Revue de presse Asie - 26 avril 2016

ONG en Chine, liberté d'expression en Thaïlande et corruption au Pakistan

En Thaïlande, des universitaires, membres de la société civile et politiciens sont réunis pour appeler la junte à respecter la liberté d'expression en vue du référendum sur la nouvelle Constitution prévu le 7 août prochain. Copie d'écran du "Bangkok Post", le 26 avril 2016.
En Thaïlande, des universitaires, membres de la société civile et politiciens sont réunis pour appeler la junte à respecter la liberté d'expression en vue du référendum sur la nouvelle Constitution prévu le 7 août prochain. Copie d'écran du Bangkok Post, le 26 avril 2016.

Asie du Nord-Est

The South China Morning Post – Une mesure de plus pour limiter l’occidentalisation du pays, selon les mots de la propagande chinoise en ce moment. Le projet de loi sur les ONG étrangères en Chine inquiète les Etats concernés : il vise non seulement à renforcer la surveillance de la police, qui pourra désormais suspendre toute activité jugée comme une menace à la sécurité, et examiner à la loupe les financements des organisations. L’objectif est de laisser plus de place aux groupes « utiles » et d’expulser ceux considérés « dangereux ».
The South China Morning Post – Cela ne va pas calmer les tensions en Mer de Chine du Sud. Le Pentagone a révélé ce mardi 26 avril que les Etats-Unis avait conduit des opérations de « liberté de navigation » contre la Chine, Taïwan et 11 autres pays l’année dernière. Plusieurs de ces opérations sont liées aux revendications de Pékin en Mer de Chine du Sud. Elles consistent à envoyer plusieurs navires et avions militaires américains dans des zones où l’accès a été limité par d’autres Etats.

Hier lundi 25 avril, juste avant la sortie du rapport américain, le ministère chinois de la Défense exprimait ses inquiétudes face à Washington qui tente, selon lui, de « militariser » la Mer de Chine du Sud au nom de la « Liberté de navigation ».

Japan Times – C’est l’entreprise française DCNS qui construira la prochaine génération de sous-marins australiens. « Les experts sont sans équivoque, l’offre française correspond mieux aux besoins de l’Australie », a annoncé le Premier ministre Malcom Turnbull.

Le contrat aurait pu être une grande opportunité pour Tokyo, qui souhaite developper les partenariats avec d’autres pays en matière de défense. Si les experts assument que les Japonais ont pris du retard par rapport au Français DCNS et l’entreprise allemande TKS, Malcom Turnbull assure que l’Australie restera un allié du Japon.

Focus Taiwan – Ce lundi 25 avril au matin, un chalutier taïwanais a été arraisonné par les garde-côtes japonais alors qu’il se trouvait à environ 150 milles marins de l’atoll d’Okinotori. Un atoll situé à mi-chemin entre les côtes taïwanaises et l’île de Guam en mer des Philippines et distant de 1 700 km de Tokyo. Le capitaine et son équipage, parti depuis le port méridional de Pingtung à Taïwan, est en garde à vue. Une caution de 1,7 millions de dollars taïwanais est réclamée par les autorités nippones. A Taïwan, le Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères ont vivement protesté, arguant que l’atoll d’Okitnotori n’était pas une île au sens de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et qu’il ne pouvait dès lors faire naître les droits attachés à une zone économique exclusive pour le Japon.

Asie du Sud-Est

Bangkok Post – Est-ce un tournant ? En Thaïlande, plus d’une centaine d’universitaires, de membres de la société civile et de politiciens de tous bords se sont réunis hier lundi 25 avril pour appeler publiquement la junte à respecter pleinement la liberté d’expression, à quatre mois du référendum sur le projet de constitution, rapporte le Bangkok Post. Les généraux putschistes avaient pourtant expressément interdit la réunion, mais les « rebelles » menés par le militant francophone des droits de l’homme Gothom Arya et Jon Ungpakorn, un pilier de la société civile, ont passé outre. Le projet de constitution, qui vise à permettre aux militaires de contrôler le gouvernement élu pendant au moins cinq ans, est de plus en plus critiqué, ce qui rend la junte nerveuse, car si le projet est rejeté, la crédibiilté des généraux volera en éclats.
Jakarta globe – Depuis l’attentat de Jakarta, les organisations musulmanes modérées intensifient leur mobilisation. Nahdlatul Ulama, la plus grande d’Indonésie, voudrait que la révision de la loi anti-terrorisme prévoit des sanctions pour les individus qui prêtent allégeance à Daech ou qui tenterait de transformer l’Indonésie en caliphat. Au menu des sanctions proposées : l’interdiction de drapeaux et autres symboles, de toutes activités et, en particulier, des grands rassemblement pouvant se rapporter à un caliphat. Le porte-parole de l’organisation souhaiterait donner plus de marge aux parlementaires pour prendre des mesures préventives.
Inquierer – Abou Sayyaf a tenu sa promesse morbide : décapiter au moins un des otages occidentaux. Hier lundi 25 avril, la police a confirmé que la tête décapitée de l’un d’entre eux, le Canadien John Ridsel a été trouvée à Jolo, dans le sud-est du pays. Enlevé en septembre 2015, l’homme aurait été décapité vers 15h30 heure locale. Sa tête aurait ensuite été mise dans un sac plastique et jetée au coin d’une rue. Le Premier ministre canadien a d’ores et déjà déclaré que Ottawa et Manille travaillerons ensemble pour poursuivre les auteurs de cet « acte haineux ».

Asie du Sud

Tribune – Chaque jour, l’affaire des Panama Papers touche un peu plus le pays. Hier lundi 25 avril, le député d’opposition Imran Khan lançait une campagne anti-corruption. Cette fois-ci, c’est l’équipe juridique du Parti du peuple pakistanais (PPP) qui veut mettre à jour la corruption du Premier ministre Nawaz Sharif et sa famille. Une fois qu’un nombre de preuves suffisant sera rassemblé, les dirigeants du PPP, qui est l’un des principaux Partis d’opposition, décideront de la manière dont ils doivent les utiliser. Sur la scellette, le pouvoir de Nawaz Sharif est aujourd’hui nettement menacé.
Times of India – Ce n’est sans doute pas la fin du mouvement. Accusé de « sédition » et d’ « anti-nationalisme », le leader étudiant Kanhaiya Kumar est condamné à une amende de 10 000 roupies. Une peine « indulgente » comparée aux deux doctorants Anirban Bhattacharya et Umar Khalid, qui ont été exclus temporairement de l’université Jawaharlal Nehru (New Dehali), notamment pour avoir « exciter les sentiments communautaires et liés aux castes ».

Au total, l’université a imposé des sanctions financières pour 14 étudiants, et a interdit l’accès aux dortoirs et au campus pour d’autres. Kanhaiya Kumar estime que ces mesures sont inacceptables et que d’autres actions seront lancées par son syndicat étudiant. Voir notre article sur l’éveil des étudiants indiens.

Bdnews24 – La violence continue tristement au Bangladesh. Deux jours après le meurtre d’un professeur d’université, Wulhaz Mannan, défenseurs des droits des homosexuels et rédacteur en chef du magazine « Roopban », et son ami Mahbub Rabbi Tonnoy ont été assassiné. « Roopban », est la première revue du pays a promouvoir le droit LGBT. Récemment, plusieurs bloggeurs et cyber-activistes ont été attaqués. La police supecte des militants islamistes de commettre cette série de crime, tous commis dans des conditions similaires.
Par Joris Zylberman et Alice Hérait avec Arnaud Dubus à Bangkok, Hubert Kilian à Taipei et Anda Djoehana Wiradikarta à Paris.