Société
Enquête

Chine : polluants au Lycée français de Pékin, l'enquête se poursuit

Des enfants portant un masque anti-pollution lors de la cérémonie de lancement des travaux du nouveau lycée français international Charles de Gaulle à Pékin, le 19 octobre 2014.
Des enfants portant un masque anti-pollution lors de la cérémonie de lancement des travaux du nouveau lycée français international Charles de Gaulle à Pékin, le 19 octobre 2014. (Crédits : AFP PHOTO/Greg BAKER)
C’est une histoire de « notables » et de « mères chinoises », une affaire de rancunes à fleur de peau et de convictions qui finissent par étouffer les faits. C’est aussi une histoire de polluants dans un lycée de la République française à l’étranger. Depuis notre article du 9 juin dernier, les esprits se sont un peu apaisés au village français de Pékin. Les premières analyses effectuées au sein du Lycée International Charles de Gaulle ont révélé la présence de composés volatils toxiques dans certains espaces de l’établissement. Des mesures ont été prises pour préserver la santé des élèves et des personnels. Asialyst a demandé à un cabinet français spécialisé dans la relation santé et bâtiment son expertise sur le sujet.

Contexte

Le 9 juin, Asialyst publiait un article intitulé « Mystérieuses allergies au nouveau lycée français de Pékin« . Nous faisions état des inquiétudes de certains parents d’élèves du lycée – qui avaient contacté notre rédaction en premier lieu – face aux cas d’allergies constatés chez leurs enfants. Il s’agissait alors de 16 cas de rougeurs, plaques, gonflements ou conjonctivites. Sans établir de lien entre ces symptômes et la qualité des locaux ou du mobilier de l’établissement, Asialyst informait de la tenue d’une réunion accordée par la direction du lycée le lendemain, le vendredi 10 juin, aux parents inquiets.

Si nous avons décidé de relayer cette inquiétude, c’est parce qu’il s’agissait là d’une affaire de santé publique qui aurait pu concerner n’importe quelle communauté française en Asie. Aujourd’hui, la région compte 25 établissements d’enseignement français, de Tokyo à Pondichery. Asialyst se préoccupe naturellement des questions d’éducation et de santé des expatriés hexagonaux sur le continent asiatique. Avec pour unique objectif d’informer et, le cas échéant, de sensibiliser afin de permettre la résolution des problèmes. N’hésitez pas à nous écrire à contact@asialyst.com.

Il faut certainement une bonne dose d’humour pour résister à la tempête. Sur l’un des bandeaux du site de l’Association des Parents d’Élèves (APE) du Lycée International de Pékin, une jeune femme est en pleine lecture. Allongée sur un canapé devant une brassée de fleurs coupées – des gerberas oranges qui dans le langage des plantes traduisent de « tendres pensées » -, elle porte… un masque à gaz ! Cette image pour le moins décalée vient illustrer un « compte-rendu d’information sur la santé des enfants au lycée », délivré par un ministre conseiller de l’ambassade de France en Chine, le 14 juin dernier. L’humour vient-il ici marquer une distance entre l’association et l’inquiétude de certains parents d’élèves concernant la santé de leurs enfants inscrits dans l’établissement ? S’agit-il au contraire d’accompagner les préoccupations des familles qui, dès le lendemain de l’inauguration du nouveau lycée le 16 mai dernier, ont fait part des premiers signes d’allergies à l’infirmerie scolaire ? Une chose est sûre, jusqu’à cette date, les communiqués de l’APE reprenaient sans ciller ceux de l’institution.

Depuis, les choses ont évolué. Dans une lettre adressée mardi 21 juin à l’ambassadeur de France en Chine et au proviseur du Lycée, la nouvelle présidente de l’Association demande « d’organiser la venue d’un toxicologue ou d’un expert de France qui pourrait enquêter sur les allergies et déterminer leur cause. » Un expert indépendant pour aider à trouver les causes de mystérieuses réactions chez les élèves depuis l’ouverture du nouvel établissement. Il en va de la « santé des élèves et de l’ensemble du personnel enseignant et technique » mais aussi de « la réputation du lycée », insiste le député Thierry Mariani, dans sa lettre aux Français de la 11e circonscription, et tous les doutes doivent être levés le plus vite possible. »

Présence d’hydrocarbures

Asialyst a interrogé le cabinet Medieco au sujet des polluants repérés lors des tests effectués dans l’établissement les 21 et 22 mai et le 12 juin dernier, et dont les résultats ont été partiellement rendus publics le 14 juin. Toute la difficulté est ici de comparer des données obtenues avec des méthodes de prélèvement qui peuvent être différentes de celles habituellement utilisées. Si toutefois les techniques de prélèvement sont bonnes, la première chose que l’on constate sur les tableaux, ce sont des résultats donnés en milligrammes par mètres cubes (mg/m3), alors qu’en France la qualité de l’air intérieur en milieu scolaire est exprimée en microgrammes par mètres cubes (µg/m3).

Cela dit, une fois la conversion effectuée, les chiffres demeurent parlants : « Si l’on regarde le formaldéhyde présent dans l’espace maternelle, il y a un dépassement, explique Claire-Sophie Coeudevez, la directrice associée de ce bureau d’études spécialisées sur la relation entre la santé et le bâtiment. Les résultats sont de 100 µg/m3 pour le Lycée Français de Pékin, alors que dans les écoles en France aujourd’hui, la valeur guide pour une exposition de longue durée est de 30 µg/m3 depuis le 1er janvier 2015. Mais le plus préoccupant, poursuit l’experte, ce sont les hydrocarbures. Pour le Benzène par exemple, on est à 0,11 mg/m3 soit 110 µg/m3, contre une valeur limite de 10 µg/m3 en France selon le décret sur la surveillance obligatoire de la qualité de l’air intérieur pour les établissements recevant du public. La valeur guide pour exposition de longue durée est descendue à 2 µg/m3 depuis le 1er janvier 2016. Les résultats sont donc ici entre 10 et 50 fois supérieurs aux seuils français, ce qui est très important. »

Ces chiffres doivent cependant être mis en relation avec les techniques de prélèvement employées, la fermeture du bâtiment et l’absence de renouvellement de l’air : « C’est une méthode qui permet de déceler les composés recherchés dans l’air, mais qui ne représente pas les conditions réelles d’occupation des lieux qui habituellement sont ventilés. »

Mesures préventives

Plusieurs mesures préventives ont été prises par la direction du lycée suite à ces tests. Dans les salles de classe, le démontage des portes de placards et de certains meubles a, semble-t-il, permis de faire disparaître les polluants révélés par les premiers relevés. L’accès au gymnase et à l’auditorium a par ailleurs été fermé. « Difficile de dire d’où vient le problème sans être sur place, reconnaît Claire-Sophie Coeudevez [le journal Le Monde évoquait récemment les fauteuils, NDLR]. Ce que l’on sait, c’est que dans un auditorium, les panneaux de bois perforés pour l’acoustique contiennent généralement une grande quantité de colle. Les concentrations en formaldéhyde sont élevées et peuvent provoquer des irritations au niveau des voies respiratoires. »

Pour la codirectrice de Medieco, là aussi ce sont les concentrations en hydrocarbures (benzène, toluène et xylène) qui posent le plus question : « Et encore, ce n’est que ce qu’on voit, précise-t-elle. Les mesures portent sur quatre substances et sur les composés organiques volatils totaux (COVt). Or, quand on additionne les différents milligrammes par mètres cubes, on n’atteint pas la concentration en COVt. Autrement dit, il y a autre chose dans l’air. De plus, ces analyses ne permettent pas de dire si les émanations d’hydrocarbures viennent des bâtiments, des équipements, du sous-sol ou même d’ailleurs. » Le bureau d’études français suggère ainsi d’utiliser la technique du « screening » permettant de relever les principaux composés de l’air intérieur, le remplacement des matériaux contaminés, une surventilation des espaces pollués et éventuellement des mesures complémentaires du sol.

Ces mesures ont également été en partie évoquées lors du premier comité d’Hygiène et de Santé réuni lundi 20 juin. Composé de représentants de la direction et des personnels du lycée français de Pékin, de membres de l’APE et de « parents d’élèves volontaires », le comité a annoncé une nouvelle série de prélèvements concernant la piste de vitesse, le revêtement de la cour maternelle et la pelouse synthétique du terrain de foot afin d’en effectuer une analyse de toxicité. Reste à tester les espaces verts et le revêtement de la cour élémentaire.

Cas d’école

Certains s’interrogent également sur la nature du terrain où a été construit le Lycée International Charles de Gaulle. Une étude du sous-sol aurait même été réclamée dès 2010 par d’anciens parents d’élèves. Philippe Courtin en fait partie : « Le site choisi pour construire le nouveau lycée français étant resté longtemps inoccupé, nous avons demandé un carottage du sol et une étude de sa composition, se souvient cet ancien expatrié envoyé à Pékin par une multinationale française entre 1996 et 1999, puis entre 2009 et 2011. Nous craignions à l’époque qu’il ne s’agisse d’une ancienne décharge. Notre demande a peut-être été suivie d’effets, je n’ai pas reçu de réponse en tous cas. »

Dans son communiqué du 14 juin dernier, l’ambassade de France en Chine ne fait pas allusion à ce type de sondage, mais confirme l’apparition de « quelques problèmes au lycée après la livraison de certains équipements pour lesquels le lycée avait pourtant reçu des certificats de conformité. (…) Le lycée se réserve ainsi la possibilité de poursuivre les entreprises ayant fourni des certificats erronés. » Le nouveau lycée français qui se voulait exemplaire est donc peut-être confronté aux irrégularités souvent constatées sur d’autres chantiers en Chine. Ce serait même un cas d’école, à en croire Bruno Gensburger, la plupart des nouveaux bâtiments étant sujets à des problèmes liés aux matériaux utilisés lors de leur construction « Pendant les premières semaines qui ont suivi l’ouverture de la nouvelle ambassade de France en Chine, confie cet ex-conseiller et chef interprète à l’ambassade, l’ancienne ambassadeure de France souffrait de maux de tête terribles dans sa chambre et devait dormir la fenêtre ouverte. Il y a eu aussi le cas de cet ancien ambassadeur des Pays-Bas tombé gravement malade après la réfection de sa résidence. Des produits hautement toxiques avaient été utilisés. Il a fallu décontaminer les lieux avant qu’il ne puisse reprendre son poste. « 

Ces problèmes d’environnements intérieurs sont monnaie courante et font régulièrement les gros titres des journaux chinois. Ce jeudi 23 juin, les autorités chinoises ont fermé 9 usines après des rapports indiquant l’usage de déchets industriels toxiques dans la fabrication de pistes d’athlétisme pour les écoles. Ces dernières semaines, les parents d’élèves d’une école élémentaire de Pékin s’étaient plaint de « réactions allergiques » chez leurs enfants, après les cours d’éducation physique sur la piste d’athlétisme.

Flagrant déni

« Le lycée français Charles de Gaulle est loin de faire exception, lance Mme Wang. Bien qu’elle ait aujourd’hui quitté son poste, cette ancienne directrice du département des sports d’un important lycée d’une capitale de province du sud du pays tient à ce qu’on n’ajoute pas son prénom à cet article, de peur de gêner les collègues de son ancien danwei, l’unité de travail pour les Chinois. Mme Wang a pourtant bien des choses à dire sur la qualité de certains équipements dans les écoles chinoises. A la fin de l’année 2015, de nouvelles installations viennent compléter l’offre de son lycée, dont un stade et une pelouse artificielle. Rapidement, des signes semblent indiquer que les nouveaux matériels ne sont pas conformes aux normes de sécurité : des enfants saignent du nez et certains enseignants se plaignent d’avoir mal aux yeux… Professeurs et parents d’élèves réagissent alors ensemble et demandent au lycée d’effectuer des analyses. « Celles-ci n’ont rien donné car les techniques du bureau d’études n’étaient pas adaptées à ces nouveaux matériels, indique Mme Wang. Ce qui n’a pas empêché les professeurs de sports de continuer à boycotter les nouveaux équipements considérés comme suspects. »

C’est peu dire que la communauté des parents d’élèves au Lycée français de Pékin s’est divisée. « Le bon sens et le principe de précaution auraient dû prévaloir dans cette affaire, affirme Renaud de Spens. On a vu au contraire beaucoup de mépris au départ vis-à-vis des mères chinoises. » La question n’est pas seulement communautaire, elle serait aussi sociale, avec des différences de perceptions et d’intérêts entre des expatriés considérés par certains comme des « notables » et en tous cas comme des « privilégiés », et les couples mixtes qui restent plus longtemps en Chine sans forcément disposer des avantages pourvus par les grosses entreprises. « Cela s’est traduit par des tensions sur les réseaux sociaux, poursuit notre confrère écrivain qui est parfaitement sinophone. Des insultes ont été échangées lors de réunions publiques. Or pour moi, tout cela est lié essentiellement à la question de l’accès aux sources chinoises. Les mères chinoises sont hypersensibles sur ces questions d’environnement en milieu scolaire, alors que certains parents français qui ne lisent pas le chinois ont pu oublier le contexte dans ce pays justement, et croire qu’il s’agissait d’une école du 7e arrondissement de Paris. »

Pour certains parents, notamment parmi ceux qui ont des enfants qui passent le bac cette année, ces histoires de « pseudo allergies » et de « mères chinoises paranoïaques » ont été ressenties comme un élément menaçant pour la tranquillité et même la continuité du nouveau lycée. Mais pour les parents d’élèves qui s’inquiètent d’un éventuel empoisonnement lié aux infrastructures ou aux équipements de l’école, cette attitude constitue au contraire un véritable flagrant déni et revient à traiter leurs enfants de malades imaginaires.

« Caillou dans la chaussure »

Alors évidemment, quand le village gaulois de Pékin est en émoi, les noms d’oiseaux fusent sur les réseaux sociaux. La semaine dernière encore, il y avait les « pour », les « contre », et une majorité de « je ne sais pas ». Les deux premières catégories étant évidemment les plus bruyantes. Pour certains parents d’élèves français, il n’y a alors aucun problème au lycée. Il ne s’agit que d’un simple « caillou dans la chaussure », puisque les familles inquiètes sont incapables d’avancer le moindre élément prouvant l’origine de l’allergie de leurs enfants. Sans vouloir prendre part au débat, il faut bien reconnaître que sur ce plan la tâche n’est pas aisée. Trouver des facteurs allergènes dans l’une des capitales les plus polluées au monde n’est pas donné à tout le monde. Autant aller à la pêche avec une massue !

Le refus d’être écouté et les sarcasmes sont difficiles à supporter pour certains parents : « Le fait est qu’on a refusé de nous entendre, raconte l’un d’entre eux joint au téléphone. Il aurait mieux valu chercher des solutions plutôt que de parler de rumeurs et de Chinoises hystériques qui se montent le bourrichon sur les réseaux sociaux, » ajoute ce père d’enfants scolarisés en petite section. Sur la messagerie mobile Wechat, les mères chinoises ironisent : « Regardez ces femmes françaises qui sont grossières et agressives. Regardez comme la liberté d’expression n’est qu’un discours chez les Français ! » Contacté a plusieurs reprises par email et par téléphone, le proviseur du lycée français de Pékin n’a finalement pas souhaité répondre aux questions d’Asialyst.

Le rappel du calendrier des mesures prises par l’établissement et posté sur le site du lycée, propose toutefois une autre version de l’histoire. Selon les responsables de l’établissement, les plaintes des parents d’élèves inquiets ont été prises en considération dès le début, sachant que ces derniers ont été associés au choix du laboratoire et qu’ils ont pu assister aux premiers tests des 21 et 22 mai derniers. « Je trouve que l’attitude de l’école a évolué dans le bon sens, estime Cao Xinyi. Le lycée a reconnu qu’il y avait un problème et les parents sont tenus régulièrement informés. (…) Pour le reste, il y a une différence culturelle entre les parents d’élèves chinois et les familles françaises qui est compréhensible. Les parents chinois sont beaucoup plus sensibles aux questions de santé à l’école dans un pays où les scandales sont récurrents surtout lorsqu’il s’agit de nouveaux bâtiments. Nous voulons tous la même chose pour nos enfants, mais au départ nous ne partons pas avec la même vision du problème. On ne comprend pas pourquoi, par exemple, on ne nous a toujours pas envoyé le rapport original et complet des résultats des premières analyses. »

Feng shui

« Une partie des parents d’élèves a estimé que le problème venait des familles franco-chinoises dont l’influence est de plus en plus importante démographiquement au lycée, explique un expatrié de longue date en Chine qui préfère rester anonyme. Rappelons aussi l’histoire de ce nouveau bâtiment pour lequel il y a eu deux projets concurrents : le projet d’État et un projet mené par un rassemblement d’industriels expatriés sous forme de partenariat public-privé. Tout cela n’a probablement rien à voir avec le problème sanitaire présent, mais il est possible que subsistent encore des rancunes et des rancœurs vis-à-vis de ce nouveau lycée supposé être trop loin du centre, supposé être trop cher aussi pour certains. »

Loin de ces anciennes querelles franco-françaises, les parents d’élèves franco-chinois évoquent surtout le principe de précaution ou encore celui du très traditionnel Feng shui, « l’étude du vent et de l’eau » permettant l’harmonie et la santé dans un lieu de vie. « Pour n’importe quel Chinois, le bon sens aurait été ici de laisser passer du vent dans le bâtiment avant de faire entrer les élèves, estime un expatrié dont le fils est inscrit en petite section. On n’est probablement pas dans le cadre d’une pollution gravissime, ce n’est pas radioactif… Ils suffisait d’aérer le site pendant quelques semaines, mais ils ne l’ont pas fait pour des raisons qui nous échappent. »

« C’est un accouchement dans la douleur cette école, poursuit un autre parent d’élève qui lui aussi souhaite rester anonyme. On a perdu énormément d’argent et de temps parce que certains expatriés sur des périodes courtes en Chine bloquaient le projet dans les réunions, sachant que l’ancien site de Sanlitun au centre de Pékin leur permettait d’emmener leurs enfants au lycée en vélo tout en allant faire leurs courses. On se retrouve donc aujourd’hui avec ce site situé au-delà du 5ème périphérique ; même si les autorisations ont retardé le chantier, même si les travaux n’étaient pas terminés, il fallait absolument ouvrir avant la rentrée de septembre ! »

Crise existentielle

En attendant les résultats des nouveaux tests et malgré les différences de perceptions au départ, l’institution et la majorité des parents d’élèves semblent décidés à dialoguer et à faire toute la transparence sur cette question des polluants. Car si les insultes se sont éteintes sur les forums, l’établissement est toujours en proie à une crise existentielle. Comme de nombreuses écoles étrangères en Chine, le nouveau lycée français de Pékin est confronté à l’érosion du nombre des familles françaises expatriées qu’il faut remplacer par d’autres élèves, ce qui pose aussi des questions de statut.

« Il est tout à fait justifié que les parents d’élèves soient inquiets pour la santé de leurs enfants, affirme Francis Nizet. Ceci étant, l’administration a su dès le début prendre la mesure des problèmes, poursuit ce conseiller consulaire pour la Chine, la Mongolie et la Corée du Nord et fin connaisseur de la communauté française dans la région. Il est important que les élus agissent auprès de l’administration, mais ne communiquent pas de façon sensationnelle vers l’extérieur. Le chimiste que je suis rappelle que lorsqu’on ramène des vêtements du pressing, il est vivement conseillé de ne pas les ranger tout de suite dans l’armoire. C’est ce qui se fera pendant les vacances prochaines au lycée, avec des équipes spécialisées en toxicologie qui sauront définitivement identifier les sources responsables des symptômes chez les élèves pour rendre le site définitivement sain. »

Des propos rassurants qui ne sauraient à eux seuls faire oublier la véhémence de certains échanges pendant la crise. A la peur de voir fermer le lycée de certains parents d’élèves, répond la blessure et l’amertume des lanceurs d’alertes qualifiés de « boutefeux » au départ de l’affaire. Parmi les couples franco-chinois, certains nous ont affirmé réfléchir à une alternative au lycée français pour la rentrée prochaine. Ce que veut absolument éviter l’APE : « On a été entendu, assure Marianne Daquet, la nouvelle présidente de l’association des parents d’élèves. Un expert français indépendant va être envoyé au lycée, avec pour objectif de comprendre les causes de ces allergies et d’éviter de nouvelles divisions entre les parents. »

En attendant, la liste des élèves malades recensés par les services de santé du lycée s’allonge. 45 cas d’allergies ont été déclarés à l’infirmerie du lycée sur près de 850 élèves, dont 29 au primaire, 12 en maternelle, 2 au collège et 2 enseignants. Le communiqué du lycée précise : « Parmi eux, tous n’ont pas consulté de médecin. »

Par la Rédaction d’Asialyst
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