice pour les centaines de victimes tuées par un membre de leur famille chaque année au Pakistan. La pression grandissante que subit le PML-N, parti au pouvoir, n’est pas que nationale, comme le révèle Dawn dans un autre article. La contestation internationale gronde. Le meurtre de la starlette a même été évoqué jusqu’à Westminster. « Il n’y a aucun honneur dans une violence soit disant justifiée par l’honneur » a déclaré la Premier ministre britannique Theresa May, mercredi 20 juillet.

Le Premier ministre pakistanais avait de son côté entamé des démarches pour réviser la loi en mars, rappelle Dawn, afin que les familles ne puissent plus pardonner les « crimes d’honneur », comme cela est normalement possible au Pakistan. Pourtant, les projets de loi visant à interdire ces crimes et les viols présentés ce même mois de mars au Parlement ont été rejetés par les lobbys religieux, arguant de leur caractère contraire aux préceptes de l’Islam. Depuis, rien n’avait été entrepris.